‹ Observations sur la guerre dans les colonies, organisation, exécution: Conférences faites à lChapitre 17 sur 25 · poneys indiens, l transports · texte numérisé non relu

poneys indiens, l transports

912 ânes, ;

(1) Lieutenant-colonel Septans, Expéditions anglaises en Asie, p. 244.

278 LA GinSBSB BANS LES COLONIES

Il fut en outre acheté en cours de route 35 poneys, 1 mulet^ 208 ânes, 171 chameaux.

Les pertes s'élevèrent à 417 poneys afghans, 106 poneys indiens et 217 mulets.

Tous les détails des transports furent minutieusement réglés; on emportait 30 jours de thé, sucre, rhum et sel et 5 jours de farine pour les Européens; 8 jours de rhum et 5 jours de rations pour les indigènes.

Partie de Caboul le 8 août, la colonne arriva le 28 devant Candahar, ayant parcouru une moyenne journalière de 24 kilomètres ainsi qu'en témoigne le tableau ci-dessous.

9 août, marche sur Zahidabad 16 milles ou environ 26 km.

10 — — Zergunshah 14 — — 22

11 — Padkac-Barak 18 — — 29

12 — — Amir-Killa 11 — — 18

13 Takia 12 ~ — 19

U — — Shahgao 17 — — 27

15 Ghuzni 13 — — 21

16 — — Yergattah 20 — — 32

17 — — Chardeh 12 — — 19

18 — — ObakareE 16 -^ — 26

19 , Mukur 15 — — 24

20 — — Panjak 21 — — 34

21 — — Shahjui 18 — — 29

22 — — Bala-Kazai 17 — — 27

23 — — Khelat-I-Ghikie. ... 17 — — 27

24 — Séjour

25 — marche sur Jaldalk 16 — — 26

26 — — Tirandaz 16 — __ 26

27 — ^ Kheyl-Akund 14 — — 22

28 — — Robat 20 — -^ 32

L*émir Ayoob-Khan, qui avait levé le siège de Candahar pour venir attaquer la colonne de secours, fut complètement battu et perdit son camp et son artillerie. La bataille de Candahar fut exclusivement un combat d'infanterie avec de nombreuses charges à la baïonnette.

Les Anglais eurent 40 tués et 228 blessés.

La marche dont il vient d'être question est diversement

appréciée par les auteurs anglais eux-mêmes. Suivant les uns, le pays traversé était dépourvu d'arbres et d*eau, les hommes étaient aveuglés par des tourbillons de poussière, la chaleur était suffocante, la fatigue était telle qu'elle entraînait le manque de sommeil, etc. Selon d'autres, la marche fut exécutée dans des conditions exceptionnellement favorables, pendant la meilleure saison, à travers un pays où aucune résistance n était à craindre et réputé le grenier de l'Afghanistan.

Ce qui est certain, c'est que le général Roberls a lui-même écrit dans son rapport : « Heureusement que, pour le bienêtre des chevaux et des animaux de transport, on pouvait se procurer presque partout une bonne quantité de maïs vert. L'orge était rare, mais le maïs possédait de telles qualités nutritives, que la plupart des chevaux, poneys et mulets atteignirent Candahar dans d'excellentes conditions de santé. A plusieurs reprises on dut entamer la réserve de farine, mais elle fut complétée toutes les fois que l'on trouvait des approvisionnements et nous arrivâmes à Candahar avec encore trois jours de farine disponibles. »

« La dernière guerre d'Afghanistan, dit le major Calwel, fournit un exemple plus frappant encore de l'abandon des communications. Ce fut quand Sir F. Roberts marcha pour la première fois sur Caboul en parlant de la vallée de Kurram. Ne pouvant disposer des troupes nécessaires pour garder ses communications, il organisa son armée en colonne volante et avança ainsi contre une grande ville de l'Orient considérée comme un foyer de fanatisme, gardée par des troupes considérables et bien armées et entourée de tribus guerrières. Il fallait frapper un coup décisif immédiatement. Les circonstances obligèrent sa colonne à se priver de ses communications. La prise de Caboul fut un admirable fait d'armes, mais l'opération était quelque peu hasardeuse. »

280 LA GUERBE DANS LES œLONIES

II en fut un peu ainsi des opérations de la colonne légère qui s'empara de Tanânarive, le 30 septembre 1895.

Marche d'Andriba à Tanânarive.

Dès le commencement d*août, le généi*al en chef, frappé des difficultés chaque jour croissantes que présentait l'euverlure de la roule carrossable et qui ne permettaient pas de progresser de plus de 2 à 3 kilomètres par jour, avait décidé d'abandonner cette manière d'opérer à partir d'un point déterminé et de lancer sur la capitale de Tîle une colonne légère, capable de l'atteindre par une marche moyenne journalière de 15 kilomètres.

La date avancée de la saison, le déchet chaque jour plus considérable des troupes et l'état de fatigue des animaux et des conducteurs firent choisir le camp de Mangasoavina (plaine d'Andriba) et la date du 14 septembre conrnie point et date de départ de cette colonne qui comprenait au total : 237 officiers, 4.013 combattants dont moitié environ d'Européens (infanterie de marine, légion étrangère, 200* régiment) 01 moitié d'indigènes (tirailleurs algériens, tirailleurs malga^ ches, tirailleurs haoussas), 1.515 conducteurs, 266 chevaux • et 2.809 mulets, répartis en trois groupes de marche.

1** Avanl-^arde : 101 officiers, 1.763 combattants, 316 conducteurs, 116 chevaux, 614 mulets.

2"* Gros : 92 officiers, 1.464 combattants, 970 conducteurs, 116 chevaux, 1.734 mulets.

3** Réserve : 44 officiers, 786 combattants, 229 conducteurs, 34 chevaux, 461 mulets.

Le convoi léger avait pu être constitué grâce aux 1.500 bâts dont était pourvu au début le corps expéditionnaire, auxquels étaient venus s'ajouter 1.000 bâts commandés télé-

LA GUEEEE DANS LES œLONIES 231

graphiquement au début de la campagne et 300 bals de forlune fabriqués par le parc d'artillerie avec le bois des caisses d'emballage et la toile des colis.

Le premier échelon, destiné surtout à combattre, n'avait avec lui que cinq à six jours de vivres; le gros, chargé de la protection du convoi général, marchait à un jour de Tavanlgarde; la réserve, faisant Toffice d'arrière-garde, suivait à quarante-huit heures d'intervalle avec son convoi particulier.

Les approvisionnements réunis à Mangasoavina permirent d'emporter 22 jours de vivres (à rations réduites) 140 cartouches par homme et un total de LllO coups pour les 12 pièces de 80 de montagne qui accompagnaient la colonne.

Le départ de l'avant-garde eut lieu le 14 septembre. Le 15, Tennemi fut culbuté à Tsinainondry, grâce à un mouvement débordant exécuté avec vigueur par le bataillon malgache; le 19, on franchissait les monts Ambohimèncs, garnis de nombreux forts et batteries, mais qui furent abandonnés par les Hovas quand ils s'aperçurent que le groupe du général Voyron (gros de la colonne qui avait rejoint le 18 au soir) les avait complètement tournés.

Ce gros obstacle franchi et les convois ayant rejoint, on reprit la marche le 21 au travers de l'Emyrne, dont les habitants, organisés en partisans, menaçaient nos convois. Ceuxci étaient d'ailleurs considérablement réduits et une partie des animaux avait été renvoyée à Mangasoavina avec les malades et les éclopés. On réunit les deux premiers groupes en un seul échelon et, après quelques combats insignifiants, on parvint, le 26 septembre, à Tsimahandry, à 20 kilomètres de la capitale, où le groupe de réserve rejoignit les deux premiers. Tananarive tomba le 30 septembre au pouvoir de la colonne légère.

Les dégâts matériels et l'effet moral produits par les obus à la mélinite avaient provoqué la capitulation, évitant de cruelles perles aux six colonnes qui se préparaient à donner

282 LA GUEBBE DANS LES œLONIES

Tassaut par des itinéraires convergents vers le palais de la reine.

Il était temps que les troupes arrivassent au terme de leurs efforts; les chutes de mulets avaient été nombreuses, et les perles de vivres qui en résultaient assez sérieuses; les distributions s*en étaient ressenties et les hommes, ayant une nourriture insuffisante pour lutter contre des fatigues exceptionnelles, étaient arrivés à un degré d*épuisement extrême. Malgré cela il ne restait de vivres que pour trois jours à peine et Ton imagine aisément ce qu*il aurait pu advenir de cette colonne de près de 6.000 hommes, isolée au milieu de la terre malgache, si elle eût eu affaire à un adversaire mieux organisé et moins pusillanime.

L'erreur d'organisation commise au début de cette campagne influa d'une manière fâcheuse sur toute la conduite des opérations; mais, en fin de compte, il fallut en arriver, pour la constitution de la colonne légère, à une organisation à peu près rationnelle dans laquelle cependant la proportion des indigènes par rapport aux Européens fut forcément insuffisante .

Il est permis de supposer qu'une colonne constituée dès le début par un régiment européen de 2.500 hommes environ, avec un nombre double de tirailleurs indigènes, 20 pièces de canon et un convoi de 6 à 8.000 mulets, eût obtenu les mêmes résultats dans un temps trois fois moindre, avec des dépenses beaucoup moins grosses et surtout en épargnant la vie de la plus grande partie des 3.700 Français morts des suites de la campagne (1).

(1) Le chiffre des pertes des tirailleurs algériens, du régiment colonial et des conducteurs indigènes s*éleva à environ 2.000 ; le total des décès du corps expéditionnaire fut de 5.756.

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