I ■ I ' ' I I I I I ^ 11 — .^^M III II
(i) ^o/. celui rapporté pl^s ba9 Art. II; de rEpifepsie par pléthore ÇB)^
rinilanaanâjtion cérébrale dont il est ici question était si yio* lente qne le traitement le mieux indiqué n'en a pu arrêter les progrà; peut-être eût-on pu réitérer la saignée avant que la mort survint ; mais eût-elle été sufiGisante contre un aussi grand mal ? Il n'est pas étonnant que le malade qui se plaignait si vivement d'abord de douleurs de tête , ne ressentit pas celles qu'il eût pu souffrir dans l'estomac et les intestins grêles qui étaient enflammés et qui contenaient des vers. Une vive douleur, comme Hippoerate (i) nous l'a dit, diminue, ou même ùàt disparaître celle qui existe ailleurs , et d'autant plus à l'égard du cerveau, que l'assoupissement ayant succédé à la douleur dé tête , celle que l'inflammation de l'estomac et des intestins pouvait causer dans cet organe , qui est si souvent le siège immédiat de nos sensations, était annulée par l'affection somnolente. On a vu par le résultat de cette ouverture de corps , que l'inflammation du cerveau était démontrée par l'endurcissement de cet organe , la plénitude des vaisseaux sanguins et des sinus avec induration et rétrécissement de ceux-ci, ainsi que parla collection d',eau dans les ventricules, dont celle contenue dans le ventricule droit était plus rouge que celle du ventricule gauche ; ce qui prouve , comme nous l'avons fait observer dans notre Anat. Med., que le septum hicidum qui les sépare, n'est pas pourvu d'un trou dans l'état naturel, comme l'ont dit /iDfn^/cnv et autres anatomistes. Obs. XXIII. Un enfant de cinq ans éprouvait presque depuis sa naissance des accès d'épilepsie précédés par des vertiges et des tournoiemens de tête qui duraient deux ou trois jours sans être continus. Il avait eu un frère qui était mort à l'âge de sept ans , après avoir éprouvé divers accès de cette maladie, et sa mère , âgée d'environ quarante ans, n'en était pas exempte non plus , presque depuis sa jeunesse ; mais, chez elle, les accès étaient éloignés de plusieurs mois, ce qui faisait qu'on les avait attribués tantôt à une cause, tantôt à une autre ; dans l'hiver au froid extrême , et dans l'été aux insolations, cette femme étant , par état , exposée aux travaux de
(i) Duohus doloribus simul obortis , vehementior obscurat alurum. Afhor* 4^, eect. II.
^4 SX^R X<^ NATUIUB ET LE 'TRAITEMENT
la campagne ; elle avait U glande thyroïde énormément tu^ méfiée et durcie , la poitrine très^rétrécie d'un côté et tressaillante de l'autre, ce qui la rendait un peuhossue. Mertrodi . mon ancien démonstrateur au Jardin du Roi , qui avait vu l'enfant dont nous parlons , du côté d'Ivry où il avait une maison de campagne , me le présenta un jour où j'avais «té le voir, et me demanda mon avis; il me fit surtout observer que ce jeune malade, qui avait eu^ en naissant, june tête assez régulièrement conformée , eu avait éprouvé un changement considérable progressivement survenu les deux ou trois années dernières; il croyait que le côté droit. Ae la tête s'était singulièrement aplati dans la portion siqpé- .. Heure et postérieure du pariétal droit, ainsi que dans la portion correspondante de l'os occipital, ce qui faisait paraître uu t aplatissement notable dans cette partie.
Cependant l'enfant continuait d'éprouver des accès d'épilepsie de jplus en plus forts et fréquens. Nous lui prescrivîmes d'abord des vermifuges, craignant qu'il n'eût des vers,.ses pur pilles nous paraissant un peu dilatées, et avec peu de mouvez ment. J'examinai les glandes lymphatiques soufr-maxillaires ^ =. \ axillaires, inguinales et l'état du bas-^ventre qui me parut plus. dur et plus rénittent qu'il ne devait Têtre naturellement. Je • crus que ce jeune malade était atteint d'un vice scropUuleux^ par rapport à la tuméfaction plus où moins considérable de ces glandes, et je conseillai l'usage du sirop mercuriel de- Bellet réuni à celui de la valériane sauvage x ce traitement fut suivi quelque temps. Cependant les accès d'épilepsie con-i tinuèrent et avec plus de violence ; plusieurs mois s'écoulèrent en même temps que la configuration vicieuse de la têto parut plutôt augmentée que diminuée surtout du côté gauche; le malade maigrissait considérablement, son ventre devenait plus dur et inégal. La bouffissure s'étabht et fut bientôt suivie d'une œdématie presque générale d'abord aux pied$, et ensuite dans tout le corps. La fièvre survint avec de la gêne dans la respiration. Les accès épileptiques augmentèrent de plus en plu». Enfin cet enfant mourut peu de temps après l'un d'eux.
Merirud en fit faire l'ouverture sous ses yeux , par un
[ieB de Bicêtre ; ils recorninrent qUe- la cavité du crâne était, du cèté gauche, beaucoup plus ample que du o5lé droit; que le cerveau était plein d'endurcissemens di* vers par leur consistance et leur couleur , non — seu}ement dura ks hésoisplières, mais encore dans les couches optiques: dui9 la voûte à trois piUers on remarqua que le pilier po^ tériear gauche ' était très * tuméfié et inégalement , tandis ^pe le droit était plus grêle q^e dans- Fétat naturel ; les Yentricules étaient plein» d'une liqueur lymphatique ^paisse , d'un blanc-jaunâtre ; les plexus choroïdes étaient fileins de nodosités blanchâtres dures. La partie postéi^^eure de Fhémisphère droit était comme tronquée inégalement, au Ken de paraître arrondie comme celle de Fhémi^hère gauche qui était phis prolongée relativement au droit qui était aussi trè»-ramolli et comme ulcéré ; il y avait dans la cavité du crâne, entre le cerveau et les membranes , une grande coHection d'une matière, qui paraissait gélatineuse sans mauvaise odeur : c'est au-dessus et postérieurement à cette décomposition du cerveau que l'os pariétal et l'occipital s'étaient déprimés vers le cerveau. Les poumons contenaient plusieurs tubercules divers par leur volume , leur couleur et leur densité ;^ il y en avait aussi dans le foie et encore plus dans le méseiitère , les glandes lym^iatiques sous-maxillaires et inguinales étaient aussi engorgées comme chez les scrophnleox.
Rem, Cette observation parait prouver que l'épilepsie dont cet enfant était affecté , était héréditaire , sa mère en ayant éprouvé des accès avant d'être grosse ; et comme la poitrine de celle-ci était; mal conformée , avec altération et déplacement des vertèbres , on doit croire qu'elle était affectée d'un vice scrophuleux, d'autant plus que l'enfant dont nous venons de parler avait les glandes lymphatiques tuméfiées par une ■lalière qui indiquait l'existence de ee. vice au cou , aux aisselfiss, dans^ les poumons, et dans le mésentère. Ne, doit-on pas également croire , d'après cette observation, que la maladie du cerveau de l'enfant provenait dé la même cause , ce vice ayant lieu avec des endurcissemens et engorgcmcns dans ks substances cérébrales , qui ont fmi par un ramoUisscmenl
•j6 S^WR là VkTCHIi ET LE TRAITEMENT
avec^pànchement d'une matière qui paraissait avoir àécôtUé du lobe postérieur de rhémisphère droit, en même temps que la partie postérieure et isupérieure du pariétal et céUe correspondante de l'occipital s'étaient rapprochées du cer* veau, XLOH-^seulemeut parée qu'elles n'étaient plus rétames ^r cet organe, mais encore parce que les communications^ qu'elles avaient par leurs vaisseaux , avec la dure<-mère et lll|» 'j deux autres membranes , ainsi qii'avec la partie postéricnor i^ du cerveau elle-même n'existaient plus. C'est, enfin, ce qui 4 nécessairement déterminé un changement dans la configft^ ^^ ration et dans la capacité du crâne, d'autant plus que Ve» fant était encore jeune, les os du crâne étant très-mouSy i^ souples, à peine ossifiés ; sans doute que si une pareille' alté* i jration dans le cerveau était survenue à un âge plus avancé- ^ le crâne ne se serait pas également rétréci, son ossification étant alors complète.
Ce n'est pas seulement le crâne dont les pai^eis. rentrent ;;* dans sa propre cavité, mais encore les os de la poitrine, comme ' • le^ observations l'ont démontré sur des sujets dont les poo* ;< mons avaient éprouvé une destruction considérable (i). L'alfeé-' ,. ration par le vice scropbuleux dans le cerveau ne prouverait^ elle pas qu'il y a dans cet organe des vaisseaux lymphatiques * comme ailleurs? Gela me parait probable : si l'anatomie de., l'état naturel conduit à des observations pathologiques utilèsi -' celles-ci ne peuvent-elles pas aussi conduire, comme je l'ai déjà dit , à d'importantes^^étouvertes pour la physiologie ? Je ne doute pas que ces- deux sciences ne s'éclairent réciproquement»
Mais pourquoi l'enfant qui fait le sujet de cette observa-
(i) Quelques médeçwen ont cité des exemples, le baron Zarre^ par ticolièrement en présentant un de ses malades à rÂcadémie royale des Sciences* ' Ces faits sont authentiques. Je pourrais cependant en citer un qui pourrait paraître contraire , celui de M. Fenouil, dont fai parlé dans moft ' traité de WPhthisie pulmonaire (tom. i, pag. 4^3 9 4^^}» ^^^ lequel' on. 1 reconnut une absence presque totale du poumon droit , et qui ne pouv^A qu^étre ancienne « quoique les côtes de ce c6të de la poitrine ne fussent nullement rentrées* Il est vrai que le foie , qui était très-volumineux , et plongé sous les dernières côtes , aurait peut-être pu s'opposer au renvec^. sèment des côtes vers la poitrine.
PE LEPILEPSIE. 77
ftm-ïHt-y èïi'tleï accès épileptiquea et que tant d'autres scrophulenx ne les éprouvent pas, quoiqu'on ait quelquefois reconnu en eux les mémeji altérations dans le cerveau ? C'est i[B'^â^pendainment des causes apparentes qui sont coni- ■nhe$ à plusieurs maladies dUriîrentes du c l'astres cachées à nos sens , et que nous ne c< fttolqtt Viles n'en soieulpas moins réelles ; delà, sans doute, est mnqo'on s'est borné à dire, qu'il y a une sorte de dûposiithèse dont oli ne connaissait ni la nature , ni le d'agir. Même explication quant à l'hérédité de l'épimais n'est-ce pas obicurum per obscurius. Heureuqu'on n'a pits toujours besoin de la solution de toutes lestions pour prescrire le traitement d'une maladie dont krtctère est connu par ses symptômes et autres circon-
le place cette observation parmi celles de la seconde sec— ti/ny parce que les altérations reconnues par l'autopsie ne se bornent pas au cerveau , mais parce tpi'on a reconnu qu'il t en avait d'autres, et étaient de la inème nature , dans les paaiRoDS, dans le foie, dans le mésentère, etc. Nous renrnToos AUX ouvrages de Morgagn i , de Lieiitaud et autres , en y râmprenant notre Anat. Med. , relativement aux configwatroDS vicieuses du crâne , provenant des maladies orçiotquesdu cervean.
Obs. xxiv. " Simon , âg^e de vingt-sept ans, née d'un père »Kéné, devenue épilepliqtiependaot le traitement r/e /a g'a/e dont elle fut affectée à l'âge de douze ans. Attaques légères eotncidant avec la rvenstniacion , constituant des états de nal de haït,' dix jours ; vertiges peu fréquens avec symptâmes précurseurs, réponses justes; son inlelligence n'a pu été sensiMement altérée ; péritonite cbronique , asrite , 1 omisse tiie lis i diarrhée quelquesjours avant la mort. Eiourdlttfniens devenus plus fréquens -, suppression des règles de— lOQg-temps ; légères convulsions delà jambe , et surtout U'droit peu d'instans avant la mort qui a eu lieu le 1 1 ■635. Autopsie. Crâne épais -, côté frnntal gaucbe saillat , inéninf;e non adhérente. Substance grise du cerveau , pile à l'extérieur , molle et injectée dans sa couclie profonde.
8o ' SUR LA NATURE ET LE TRAITEMENT
deraraclinoïde, ont démontré la nécessité des saignées qOi avaient été pratiquées , en y comprenant celles par les sang- . sues aux apophyses mastoïdes pour dihiinuer la pléthore da cerveau , comme Santorini , Morgagni et autres médecins l'ont reconmiandé , quoiqu'assurément la saignée à la jugulaire soit préférable.
Obs. XXVI. <c Leleu , âgée de soixante-quatorze ans ; menstruation de vingt-un à quarante-huit ans ; à soixante-sept ans , frayeur , épilepsie ; attaques très-fréquentes dans le principe , puis environ tous les mois ; point de prodromes. Perte complète de la mémoire et du jugement ; a£fection da cœur; gastro- entérite chronique; refus de médicamens^ abus de régime. Quelques jours avant sa mort, attaques tous les jours ^ accompagnées de vertiges. — Autopsie le 30 mai 1825. Crâne mince injecté; circonvolutions cérébrales profondes.' Substance corticale d'un gris rosé , divisée par une troisième substance blanche. La couche profonde de hi' substance grise est plus profonde que l'autre. Substance blanche d'un blanc sale , injectée. Un peu de sérosité- dans les ventricules. Légères adhérences du corps strié avec la surface interne et postérieure du ventricule ; couches optiques consistantes et légèrement rosées; substance corticale du cervelet , molle. Substance blanche injectée. Moelle présentant au tiers supérieur une couleur rosée ; consistance gêné" raie. Poumons engoués à leur partie postérieure ; muqueuse des bronches très -rouge, épaissie. Cœur rempli de sang. Dilatation de l'oreillette droite. Amincissement et ramollissement très-considérables du grand cul-de-sac de VeS' tomac. Veines très-dilatées , formant des arborisations.. Intestins grêles présentant des points ardoisés. Les gros intes^ tins offrent de nombreuses ulcérations ; pâleur remarquable de la muqueuse. (MM. Bouchet et Cazauvieilh , de VÉpi-^ lepsie , etc. , pag. 20.) »
Rem, Voilà une épilepsie qui paraît être la suite d'une
frayeur j et à un âge fort avancé. On a vu précédemment que
cette maladie était survenue à un enfant de cinq ans qui avait
eu peur du bruit d'un coup de pistolet, etc., etc.; un
grand nombre de faits prouvent , en effet , que la peur est
DE l'^pilepsie. 8i
une cause fr^nuente Je l'epilepsie, ainsi qu oii le d^jno&trcra encore plus bas par d'autres exemples.
Les altérations i-ecounues dans l'«stomac , pouvant être un effet de l'abus du régime , il n'est pas étonnant que cette cpileptjque ûît éprouvé une gastro— entérite , ayant le grand ral-de-sac de l'estomac et les intestins grêles désorganisés rooime il a été dit. Les altérations reconnues dans les substances du cerveau sont remarquables , surtout la diviâon de la substance cendrée , par une troisième substance blanche. A combien de désorganisations le cerveau , le cervelet et la moelle allongée ne sont-ils pas sujets , que nous ne comiais- Mns pas, et que nous ne counatlrons vraiseinblablemeot jamais.
Obs. xxvii. « Saillant, âgée de vingt-Sept aus ; menstruation et épilepsie à douze ans, cette dernière attribuée à l'unge du camphre employé pour maladie accidentelle. Vertiges et attaques très- fréquens. État de mal. Cette malade avait reçu beaucoup d'éducation avant d'être épileptique , connaissait la peinture, la musique , etc. Toutes ces facultés ont disparu à mesure que l'epilepsie a fait des progrès. Autrefois très-douce, aujourd'hui méchante, emportée, susceptible de fureur ; cet état a nécessité son admission aus petites loges. Le 8 juin iSaS, état de mal qui a duré jusqu'au t5i le troisième jour, elle a eu quatre-vingt-dix attaques dans l'espace de quelques heures. Légères convulsions la veille de Mt mort. Dans cet intervalle, irritation gastrique, toujours I aoissante; saignée générale, saogsucs 4 la tète, à l'épi- Hjutre, émoUiens, etc. Mort le iC. — Autopsie. Crâne ^^Etil, mince, front fuyant. Méninge non-adhérente, subs- ^^nce grise injectée, Substance blanche des cornes d'Ammon Jure, consistante , se séparant facilement de la grise. Moelle généralement consistante. Poumons engoués, crépitans. Hjrpcrtrophie du ventricule gauche du cœur. Estomac rouge dans son grand cul-de-sac , diverses rides bleuâtres dans le petit Gul-dc-sac . Intestins grêles rouges daus différentes parti» de leur étendue {MM. Bouchetel Cazauvieilk, de VEpi- Upsie, etc. , pag i8 ). »
Remarques. Nous avons plusieurs exemples d'épilepsie
causée par des odeurs pénétrantes, du camphre, du SucciOi de Tassa-foetida ou autres substances fétides ; c'est ce qui a fait que les auteurs qui ont parlé de celles dans lesquelles ils ont connu des propriétés pour guérir Tépilepsie ont aussi iait mention d'autres substances qui pouvaient la provoquer; Geoffrai, dans plusieurs articles de sa matière médicale , et autres auteurs en ont cité des exemples. On a reconnu dans le Sujet de cette observation que la substance grise du cerveau paraissait injectée , par conséquent dans un état inflammatoire : il n^y avait pas d'adhérence avec la pie-mère ; de plus , que la substance blanche des cornes d'Ammon était dense j é^ séparant facilement de la grise ^ et que la médullaire enfin avait généralement plus de consistance , ce qui confirmé de plus en plus que l'on reconnaît souvent chez les épileptiqueS une grande différence danis la consistance des diverses parties de l'encéphale 6u de la moelle épinière.
ObS. xxviii. Un cuisinier sujet à des maladies des voies urinaireSj était ipris d'une assez forte fièvre continue: le sang qu'on lui avait extrait par la saignée s'était tellement cçagulé dans les vaisseaux où on l'avait reçu, qu'il adhérait à ses parois. Une sérosité très-abondante le recouvrait. Le malade était toujours plus mal le soir que le matin. Cette maladie finit le douzième jour par un accès d'épilepsie. On vit par l'ouverture du corps j qui fut faite par le jeune Trombelli (élève de Morgagni) , que les reins étaient affectés. L'un d'eux était atteint d'un carcinome , et l'autre contenait des calculs volumineux-. La plèvre était enflammée. Le cœur et les gros vaisseaux contenaient beaucoup de sang noir très-liquide et chaud encore douze heures après la mort. Les petits v^sseaux de la surface du cerveau étaient très-rouges et pleins de sang. Il y avait, dans les ventricules, un peu de sérosité limpide, semblable à la lymphe (^/or^a^«7,Epist. ix, art. 12). Remarques, On voit que l'élève de Morgagni, après avoir exposé les altérations observées dans I^s reins, n'a* pas manqué de faire mention de celles qui ont été reconnues dans le cerveau, ainsi que delà plénitude des vaisseaux de la surface de cet organe et de la sur-^ondance d'eau dans les ventricules. Cette eau pouvait seule avoir causé l'épilepsie
DE L^éPILEPSlE. 85
en irritant cet organe, comme Morgagni Ta si bien prouvé, non-seulement après avoir rapporté l'autopsie faite par son élève , main encore en plusieurs autres endroits de sou ouvrage y relatiib à Fépileprie. Sfoiishous taisons sur les autres circonstances de cette observation et de son autopsie pour éviter qu)et({ues répétitionis.
Obs. XXIX. tJne jeunie fille de douze ans éprouvait de temps en temps des acchs épilepdques. Après sa mort on examina attentivement sa tété et Ton ne reconnut dans le cerveau aucune espèce de lésion qu'on put considérer comme cause de Fépilepsié ; mais on trouva, dans le bassinet du rein droit , im calcul triangulaire qui pesait cinq dragmed. {Lamotte ^ lÀeutaud^ ly obâ. 1 1 78. )
Remarques. On a d'autres exemples d'épilepsie suirvenue . après des calculs ou des douleurs des reins , dès uretères et de la vessie , ainsi' que par la seule inflammation des br-^ ganes nrinaires. Vous en avons rapporté des exemples dans notre Anatomià médicale. D'ailleurs les auteurs en sont pleins, particulièi^ment les ouvrages de Morgagni {De sed» et vous, morb»)y etVHistor. anat. med., de Lieutaud,
Ow. XXX. M. Cosnier, médecin praticien dé Tancienne faculté de Paris , m'a rapporté qu'une jeune demoiselle , âgée de dix-huit ans, fille d'un marchand de la rue Saint-Martin , après une supression prompte des règles causée par quelque affection morale , fut atteinte d'une douleur de tête trèsviolente ààut elle se plaignait à grands cris : elle avait une fièvre aiguë et elle éprouvait presque continuellement un délire affreux avec dès convulsions dans les muscles de la face . et du bras droit , 'survenant sept à huit fois par jour, ainsi qiie dans la nuit , pendant lequel temps la malade perdit entii;r . rement connaissance , et éprouvait des mouvemens convulsifs des extrémités , sa respiration étant fort gênée et ayant de l'écume à la bouche, de sorte qu'on ne pouvait méconnaître Tépilepsie. Cette jeune malade fut saignée du pied et fit un usage presque continuel de boissons rafraîchissantes et re-: lâchantes , mais sans aucun succès , car elle mourut le septième jour de sa maladie. L'ouverture du corps en fut faite à ma sollicitation par Andravi qui reconnut ({ue les vais-
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règles étaient plus faciles et plus abondantes ; on. conseilla à la malade de faire usage des pilules avec l'extrait de valériane sauvage , de genièvre , de la gomme ammoniac , de safran de mars apéritif ; elle prit trois à quatre de ces pilules le matin àjeun , ctellc butpar-dessus une tasse d'infusion de sommités d'ulmaire et de camomille. Ce traitement fut suivi pluàcursjours sans aucun avantage pour la malade , car la menstruation diminua et fut plus douloureuse ; l'engorgement de l'ovaire droit parut plus considérable et subsista dans l'intervalle des règles. Celte malade éprouva de nouveaux accès d'épilepsie. Je l'ai revue une ou deux fois avec Sollier, à l'insu duquel elle avait fait le dernier traitement ; je recommandai un nouvel usage de celui que j'avais prescrit, mais ce fut sans succès ; l'application des sangsues àl'anus, aux aînés et sur l'ovaire qu'on présumait être tuméfié futréitérée inutilement ; le bas-ventre devint douloureux , une ij'nipanite se forma, les accès épileptiques se multiplièrent, et cette malade mourut.
L'ouverture du corps fut faite par Sollier et P. Martin. Ils reconnurent que le bas-ventre était énormément tuméfié par des gaz qui s'écliappèrent à la première incision des parois charnues. H y avait danscette cavité deuxverresd' une sérosité rougeàtre et fétide ilovaire droit avaitla grosseur du poing, et contenait des grumeaux d'une substance jaune , de consistance lardacée , ainsi que des bydatides pleines d'une matière gluante , visqueuse , de couleur jaunâtre. La matrice était plus grosse que dans l'élat naturel ; ses vaisseaux étaient pleins de sang , surtout ceux des ligamens droit et inguinal du même câté , qui paraissaient comme injectés. Le cœur était plus volumineux , ayant ses parois plus épaisses , les poumons plus rouges et plus denses , avec un léger épanchement de sérosité rougeàtre dans les cavités pectorales. Le crâne contenait une très-petite quantité d'un pareil liquide , ainsi que les ventricules du cerveau. Ou reconnut des liydalides dans les plexus choroïdes ; la substance inédullaire du cerveau était ramollie surtout dans les éminences nt^es et lestes qui étaient plus tuméfiées et ramollies que dans l'état naturel.
DE L'iPILEFSIE. 8^
D To>t P&i' le succès du traitement éinolUent et ra-r (laîcImsaDt que j'avais prescrit , ainsi que la saignée réitérée selon les circonstances, qu'il était véritablement anti-spasmodique , et que l'on a eu le plus grand tort de le remplacer par un autre trop tonique ; étant devenu irritant et non ejnménagogue , aussi a-t-il produit des eflets funestes , et non ceux qu'on attendait. U paraîtrait que l'engorgement utérin, et celui de l'ovaire droit'partîculiétement qui a précédé les accès épileptiques en a été d'abord la cause , et que les altérations du cerveau n'ont été que consécutives , mais telles que les accès d'épilepsic sont survenus.
Obs. xxsii. Une £emmc d'une forte constitution, âgée de cinquante- cinq ans , éprouvait depuis qu'elle avait cessé d'étra réglée , une douleur gravatlve à la tète à divers intervalles , et finissant par une somnolence plus ou moins profonde , pendant laquelle celte femme avait quelques mouvemens couvulsifs des extréutités inférieures , du délice , ensuite perte de mémoire avec plus ou moins de tous et da salivation ; on lui mit les vésicatoires aux jambes , et on loi prescrivît la valériane sauvage et la serpentaire de Virginie en poudre , sous forme de pilules, avec de l'assa-foe^ tida et du musc. Non-seulement les convulsions ne diminuèrent pas , mais elles augmentèrent avec une perte subite de connaissance , et quelquefois une prompte chute, /^er— nage et Maloet , ayant été appelés , firent saigner la malade deux fois du pied , et se plaignirent de ce qu'on ne l'avait pas fait et même réitéré avant l'application des vésicatoires et avant la prescription des anti-spasmodiques cliauds dont ils firent suspendre l'usage , en donnant à leur place tme boisson rafraîchissante etrelâchan'te , ainsi que des laveraens émolliens. Les mouvemens convulsifs diminuèrent , mais la somnolence et le délire continuèrent d'avoir lieu et avec plus de violence : eufin la malade mourut. L'ouvertute du corps Gt reconnaître que les vaissicaus. du cerveau , en y comprenant les sinus , étaient pleins d'un sang noir et concret ;. il y avait dans les ventricules de cetorgauedel'eau un peui-ou— gi^âtre. La siihstanre médullaire de In moelle allongée étai'
BO SUR tu NATURE ET LE TBAItEMENT ^H
endurcie i les membranes duceiveau paraissaient plus rouges que de coutume. La maO'icc était d'un plus gros volunie qu'elle n'est naturellement^ ses vaisseaux contenaient du sang , ainsi <jue ceux des ligameas larges , qui étaient plus rouges. Il y avait aussi dans le bas-ventre un peu d'eau rougeâtre.
Obs. xksih. La fille d'une marchande lingère ( rue Saint- Denis ) , âgée de quinze ans , d'une constitution assez forte , plutôt grasse que maigre , avait eu deux ans auparavant quelques annonces de menstruation , ayant perdu un peu de sang par les voies utérines. Après cette époque elle éprouva des perles sanguines d'une eau jaunâtre assez acre pour produire quelques rougeurs aux cuisses. Cette fille avait depuis trois où quatre mois des douleurs de têie grafatîves , fréquentes , et de temps en temps elles devenaient lancinantes vers le sommet de la tète. Les vertiges auxquels elle était sujette redoublèrent , et furent si intenses qu'elle se laissa tomber à terre plusieurs fois au début de ses accès épileptiques , ce qui la déterminait , quand elle le pouvait , à rester assise lorsque les vertiges surVenaieut. On attribua la cause de cette maladie au défaut des règles , et on lui fit, pendant deux ou trois mois, divers remèdes, parmi lesquels la saignée du bras , quelques remèdes ferrugineux pris intérieurement, ainsi que des bains de jambes. Mais bien loin de retirer de l'avantage d'un pareil traitement , les douleurs de tête devinrent très-gravativcs. Il lui survint un tremble ment fréquent de la lèvre inférieure , qui fut plusieurs fois suivi de vomissement. Cette fille , dans un moment plus calme , me fut amenée , dans une voiture , par sa inÈre , avec Andravi son médecin , qui était encore mon prévôt d'anatomie. Je considérai cette épileptique sous l'aspect d'une maladie convulsive ; mais craignant qu'elle ne fût produite par un défaut de menstruation , le pouls ayant été trouvé dur et plein,jeconseillai, non la saignée du bras, mais celle du pied à la suite d'un bain de jambes , et divers autres remèdes auti-spasmodiques les moins échauffans , mais sans succès. Les convulsions avec perte de connaissance survinrent plusieurs fois, ou plutôt de vrais accès épileptiques,
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enfin je praKiivis divers remèdes anodyns et anti-spasiAodl- «[ues tirés de la classe de ceux qui soat les moios édiauffans, (les sangsues à l'anus ou aux cuisses , des bains émoUiens , rafraîchissans , etc. Toute» mes prescriptions furent sans succès ; les accès épileptiques se multiplièrent et devinrent plus intenses ; le faas-ventre se ballona , il durcit , avec douleur, et la jeune personne monrut d'une maladie inflammatoire du bas- ventre. /ïnf/rai'f fit rouvcriurc du corps de cette iîlle et il reconnut, en eft'et, que la matrice était plus volumineuse , plus dure et d'una couleur plus rouge qu'elle ne devait être ; que l'ovaire droit était tuméfié et enflammé ; que les ligamens de la matrice étaient marqués de tacheS rouges, ainsi que l'estqmac et les intestins ; les poumons euxmêmes c'étaient pas exempts d'inflammation , et il y avait dans le cerveau et entre ses membranes de l'eau rougeâtre ta quantité. Les substances corticale et médullaire de cet organe étaient très-ramollies , quoique la moelle allongée, le |)ont de varole particulièrement , fussent endurcis.
Ofls. XXXIV. J'ai vu avec M. Retz , ancien médecin des ■rmées, un malade atteint depuis long-temps d'un vice scro- I^Hileax. Il éprouvait un panaris au doigt indicateur de la tnain droite. Le bras s'enfla , se durcit inégalement ainsi que les glandes axlllaîres ; le malade fut bouffi et cedématié dans presque toute la partie latérale droitedu corps. Le panaris fut soigné et guérit. Cependant un ou deux mois après il survint deiaccèsd'épilepsiequi finirent par être mortels. On reconnut i l'ouverture du coips que les glandes axillaires et autres du bras étaient très - tuméfiées , durcies en quelques points et en d'autres ramollies ; d y en avait deux sous les aisselles qui étaient ulcérées, comme elles le sont quelquefois dans les affectioDS cancéreuses. Ondécouvrit d'autres glandes lymphatiques conglobées dans un état de tuméfaction , d'endurcissentent et en divers points avec un ramollissement formé par mauvaise suppuration. Telles étaient particubèrement les ides bronchiques; celles du mésentère étaient aussi plus et durcies. La calotte du crâne ayant été levée, on vit ^Waconp d'eau rougeâtre entre les membranes du cei-veau A dam ses ventricules. Les coifs canelés étaient tuméfiés
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