DU CARACTÈRE DE L*ÉPILLPSIE
der) (i). En France le peuple lui donne divers nonis^ le mal-' caduc ^ le haut-mal^ le mal de terre, parce que ceux qui en sont atteints toinbent ordinairement à terre. On a dit aussi quelquefois , que ceux qui étaient atteints d'épilepsie étaient lunatiques • parce qu'on a cru avoir observé que les accès de cette maladie avaient quelques rapports avec les phases lunaires {morbus lunaticus) (2). Mais est-ce au commencement de la nouvelle lune , ou est-ce lorsqu'elle est pleine ou qu'elle finit ? Les opinions ont tellement varié à cet égard que l'on peut bien n'ajouter foi à aucune d'elles , et les regarder toutes comme de simples préjugés dont la médecine n'est malheureusement que trop pleine. Nous ne pouvons cependant taire que Morgagni prend le plus grand soin , dans son immortel ouvrage , sur le siège et les causes des maladies , pour nous annoncer les époques et la nature des accès, relativement aux phases de la lune et des astres^ en général, et qu'il les prenait souvent en considération pour se rendre raison de divers phénomènes de cette maladie et de l'invasion de ses accès ^3). L'épilepsie n'est pas contagieuse ; si elle se transmettait d'un individu à un autre qui n'en serait pas atteint , ce ne pourrait être que par l'effet de la frayeur que, la vue d'une aussi horrible maladie pourrait lui causer (4) ; elle n'est pas
fera, vol. m. — Sauvages , Nosol, meth. Voyez, plus bas, à Tartide Epi» iepsie des Enfans , ce que nous disons à ce sujet.
(i) Peut être parce qu^on a comparé les contractions violentes qui oa| lieu pendant raccouchement , dans la matrice et les muscles abdomi* naux , aux convulsions qui surviennent dans les accès ëpileptiques., souvent avec une sorte de perte de connaissance instantanée , occasîonée par la faiblesse, ou plutôt parce que les plus vives douleurs ayant cessé prom* pteraent, la femme passe dans un état d^anéantissement, ou d^extase de courte durée. L'on sait aussi que plusieurs femmes , en accouchant , ont éprouvé un véritable accès d^épilepsie. Nous en rapporterons plus ba» des exemples.
(a) Parce que ses. accès surviennent quelquefois ^ certaines phases dft la lune, circa magnas mulationes' • • • lunœ , Aaetjeus. On peut lire ii ce sujet Particle Épilcpsie dans la pratique de Lazare- Ri^>ière , et aussi df Richard Mead : de imperio solis et luncè, Monita et prœcept, med,
(3) Desed et caus, morb, , epist. vu.
^4) ^^' observations de Boerhaave , xk 6auya^e* et autres urancû
ET DE SFS DIFFIÉRENCES AYEC o' AUTRES^ MALAD' ES.. II7
non plus endémique. Si elle se propage dans quelques familles» c'est , sans doute, par un vice héréditaire ^ selon nous le vice ficropbuleox serait le plus disposé à la propager.