‹ Observations sur la nature et le traitement de l'épilepsieChapitre 10 sur 37 · Q3 SUR "-A N · texte numérisé non relu

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oiuâ que les couches optiques. La moelle allongée l'ét&lt aussi beaucoup, quoique les tuLercules quadijjuniaux et la glande piuéale fussent très-endurcis ; les plexus choroïdes étaient pâles , et il y avait en eux plusieurs liydatides.

Rem. Cette observation est l'un des exemples bien nombieux qu'on pourrait l'apporler des aifectioiis morbides du tronc et des extrémités qui ont été reconnues chez divers individus avant qu'ils éprouvassent des accès d'épilepsie. Mais elle ne prouve nullement qu'une partie deslésions cérébrales n'aient existé avant la maladie du bras , particnlièreuient le vice scropbuleux qui pouvait affecter le cerveau avant que la blessure au petit doigt eût lieu , et même avant que les accès épileptiques se fussent pronoDcés ; car le vice scropbuleux ce peut trop être considéré comme une cause de la diathçse épdeptique.

Obs. XKXV. M. MichmU , chirurgien, me conduisit pour consultation un malade âgé d'environ trente - cinq ans , d'une constitution athlétique , éprouvant depuis long-temps des douleurs vives au genou droit, qui était alors dans un état de tension et de rougeur permanentes, quoique d'autres fois ce genou fût sans gonflement et sans qu'on pût y découvrii- , au toucher , aucune altération paiticuhèrc. Le malade nous assura n'avoir éprouvé aucune maladie vénérienne , ni même aucune aflection morbide de la peau , sinon quelques douleurs aux pieds ou aux jambes , qu'on lui avait dit être rhumatismales. Considérant sa constitution qui était pléthorique et hémorrho'idaire , nous conseillâmes l'apphcation des sangsues , sur et autour du genou , ponr extraire environ deux palettes de sang; des bains de pieds synapisés ; un vésicatoire à la cuisse gauche ; des demibains tièdes. 11 fit usage , au printemps suivant , des sues bien dépurés de bourrache , de pariétaire , de cresson de fontaine , édulcorés avec du sirop de fumeterre ; et dans L'été, des bains sulfureux furent prescrits. Cependant lesdouleurs dans le genou droit continuèrent d'avoir lieu , ou du m.oins elles se faisaient ressentir dans les autres articu— labons des extrémités inférieures. Le malade commença d'éprouver des vertiges qui augmentèrent en înlensilé et en

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durée ; enfin , de vrais accès d'^pilcpsie survinrent. >ous prescrivîmes l'usage interne du quinquina à liante dose, soit en infustoa , soit en décoction ou çn pondre , quelmiefois eu extrait ou eu pilules avec quelques grains d'assa-fœtida, de camphre , de musc ; enfin , les divers remèdes réputés anti-épi leptiques généralement recommandés. Le malade fit en même temps usage des teintures anodynes avec application des emplâtres de même nature autour de l'articulalion du genou , et encore en d'autres parties du corps ; mais tous ces remèdes n'ayant produit aucun bon effet , on recouvrit l'articulation d'un vésicatoire qui n'eut pas plus de succès , quoiqu'il eut procuré un grand écoulement de sérosités. Noos nous proposions de recourir aux sétons ou au mo](a, mais les accès étaient devenus si violens et si rapprochés, arec une somnolence successive , de plus en plus si profonde, que le malade périt d'une espèce d'apoplexie , comme d'ailleurs cela arrive souvent à la suite de l'épilepsie. A l'ouverture du corps de cet homme , on reconnut qu'il y avait dans les ventricules du cerveau beaucoup d'eau rougeâtre et gluante ; que les substances corticale et médullaire avaient uae grande consistance , surtout cette dernière , excepté dans la portion antérieure et supérieure de la voûte à trois piliers, où elle était ramollie. La substance du pont de varole ainsi que celle du pédoncule du cerveau , qui se réunit à la moelle épiuière , avait pris une consistance cartilagini forme. Le genou droit ayant été examiné attentivement tant extérieurement qu'intérieurement , ainsi que les autres articulations des extrémités inférieures , on n'y reconnut aucune altératioD morbide sensible.

Rem- Je n'osai d'abord tirer aucune conséquence de cette observation , pour admettre ou pour nier l'existence du siège primitif de l'épilepsie dans le genou ; mais y ayant bien réiléchi et considéré que chez le sujet dont je viens de parler , le cerveau avait été reconnu dans un état de désorganisation qui ne pouvait être que très-ancienne, surtout avec des indurations considérables et auxquelles sans doute le ramollissement delà partiesupérieure de la voûte à trois piliers avait iuccédé, il me parut , dîs-je , probable qu'elles avaient existé

ga SUR LA NATVKX ET LE TRAITEMENT

avant que les douleurs que le malade avait ressenties au ge^ nou droit eussent existé , et aussi avant que les accès .épilejntiques se fussent prononces ; par conséquent , que ceux ^e le malade avait éprouvés pouvaient n'être pas sjrmpathiques^ mais véritablement idiopathiques , les altérations du cerveaii s'étant fait ressentir au genou par. les nerfs de là moelle épinière , qui se portent à cette partie après avoir communiqué avec ceuis de l'encéphale. Je ne me dissimule cependant pas , ainsi que je tâcherai de le prouver ailleurs \ que des affections morbides dans les membres avec des alt£rationSy apparentes ou non , ne puissent à leur tour, moyennant les mêmes nerfs, affecter le cerveau au point de le l^er et de produire des accès d'épilepsie. En effets divers faits prouvent que si les affections cérébrales et celles de la môcfle épinière peuvent se fjEÛre ressentir par des douleurs ou autres affections morbides dans le tronc et dans les membres , de même les affections morbides des membres peuvent à leur tour, et toujours par le moyen des nerfs , affecter k cerveau . de manière à causer l'épilepsie. Bien plus^ on sait par divers faits que les affections morbides des nerfs axillaires se font souvent ressentir à la main et au bout des doigts, et que celles des nerfis lombaires, inguinaux, cruraux et sciatiques, s^. font ressentir non-seulement à l'origine de ces nierfis, mak encore dans les parties les plus inférieures , où leurs rameaux vont se répandre .

Je ne puis oublier, pour appuyer ce que je viens d'avancer, de rappeler ici une observation que j'ai com-o muniquée à l'Académie royale des Sciences , et dont madame, la comtesse de Roye a fait le sujet. Sa taille était tellement contournée que les deux dernières fausses côtes gauches rentraient singulièrement dans le bas-ventre , par leurs extrémités antérieures et inférieures : elle éprouvait quelque temps aprèsavoir mangé, une violente douleur au gros orteil gauche. Divers topiques caïmans furent inutilement employés. Cette dame étant morte à la suite d'une fièvre ma*« ligne, l'ouverture du corps en fut faite par Marloy chirurgien de cette dame, et à laquelle j'assistai avec le docteur Bordeui Nous reconnûmes qu'il y avait un rétrécissement de l'inteèr

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lin colon causé par les deux dernières fausses côtes gauches, J'où résultait , quand cet inlestiii contenait les inatiëres fécales , une compression de queltpies nerfs qui forment le plexus lonxbaire , etc. ; d'où provenait la douleur du gros on^il gauche. J'ai souvent cité cette observation à mes di^ cipleg pour leur faire connaître la cause de la transmission lie certaines douleurs des parties supérieures vers les intérieures par le moyen des oerfs.

On peut donc conclure de ce qui vient d'être dit, que si les affections morbides des nerfs du tronc et des membres peuvent se transmettre au cerveau , de même celles de cet organe peuvent se transmettre aux diverses parties du coi-ps par le moyen des nerfs, et que, de plus, si l'un de ceux-ci est lésé plus ou moins près de son origine au cerveau , l'exivesnon de son alTectiou morbide , la douleur même , peut se iaire ressentir à sou extiémlté inférieure.

Obs. ixxti (i). " Un mibtaire invalide, âgé d'environ cin- ^aantfr-cïnq aus , portait à la tempe droite une cicatrice superGcielle à peine marquée , résultat d'une blessure qu'il »ait reçue lors de la prise des lignes de Wissembourg par lu Autrichiens. Ce militaire croyait se rappeler aroii- glissé CD faisant un faux pas , être tombé , et dès ce moment avoir perdu connaissance. On lui rapporta que bientôt des mouvemens convulsifs s'étaient déclarés , et qu'au bout d'une heure il resta roide et dans un état tétanique , mais que peu 1 peu cette roideur diminua , les articulations devinrent toupies et mobiles , et qu'il revint incomplètement à lui. L'air étonné , et n'ayant presque pas d'idée de ce qui s'était passé , il Sal trcs-surpris de se trouver à l'ambulance où il avait été transporté. Quelques heures après qu'il eut repris connaissance , les convulsions recommencèrent et cessèrent au bout de quelques minutes pour reparaître peu après , de sorte que dans les premières vingt-quatre heures les accès se répétèrent huit à dis fois. Quoique ce militaire

(i) Ctlte impottaDtc observation nous a élé caioiii uniques depuis peu paiM. Bibei, ^ui l'a lui-même rédigée, ce qui fait que nous la plaçons â U suite de cet arliolB au lieu de l'avoir insètée plus haut.

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