SECTION IV
Sur le Siège de VEpihpsie.
9il est utile pour traiter une maladie avec succès, d'en conuahre le siège , c'est surtout à Fégard de. l'épilepsie , l'une des maladies les phis dangereuses et celle que l'on guérit; rarement.
Je vais d'abord parler de son siège dans le cerveau , im^ médiat ou idiopathique, pour traiter ensuite des sièges médiats ou sjrmpathiques de cette maladie , ou résidant en dif— ffrentes- parties du corps.
AxticlèJ^. DvfSîége derÊpilepsie dans le cerveau, . ' , immédiat ou içtiopathigué..
ni^sdadie
moins d'accord qne sur celui de l'épilepsie. Les anciens l'avaient généralement établi dans le cerveau , mais la plupart de leurs successeurs ont cru qu'il résidait le plus souvent dans un tfès-grand nombre d'autres parties du corps , quelquefois conjointement avec le cerveau et très-souyent indé*
1^4 ^U CAKACri^KE DE L ÉPILEPSIE
pendant de cet organe, ou du moins ils n'en ont (ait aucune mention.
Quelques médecins de nos jours ont été d'autant moins portés à inculper le cerveau uniquement^ qu'ils savùent que des épilepsies avaient été précédées de douleurs et aiutres accidens qui existaient en d'autres lieux du corps que dans cet organe , et qu'ils avaient même radicalement guéri ces ép'vlepsies par des remèdes externes topiques , chirurgicaux ou pharmaceutiques. T'usai , Lieutaud et autres médecins célèbres n'ont pas été exempts de cette erreur dans ces derniers temps.
, Charles Pison , médecin de Pont-à-Mousson en Lorraine , aussi célèbre par sa' clinique que par ses connaissances anatomiques et médicales , est un des premiers qui se soit élevé contre l'opinion de ceux qui admettaient une multiplicité de sièges de l'épilepsie hors du cerveau. Il soutint avec beaucoup de savoir , dans un ouvrage très-remarquable (i)^ que cet organe était toujours affecté dans l'épilepsie , comme ses symptômes le prouvent , surtout l'aliénation mentale et la perte plus ou moins longue de la mémoire^, que les accès fussent annoncés ou non par des douleurs , ou autres phé-? nomènes morbides y en diverses parties du cbrps. plus ou moins éloignées du cerveau , mais sans préciser en quel lieu de cet organe le siège de cette maladie existait*
Thomas TVillis ^ médecin anatomiste anglais, si connu par son ouvrage sur le cerveau et sur les ner£s,. ainsi que par ceux de médecine pratique, soutint , comme Pison, et plus de quarante ans après lui , en parlant des maladies du cerveau , que l'épilepsie était idiopathique dans cet organe ou qu'elle y avait toujours .àon siège : morbus caducus cm'nis , dit-il , mihi est idiopathicus ( in cerebro). Il assura de plus que les méninges ne sont point affectées , et que û elles le sont quelquefois dans cette maladie , ce n'est jamais que secondairement : non essè primario affectas (a).
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(i) Selectiorum obseivationùm ^t consiliorutti 4e prwteivisis, hacteruts morbis et adfectibus prœternaturani ab aqud seu coUuyiç /Serosa ortis* Ponte ad MussoniSiS^m- ^o, -j
ii) De ntorb. consuls, , cap, it , p. 19.
£T DE SES DIFFÉRENCES AYEC d'aUTRES MALADIES. t45
Cependant Topuiion de ces deux grands médecins n'ap»* porta ancun changement à celle qui était généralement adoptée dans les écoles et dans les ouvrages classiques. On «ontioua. généralement de croire que l'épilepsie avait divers sièges. IVepfer lui-même, dans son Traité sur la Ciguë (i), en a admis une multiplicité en diverses parties du corps antres que le cerveau , non-seulement par des faits , mais esoore par d'heureux traitemens internes et externes. Est-ce, dit-il 9 qu'on ne guérit pas de l'épilepsie par des vers dans kfl Toies alimentaires y en prescrivant des anthelmintiques , ainsi que divers maux de tête par des vomitifs ? Combien , ajoate-4-il , n'a-t-on pas guéri d'épilepsies , dont on croyait que le. siège existait dans le cerveau , par de simples topiques posés sur les membres les plus éloignés ; topiques qui étaient, selon les circontonces , tantôt anodins , tantôt irritans. Wepfer^oxiAxiX. d'après cela que Tépilepsiea, indépendam«« ment dii cerveau , une inûnité d'autres sièges.
. TUsot (2)9 qui a écrit nn bon ouvrage sur l'épilepsie, a eu la même opinion que TVepfer, ce qui m'a d'autant plus étonné , que j'avais une grande propension à adopter celle de Pison et de Willis t que le cerveau est toujours le siège de Vé^ pilepsie^ quelle soit annoncée ou non par des douleurs ou autres symptômes qui se manifestent à l'extérieur de la lète , dans le tronc et dans les membres.
' Qu'on n'oublie jamais que dans l'épilepsie il y a toujours , pendant l'accès , une lésion des facultés mentales , ce qui n'aurait pas lieu si le cerveau n'était réellement i)iorbidement affecté. En effet, s'il était, pendant l'accès épileptique, dans l'état naturel , ne continuerait-il pas, comme . -
(i) De cicuid j Basil. , ia-18. 1664.
(a) Il ne faut, dit-iï, qu'examiner impartialement les observations que f ai rapportées sur les cpilepsies sympathiques, pour se convaincre Jj n futilité et s'assurer que c'est souvent une irritation externe qui produit l'épilepsie. Cela peut âtre vrai , mais il n'est pas prouvé quWe ^piiepsie ne paisse avoir son siéf;c dans le cerveau et s'annoacer par des douleurs dans une partie éloignée de cet organe , et que Tidée de Pison ne Boit vraie quelquefois , comme Tissot n'a pu s'empéclier de le remarquer k la page 102 de son ouvrage sur Vépilepsie,
l46 )' DiJ CARACTÈRE DE L^PILEPSlB
les autres organes le font , de jouir de toute la plénitude de ses fonctions ? ce qu'il ne fait pas.
Dans combien d'erreurs n'est-on pas tombé quand t>n s'est laissé conduire par une opinion contraire sur la nature et le siège de l'épilepsie !
J'ai cru devoir soumettre à iln examen particulier cette importante question; et comme en matière de physique , dans la médecine surtout, les observations doivent être la base principale de nos conséquences, j'ai voulu d'abord, pour m'édairer sur cet objet, consulter les autopsies anatomiques que les plus grands médedns avaient recueillies, n'en ayant pas moi-même un assez grand nombre pour pouvoir compter entièrement sur leur résultat (i) , quoiqu'elles me paraissent contraires à l'opinion de TVepfer , de Tissot et d'un très-grand nombre d'autres médecins qui l'ont adoptée. J'ai consulté encore un très-bon ouvrage de Barthelemi Moor (2) , professeur de médecine à Hardervick , qui a émis une opinion contraire à celle de TVepfer et confonne à celle de Pièon et de TVillis , et cela d'après ses propres autopsies anatomiques et d'après les symptômes de l'épi-* lep^ie qu'il avait bien observés. Cet habile médecin ne doutait pas même que le siège de cette maladie ne résidât toujours uniquement dans le cers^eau. N'y a-t-il pas constamment , dit-il , dans les accès épileptiques , un trouble dalis les affections mentales dont on ne peut établir le siège ailleurs que dans le cerveau? 5i cet organe était sain dans toutes ses parties , le malade ne continuerait-il pas de jouir de toutes les facultés naturelles ? B» Moer a plus fait encore ; il a soutenu , et avec raison , que toutes les parties du cprps , différentes du cerveau , avaient , moyennant les n^fs , une telle influence sur lui, que l'épilepsie pouvait en être la suite
(i) Ces observations soat extraites de VUist* anat. med^ de Lieutaud, dont j^ai été P^diteur en 1761, 1 vol. in-4* avec une table nosologique très-détaillëe sur Pépilep^ie, que fy ai ajoutée : elles forment les quatre sections ci-dessus rapportées.
(a) Cogitationes de instauraiione medidnœ ad sanitatis tuteiam, i6ç)5, etc« Amsterdam 1704 1 in-8.
£T DE SES DIFF£R£?fCES AVEC d' AUTRES ftALADIES. l^'}
en TafiEectant sympathiqi^ement, quelquefois cependant d'une manière si légère qu'elle pouvait n'être point apparente. à l'autopsie. Or y dans tous les cas l'épilepsic n'a-t-clle pas son siège dans le cerveau , quand ce ne serait que consécutivement à l'affection morbide des autres parties du corps plus ou moin^- éloignées de cet organe. Telle était l'opinion de Ifcwr y quenous adoptons pleinement , étant généralemejit conforme au résultat de nos observations.
'Mais quelle est la cause de cet admirable consensus du carresp<mdànce du cerveau avec les diverses parties du corps? Ce n'est pas seulement dans les* tissus. cellulaire . vas^ culaire, membraneux, etc., qu'il faut la chercher, comme on le fait généralement aujourd'hui , mais dans les nerfs euxmêmes, comme plusieurs anciens médecins Pavaient fait, et plus postérieurement jPi>o/i, TVillis^ Moor , f^ieussef^s^ Réga , ïVhjrtt , Haller , Pomme ^ et beaucoup d'autres bo^ médecins dont nous adoptons la doctrine» Pourquoi ce concours d'opinions déplait-il à tant de novateurs , pour la détruire et établir des idées hasardées qui renversent celles qui sont le résultat des. observations fondamentales de la saine clinique. " ; ::; >
Nous avons bien des fois dit et démontré, dans nos leçon^ d'auatomie , que les nerfs du cerveau et ceux de la moelle épinière n'étaient que la continupition de leur substance mé-^ duUaire transportée dans les parties sensibles et motrices de nos divers organes par àts fourreaux ou conduits membraneux et celluleux, contenant, dans leur texture, des artérioles,des veinules sanguines^ des vaisseaux lymphatiques et mêmedes fibrilles nerveuses, surtout dans les ganglions (i), mais n'étant nullement musculaires , et conséqucmment ja«
(i) Nous avons plusieurs fois fait observer'des filamcns des nerfs dans les troncs nerveux du crâue et du canal vertébral , Lesqueb étaient couverts des ianelles membrano-cellulaires qui en contenaient et rappro- «liaient les fikts les uns des autres, sans se confonde , pour former quelqoejfbis de plus gros cordons , mais dont les fiictâ h leur tour, se sépa^ raient et quelquefois se dépouillaient du leurs membraimled pour s^épanouir sur et dans diverses parties qui jouissent dé la plus grande sensibilité*
ïiS D€ CARACTÈHE DE L'j^PILEPâlË
niaissasceptiblesi de contraction. Noos aTons feiit aussi remâf^ querqueles nerfs étaient snjetsà des altérations organiques^ à des inflammations , à des infiltrations , à des engorgemens divers. J'ai notamment cité une observation de Dehaen , ire* lative à un épileptique dont les ganglions sémi-lunaires de l'abdomen portaient des marques d'inflammation (i). £diditeur et collaborateur de VHisiofia imatomico - nredica de Lieutaudy publiée en 1 1^67 9 j'ai extrait environ cent observations' atee ouverture de corps, des ouvrages de Femel y de Bailiou, de ÎVep/er^ de Morgagniy de Baa^ der; de T'tésot , et d'autres médecins , ainsi que des mé^ moites des Académies des Sciences y de Chirurgie , et de divers! Jcfurnaux. J'ai ^ de plus^ depuis la publîcaûon de Fouvrage de Lieutaud , extrait divers bits du Diction^ naire des Sciences médicales , des Mémoires de MM. Eê^ iftiiroi y Maisonneui^ , etc. '
Fondé sur cette multitude de faits que j'ai exposés* e| d'antres que j'ai passé sous silence , je me bornerai à dire ici qùeparmilè^symplômes qui constituent essentiellement Pëptlepsie , les convulsions ^ le délii^, la perte de connais-* sance et la lésion plus ou moins intense et prolongée de' la ménitoire , ne pioviennent uniquement que de V affection rÀorbide du cert^éau^ presque toujours Te<xmnaissàb\e kVaheLf' tomste par la désorganisation plus o«t moin» cônsidéÉaUe iju' elles y laissent,- o« si quelquefois, ce qui est infiniment rare, on ne peut l'apercevoir^ il n'e fa^t pas affirmer qu'elle ïi'y existe pas, pouvant fâcilertietït éluder l'inspection . tant elle- peut être ^^iMe> dans le -terveâu surtout, organe si lixou et encore si peu connu de nous.
Indépendamment des altérations reconnues dans le cer* veau des épileptiques , déjà énumérées, nous dirons qu'il
(i) Voyez mon Anat. med, , t. ly , K^. 336. — On tmorèra aussi des ob^ sevvatioDS importantes sar* la structure des ner&, des ganglions prindrp»lement , dans Pouvrafie de Comparetti ( Occursus medici de vaga mgri» tudine infirmitatis neruoruirty in-8., 1780. Cet ouvrage de Cdmparetti ett précieux par les faits anatomiques , médicaux et historirpies , qu'il con* tiettt.
ET DE SES ]Hrf;éAEKÇl^ 4Y^ ^d'àOTACS HALADIES. l4'9
suffit qaelquefois que cet organe soit plus ou raoin& comprimé par le crâne , qui n'aurait pas pris assez de capacité poui: le contenir y ou qu'il ait ax^uis lui-même trop de Yolitme pour y être contenu librement , pour que ses fonctions soient troublées et enfin pour que l'épileptie sur* Tienne (i).
Le chirurgien Mauquestt 4e Lamotte en a rapporte un exemple mémorable, ea affirmant qu'une épilepsie causée par déCaot de capacité du crâne avait été guérie par Topé^ ration du trépan réitérée plusieurs fois sans lésion de la duremère. Les trous faits au crâne avaiecK , dit^il , fiinsi diminué h compression du cerveau , la membrane dure-mère ayant été un peu soulevée dans les espaces vides que le trépan avait laissés. Tout cela se comprend quand on sait que la moindre compression du cerveau peut donner lieu aux vertiges et aux convulsions.
Qui ^OA connaît la beUe observation de «^at^r^ d'une femme à laquelle on avait emporté , par l'opération du trépan , réitérée une vingtaine de jEbis, une grande pajitie du crâne. Cette femme demandait l'aumône dans les rues de Paris ; il lui arriva plusieurs foi^ , que les miembranes du cerveau ayant été légèrement oomprimcées , elie s'était laissé «tomber et avait perdu quelque temps sa connaissance.
Pai voulu me convaincre de la certitude des résultats de cette observation par des expériences faites sur des animaux vivans ( des chiens et des chats). lUen n'est plus digne d'atlenti<»a que ce qu'on remarque après que ces animaux ont été trépanés (2).
(i) Voyez ci-dessus les autopsies*
(3) Voici en note le détail de cette expérience que j^ai faite il y a beaucoup d'années. « Après avoir trépané le crâne d'un chien, on a corn- » primé la dure-mère et le cerveau , tantôt avec le doigt , tantôt avec » mi bouchon de liège, de bois ou autre, quelquefois en versant de » Peau , du mercure dans le trou du crâne auquel on avait adapté un » tuyau bien fixé au contour de ce trou. On a rempli le tiiyau d'eau bu » de mercure pour faire une compression graduée sur le cerveau plus )) ou moins forte. De quelque manière qu'elle se fit , elle produbait con*
iSâ . DU CA1A€TÂK£ D£ ifÉPlLflPBtZ
la perte de m^^inoire, etc. (i). Je pense que tout ee qu^oil tb écrit depuis n'a tendu qu'à confirmer l'opinion du père de hb médecine.
L'opinion de Galien (2) sur la cause de l'épilepsie 9e rap^ proche de celle d^Hippocrate , mais avec quelques addition^ «jtplicatiyës , comme il le faisait ordinairement. Il y a ^ dit-il^ dans le cerveau des épileptiques , un engorgement avec oïl sans excès ou même une diminution de (Consistance , qui em.péche , pendant les accès ^ que V esprit (spiriuts) circule Ubremeut et régulièrement dans le cerveau et dans les neife ^ d^où résulte une gêne ou cessation du mouvement y du senti*^ ment et du raisonnement. Cependant, dit Galien , il y aune dif^ férence entre la cause de l'épilepsie avec celle de l'apoplexie^ puisque y dans celle-ci, une humeur crasse et visqueuse cttgoue et rempht , par sa quantité , les principaux ventricules du cerveau , au lieu qu'elle ne les remplit pas tous , ou du moins autant et si constamment dans l'épilepsie (3).
i^ théorie ée TVillis n'a-t--elle pas quelques rapports aveccelle ^Hippocrate et de Galien ? Le médecin anglais , aussi ingénieux que savant, dit, dans une très^Iongue expUcation qu'il donne du vertige , dans laquelle il comprend celle de Fépilepsie , ainsi que Mead l'a fait , « que dans l'état naturel , >» les esprits aftiimaux parcourent la substance médullaire* » comme s'ils étaient dans unvaste champ ou dans un verger ->• agréable^ dans lequel ils se répandraient librement; au >» lieu que dans le vertige , la libre circulation de ces esprits » n'a pas lieu , étant nôn-seulement gênée , troublée , mais. » encoi*e interceptée en divers endiroits {variis in locis) ; d'où
(i) Fœsius, t. I , p. 3oi , cité par Tisa^, (a) De locis affectis , lib. de Caus. symptomat, , cap. 6. (3) Voyez cîaiis Pernel àtrerses remarques à ce sujet (p. G6a), Cet iËlustre métleGio^ qui û'edoptÂt pas l^opinion de Galien relative à la congestion (le Peau duBS les rentricules du cerveau , se bornait à enseîf;iier qu^une qualité oculte et maligne empoisonnait , dans l^ëpilepsie , toutes, les facultés du cerveau , au lieu que dans Tapoplexie il y avait nn engorgement de sang des vaisseaux plexiformes a la base du cerveau , tel que ks raouv^mens du cœur étaient intclrceptés :. c'est ce qu'on petit conduro^ de Fopînion de/ente/, p. 80X et 803.. n4^
CT DE SES t>Tt1r£AENtES AtEC D* AUTRES' MALADIES. iSS
» fl tesolte qae leur circulatioD étant ainsi troublée dans le % cerVeau {hue illuc in gj^ros et vortices aguntun), et leur » irradiation dans le système nerveux étant ainsi diminuée % ou empêchée , il survient un tr<mble général , tant dans » les fonctions du cerveau que dans celles des autres organes^ Il comme , ajoute JVillis , cela survieiit à ceux qui sont dans » Vivresse pour avoir trop bu de vin ou des liqueurs spiri-
> tueuses, ainsi que dans ceux qui ont fumé du tabac sans y
> être accoutumés , ou qui ont mangé certains végétaux , » ou enfin qui ont reçu trop de mercure par des onctions sur » la peau. »
« Il est permis, dit encore ïVîllis , de soupçonner que des » particules délétères sont parvenues, parle sang et par d'au- » très humeurs , dans le cerveau , et qu'elles en altèrent les » substances médullaires {Purissimas has medullas^ontami^ » nare (i)) : » tandis que dans l'apoplexie , comme l'ont dit ausâ d'autres auteurs , toutes les parties de l'encéphale en étant obstruées, toutes les fonctions de cet organe en sont d'abord suspendues , et que la mort réelle succède bientôt. Cette opinion de TVillis a beaucoup de rapport avec celle de Galien.
tVepfer attribuait aussi particulièrement les accès épileptiques à l'existence de l'eau dans les ventricules , d'où résultait , disait-il , une telle altération dans la circulation des humeurs dans le cerveau, qu'elle en était troublée, et qu'il s*en suivait une irritation dans l'organe cérébral , qui produisait l'accès, lequel, par i\n effet de la nature, parvenait à vaincre l'obstacle , ce qui faisait qu'alors l'accès cessait pour ne revenir que plus ou moins de temps après. €e médecin croyait que son retour n'avait lieu que par un reste de cette humeur ^ qui avait été augmentée en quantité plus ou moins grande et plus ou moins vite après l'accès.
D'autres auteurs , qui ont succédé à JVepfer^ ont ajouté : d« parce que cette eau avait acquis un surcroit d' acrimonie } ce qui est à peu près conforme à l'opinion de Morgagni, Cc-
(i) Thomas Willis , de vertigine ^ cap. vu.
l54 DU CÂRACTàRE DIE! L'^PaEPSlE
pendant ce grand anatomiste et savant médecin croyait vrai-r semblable que les esprits animaux , tumultueusement agité$ pendant l'accès y. étaient détournés de leur cours naturel et réfléchis quand ils rencontraient des corps plus ou moins durs i quotiescumque aliqua de causa velocius actij ad certa quœdam loca pervenerinty cerebri ob callosam duritiem (i), . Cette opinion de Morgagni nous paraît d'autant plus vraisemblable, qu'elle est fondée sur les résultats de l'ouverture des corps des personnes mortes d'épilepsie , tendant tous k prouver que la* circulation du sang n'a pu continuer d'être libre chez les épileptiques , par rapport aux diverses désorgar uisatipns du cerveau qui s'y sont formées , et qui ont acquis. la solidité qu'elles avaient naturellement , tandis que d'autre» parties , ayant perdu de leur consistance , sont devenues plus molles et par là plus ou moins perméables aux divers fluides qui doivent naturellement circuler dans cet organe.
Telles sont les causes qui ont frappé nos anciens , el quelques sa vans modernes qui leur ont succédé , faute souvent de connaissances ultérieures pour expliquer les phénomènes de Tépilepsie , son prognostic et son traitement. Ils se sont , en quelque manière, satisfaits de cette conclusion , je veux dire que Tépilepsie survenait lorsque la circulation du sang était troublée dans les vaisseaux du cerveau par des altérations dans cet organe. Mais Tanatomie, la chirurgie et la pby-< siologie ayant été généralement mieux cultivées qu'elles ne l'avaient été auparavant , de nouvelles connaissances sur les maladies du cerveau ont été acquises ; les anatomistes y en nous éclairant sur la nature des altérations des sinus et des vaisseaux de cet organe et la moelle épinière, de leurs membranes , de leurs substances , de leurs diverse^ et nombreuses parties, enfin de leurs nerfs, qui en sont un prolongement; les chirurgiens j en traitant les maladies de la tête et du cerv-eau, avec de tels succès, qu'ils seraient incroyables s'ils n'étaient attestés ; enfin les physiologistes ,
(i) MoRGAGniy de sed, et caus» morbor. , lib. v, episU ix, b», a6, de Epilepsia»
£T DE SES DTFFÎSkENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. 1^55
en répandant , par leurs expériences sur les animaux vivais ^ de grandes lumières sur les fonctions de diverses parties du cerveau. Tous ont fait des efforts utiles pour avancer l'art de guérir , en général et particulièrement les maladies du cerveau et des nerfs , dont les causes et le traitement sont en* core.les moins connus. Qu'ils continuent leurs importans travaux en même temps que les médecins praticiens sauront en proBter , quand cela leur paraîtra convenable y pour mieux distinguer les accès d'épilepsie qu'on n'a fait jusqu'ici^ et les traiter avec plus de succès ; le nombre de celles qui ont été réputées incurables diminuera certainement ; mais malheureusement il n'en restera que trop qui seront toujours incurables.
Je vais maintenant parler des épilepsies sympathiques.
Abticle II. Sur le Siège de VÈpîlepsie sympathique en dii^erses parties du corps ou médiat awec le cer^ veau moyennant les nerfs.
Des observations nombreuses rapportées par les auteurs, et celles que nous avons recueillies dans notre clinique , avec ou sans ouverture de corps , font voir que des affections morbides bien reconnues en diverses parties du corps hors du cerveau , ont précédé ou accompagné des accès épileptiques sympathiques les mieux confirmés ; bien plus , qu'on a guéri un- plus grand nombre de ces épilepsies qu'on n'en a guéries de celles dont la cause [idiopaihîque^ résidait dans le cerveau, sans doute par la raison qu'on en connaissait mieux la nature et le siège.
On a plusieurs fois guéri des épilepsies sympathiques, en enlevant ou en détruisant des corps qui molestaient tels ou tels nerfs ; ou parce que la nature^ qui veille à notre conservation, s'en est déUvrée elle-même par quelque effort salutaire auquel elle aura pu suffire ; d'autres fois , parce que le médecin a pu détruire la continuité de quelques nerfs avec le cerveau ; enfin, d'autres fois encore, en privant le cerveau et
i58 DV CAmâèxÈiiE^E iMntEf&w
les nerfe de kur sensibilité naturelle j par des topiques ou ffttit des remèdes parégoriques pris intérieurement , admirables, résultats des observations cliniques.
Nous allons rapporter quelques foits qui le prouveront d'abord d'une manière générale ^ et ensuite quelques autres . plus particuliers, et relatifs aux divers sièges des épilepâe% sympathiques.
Je fus consulté, il y a déjà plusieurs années , avec MM. Mar^ loet| célèbre médecin de Paris, et Cosine, chirurgien d& / FHôtel-DieUy pour un malade qui avait reçu il y avait plu«' neurs années un coup de pistolet chargé à grenailles , sur la région antérieure du cou et supérieure de la poitrine. On. lui avait extrait, par de légères incisions , presque cutanées,, quelques grains de plomb , etil avait ensuite joui d'une bonne santé pendant près de six semaines ; mais après cette époque, il avait éprouvé plusieurs accès de convulsions , avec perte de connaissance , principalement lorsqu'il avalait quelques. aliinens un peu solides ; depuis quelque temps les accès ne lui arrivaient plus en mangeant , mais en des temps plus ou moins éloignés des repas.
Après avoir bien exploré ^r le toucher les parties situées dans cette cavité, ainsi que celles qui étaient placées exté* rieurcment aux parties latérales et antérieures du cou, nous ne pûmes y découvrir aucune dureté qui nous indiquât quelque corps étranger. Nous ordonnâmes des bains tièdes , un cataplasme émollient autour du cou , un vésica-^ toire au bras gauche, des bains de pieds synapisés, des boissons relâchantes anodines, et des bols avec la valé^ riane sauvage , et autres plantes réputées anti-épileptiques*. Nous avons su , quelque temps après , que tous ces remèdes avaient été infructueux ; et plus tard encore , ce malade étant revenu à Paris , il nous appiit qu'un abcès s'était formé à la partie inférieure et latérale du cou, du côté gauche , près de l'exti^émité d^ la clavicule qui est articulée avec l'apophyse acromion de l'omoplate ; que cet abcès s'était ouvert, et qu'il en était sorti un grain de ploinb , et que, depuis cette époque , aucun autre accès épileptique n'était survenu. Tel fut le rapport que cet heureux malade nous fit<
ST DB SES D!FF^RE9CES ATEC d' AUTRES MALADIES. iS?
Cette obserration a rappelé à mon souvenir celle dont FizeSf luiden très-célèbre professeur et praticien de Montpellier f ftotis entretenait dans ses leçons sur l'épilepsie.
Un militaire , nous disait'^il , éprouvait des accès d'épilepsie depuis qu'il avait été blessé au grand angle de l'œil, par k pointe d'une épée. Les accès commençaient par des douleurs dans celte partie. Ce médecin voulut qu'un chirurgien en fit on scrupuleux examen. Celui- ci sentit dans cet eurdroit one dureté douloureuse ; et , par une légère incision , il eo tira la petite pointe de l'épée avec laquelle ce militaire avait été blessé ; dès lors le malade fut radicalement guéri. Yoici un autre exemple de guérison mémorable d'une épikpsie, opérée par la seule nature. Elle nous a été communiqsée par M. lUbes , dont les connaissances anatomico-médicales sont si connues.
« Un militaire , à la bataille du Mont-Saint-Jean , reçut un coup de balle à la partie supérieure de la tête ; le projectile jléBéCra dans le crâne , se perdit dans l'intérieur de cette cavité 9 ou dans le cerveau ; le blessé tomba sans connaissance; il revint à lui quelque temps après; mais bieutot il fat atteint d'épilepsie. Le retour des accès avait lieu sans que le malade y contribuât par aucun écart dans le régime ; enin , on aperçut un corps dur dans le fond de la plaie. On chercfaa à en faire l'extraction ; mais , à la moindre tentative, le malade tombait en convulsion. L on fut diiligé de l'abandomer aux seules forces de la nature , et l'on n'eut pas à s'en repentir > car on vit , peu-à-peu , l'ouverture de l'os s'agrandir, et le corps étranger s'y engager insensiblement. Enân, sept ans après Fâccident, la balle fut entièrement repoussée de Pintérieur à l'extérieur du crâne ; depuis environ deux ans que ce corps étranger est expulsé , il n'y a point eu d'ac-> ces d'épilepsie , et la guérison paraît complète. M. le docteur Thérin , qui a vu le malade à Bourbonnes-les-Bains , a ausn recueilli cette observation , que je publierai plus tard avec quelque détail. [Mém. de la Soc. méd. d*Emul., t. ix , p. laS
et i«40 "
Remarques. Hasardons sur ce fait une explication probable. On peut croire, avec vraisemblance, que la balle,
l58 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE i
poussée avec violence contre l'os formant la partie ^pé-« rieure du crâne, l'un des bords supérieurs des deux pariétauXi chez ce militaire devenu épileptique après ce coup, aura d'abord fracturé la lame externe de cet os , et en aura pénétré le diploë sous-jacent, en s'enfonçant plus ou moins dans le crâne , peut-être même en fracturant la lame vitrée. La dure-mère en aura , en cet endroit , été détachée par la rupture de son tissu cellulaire et de ses petits^ vaisseaux ; les lames de l'arachnoïde et pie-mère en auront été refoulées contre la substance corticale du cerveau ; la substance médullaire dUb Tune de ses circonvolutions aura souffert, et la moelle allonf;ée , centre commun de nos sensations , aura été molestée au point que les accès épileptiques auront été YeSi^X de cette molestation , avec plus ou moins d'engorgement dans ses vaisseaux sanguins. Voilà comment j'expliquerais l'épîlepsie qui est survenue chez ce miUtaire. Mais comment la balle a-t-elle pu ressortir du crâne par la même voie qu'elle s'était tracée pour le pénétrer? Ne peut-on pas croire^ qu'elle n'avait pas été entièrement introduite , mais peut-être seu-r Icment par la partie interne de sa périphérie , en restant encore dans le diploë, qui, peu à peu, a refoulé ce projectile vers l'orifice qu'il s'était fait lui-même ; d'où, par la suite, une espèce àejîstule ou de sinuosité dans l'ôs pariétal ; enfin que la balle sera parvenue à soulever le péricrâne externe , qui aura éprouvé une sorte d'inflammation , de suppuration , et à la faveur d'un peXitabcès survenu au cuir chevelu ; ce Gorjis étranger , qui avait occasioné les accès épileptiques > aiira été expulsé , et les accès auront cessé. Voilà le résultat de mon opinion sur l'intéressante observation de M. Ribes, J'aifne mieux croire à cette explication , que de penser que la balle avait entièremen^t pénétré la cavité du crâne; encore :iiiQins d'imaginer qu'elle s'était déjà frayé une route dans la sub- ' stance cérébrale , après avoir déchiré et rompu les membranes du cerveau. Une telle issue me paraîtrait alors impossible.
Lamotle , Van-Swiéten , Sau\^ages , De Haën , Burse^ riusy etc., ont rapporté plusieurs faits d'épilepsie sympatliique qui a été guérie par l'extraction de quelques corps étrangers. On
^r ET DE SES mfFÉRENCES AVEC D'aCTRES MALADIES. ï5Çf
«O trouvera l'hisloire dans les ouvrages de ces auteurs. Nous noas nous contenterons seulement de les citer pour plus grande brièveté.
On sait , de plus , d'après plusieurs observations , ijue des épilepsies, dont les accès ont commcucé par des douleurs extérieures des membres , ont été retardées par des ligatures , par des topiques, par la section de tel ou tel nerf (jui propageait la cause morbide dans le cerveau; enfin, quelipiefois par des vésicatoires et des cautérisations. On en- troudesexemplesdansles ouvrages de Van-Swiéten, de Da de Tissot, d'Odier et d'autres médecins. Je ne coui que celui rapporté par Van-Swiéten , lorsqu'on démonU'ant la névrologie au Collège royal de France , et expo- ' sanl l'une des branches des nerfs radiaux , celle qui passe sur lu bord interne du radius et sur sa face dorsale , et qui répand des filets au pouce et au doigt indice , je disais , que si daus les épilepsies qui commencent par des douleurs à' ces deox doigts, ou àl'un d'eux , l'on coupait , par uae incision, cette branche nerveuse, je ue doutais pas qu'on ne gôûrtt celte espèce d'épilcpsie ; et je citai , à l'appui de mou opinibn, l'observalion rapportée par fan-Swiélen.
Un de mes disciples , M. Fabas , qui entendit très-bien tette remarque , vint quelque temps après cbei moi, pour me conduire , en consultation , un domestique , &otteur des appartemens de M. le comte de Mcrcjr , ambassadeur * de l'empereur d'Autriche. Ce domesdque était atteint d'uTie épilepsic , dont les accè^ commençaient toujours par une douleur au bout du doigt iudex de la main droite. Ce (hirurgien , qui lui donnait des soins sous M. Erno , médecin de l'ambassade , (ut d'avisdelitirelasectiondelabranche externe du nerf radical qui se rendait à ce doigt , par une incision qit'il ferait sur la partie inférieure externe du radius. J'avoue que je crus devoir conseiller auparavant des onctions avec des narcotiques sur le trajet diï nerf, doutj'espétU8 d'beureux effets, et d'essayer encore , avant de faire la section de ce nerf, la ligature un peu forte de la partie inférieure de l'avant-bras , surtout dès que l'accès paraîtrait commencer. Mais ces moyens ayant été sans succès , le chirur-
l6o ' Dt7 CABÂCTàRE DE l'ÉPILEPSIE
gien se détermina à Eure rincision projette, pendant quelle malade éprouvait un accès violent d'épilepsie. L'accès finit proraptcment , et le malade fut guéri pour toujours. J'aime à citer cette guérison, parce que j'y ai eu quelque part (i).
Je connaissais non-seulement le fait rapporté par Van- Swiét&i , mais , de plus , je savais que ÎVillis et d'autres auteurs, Tissot particulièrement 9 avaient parlé de quelques épileptiques qui avaient été guéris par des brûlures qu'ils s'étaient faites en tombant dans le feu par quelque accident. J*ai rapporté encore plus haut un fait de ce genre, dunt M. Souberbiel^ lithotomiste très-connu, m'a communiqué riiistoire, d'une épilepsie qui fut ainsi guérie.
Il n'est donc pas étbnnant que d'habiles chirurgiens aient conseillé , pour guérir la plus affreuse des maladies , l'ampu* tation du petit doigt, comme Lamotte l'a fait à un épilcptique dont les accès commençaient par une douleur à ce doigt. En effet, il fEUidrait la faire si l'on ne pouvait pratiquer la seotion du nerf propagateur au cerveau de la cause de VifSk» lepsâC;
. ijè dirai cependant que quelquefois , pour éviter la section des nerfs , qui ne pouvait être faite par la nature du lieu douloiiifeuxoupar le voisinage de quelque vaisseau ou autre partie qu'il eiit-été dangereux de blesser , j'ai cru qu'on pourrait empêcher la propagation au cerveau de la cause sympathique de fépilepsîe, ou^ si Ton veut, qu'elle ne devînt idiopathique , dansx:et organe par la seule compression des nerfs, et que je l'ai utilement conseillée, soit avec une bande de linge , soit par
{i)C6iugno {de isckiaJè nervosd) a plusieurs fois fait suspendre des douleurs de jàojibes et de pieds en fesaut fortement comprimer la branche du nerf sapbèue externe. Le D'. PontUr a guéri un épileptîque par la cautérisation des nerfs saphèoes de chaque jambe ( Dict. des Sdeae, ptéd. , t. XII I p. 524). Voyez Texcelleni Mémoire de M. Esquirol^ djms lequel on trouve des faits importans sur la gucrison des épilepsies sympathiques et idiopathiques. On lit dans les ouvrages de Panarole qvÇan jeune épileptiqae étant tombé dans le feu , se brûla un des pieds et qu^l fut guéri de l'épîlepsîe.' Selon le D'. Georges Segerus , «ne brûlore ^peu-près semblable , guérit aussi un cpileptiquc. ( Coiiect. med., voi. m, P-49)
ET DE SES DîfnÉRElfGES AVEC D'AOTltKS MALADIES. l6l
VA «^r4^ A^ee fe<f«iCel tm setraît le meintiiihe atec pkis ou m^ânÊê de lof ce , sàim qae Tont Cak avec siKfcès Bûetîftaa\^ y Tiâsùi, Odterj Esquitol^ Maisonneitve efatitîres m^^cin» ivoûuiin&BJkbks^ il est cependaBt vrai qtve cette JBgatùTe uteta alors 4|a'iin secours ifiomentaoré.
Ont ie convaÎBcraf^ en Gsaiit ced Auteurs, que phistetirs 9ttts épilepliqne^ out été snspeudtfs, arrêtés même par ce sefd moyen. Bieu pfosy j^àt vu deux malades dont les accès ^Ipileptiqnes àrtt ttssé d^abdrd pour quelque temps , et enfin ont été totalement détruits par un Uniment composé d'huiTe animale de tHppel et de teinture d'opium gommeux , par parties égales.
Uffvalet-de*cliambre du doyen du chapitre de Notrc-D^ntc , M. ât Murât, vîxrt me consulter pour des accès d'épilepsie qui; <S6mftteiicaient par des douleurs au mollet de Fune desjâm£es ; elles ckvenaient très-vives : 1^ malade tombait âlor» à h rexrverse , et cprouvÂt tm accès d'épilepsie. Je prescrivis ^atbord in^itilement divers remèdes incernes, et des san'g-^ sues sur la partie douloureuse ; mais, ayant considéré que l^s accès- commençaient par des douleurs , je conseillai au malade de se faire frotter , avant l'accès , la partie souffirante avec le topiqfie dont je viens de parler ; ce qu'U fit , et avec un tel succès , qfie le premier accès ,épîlep^ue bA k peme sensible , et que , moyennant cette onction plu^urs fois répétée , et prinôpalement aux premières douleurs qui annonçaient les accè», 6e matade fut déUvré de Tépilepsie.
Depuis cette époque j'ai plusieurs fois employé le même topique avec un succès remarquable , surtout sur une jeune demoiselle d'Orléans logée à l'hôtet du Nord , rue Richelieu, oà j'avais été appelé pour Ifai donner des soins. Cette malade était âgée de quatorze à quinze ans , et n'était pas encore réglée ; elle éprouvait de temps en temps de vives ««Taisions, avec perte de connaissance de très -peu de durée. Ayant considéré que ces convulsions commençaient par des douleurs au gros orteil du pied droit , lequel avait éprouvé, il y avait peu de temps auparavant, une forte distension par une chute, je conseillai d'oindre la partie douloureuse avec ce Uniment , mais seulement en attendant
]62 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIC
que j'eusse recueilli les avis de deux célèbres chirulrgien»^ MM. Sabatier-ei Pelletan y €[ue je voulais appeler en consultation, pour leur proposer de couper quelques fibrilles nerveuses du nerf saphène interne, qui me paraissaient être les voies par lesquelles la douleur du pied se transmettait au cerveau, moyennant les autres nerfs , le grand sympathique particulièrement : mais quelle fut ma surprise , lorsque j'appris que le topique que j'avais propose avait eu un si heureux effet | qu'il n'y avait plus eu la moindre convulsion ni perte de connaissance.
J'en ordonnai la continuation pendant quelque temps, pour en renouveler l'usage encore si la douleur venait à se faire ressentir ; ce qui eut lieu en effet plusieurs fois à l'époque où les règles commencèrent à s'établir. Elles furent cependant assez abondantes et régulières. Après deux ou trois époques menstruelles, les accès d'épilepsie qui avaient considérablement diminué ne revinrent plus. Je dois cependant dire que je conseillai aussi de faire souvent baigner la jeune malade dans de l'eau tiède, et de lui faire prendre , tous les matins, une décoction aqueuse de demi-once de la racine de valériane sauvage.
Qu'on ne pense pas que le topique borne seulement ses effets sur le lieu où il est mis : je suis convaincu qu'il n'a agiassez efficacement pour préserver de l'accès épileptique qu'autant qu'il a garanti le cerveau de l'impression plus oW moins fâcheuse que la douleur, dans une partie plus ou moins éloignée , peut faire en lui , et déterminer ainsi l'accès épileptique. J'ai cru, pour mon instruction à ce sujet, devoir faire , il y a déjà long-temps (en 1771 ) , une expérience au Collège royal de France , dans un cours de physiologie expé- ^ rimentale , et qui me paraît mériter d'être rapportée ici.
Après avoir ouvert la poitrine de deux grenouilles vivantes^ mis à découvert le cœur et avoir bien reconnu ses battemens , on versa sur le cœur d'une de ces deux grenouilles , une certaine quantité de teinture d'opium gommeux. On observa ijue les mouvemens de cet organe cessèrent d'avoir lieu bien plutôt que ceux de l'autre grenouille sur le cœur de laquelle on n'avait rien versé.
ET DE SES DIFFERENCES AVEC D AUTRES MALADIES. l63
Cette expérience a été variée : on a yersé la dissolution d'opium sur le cceur de deux autres grenouilles , à l'une desquelles on avait auparavant coupé la tête , et l'on a remarqué que dans celle-ci les mouvemens du cœur s'étaient bien plus long-temps conservés que dans celle dont on n'avait pas supprimé la tête ; ce qui me donna lieu d'avancer^ et je crois avec raison , que l'opium diminuait et détruisait Tinitabilité desmuscles d'autant plus qu'il agissait sur les nerfs^ et encore sur le cerveau dont ils sont un prolongement (i).
J'ajouterai que , dans ce même cours de physiologie expérimentale , je m'assurai > par des expériences faites sur d'autres-aniipiaux vivans^ que les gaz méphitiques produisaient sur le cœur les mêmes effets que les opiacés.
Nul doute y d'après ce qui vient d'être dit et toujours d'après l'expérience , que les altérations morbides des nerfs du tronc et des extrémités en général , ainsi que celles des organes du cou^ de la poitrine et du bas-ventre en particulier , ne soient souvent la cause de l'épilepsie en portant du trouble immédiatement dans le cerveau , ou , médiatement d'abord , dans d'autres parties plus ou moins éloignées qui communiquent avec cet organe par les nerfs , et qu'il n'en puisse ensuite résulter en lui des altérations réelles , secondaires ^ si elles n'ont été primitives.
Combien de fois, par exemple, n'a-t-on pas vu de personnes qui étaient atteintes de nausées, de vomissemens, de. coliques , de jaunisses plus ou moins intenses , sans avoir aucune espèce de rénrttence ni de douleurs dans les régions de l'estomac, du foie , des intestins, mais ayant des engorgemens , des tumeurs même , avec ou sans douleur , dans les r^ons de la rate , des reins , et dans la région hypogastrique , auxquels les médecins rapportaient d'abord la cause et le siège de la maladie pour le traitement de laquelle ils étaient appelés , tandis que l'estomac n'était affecté que par sympathie.
Mais les nausées, les vomissemens, la jaunisse , les coli-
(i) Voyez mes Mémoires, t. n, p. 272, oula /ctfredeM. CoUornb ^ anr ce cours*
l(]4 DU CABACTÈRB DE L'ÉPaEPStE
ques devenaient-ils plus graves ou se prolongeaient-îb lo&g» temps ^ la souplesse da bas-ventre dans la région hypogas* irique contenant les oi^ancs auxquels ces symptômes pou* vaient se rapporter diminuait y tandis que la région épiga»* trique devenait de plus en plus dure , rénittente avec plus on moins de gonflement ^ de manière qu'on ne pouvait plus douter y par le toucher même , que^ nonobstant les autres al» térations morbides du bas-ventre , qui avaient considérable* ment diminué j Festomac , les intestins et le foie ne fussent devenus le siège de plus grandes altérations qu'on n'avait pas d'abord reconnues » quelquefois même finissaient-elles par être mortelles ; de sotte que la maladie, qu'on avait crue sympathique , et qui l'était même au commencement ^ était devenue idiopathique et avait causé la mort. L'on reconnaissait y à l'ouverture du corps , que les organes compris dans la région épigastrique , Testomac surtout , étaient dans on état de désorganisation complète et de natiure diverse , tandis qua les autres altérations qu'on avait reconnues , par le toucher , même , dans la région hypogastrique , et considérées comme le siège de la maladie , n'étaient pas , à beaucoup près , affiec*^ tées aussi grièvement , ou du moins elles ne l'étaient pas an point de causer la mort. Cest ainsi que la maladie y réputée d'abord sympathique, était devenue sensiblement édiopa^ thique dans l'organe dont les fonctions n'avaient été d'abord troublées que par sympathie , moyennant les nerfs.
Ce que nous- venons de dire est confirmé par nos propres observations^; mais ce qui a Ueu à l'égard des viscères abdominaux , concernant une maladie qui n'est d'abord que sympathique dans tel ou tel organe , et qui finit par être idio^ pathique danS un autre, ne peut-elle pas aussi concerner les autres organes , le cerveau, et la moelle épinière surtout , si sensible et d'une consistance si molle ? Nous n'en doutons pas. fVillis, TVhjrtt et autres médecins célèbres ont remarqué que des convulsions d'abord feintes avaient fini par être réelles ; les accès épileptiques , par la même cause , trop long-temps réitérés et prolo&gés , pourraient également finir par être réels. Mais quant à l'épilepsie qui a succédé à des affections morbides d'abord étrangères au cerveau , et qu«
ET DE SES DirrÉRENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. l6j
cvisuient en d'autres parties différentes de cet organe y une iniiltitude de fait» que nous avons recueillis et que nousjapporterons ailleurs , ont prouvé que cette épilepsie , d'abord paraissant sympathique relativement au cerveau j a fini par être idiopathique dans cet organe y bien reconnue telle par f oavertnre des corps ; la troisième section des autopsies que ■MM avons présentées ci'^essus à ce sujet paraît l'avoir bien
J'ai aussi rapporté ^ dans cet ouvrage, des exemples lÎDéa non-senlement des auteurs /mais encore de notre clini«que y sur des épilepsies survenues à des invidus à la suite des Bufadies des parties extérieures du crâne ainsi que de ses membranes internes , du Upnc et des extrémités. Nous allons en exposer successivement quelques antres , selon kfll sièges^ d^abord extérieurs et ensuite intérieurs.
ji. Divers faits ont prouvé que i'épilepsie est survenue avant) pendant on après des maladies du cvir chesfelu^ la ncbe et la teigne et autres altérations organiques (i), chez les enians (dont on parlera plus bas), souvent par l'usage des t^pi-* qntsastrittgens (2) ou par d'autres causes agissant immédiate^ ment pur le cuir chevelu et sur le reste de la peau y en diverses partief du corps; d'autres observations, au conti'aire , ont prouvé q«e des iépilepsies n'o\|^t cessé que. lorsque ces éruptions ont été rétablies ou qu'on a pu y suppléer par les se- Goovs de l'art.
Les altérations des cheveux doivent aussi être prises en considération , pouvant influer sur la cause qui produit Té*
(1] Un jeune liomme, dont parle M. Meùsonneuve, s^étant lavé plutteurs fois la tête avec de Peau froide pour se guérir de la teigne , parvint \ la feirc disparaître ; quelques jours après il fut épilcptique. M. Es» qmrtd, qui cite ce feit dans son excellent Mémoire sur répilcprie ( voy . Dwi. Âes Se. méd, ) , en rapporte encore plusieurs autres qui prouvent qoe Tépilepsie a ctc la suite d'un usage mal entendu des remèdes repercussils contre la teigne et autres maladies avec des éruptions k la peau.
(a) Klein , Quarin et autres ont cite de fâcheux exemples de ces sortes d'exsiccation , infantes nonnulli Epilepsid propurea corripiuntur quod nuuumtia capilîs ulcéra artc sicçala fucrc. Quarin , Animai!, de morb,, t. II, p. i8.
l66 DU CARACTÈRE RE l'ÉPILLPSIE
pilepsie. J'ai rapporté, dans \Anat. med, (t. iv, p. 368}v un fait que je puis rappeler ici. « Le fils d'un magistrat , né avec les cheveux très^roux y étant parvenu à l'âge de dix-* kuit à vingt ans , se les fit colorer en noir avec une liqueuc corrosive qu'on vendait à Versailles. Il changea en effet la couleur de ses cheveux qui devinrent bruns j mais il eut des maux de tcte affreux et de vrais accès d'épilepsie dont il n'a été guéri qu'en lui faisant bien raser la tête , et en li^ recouvrant ensuite d'un large vésicatoire. » Nous ne tairons pas que ce malade a fait aussi en même temps un long usa^^ de la décoction et de la poudre de valériane sauvage. .
11 n'est pas douteux qu'il ne se fasse une abondante tran-« spiration par les cheveux ; d'où il résulte qu'elle est interceptée lorsqu'ils sont désorganisés par quelque maladie oii . par quelque topique y comme elle l'était chez le jeune honmii^ dont je viens de parler.
Assez fréquemment on reconnaît une conformation vicieuse' dans le crâne des épileptiques , soit dans sa forme , soit dans sa capacité. La forme peut être altérée de plusieurs manières sans que sa capacité le soit, et alors cela est souvent indiffèrent quant à Vépilepsie. 11 n'en est pas ainsi lorsque sa capacité est trop petite relativement au volume du. cerveau > qui est alors plus ou moins comprimé > cause 6:ès-fréquente de l'en pilepsie (i). Quelquefois aussi la cavité du crâne peut être trop ample , sans pour cela que réptlepsie soit .survenue 9 k moins qu'il n'y ait de l'eau dans le crâne ou quelque tumeur qui comprime le cerveau , comme on en a des exemples.
Il ne faut pas ignorer que la tête peut paraître trop grosse sans toutefois que sa cavité soit plus ample , ses os ayant acquis une épaisseur extraordinaire , comme divers exemple^ rapportés dans cet ouvrage l'ont prouvé (2) j alçrs la cayité ciâniennç peut paraître agrandie quoiqu'elle ne le soit pas^. Les os du crâne peuvent aussi être le siège d'exostoses in-.
(i.) Voyez les observations, rapportées dans le premier article de l'autopsie des épileptiques et celles exposées dans la seconde partie, art. sur les Epilepslcs provenant du vice rachitique.
(2) On en trouvera aussi d'^autrcs dans notre Anat* med» , tom. i,^
p. 9», g^fdi} ïi3.
ternes telles , qu'elles compriment le cerveau , d'bù survient ' fépilepsie ; tandis que d'autres fois le^ os sont considérable* ment amincis en quelques endroits , en proportion qu'ils sont plus épais en d'autres , ce qui fait que sa cavité est à-peu-près ' la même , et quelquefois suffisante pour contenir librement le cerveau. En effet, chez quelques épileptiques les os du crâne ent été trouvés si minces , qu'ils, n'avaient pas plus d'épaisseur qu'une feuille de papier (i), sans aucun diploé ; aussi voyait -on le jour à travers, ou même y avait-il en eux des trous au-dessus desquels les membranes du cerveau , poussées par les hémisphères de cet organe , présentaient une saillie plus ou moins proéminente , formée quelquefois par des portions du cerv^eau qui les avaient soulevées.
On trouve fréquemment sur le crâne ces intumescences , chez les très -jeunes enfans, dans les lieux où les fontanelles résident, quelquefois parce qu'ayant trop tardé à s'ossiGer, la substance de l'os, encore molle, a été soulevée par les membranes du cerveau , ou plutôt par le cerveau luirmême qui a pris trop d'accroissement, ou par son soulèvement vers le crâne pendant le temps de l'expiration particulièrement , ou par quelques autres causes vicieuses (2).
D'autres intumescences dans la région du crâne , peuvent être formées par le cerveau même , dans les endroits où les os n'ont pas été assez tôt endurcis par l'ossification ou pour résister suffisamment à l'impulsion du cerveau. Or, ce sont alors souvent des espèces de hernies cérébrales qui s'y forment. On en a reconnues de semblables chez déjeunes épileptiques , mais plus souvent elles ont existé sans aucune 2^>parence d'épilcpsie, peut-être parce qu'alors le cerveau •u*éprouvait pas une plus forte compression que dans l'état naturel.
/?. Au lieu d'intumescences sur les os du crâne contenant la substance cérébrale , on a reconnu des dépressions plus ou
(1) Obs. 4< ) etc. , scct. I.
(2) Voy. notre Atiat. mcil, y t. iv , art. Ce/ rcm< , p. 7$, 88,
t ]68 BU CARACTÈRE !>& l'^LEPSIE
lUQLus c(Mi$idéi:akles qui sans daiUe s'étaieot fbrm^k&dws Jbf ]ureiiiieF3 temps de l'jpssUicajtion » ou » plus t^d , par <iutli|iijt vice qui en aurait affectié les q$ (i) , d'oùTépil^psie seirait ;sud« Vje^uue.
Com))^ii d'altérâtiouQS iivev»&s n V-tK>Di pas exuipre ol^sçr**-. vées dans Içs os du crâne des jépilepiiques y aprjèsdfis chja.t|B^ des cQjtfusvoi^ y des compressions du crâne , des plaies fait^ par des instrumens contondans^ piquan$ ou tranchans^^U par des armes à i^u (i), par l'explosiou desquelles des gr9iu$ de plomb , des balles ou autres x:orp5 étraA|^ç.rs seraient rçsl^ dans les os même |, ou se seraient introduits dans la csLvité' du crâne oi|i dans le cerveau^ e% qui ont donnée lieu A d^ épilepsies plus ou rnoin^ formidables dpnt les auteurs onl rapporté de nombrisux exismples (3).
Nous pourrions ajouter ici que la plupart des altérations. qu'o4 a reconnues daus le crâne et dans le cerveau commiït cauçe de l'épUepsie ^ oi^t été aussi trouvée^ dans I/e canal Teriébralet quelquefois dans la moelle épinièr^. Cependant ji6^ dois dire que dbuçji d'autres sujets qui n'avaient éprouvé au-^ cun accès , on a reconnu les mêmes altérations dans lie crân/ç^ dans le cerveau y ainsi que dans le canal vertéjbral et la mo^ll!^: épiiiière , ce qui pourrait faire croire que la diathese dç l'étpilepsie n'existait pas en eux , ou , si l'on veut, d'autres allé-.
(i) Vo^ez sect. J[I^,Qh8. % cu-<]lje^\^, àl9<|ueLU on ep pourrait rëmtirjplu-. sieurs autres sur des dépressions du crâoe par diminution de volume du cerveau.
(3) C'est ce qui est prouvé par divers faits et particulièrement par une beUti observation de LamoUe (citée par Tissot)^ quia guéii une épi* lepsie par une couronne dfi trépan et une incision de la diU'o*9)èF9 fana effîision d'aucun liquide , niais seulement en donnant un peu d'ampljatioQ au crâne et par conséquent plus de développement au cerveau pendant le temps de l'expiration surtout. Voyez aussi Math, Borçtii et Arnolt disput. inaugm', de Epileps, ex depresso cranio regioni (i7a4)« Haller y cçllect, j4cad,, t. z , p. 63.
(3) Voyez plus haut , parmi les épilepsies guéries par Tissue des grains, de plomb après des plaies dWmes à feu, la belle observation de M. Ribes, sur des accès d^cpilepsies causés par une balle restée dans le, crâne; et qui, en sortit par le seul travail de la aaturç.
ET DE SES DIFFÉaSirCES AVEiQ oV^T^El^.. MALADIES. i6q
TiXioos fhon apparente qui pouvaientcau^er Tépilepsiç n'^xls- Ujueiat pas QOtt ffm,
Cp Diyçrses afIç£lioAS morbides àa9 organ^^ 4e^ sens ont
WWfemX ^xécéàé ou ax^compagné l'-^pUepsie, telles que les
cmviilsiDPS'des wuscles de la face en ^néral > ou seulement
diç l'iuie ou 4es deux paupières i 4es ailes du joez ^ des lèvres i^
d« b langue, 4e,rarrière-bouclie; qu'elles fussent cloniques^
on Ioniques; des douleurs dans les yeux^ dans le nez, dans^
ks ojreilks , dans la bouche ; des éblouissemens , des ballucir-
MÎpns dans la vue. Des malades se plaignent de voir, avan^
l'accès, d^s spectres ou autres objets effrayans; quelques^
WKSiejitendiSiit d^s sons divers 9 éprouvent des goûts pervers ,
w nmt privés t plus ou moins , des fonctions des organes
des sens , de la vue , de l'odorat , de l'ouïe » ainsi qne nous
l'avons déjà dit içn traitajcrt des symptômes précmisenrs de
facA&s-
Ifons avons rapporté , dans cet ouvrage , plusieurs ejtemplea d'épil^psies qui avaient été précédées par des maladies des yeax , des orbites , du nez , de ses sinus particulièrement , ou contenant des polypes,
Z>. I^'ouverture des corps a plusieurs fois démontré que desenfans» atteints d'épilepsiependantla dentition, avaientles g^acives dans un état d'engorgensient sanguin.plus ou moins considérable ; que leurs dents étaient irrégulièrement sorùes. ds leurs alvéolçs (i), de sorte que les incisives latérales avaient paru avant les antérieures, ou les supérieures avantle& ioféneures, quelquefois les canines, ou l'une d'elles , en des ' temps trop précoces, ou trop retardés, ^n un mot, qu'il y avait eu un grand trouble ou désordre dans la dentition (2) , soitdansl'apparition des dents^ soit dans leur développement, leur endurcissement , etc. On dira plus bas que ce désordre dans la dentition provient souvent d'un vice racbitique, ^ est quelqufois lui-même le produit d'autres vices.
(1) Voyez ci 'dessus sect. II, obs. xv, xyi, etc. et nos Observations stir k rachitisme (1^71) 1 p. i45 et 197.
(2) Voyez plus bas Tarticle rlpilepsie des enjans , et celle par dca Meilleurs.
l^O DU CARACTÈRE DE l'ÏÉPILEPSIB
Voilà ce qu'on a observé du côté des dents et des alvéolés^ cnmcine temps qu'on a remarqué, par l'ouverture du corps ^ que les vaisseaux sanguins de la tête étaient gorgés de sang y tant extérieurement qu'intérieurement , dans les membranes du cerveau et dans cet organe, ceux des plexus choroïdes particulièrement , et quelquefois avec des épanchemens 'de ce liquide dans les ventricules ou entre les membranes , ainsi que des liydatides et des collections des gaz , d'eau plas ou moins sanguinolente , avec des endùrcissemens ou ramollis*-' semens de diverses parties du cerveau , de la substance médullaire particulièrement. Or, toutes ces altérations, qjoà pourraient être consécutives au travail de la dentition , sont celles qu'on a reconnues après l'épilepsieidiopathique ; il-n'est donc pas étonnant qu'alors* cette maladie soit survenue ; elle a eu lieu aussi plusieurs fois , chez des personnes d'un-^ge plus ou moins avancé, par les dents de sagesse, qui produisent chez eux les mêmes maux ; je pourrais en citer des exemples. " i5^. On a observé que des épilepsies sjrmpathiques avaient eu pour cause l'inflammation du poumon (i) , avec des altérations dans les voies de la déglutition , dans l'organe de la voix (2) , et dans les voies aériennes. J'ai rapporté plus haut ( pag. i5r» ) l'histoire d'un épileptique qui , après -avoir reçu un coup de fusil chargé à mitraille , éprouvait quelquefois un accès d'épilepsie en prenant ses repas. Un abcès qui lui survint à la partie antérie\ire latérale gauche et inférieure du cou donna issue à un grain de plomb , et le malade guérît.
D'autres épilepsies ont aussi été guéries après une expectoration, quelquefois imprévue, de matières pierreuses. On a vu
(i) Mademoiselle de '^* , de Chartres , éprouva une espèce d^hydro- ^ phobie qui fut suivie de convulsion et du délire dans une maladie in* flammatoîre delà poitrine. Je la traitais avec M. Salmade. Elle fut guérie par les saignées et un traitement rafraîchissant et relâchant ,- les yésicatoîres aux jambes et des ventouses sur la poitrine avec dégorgement par les sangsues.
(2) C^est ce qui est bien démontré par les sons bizari es que rendenh quelques cpileptiqucs et quelquefois par lu perte de li voix. — Voyez aect. I, obs. xl, etc.
ET DE SES IMFFl^.RRNCES AVEC d'aUTRES MALADIES. I7.I
des accès d'épilepsie survenir après la déglutition de quelques firagmens osseux, des arêtes de poisson ou autres corps étrangers qui avaient été avalés 9 et dont quelques-uns ont cessé lorsque l'expectoration ou le vomissement ont eu lieu^. 11 n'est pas douteux que j si cette heureuse expulsion n'eût pas été produite par état de maladie ou par l'art, les accès d^épilepsie répétés 9 peut-être en devenant de plus en plus intenses, n'eussent enfin déterminé dans le cerveau les altérations qu'on y a souvent reconnues.
P. Quant aux épilèpsies réputées sympathiques par i^ice des organes qui ont leur siège dans la poitrine, leur nombre n'est que trop considérable , comme on J>eut s'en convaincre en lisant les ouvrages de Morgagni, de Lieu^ iaudj etc. Nous en avons nous-même cité plusieurs dans nos ouvrages , relatif au siège de l'épilepsie dans le cœur , le péricarde , ou même dans le médiastin et dans les poumons.
Disons un mot sur chacune de ces épilèpsies. .
Celle par vices du cœur a été plusieurs fois observée, feuase pu nioi-même recueillir plusieurs exemples de ce genre chez des personnes qui m'ont consulté. J'en ai vu qui m'ont assuré avoir éprouvé , avant d'être saisies par l'accès épileptique , des palpitations du coeur plus ou moins violentes (voyez les autopsies y particulièrement l'observ. xix , iect. II ) ; et d'autres qui n'éprouvaient ces palpitations ; au rapport de leurs médecins , que lorsque l'accès épileptique était bien établi. Quelquefois cependant ces palpitations étaient suivies ou précédées de syncope.
Un homme, pour lequel le D'. Dulac^ ancien médecin de Saint^Etienne*en-Forez, me consulta, était sujet à des palpitations du cceur très-violentes, qui précédaient des accès épilçp^ tiques. 11 mourut, et l'on reconnut, par l'ouverture du corps , qu'il y avait une grande dilatation du ventricule gauche du cœur, avec un extrême épaississement stéatomateux de ses parois (]).
(i) Voyez précddcmmcnt la seconde section des autopsies sur les altc- TatioDs du cceur et des vaisseaux sanguins chez les épilcptiques.
17^ t>0 CÀBACTÈRE DE L^ÉPlLEPStf}
On doit observer que si y par suite de ces altérations , k* cceur peut agir sur le cerveau et donner lieu secondairement à diverses maladies de cet organe , à Tépilepsie surtout , lefaffections morbides du cerveau peuvent aussi, à leur tour > troubler les fonctions du cœur ; de sorte qu'il y a une rédpro* cit4 d'action dans ces deux organes, tant pour la régularité que pour le trouble de leurs fonctions ; aussi ne faut-il jamais la perdre xle vue dans toutes nos considérations physiologip» ques et pathologiques.
Les maladies du cœur influent grandement sur les fonctions, de Testomac (i) ; d'où résultent des cardialgies et dles vomis^ semetis. On a signalé plusieurs épilepsies qui étaient compli* quées des affections morbides de ces deux organes.
Voici une observation qui m'a été communiquée par M. Udocteur Souherhielle y habile lithotomiste de nos jours* ■
Mademoiselle Daprét, âgée de vingt-quatre ans (rue d« Bercy, n°. 8) , fut atteinte , à l'âge de dix ans , d'une épilepsie qui commençait par des palpitations du cœur et des tiraiHemcnsd'estomac, avec des étourdissemens. Il survenait ensuite une isiibtesse extraordinaire , qui était suivie de la perte di3 connaissance, et enfin d'une chute. La perte de connaissance durait une ou deux heures; lorsqu'elle finissait, la bouche de Ift malade était pleine d'une légère écume ; il y avait de firéquens soupirs; enfin ces symptômes disparaissaient, et 1* malade reprenait son état naturel.
Un tel état dura huit années. A l'âge de dix^-huit ans , la malade se trouvant assise sur une chaise auprès du feu , un accès lui survint et elle tomba dans le feu , la tête en avant. Elle eut le genou droit brûlé , la tête et la main gauche é^^ale-» ment ; à la tête il n'y avait qu'une légère brûlure au front et à la mâchoire inférieure , près de l'articulation du côté, divoît* La malade fut portée à l'Hàtel^-Dieu le lendemain de son ac«« cident. Elle y resta quatre mois, et en soitit ayant ses plaies aussi bien cicatrisées que cela se pouvait. Depuis son rétablissement, il y a déjà six ans, mademoiselle Daprêt n'a res-
(0 J'en ai rappurté des exemples à TÂcad. des Se. , vi)y\ t. iv de mes Mémoires.
W ET ne SES DirFinENCES AVEC d'authes maladies. 173
venli aucun accident ; sa première maladie a entièrement disparu ; aucun syniptâiue ni signe précurseur ne s'est manifesté, et tout fait croire que celte jeune personne estpoui jamais guérie de sa cruelle maladie.
Les paumons ont aujsi de tcb rapports avec le cerveau, qac des épilepsies sont surrenues dans la pneumonie , ainsi qoe dans d'autres maladies, non-seulement inflammatoires on oîguësde cet organe, mais encore dans plusieurs autres maladies chroniques, telles que la pitihisie pulmonaire , des catari'Les, l'hydrotboras , etc. Je pourrais citer des exemples de cette sorte d'épilcpsie, non seulement d'après les aulenn, Tisaot particulièrement, mais encore d'après ma propre clinique.
Je dirai seulement ici que j'ai traité un négociant de la rae Saint -Denis, atteint d'une maladie inflaimnatoire d« la poitrine avec de fortes et fréquentes palpitations du ctenr , 1:1 au début de laquelle il se plaignait d'une douleur de i«te intolérable avec des mouvemens convulsifs dans les mucles de la face et un trouble dans les Idées. Bientôt après S épronva un mouvement convulsif de la langue , avec lésion de la déglutition et de la voix, qui était lrè»-aiguë; des ratmlâons des muscles de la face e( des membres snimrent arec perte de connaissance k divei'ses reprises; le ma^ était violet pendant cet accès , et le pouls dur et plein. fewaigo^esfurentpTatiquéessansun succès complet, mais elles fafBBt heureusement secondées, ce qu'on n'aurait osé croire, far one hémoptysie considérable. La lèle devint libre immédiatement après ; la langue reprit ses mouvemens réguliers ; Udéglutiûon et la voix furent plus faciles; mais les mouvez mens du cœur devinrent tumultueux. 11 s'établit une pneumonie bien prononcée, qui fut beureuseincnt traitée par iCoIlérieares saignées, des boissons adoucissantes, desvési- (Moires aux jambes apposés après que les saignées esrenf Fonsidérablement désempli les vaisseaux.
D'autres faits, rapportés par les auteurs, Tissol etLieulaud prticulièrement, ont prouvé que l'épilepsie était .survenue dans des maladies inflammatoires des poumons. Elle a encore eu lieu clans des aifections catarrbales violentes.
174 ^^ CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
f^an^wiéten et de Haën ont parlé de quelques accès A*é^ pilcpsie dont' ils ont attribué la cause à une suppuration du poumon. Les observations de ces grands médecins sont citées par Lieiitaud et Tissot(i), qui en rapportent deux autres exemples qui leur sont propres. Elles tendent à prouver que Tépilepsie peut être un effet de la résorption du pus dans ua abcès des poumons dans ou sur le cerveau. On pourrait , je crois 9 en dire autant des abcès en toute autre partie du corps , si Fépilepsie était survenue à sa suite.
Un homme de cinquante ans, dit Lieutaudiji)^ était sujet à des accès d'asthme très-violens. Il devint épileptique et mourut dans un de ses accès. On fit l'ouverture de son corps , et l'on reconnut que le poumon droit contenait des calculs de la grosseur d'un grain de millet, et qu'il y avait de l'eau citrine dans la cavité de la poitrine .
Une jeune demoiselle de Mulhauscn , au rapport du docteur J^ettery-y p^iraissait en danger de périr de suffocation par une affection aiguë pulmonaire. Il lui survint un accès violent d'épilepsie , après lequel lui ayant coupé les cheveux, elle eut des douleurs de tête très-fortes. Cependant il n'y eut par la suite aucun autre accès d'épilepsie. I
L'œsophage a aussi plusieurs fois été reconnu en on tel état morbide , qu'on a pu le considérer comme le siège de Fépilepsie sympathique ; et , en effet , cet organe ne doit-il pas être sujet aux altérations des nerfs dont il est amplement pourvu , et faire ressentir ses effets morbides au cerveau dont ces nerfs proviennent , ainsi qu'aux fibres musculaires dans lesquelles leurs filets se répandent. Or , alors , les fibres musculaires de ce conduit des alimens ne sont-elles pas susceptibles de convulsion qui peut ne pas se borner en lui , mais encore survenir à d'autres muscles.
Mêmes observations peuvent être faites à l'égard de l'affection morbide des nerfs du^ péricarde et du médiastin , ces organes ayant été trouvés , chez des épilcptiques , charge
(i) Lieutaud f cl\iprès les mel. cur» nat. , t. ii , obs. 266. (a) On traitera plus bas de cette sorte d^cpilepsie par suite de pnew monte.
£T DE SES DIFFÉRENCES AVEC DOUTEES MALADIES. l'jS
âHine énorme quantité de graisse , ou contenant quelcpies abcès à la suite des inflammations avec plus ou moins d'eau , des hydatides, etc.; d'où sont survenues Torthopnée et des palpitations du cœur, avec des convulsions et perte de connaissance.
Les inflammations du péricarde, du médiastin, du diaphragme , et autres maladies de cet organe membrano-musculaire, ont aussi été comprises parmi les causes.de l'épilepsie ; mais le plus souvent on a reconnu, dans ces organes, des altérations morbides réunies à celles des poumons ou des TÎscèrés abdominaux. Je ne doute pas que l'autopsie des épi-* leptiques n'en montre souventvdes exemples ; on en trouvera d'autres dans les ouvrages de Bonet, de Morgagnij de I^ieu^ taud, etc.
G. Les épilepsies sympathiques qui proviennent des maladies du. bas-ventre ^..particulièrement celles de l'estomac , des intestins grêles , sont très~nombreuses , sans doute parcç que ces organes sont d'une sensibilité et irritabilité extrêmes etqu'ils reçoivent des nerfs nombreux, des sympathiques et des - huitièmes paires deWillis : les épilepsies peuvent encore provejdr de diverses causes, non-seulement des indigestions causées par l'excès et la mauvaise qualité des alimens , mais encore des maladies propres à cet organe , l'inflammation , les squirrhoâtés et autres altérations dans leurs membranes , leurs bemies , plaies , piqûres , l'abus des émétiques et purgatifs, violens , ou même de plus doux mais trop souvent réitérés. L'épilepsie est encore une suite très-fréquente des poisons irritans , qui enflamment l'estomac et les intestins ; enfin , nous dirons qu^il y a des fièvres continues , rémittentes ou intermittentes qui ont été compliquées d'épilepsie.
CSette maladie a été la suite de divers corps étrangers dans Testomac, que des malades avaient avalés. Tissot ^ qui a soigneusement et péniblement travaillé ces articles , cite à l'appui de ces sortes d'épilepsie, le témoignage de Vallériola, de Fernel , de Forestus , de Bonet , de TVoodwart et de Boerhaave , qui avaient vu plusieurs épilepsies réunies à des maladies de l'estomac. Tissot nous dit aussi que quelques personnes qui étaient allées à Spa pour y prendre les eaux , mais
qut en ataieiH btt tine tf apr grande quantité et à fme tettfpé^ rature trop froide , Iproirvèrent de rraid çccès d'ëpîlepsîe. Ce médecin ajoute avoir vu lui-même plusieurs éptlepâqtuMr dont les accès n'avaient lieu que lorsqu'il s'était formé darM l'estomac un amas de matières capables de l'irriter assez pcmf occasioner des eonvubions (r).
Quant à la présence de la Me dans Festomac et daott lear infestins, elle a été justement reccmme commcr une coteseder l'épilepsie , et elle Fesc en effet bien plus fréquemment qê^on ne le croit, sans doute parce que ce liquide, par sa nature, est très-stimtdadtrt , et qtjTû peut Fêtre infiniment plus par éfiSKt de maladie ; or , comme Festomac et les intestins sont dTune sett« sibilité et irritabilité extrêmes , il pewt en résulter que si, jfar quelque obstacle au-dessous de l'orifice du canal cholédoque' dansle duodénum, la bile ne peut couler dans les intestins^ elle reftue dans l'estomac et Firrite de la manière kc plus violente. Bien plus , si , par quelque catrse particulière, la bile devient plus acre qu'à l'ordinaire, quoique retenue dans le foie par quelque (d>stacle qui Fempêcbqrait de ffner librement dans le duodénum , et , par suite , dans les autres intestins , elfe pourra rentrer dans les voies de la circulation du sang et donner à ce Hquide et à la lympbe un degré excédant d'acrimonie , et affecter particufièremient la subslatice médullaire du cerveau et des nerfe , la stimuler enfin et produire ainsi Fépilepsie.
Notre grand makre Hrppocrate nous a dit que les convulsions étaient souvent occasionées par la bile contenue dans Festomac , et qu'elles cessaient quelquefois après le vomissement. Morgagni (2) nous assure aussi qu'un de ses malalades , qui avait eu ses premiers accès d'épiTepsie après avoir éprouvé àe^ douleurs dans Fhypochondre droit, retira un si grand avantage des selles bilieuses qui survinrent, que les douleurs cessèrent et que les accès d'épilepsie furent beaucoup plus légers. Tout cela prouve qu'il faut , autant qu'il
(i) Tissot, ibid. p. 53.
(2) Epist. jx , art. 7.
^P Et bS SES BlfF^EEKCES *TEC n'AlTTriES MALADIES. I^J
est possible en pareil cas, évacuer la hile par ce moyen et
dans le temps le plus convenable , et ensuite s'occuper à ré-
lablif ou à maintenir les premières voies en bon état poup en-
^^betenir le cours natuiel de la bile par les selles , afin li'evîter
^^pi'elle ne porte son impression sur l'cDcephale et les nerCi.
^p^ Un magistrat que je soignais éprouvait de temps en temps
des accès de cobqiie hépatique avec les plus vives douleurs
dans rhypocLondre droit, des convulsions des membres, et
I p ne extrême constipation. Ces accidens furent beaucoup
^^boins fréqueiiset violensdès qu'une jaunisse très-intense fut
^^wvenue , sans doute parce qu'alors la bile , épanchée dans
^^b corps muqueuxde la peau, u'alTectait plus le cerveau ni
I left nerfs avec autant d'action qu'elle le faisait auparavant.
Les évacuations alviiies étant rétablies , le calme dans l'é-
I conomie animale succéda. Ce n'est pas au reste le seul fait
^Uc ce genre qu'on pourrait citer à l'avantage d'un écoule-
^^pent bibeux par les selles dans des épUepsies qu'on'pourrait
^Bg^eler bilieuses.
\^ Les humeurs muqueuses et autres qui sont filtrées par les paroisde l'estomac, auxquelles oua voulu faire jouer, dans la ' digestion, un plus grand rûle qu'il ne fallait, sont aussi susceptible» d'acquérir, par diverses causes, un excédent d'acrimonie qui devient ua véritable stimulant de cet organe sensible et irritable d'où peuvent suivenîr aussi de véritables accès d'épilepsie.
On peut conclure de tout ce qui vient d'être dit que ces fpUepsies gastriques et intestinales sont fréquentes, comme Awrftaaw (aphor. 1080) et Ï^an—Swiéten l'ont fait remarfWtpar divers exemples : j'observerai même que de tous le^iempsccsépilepsicsout été signalées, et bien plus, qu'elles ptété l'efTet d'une trop longue abstinence de nourriture : Gaîien et autres auteurs l'on feit remarquer dans mrs écrits.
^ Cest aussi en affectant morbidement l'estomac et les initias que les vers icnia, lombrics , etc. , ont donné beu à !S épïlepsiesj mais comme cette maladie par cette cause est "irès-commune, j'ai cru devoir en traiter plus bas dans un article particulier.
I ^8 DU CARACTÈRE DE L'éPILEt>SI£
Nous dirons que Tissot en parlant des épilepsies sympa^ ihiques , y cofnprend celles qu'il a observées , et en grand nombre, cfaèa les enfans de cinq à dottse ans ^ et celles encore qu'il a Yues chez des sujets plus avancés en âge mais qui sui^ raient un mauvais régime à la suite duquel leur bas-vèntre se tuméfiait^ durcissait , en même temps que des eedématies se manifestaient aux pieds, aux malléoles ^ que le visage était pÂle , bouffi et avec des symptômes de rachitisme. ^ul doute qu'en pareil cas il ne se forme deft congestions dans les gjandl^ mésentériques et autres glandes lymphatiques abdcmiinates par quelque vice stéatomateux ; les digestions sont difficiles, avec diminution des urines et même de la transpiration ; quelquefois des sueurs morbides et fébriles ; aussi y la bile ayant perdu son énergie naturelle , il se développe des gae dans les intestins grêles et gros qui s'amplifient et perdent de léttt ac*^ tion. Péchlîn^ au rapport de Tissot, dit s'en être convaincu par l'ouverture d'un cadavre ; j'ajouterai que ce que Tissot a ol>> serve en Suisse s'observe également en France ^ surtout dans les pays niarécageux et un peu froids. C'est par stdte d*ime altération dans les voies digestives qu'il se forme des engorgemens dans les organes abdominaux dontl'épilejj^sié pts^ut être la suite, comme nous en rapporterons plus bas (art. Épil. par corpulence et obésité , p. 235 ) uh exemple avec gué* rison concernant un é|Hleptique atteint d'une espèce de phys^* conie.
Le foie a plusieurs fois été signalé comme le vrai siège de l'épilepsie sympadiique , non -^seulement parce que la sé^ crétion de la bile )ie s'opérait pas en lui d'une manière con-^ venable , mais aussi parce qu'il survenait une altération de ce liquide > cot^me on vient de le dire.
La bile dans le foie ^ dans la vésicule du fiel et dans le canal cholédoque particulièrement , peut être concrétéç au point d'y former des calculs plus ou moins gros et durs, quelquefois hérissés d'aspérités, lesquels, en coulant dans les tdanaux biliaires vers le duodénum , produisent en eujt , ou plutôt dans les nerfs qui parcourent ces parties , une irritation telle que desdouleurs dans l'estomac et dans les
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC o' AUTRES MALADIES. I n(>
iiitesdnâ sont sur venues çt ont donné lieu à dea accès d'tfpilepsie.
On observa , au rapport de Fabricius , dana la vésionlè da fiel d'une femme très-sujette à des accès d'épilepsiç > d^èut cents caléuls^biliaires (i).
Il paraîtrait , d'après quelques observations rapportées par lef* auteurs, que les eiifans qui yieunent de naîtra peuV^nt eproÙYor des accès d'épilep&ie par la même cause ou par Faorimoqie de la bile , et même par le seul méconium {vof'ez dtdessjus, pag. io3 ) ; on a vu des personnes atteintes de coliques hépatiques assez violentes pour produire des accès ^leptiques. .
Un homme qui m'a consulte éprouvait de pareils accès après lesquels il rendait par les selles de vrais calculs biliaires , ensuite une quiauitité de bile plus ou moins grande et si acre, qu'elle excoriait le fondement ; du reste , ce malade paraissait jouir d'une bonne santé, seulement le trini de son visage était-il un'peu jaune , surtout quelques j<mes ATant d'éprouver ses. coliques et l'épilepsie. Son pouls étant plein et dur ; je lui conseillai d'appliquer des sangsues à fjuuis par rapport a des hémorrhoïdes noâ-fluentës dont il éudt atteint, et de prendre des pilules sayonneusesav«c les extraits amers et quelques grains d'aloès , uniqueinent pour loi tenir le ventre libre , et moyennant encore des bains tièdes et lès eaux de Vichy. C'est ainsi que le malade guérit de ses colic)ifts continues et de ses accès épileptiques. .
C^est contre cette espèce d'épilepsie et pour diminuer I9 vidence des accès que j'ai utilement conseillé les juleps avec lesteinture3 d'opium, de camphre , de muse, des layemens adoucissans, et quelquefois même des bains tiédes; mais toutefois lorsque je voyais que la trop grande irritation jp»rodaisait la suppression des évacuations àlvines.
La rate doit aussi être prise en considération lorsqu'il &'agit de découvrir lé siège de l'épilepsie sympatliique abdominal fi. Houlier raf]^orte l'histoire d'un moine atteint d'une aifectio.n
(1) On trouvera dans Morgagniei Lieulaud dès exemples dVpUepsie prodaite par toutes ces causes.
l8o DU CARACTàRB DE l'jÊPILEPSIE
de la tate après une maladie aiguë ^ laquelle était , dit-il ^ le siège d'une humeur acre qui se reproduisait de temps en temps f en afifectant le cerveau et en renouvelant des accès^ d'épilepsie; nous ne garantissons pas l'existence de cette humeur ; mais ce qu'il y a d'assuré , c'est que selon Boulier la maladie de la rate a déterminé l'épilepsie.
On a vu des sujets qui éprouvaient de violens accès d'épilepsie par la plus légère compression de la rate. Il suffisait , dit Tulpius y de comprimer extérieurement la région splé- „ nique pour provoquer l'accès épileptique. Tissoty qui cite cette observation (i) ^ rapporte encore d'autres fedts qui prouvent que des accès d'épilepsie sont survenus après des douleurs dans la région de la rate (2).
Je ne doute pas aussi que Yépilepsie sjrmpathique ne puisse provenir de quelqu'jEifFection morbide du pancréas j princi<^ paiement des concrétions du fluide qu'il secrète ^ lequel peut se durcir au point de former des espèces de calculs . que les malades rendent quelquefois après avoir éprouvé des douleurs plus ou moins violentes. Ces douleurs même pré-* cèdent ou accompagnent les accès d'épilepsie , qui ne finissent quelquefois que lorsque les calculs ont passé dansiez duodénum « On pourrait encorév reconnaître dans le pancréas d'autres altérations qui diminuent la sécrétion de ce fluide salii^aire, ou qui le rendent j tantôt plus doux ou plus insipide qu'il n'est naturellement, et tantôt plus ou moins acrimonieux et stimulant. Or, alors il n'aurait plus la qualité de tempérer l'action de la bile, qui serait trop irritante et pourrait afiecter les nerfs de l'estomac et des intestins assez violemment pour causer l'épilepsie , par le consensus que ces nerîs ont avec le cerveau.
On pourra trouver , dans les ouvrages de Morgagni et At Lieutaudy etc., plusieurs faits relatifs aux convulsions ou autres maladies dans lesquelles les nerfs de l'estomac et des intestins sont aussi affectés, ce qui viendrait à l'appui de
(i) Tissot y âeVÉpilepsie, pag. 6o,
(a) Voyez plus haut ceux qui sont rapportés dans la seconde série des autopsies et relatifs à la rate.
ET DE B» DirrÉKENCES AVEC d'aUTBES MiLADirs. l8l
•potxe opinion sur l'ofCet que la hilc peut faire sur eux relatiirement à l'^pilepsie.
Une dame nuble, dit Higmorc (i), qui éprouvait depuis .plusieurs années des accès d'épilepsîe et d'Ljstérie , mourut après avoir éprouvé de grandes douleurs. Son corps fut ou- Tcrl, et l'on reconnut que le pancréas était ulcéré. Les autres organes parurent sains. Il faut noter qu'Higmore ne parle pas des altéraiiotts du cerveau , sans doute parce qu'il- croyait '^ae le siégp de la maladie pouvait uniquement résider dans le pancréas ainsi malade ; cependant on pourrait croire cfae .fibez cette dame , par suite de l'iirritation des neris pancréa- ^liques -causée par l'ulcère du pancréas , la substance médul- Jaire de la moelle allongée et celle du cerveau auront été ioTtemeiit stimulées, et que l'épilepsie aora pu être ainsi déterminée. On peut croire, de plus, que par suite de l'altération du pancréas, le fluide sécrété par cet organe nest pas assez abondant ou n'a pas ses tpialités naturelles, celle surtout de diminuer l'acrimonie de la bile , ou , au contraire , qu'étant lui-même alors très-âcre , il est plus disposé à produire de l'irritation dans le canal intestinal.
Des accès d'épilepsic sont survenus après des douleurs , avec ou sans vomissement , dans les régions des reins et de la vessie, cbeï des sujets où l'on n'a trouvé non-seiiïement aucune pierre , ni même aucmie altération dans ces viscères , ni dons l'estomac , ni les intestins , ni le foie , quoique les malades eussent éprouvé des douleurs plus ou moins vives dans
. région que i
upeu
. tandis que d'auir
1 trouvé des pierres dans les reins de quelques cpikptiques (juoiqu'ils n'y eussent éprouvé aucune douleur {,1). Cependant divers accès d'épilepsie sont survenus lorsque les calculs rénaux passaient des reins dans les uretères , et encore en pénétrant la vessie après avoir parcouru
(l) HlOMOEE : corporcs humani disquisitio analonù iu-foi. , i65i. Voy. anal. med. reblivomonl flui dceononer t'excrclioQ cics calcula paacrfaliques.
(a) Oo en trouvera Jca exemples cîlés ilaiia VAnal. E,V(^. Je nos Ménioirea surytinieuri maJadki
a. Hag/Ecomilii , kjuleurs qae peut
l8^ .DfJ, C^AiCTÈRE Oe l'ÉPILEPSIE
ce cana) mqmbr^pQux. Ou ^ même yû, à la suite de ces concrétions pierreuses urinaires , des rétentions d'urine sur- Ycnir: avec des ajccès. d'épilepsie. Les auteurs eii ont rapporté plusieurs exenpples que Tissot a remis au jour^ eii y réunissant ses propr^^â observations. On eu trouvera d'autres parmi les autopi^ies que dpus avons citées» En voici encore un tjiîft de Mçrgagûi: :
yû homme de soixante -r ans» très- gras, avait éptouvé dan$ sa. jeunesse un^ tfsUâ. difficulté d'uriner qu'il nf avait quelquefois pu read^e les urines qu'étant .couché et en-tei^aBA les.jambe;8 élevées.: Il en éprouva un joifr unesup^MPesskMi totale :avec unç t«*ès-vive doulçur vers les lombes, cependiUD^ i^tisiyoïpissemQUt^U avaittous les jours une fièvre^ cumriffè^ ^^ frigore , qui . durait deux heures; Jl fut soumis au cathé^ térisi^ie, et il rendit dusahg, avec un calcul de lagrossëor d'un^,j>ptite.amandek. Un 'écoulement purulent succéda; Vix*» rine fu^jensuiti^ aussi claire .que celle d'un, homme en, santés .sans fétidité, inaisia douleur des lombes continua^ la 'Âta-^ ladie paraissant . en rémission* Cet homme éprouVi^ , le cinquième jour ^. Une convjulsioh épileptiqué de tout le corps;, et mourut, On trouva» par l'autopsie, vers le col de la vessie^'des grains de ^le ; mais, du reste , il ne fut reconnu aucun autre pbs^d^ qui put s'opposer à l'écQuIemént de l'urine, Les poumons étaient gonflés et d'une couleur très-noire , etjlrè&rad*hérens du c^\é gauche au diaphragpae ; le ventricule droit du cœur contenait upe cpt)^estion polypeuse , et le gauche était plein de sang j|t!E//4^. <
Morgagni dit qu'il', est ii^^yable que , quoiqu'il ne soit pas lait mention, ds^us ç^Ue ^u|x)psie , de quelque épanchçflfeept séreux dans le cerveau, il y en avait cependai^t un oausé par la suppression de, l'urine : impurum sçrum ex sanguine se effuf disse j et brevimoraacriusfactum^.epilepticam illam concwh sionem mortemque attu lisse. (Morgagni, Epist. XL, art. 4 et 5.)
Mais plus souveiit encore les accès d'épilepsie ont ete produits par des pierres dans les reins, bien reconnues ainsi que dans les uretères , dans la vessie , et dans le canal de Turètre même ; les douleurs que les calculs on tproduitcs étaient suivies
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. |83
d'épile{uiie. Tissot en rapporte divers exemples tirés des auteurs, particulièrement de Thomas Barihofin , Blasius , Baader^ et Lamotte (i). Je pourrais ajouter à ces ^pilepoiés , cuuiées par LssdouleursL des reins, des uretères, de la vessie, de rUrètre , Ci)zikrnant des pierres et donnant lieu aui douleuri extrêmes qui ont causé l'épilepsie , que plusieurs malades qu'on a Uibotpmisés, ont éprouvé pendant l'cipérâtion des douleurs JicHribl^ , et qu'ils ont eu de yérita))les ae(}ès épikpftiquès, comme en ont éprouvé d^antres malade^ affectés des. douleurs néphréUques.
Les épilepsies sympathiques provenant de quâque affection mdibide det organes de la génération sont (rè»-côt|hn«ines ; cela est prouvé par une multitude d'axemples «oiisighés dans les auteurs de patliolo|{ie générale , et<e|icore dans defs> bti-r vniges pârttculi^:^ sur les maladies de pes k>rgà«ici6l Les ana-* tomîstes ont aussi reconnu , ehee des persoi^esmorles d^é^i*^ kpôe, de^ altérations nombreuses dans ces mêmes prganesl (Voyez ci-dessus les observations avec autopsie. )■'"' ^ ■■ -
.Indépendamment des épilepsies par des affeétions morbides desorganés de }a.gènération^ on peut rappeler ici que des filles pubères et des femmes en apparenice bien constituées en ont é{lrouvé de «iVives pendant le travail de la menstruation (2) , de i'accoucbement , ou à sa suite, que plusieurs â'^iies'etl lont mortes. .
Sïul doute que la sensibilité et l'irritabilité des parties génitales ne soient dans le s^xe féminin , et même clie^ les boipsnes, une cause fréquente des affections nerveusésf tt de l'épilepsie elle-» même. Tissot Ta établi par divers exemples qu'il aiupportés dans son Traité sur l'Épilepsie , et aussi daos son ouvrage sur Y onanisme; il y a prouvé , par l'exposition de divers faits, que l'épilepsie était survenue après des Tsrttouchemens voluptueux des parties de la génération , avec ou sans émission de semence , et surtout quand
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(i) f^oy, les art. EpiUpsie jèbrUe , exanthématique , cachectique, mélaneolique , hystérique , utérine^
(3) Sauvages y I^Tos. meth,,p» 586. f^ojr. plus bas l'art, de VÉpilepsie par des vices de la menstruation.
l84 fiU CARACTÈRE DE l'ÉPILEFSIE
ils avaient lieu chez des sujets dont le développement n*ébût pas bien completi ou qui étaient d'un tempérament sec et imitable^ et qu'on mariait^ trop jeunes ; quelquefois aussi, ce qui est beaucoup plus rare , trop de continence nuit à la forte ' jeuiiesse (i). Or , alors, le mariage leur est plus profitable qu.e nuisible.
On a vu I chez les femmes, que les accès épileptiques avaient été suspendus pendant la grossesse, quoique, dansd'autres, on lût observé le contraire ; cartout cela est subordonné àla diver* site des circonstances, souvent relatives à Tétat de pléthore jsanguin^ ist à Texcè^ de sensibilité des malades, etc.
Mais quelles que soient ces épilepsies sjrmpatkiques, elles consistent toutes .en une irritation violente des nerfs de la partie souffrante, qui se transmet au sensorium commune , çl qui en trouble Torganisation au point de causer l'épilepsie d'une inanière qui nous est inconnue , soit qu'on en reconn naisse après la mort les effets sur le cerveau, soit qu'ils noyis restent cachas.
Quant ^ux causes locales des sympathies qui ont leur siège dans le tronc et les extrémités supérieures et inférieures {2) ^ on y a compris 1^ déplacement des os sésamoïdes qui sont autour d/3S articulations , les piqûres de nerfs , les conttisions, lés concrétions, les durillons (3), les ganglions, les excroissances et autres altérations qui i^'étaient formées , par des causes ^verses I dans différentes parties du corps, ainsi que des esquilles détachées des os après des fractures, ou par des corps ét|:angers qui se ser^^nt introduits dans le corps, tels que d^s balles et des grains de plomb, des épingles, des arêtes de poisson, des exostoses, des hyperostoses,-etc., enfin d'autres concrétions qui avaient été occasionées par des vices particuliers.
(i) Les exemples sont sans doute rares, quoique Tissot et autres auteurs en rapportent plusieurs^
(a) On trouvera dans Pouvrage de Tissot et dans celui de Burserius des observations sur tous ces articles , plus ou moins importantes , sur les épilepsies sympathiques dont le siège existait dans le tronc et dans les ' extrémités supérieures et inférieures.
(3) Voyez dans mon Anau med. , t. iv, p. 347, l'histoire d'une femme qui avait do frcquens retours d'accvs épileptiques- lesquels commen-
ET DE 8E8 DlFFÉBElfCES ATEC d'aUTEES BIALADIES. l85
Nous n'entrerons pas dans d'ultérieurs détails à ce sujet, devant traiter de diverses espèces d'épilepsie les mieux reconnues pour en prescrire le traitement qui convient à chacune d'elles j et où plusieurs des exemples qui les concernent seront consignés.