DU CARACTÈRE DE.L*ÉPILEP3I
veau. Galien en a rapporté im exemple mémorâUe pour lé prouver et que Van^wiéten ( i ) a cité avec d'autresqu'àlavail recueillis dans sa clinique. £n effet, on voit » dans un honune qui médite profondément, que son visage rougit et que jaitête augmente de chaleur , ce qu'on reconnaît au toucher 4u firont et du pouls qui devient plus fréquent et conséquemnouent nuisible à Tépileptique.
Cette conduite dans le régime et dans les exercices doit être long-temps suivie si l'on veut en obtenir un succès durable. Cest par un pareil traitement que des épilepsies pléthoriques ont été guéries. Tissât en a cité des exemples nombreux qu'il a eu sous ses yeux, et d'autres qu'il a extrait de plusieurs auteurs. Quant à nous^ nous pouvons assurer avoir pkisîeura fois retiré les plus heureux effetsdu traitement dont je viens de parler j et dont la saignée tient le premier rang. *
Un épileptique, dans un accès, £t une chute si violente sur la face y qu'il lui survint une hémorrhagie affreuse dunes; on croyait qu'il en périrait, tant il avait perdu de sang ; mais biei^ au contraire , cet accident lui fut si favorable que l'accès finit avant que Thémorrhagie eut cessé , et cet homme , qui ^auparavant avait des accès d'épilepsie tous les moiis et souvent plus fréquemment , resta plusieurs mois sans en éprouver aucun , ce qui détermina Andra^^i^ son chirurgien , qcd le soignait habituellement , de profiter de fcette leçon en ssjh gnant le malade d'abord une seule fois tous les mois , enàiite tous les trois à six mois et plus rarement encore , ce qu'il a fait pendant long-«temps et si heureusement que cet épî^ leptique n'a plus eu d'accès et -qu'il a dû sa guérison à la chute qu'il avait faite et à l'instruction utile à laquelle l'hémorrhagie qui était survenue avait donné heu.
Il est inutile de dire que les excitans et les échauffans de toute espèce doivent être bannis du traitement de l'épilepsîe seulement i^éthorique.
S'il est quelquefois nécessaire de conseiller les synapismes , les vésicatoires ou autres puissans excitans externes, il faut, je le répète , autant qu'on peut , dans cette espèce d'épilepsie,
*■— *——^——— —————— — ' ' ' I— — — — — i— 1— ^<i^^i^ii^Wi1tP"i^
(i) Comment, 'm aphor. Boerh, 1075.
Sûre précéder les saignées à tous les autres rendes; les toni^pei cependant peuvent être utiles, conuaexiaUs l'avons déjà dit, soit comme remèdes, soit comme alimens^ dans le temps des vraies apyrexies , ou lorsque le malade , psuraissaot guéri de ses accès, est dans un ét^t de &iblesse ou d'Atonie pins cm moins prononcée ; mais en tout ne quid nimis,
(B«) EpUepsiepar inflammation du cerveau {céphalùis) (i).
Je place cet article parmi ceux de la pléthore sanguine pour distinguer l'inflanmiation du cerveau qui est toujours , pendant son cours , avec fièvre aiguë et continue , de celle dont nous venons de parler, qui est sans fièvre prononcée.
L'inflammation du cerveau n'est pas seulement annoncée par de violentes douleurs de tête , par le délire , pa^r les con« valsions et par l'assoupissement avec plus ou moins de fièvre , fille Yest aussi quelquefois par de vrais accès d'épilepsie qui ■ précèdent I accompagnent ou succèdent à la céphalite, souvent après que la fièvre a cessé ou qu'elle est devenue intermittente. Les aute&rsen ont cité divers exemples.
Cette épilepsie réunie avec la céphalite est souvent survenue après des éruptions cutanées rentrées ou même avant leur éruption. Elle est quelquefois compliquée de rhumatisme ou de goutte» etc., etc.
Des accès épileptiques sont survenus après de fortes insolations dans les étés brûlans (2). Or, alors, comme dans la plupart des inflammations du cerveau provenant de diverses causes, ce sont les saignés réitérées et copieuses qui conviennent, et ensuite les boissons rafraîchissantes et relâchantes ; enfin les remèdes anti^^phlogistiques ou rafraichissans qui ont été administrés avec le plus de succès , quelquefois réunis aux vésicatoires , aux sjnapismes sur les extré-
(1) Nous avons établi , par divers faits, dans notre ouvrage sur PApoplesie , que cette maladie était quelquefois réunie à la céphalite. Nous diroDf id que Tépilepsie survient de même quelquefois pendant le cours de la céphalite ou à sa suite.
(3) Vojes PAvb au peuple par Tissot , qui rapporte un grand nombre d'exemples de cette sorte d'épilepsie par la cépJiaiite,
224 ^^ CARAGTÈEE DE l'ÉPILEMIC
mités inférieures particulièrement, ou même sur la iA'e,'
Les accès d'épilepsie inflammatoire (i) ne surviennent pas seulement dans les inflammations du cerveau et de .ses parties, en y comprenant la moelle épinière et les nerfs tant cérébraux que vertébraux , mais aussi dans les inflammations des autres organes. On en a vu des exemples particulièrement dans celle du cœur, des poumons , de l'estomac, des intestins, du foie , du pancréas, des reins , de la matrice. Morgagni , L{ez//ai/£? et surtout 7Vj,r(7{ en ont rapporté plusieurs de cette nature. Alors le traitement anti-phlogistique, dans lequel les saignées tiennent le premier rang , est surtout convenable , et il réussit mêihe d'autant mieux que la pléthore sanguine est plus intense.
Dans quelles funestes erreurs ne tomberait-on pas alors si l'on prescrivait, comme on neFa fait que trop , des vomitifs ou des purgatifs ; enfin des excitans quelconques , des vésicatoires même , des synapismes actifs avant que la déplétion des vaisseaux, qui sont alors si pleins de sang, soit opérée par les saignées.
Je n'ai jamais douté que les nerfs ne soient sujets euxmêmes aux plus vives inflammations , en considérant seulement le nombre des vaisseaux sanguins qu'ils contiennent (2); en réfléchissant , de plus , aux diverses impressions morbides qu'ils peuvent recevoir des organes qui les entourent , ainsi que des vellications ou stimulations et autres altérations auxquelles ils sont exposés y si d'ailleurs je ne m'étais convaincu que des malades qui avaient éprouvé des douleurs violentes de sciatique avaient eu visiblement le nerf de ce nom atteint d'inflammation : je l'ai trouvé très-rouge, enflammé, dans des cadavres , dans son tronc et ses branches voisines.
J'ai aussi quelquefois ^ en considérant les nerfs diaphrag-
(i j Voyez précédemment Particle divisions et différences de Pépilepsie, p. 117.
(a) Voyez à ce sujet l'ouvrage de Comparetti , oecursus anat, et notre ' Anatomie médicale , t. xv, art. nerfs en général. Voyez aussi les ouvrages de Malacarneet autres anatomistes habiles d'Italie , auxquels nous ajouterons ceux de nos jeunes anatomistes français , ^ rendant hommage à leurs utiles travaux •
ÏT DE SES DIFFKRENCES AVEC d'auTBES MALADrES. 2a5
inaliqiics.rcconnueneux, dans des c4daTres , de vraies marqncS d'inflammation , ainsi que dans les ganglions seim-liiaaires et autres (janglions abdominaux , pcrtorauï et cérvïcaus (i) , quelquefois après des cpilepsies leconnues in^amnatoires ou indépendantes , par des causes plus particulières et locales.
On s'<;stplusienrsfois conTaincTi, par l'ouverture du coi^s, que des personnes qui avaient éprouvé des accès d'épîlepsi* aniqucls avait succédé l'apoplexie mortelle , avaient nonseulement beaucoup de sang , mais même des abctfs dans le cerveau, et quelquefois des épanchement divers, des MI , de l'eau , et même des indurations dans Us substances térébrales (2).
Il est vrai qu'on a aussi quelquefois trouvé de semblables altérations dans le cerveau des personnes qui n'avaient point eu d'accès épileptiques , mais qui étaient mortes d'apoplexie OU de quelque autre maladie du cerveau. On ne peut taire CCS vérités , puisqu'elles piouvent que les mêmes altérations, 'en apparence du oioins , ont été reconnues après des maladies différentes,
Ti.tnol a remarqué , dans son ouvrage sur l'Epilepsie , que desphlbisiquespulmonairesavaient éprouvé pendant le cours de iitui maladie de vrais accès d'épilepsie , et que même plusieurs de ces malades avaient non-seulement rendu du pus par l'expectoration , mais encore des concréùons pierreuses ', lesquelles avaient produit une telle irritation dans les ner^ pnlranaaircs et brondiîques , qu'il en lîtail résulté des con- «rnldionset même des accès d'épilepsie. Nous rappellerons ici
(l) Ou en trouvera Jeaeiomplcsjaiiïiiotru ^inat. nieil. — On a. tic nos jnari covnpriii sodb la Jénomination ieifangtiaithsmlameKcactt formées dam Ici nerfs comme tellns qu'on trouve duns lea vaUieatixlfatpbuliqilcs dcuit IcB UII5 s'y rendimt et dont lv£ autres on sortent, ([uoiqiie \efi nah qui formiQl les ptemiers et les rsisseaiii Ijfmpbuticiuesdotil les an- Ires sont principiilcintnt constitu.!s aoûnt certniiifimeot .l'une untu're'bîfli diiréreiite par leiw «tiucLuTe , par kuca usages cL leura uniLdies. filaU eu csmumeuton aime à changer les d^aominaliaua saus quelquefois ^clairer
(aj Vojei pltis haut les Observations avec ouTerlures des 1
ime obseryation que j'ai exposée ailleurs , relative à une pât» ralj^e du bras arec fièvre aiguë et douleur à la poitrine , qui fut guérie par une hémoptysie considérable , à la suite de laquelle je conseillai heureusement deux saignées du bras ^ pour compléter l'évacuation du sang qui m'avait paru être la cause de Tépilepsie.
On a des exemples d'épilepsies survenues da^s les inflammations de l'estomac , du foie , de la rate , des reins , dum6> sentère , de la matrice , inflammations qui ont souvent été reconnues comme les seules causes de l'épilepsie ( i )•
n est inutile de dire que les épilepsies par des abcès et des ulcères du cerveau et d'autres organes internes j qui sont survenues après des inflammations cérébrales j ont été in-» curables comme les autopsies des épileptiques l'ont appris^ . Le traitement de l'épilepsie par l'inflammation du cerveau ou d'autres parties du corps consiste dans une prompte prescription des anti-phlogistiques , les saignées surtout ^ les boissons rafraîchissantes , relâchantes et légèrement ano* dynes, des vésicatoires , des synapismes sur des parties plus ou moins éloignées de la tète , aux jambes ordinairement. : On plrescrit de doux laxatifs , en boisson ou en lavement ; des fomentations sur l'abdomen y des demi-bains, des ému)? sions légères , de l'eau de laitue , de pivoine mâle , en y rài^ nissant quelques gouttes des teintures anodynes, celle de digi» taie surtout, lorsqu'il y a des palpitations du cœur et des irré*gularttés dans le pouls..
Ce n'est que lorsque l'inflammation n'existe plus qu'on peut conseiller les doux purgatifs » ensuite les remèdes réputés apéritifs et dépuratifs , appropriés à la nature des causes de la c^phahte reconnue , mais avec la plus grande précaution et graduation dans leurs doses pour ne pas produire une im-» tation qui pourrait rappeler la çéphalite. On insiste surtout sur Pusage des demi-bains tièdes, qui sont d'autant pltfs utiles en pareils cas , qu'ils produisent du relâchement dans
Ma
(i) Od en trouvera des exemples clans notre Anatonde méâicah^ dont plusieurs ont é\é rapportés dans les sections relatives à Pautopsie, parti* cuUèrement dans la section II. .
CET DE SES OlFrJlRENCES AVEC d'aUTHES MALADIES. 1»^ parties inférieures ; ne qui peut déteniiùiËr les Iium^urs àyalïIuerenpIusgraBdequanlilé. IjCS bains tjccUi>rnvQvisaiiit m «niretieimont de plus uae douce transpiration utile «m ^i1eptii[Uâs.
L.'C'est par un pareil traitement qu'a ^te guérie une affreuse
te avec un accès d'épîlepsie des plus viateos. Vu
! d'environ cinquante ans, i\i^ envirous de Cour,
^nt d'une cépbalitc , après un très- violent exercice
t la chasse , reptre cUei lui avec un« douleur laucinaote
a» tête des pluï violentes ; il éprouvait une fièvre uè»-
aiguè i le délire survint , et il y eut pendant la nuit des
convulsions avec d<!lire , perle de sentiment et écume 4 If
bouche , enfin , tous les symptômes taiactéiistiques de r4-
}ûlepsic. Revenu de cet état , après deux saignceii du bras qui
lui furent trè»-lieureusement pratiquées par son cliirUrgie;^.,
)e lualsde parut encore comme hébélé , mais toujours ]Jut&t
r»U)|e que plile , et avec un mal de tète gravalif. Deux jours
après I nouvel accès d'épilepsie , mais pas aussi violent que
le premier; après l'accès , le pouls était plein et dur, et le
visaRe rouge. On lui fil une troisième saignée du bras- C«-
peudaut , un autre accès lui survl nt , mai» encore beaucqup
plus léger; et comme ou craignait de nouveaux accè^u.^t
qu'ils ne /usseiit même plus funestes, les paceils «tu iRflr
I lade crurent devoir me cftnsulter par un précis de sa mslat-
die , rédigé par un très-habile praùcieo , -ii... Cbibf>urg , s^^
lufdecinordiuaire. Par ce qoi me fut écrit, je vis que ce uiAr
Iftde était d'une fottii constitutinn ; que sou pouls, uono)^
stanl les saignées, était encore plein, et de plu«i qi^'i^.f
avait de.t palpitations du cœur, avec une disposition aux bé-
ttofrhoides. Je répondis que cet.orgaue ne me paraissait 34s
^Hwempt de quelque diUution contre uaturo , et que j^
^^■nyûs convenable d'insister sur les sn)f,'néeti à des Aiiifiwss
^Kka eu moins éloignées; qu'en conséijuejice mon avis 4tffV
^^W Inl en faire d'abord eacme une du bras , en même tftXWffi
*l>rii mettrait les pieds et les jambes <laus de l'eau 4;h«ad9',
«tque quelques jours après ou lui appliquerait des fangst)«s
^■Mk fbndemeat. Je conseillai ensuite an mialadd de prendre
^HM temps on temps quelques demi^hai^s tièdçq -juiqu'Â U.
ado tV CAAACTÈtlE DE l'^PIIèMIË
Noos ajouteroQS ici à ce qqi vient d'être tlit ^ar les éfii* lepdes par pléthore sMmgUine , avec ou sans inflammatiéh , avec ou sans éruption , ainsi que dans celles qui proviennent de diverses maladies bilieuses , etc. > etc. qu'elles sont souvent préce'dées , accompagnées ou suivies d'une pneumatie ou in*^ tumescence gâteuse (i).
Or, la collection des gaz peut , chea lear épileptiques ^ avoir son siège dans la cavité du crâne ou du canal vertébral en» settitiile /bu dan^ les ventricules du cerveau et dans celui de la moelle épinière , comme on l'a quelquefois observé , peut-être même dans les nerfs. Nul doute qu'alors Tei^céjAiUte^tla moelle épinière , ainsi que les nerfs qui en éma* nefiit', n^en puissent être molestés assez* vivement pour que l'âjièplexie , les convulsions , enfin l'épilepsie , /n'aient lieu- Cette dernière maladie pourrait même être occasion ée , non* seulement îdiopatïiiquement , comme nous venons de le dire, lHais encore par des gaz mobiles qui pourraient molester lés net'fs des autres parties du corps , et agir alors sj-mpathi^ qu'ement sur le cerveau.
J'ai plusieurs fois remarque que des épUeptiques avaient des bouffissures extérieure^ , indiquant une disposition inflam-, lËàtpirè pu la véritable inflammation. Or, alors la saignée^ lèsboîissôns rafraîchissantes et les bains ont été plusieurs fois, utilement conseillas. ' '
Nous n^en dirons p^s davantage à ce sujet , ayant ampl6ihent traité ailleurs de hi pneumatie, comme nous l'avons dit, ainsi que dans notare Ànàlomie médicale, tom. ii» article fissu cellulaire. D'ailleurs , c'est dans les ouvrages de physiologie et de chimie publiés par des auteurs modernes qu'il faut lire les détails qui concernent Thistoire des gaz.
(E.) Quanta l'épilepsie séreuse bien confirmée par diverses ouvertures de corps , nous nous bornerons à la rappeler ici, pouvant êti*e produite, ainsi que ceUe par des gaz , par la poUpction simple de sérosités ou de l'eau dans le crâné et
(l) ÇofliAne Méga, Whyiti Pomme et autres médecins Pont remarqué.
ET DE S£S DIFFÊBSC'CE^ AVEC d'aL'TREA MALADIES, 23l
■ dans Iff canal vertébral, ou bito iiuinédiatËiiietitf ou par celle eu quantité plus ou moins graude dans les cavitéÉS
(du cerveau, du la uiotslle épinièie eX dans le tissu cellulaî
s nerfs, et qui de cl-s orgaacs ae répand dans les dilTûrcntes L|iarties du corps) car l'abondance de l'eau peut occastoner ll'epilepsic et devenir l'une des plus fâcheuses, comme l'çf pé- |f ience journalière et l'anatotnie padiologîque le prouvent. , Nulle dillicuilé alors pour reconnaître cette maladiç Â D'œilyuiatiâ ou l'bydropisîe est annoncée par deï intupies- •jiois œdémateuses , et surtout s'il y a. uni: diminution pliw
■ yi). ^loias grande dans l'excrétion de l'urine. Nous uouii ffioniiues convaincus que, dans des épilepsies par pareille^
, on a utilement prescrit les divers liydragogues , fiait
r les diurétiques, les sudoriAques ou par les purnatiis. Ce^
p ^ttde serait trop ample si j'entrais duns tous les détails dfwt
Q serait susceptible ; qu'il me suffise ici de renvoyer am
ouvrages sut Y Hjdropisie I on y verra que les coUecti«JiM
Id eau en général et eu diverses parties du corps ont été ^Un yent suivies de vrais accès d'épilepsio. On pourrait live^d^ns çetU de Baillou et daas ceux de plusieurs autres ufédecius , "^fùtot paiticulièreiueul, des observations iuiportiiut^S ,l(ir; CSUe espèce d'épilepsie t\]j^ Uippocralc a considérée CQimM t'iuu ^es plus funestes. , ,;„-,
(F.) hpilapsie par corpulence
r flfiA/i
.1 fréquenit:
ii que (^ei
raie-
t gep,
' Ou oepeut disconvenir que cette maladie ne chei les persouiics d'une forte constitution a celles qui sont très-grasses, Les premiires s laent très-sanguiues et les autres le sont moins que les sujets
^maigres. Les eiroits auxquels elles se livrent portent encore
fidàvantage le sang au cerveau , ce qui peut causer des accès
]ff£pîîepsie, si toutifois ces personnes Lie lueureittd'apoplexii;.
C'est sans doute parce que l'epilepsie survient frequem-
E^ent à clés personnes d'une forte constitution , que nos au-;
[ciens ont donné à cette inalaaie le uoiit de Morbiit Heri:u~ leiM. En eiTet, on p^ut avancer, d'après les nombreux itnlt^jU de l'observatmn , qne ceiix qui soqt les plus sujets à
2l3a DU CARACTÈRE DE l'iÊPILEFBIE
répilepsie , dans l'âge de vigueur surtout , sont corpulens ou ont une forte charpente osseuse , couverte de gros muscles , sans qu'ils soient pour cela toujours plus gras que les autres.
Les personnes ainsi constituées et par conséquent ainsi dis» posées aux maladies du cerveau, parmi lesquelles nous comprendrons l'épilepsîe, doivent promptement trouver dans leur régime et leurs exercices le remède préservatif de la maladie dont ils sont menacés. Ib doivent faire im grand usage des végétaux rafraichissans , et user de peu de viande , surtout jde celle qui est trop noui'rissante ; ils doivent au^i s'abstenir de cciix qui sont trop épicés ; avoir soin de faire de doux exercices à la promenade à pied ; et comme plusieurs d'eux sont atteints d'une phjrsconie ou intumescence abdominale par engorgement et excès de volume des viscères abd0-minaux, il est bon qu'ils aient habituellement le ventre libre ; et s*il ne l'est pas , il faut qu'ils prennent des lavemens émol-^ liens j et qu'ils fassent un long usage de pédiluves avec du sel marin ou avec de la poudre de moutarde , etc.
Il m'a paru que l'usage des eaux légèrement stimulantes et purgatives , prises en un ou deux verres le matin , à jeun', telles que les eaux minérales de Bourbonne , avec addition d*un à deux gros de sel de Glauber, leur conviennent, nonseulement pour les purger un peu , mais même pour dimî!'nuer avec le temps leur corpulence, en donnant plus de tonicité aux parties qui en sont susceptibles. Je lés ai quelquefois remplacées par les eaux de Sedlitz prises à petites doses, p^u* sièiprs jours, ep les rendant ensuite purgatives, soit en&ugmentant leur quantité , soit en y ajoutant une certaine quantité d'iip sel purgatif.
Dans de pareils sujets, qui sont souvent hémorrhoïdairesi il convient £[énéralement de recourir de temps en temps àiix sangsues au fondement pour pratiquer une légère saignée ; quant aux remèdes externes, jies vésicatoires vplans peuvent être conseillés pour diminuer 1^ tendance à l'inertie , afin de détourner l-inilux jiu sang plans le cerveau et l'appeler davah'tàge dans le système dermoïde.
C'est ainsi que j'ai SQigné,par consultation, despe^*sonn^s qiii àVaient , au rapport de leurs médecins , des attaqués d'à-
^V IT DB SES DITFÉHENCES AVEC D'aDTBES MAtiDIGS. 233
poplexie , quelqaslbis preci^dées àe quelques légères coo- Tul^ons , ou qui même les éprouvoieut e» inênae temps qu'elles étaient dans l'assoupissement. Mais plusieurs de oes malades m'ont paru plutôt épileptiques qu'apoplectiques. C'est pourquoi on peut, après la prescription des remèdes que leur constitution réclame , conseiller ceux qui âont répDlés anti-épiteptiques , en leur recommandant d'ériter, autant qu'il leur sera possible, les contentions d'esprit, ou les affections morales trop intenses, surtout celles de la peur , si c'est possible , mais du moins en évitant les cause* qui peuvent la produire. - '
Des médecins véritablement praticiens m'ont assuré a<roii^ vu des personnes qui avaient eu plusieurs accès d'épilepâe & un âgeplusoumoinsavancé,sans aucune disposition probable à cette maladif:, quelquefois aprèsavoir pris un grand emliwL— poin t(i), ou aprèsavoir été très-mai{;res dan* leur jeunesse^ et (ju'eltes n'en avaient été guéries que lorsqu' elles ^avaient été réduites à nn eitrêmc degré de maigreur. J'en ai moi^néme depuis recueilli deux exemples : le premier , dans une cun^i sultation qui eut lieu chez moi pour une dame d'un £x1r«me embonpoint, qui avait le ventre excessivement proéminent. i soit par excès de graisse , soit par 1'' in tumescence du toh^,idBi h rate et autres parties du bas-vputre , tel enfin que cette! dame me parut atteinte d'une véritable phj-f conte. Klle était âgée de cinquante-cinq ans i son ventre avait pris progressiivement, depuis quelques années, un trè*-grand voltfméiSes, cxtréinîtésinféneuresétaieut,en outre, enflées, cedémate lises, «t elle était disposée à une somnolence naturelle ; son pouls^ était très-plein, le visage d'un roii(;e foncé, la respiration, «m peu gênée. Cette dame me i-etnît ime consultation d'un Udëdn d'Anxerre , qui me J'âdiiessaît pour me consulter. , dans cet exposé, ^e Iritialade, d'abord très-maigre lus son enfance, avait, après pi usieul^ couches bem^uses,'
l4lj Ifotre BaiUaii a fait cette reœarqac : qui ciasio et oheio lunt n EpSepsiam facile ciuIutit.Ce gtoDil médecin ajoate: el obtaso o (t. tn,Consil. ti et v}; mais cit»D'efit pas toujoursvrai, comme r l'a remarque. Elément, phjrs^ , t- < 7 sect. tv , adepi.
»34 DU CAJlACTÈaB DE L'ÉPaEPSIE
acquis beaucoup plus du corpuleacc et d'obi^sîté dans touU rbabitude du corps, etque, depuis l'âge de quarante sus surtout , son ventre était deveuu tiès-volumineun , et encore plus après qu'eUe avait cessé d'ctre réglée. M. 77iwnot, inou GonfL-ère , m'ûcrîvalt que, de plus , celte daine éprouvait depuis deux aos dcsniouvemens convulsifs dans les muscles de la face et du cou, d'où résultaient pendant plus ou moins de temps des loamemens de cc'le violenï et iiiTolontairuj , mab sans «utres accideos consécutifs. Cependant , plusieurs ■iei»a[a-i« , kt malade perdît conuaiïsance subitement itv«c une convulsion touique des muscles du tronc et d^ \neuir bres, ainsi qu'avec un peu de salivation.
Bientâ^ ces syiuptômett «pileptiquos p^ duièi'eiit d'abord que quelques minutes , mais avec des récidives plus ou moins rapprocLées ; cependant, ces accès de^iiuus plu» violens et plus longs , le médecin crut devoir lui coaïeillec une nouTclle application de sangsues au fondement. Les vuncatoires n'avaient pas «C«.Ré);ligés , les au tî-sp as modiques divers avaient été aussi prescrits, notamment la valériane sauvage , l'assa-foelida , le ntusc , etc. , ainsi quj; La teiature de digitale pourprée i mais, nouobstant ce .Iraitcmeut » Ja molade ne se trouva pas Uiieux , ^ cputi'aire , les accès épileptiques étaient devenus plus violens, el plus fiéqueusl
Frappé de l'extrême volume du bas-ventre , et reconnaissatitune véritable pbysconie chc» celte malade , je présumai qu'elle pouvait confourrir à pcoduirv l'épilepsie , ot qu'il fallait prescrire les remèdes lias plus appropriés pour diminuer l'intumescence adipeusq-ifu gfj^éi'al, et celle de l'ab' domen particulièrement. J^ ci'us douv d^vqjr réunir aux remèdes déjà conseillés pfi' laon.f^ufrère Iç: régime propret diminuer l'embonpoint ejiifiiXtc de la maliuli^' -1^ supprimai presque totalement rMsa^f),d^svi§f)d<?s de.bpucbeùe, le gibier , les l'agqùis i les idimen^ i'ari^ux tiop-nouri:iS3.as , et j» le s remplaçaipar des feuillesetraciues potagères. Je pernuisl'usage de 1^ bière avec du houblon . ainsi que du café léger après dîner. Le pouls étant pleiu'et dur, je fis faire une saignée du bras pour la réitérer «nsnibo, s'il était néccssair^i jf conseUW des résicatottïs Tnla-ns sur diverses parties du coi'ps ;.<!<; douv
ï ET DE SES DIFFERENCES AVEC d'aUTRES MALADIES. 235
purgstUs â quelque* distances , et dans les intervalles la boi*scai d'im ou deux verres d'eau de Sedlltz avec un ou deux jjTos de sel de Glauùer pour teuîr le voutre libre , en sti— Ipulant légèrement le tube intestiual. La malade d'ailleui's iDlinuait de prendre tous les matins trois à quali'u pilules l'extrait de valériane sauvage réuni à de l'élbiops minéralmalade maigrit peu-à~pcu ; les atcÈs d'épilepûe furent s forts i ils s'éloignèrent, et euUa n'eurent plus lieu: Ut ce qui m'a été conârm^- EUc se rétablit eufin , et relit un peu de son embonpoint.
. Vautre exemple d'épilepsie du même genre que le précéait , et guérie par les mêmes moyens , me parait digue [être rapportée , d'autant plus que cette observation m'est copie et me paraît assez intéressante.
. ï.***, négociant du Havre, âgé d'environ cîaquaute
, d'une forte constitution , avait éprouvé plusieurs violens
s d'épilepsie, et avait fait divers remèdes que sesiuédecins
t inutilement pn:scrits lorsqu'il vint me consulter.
Je ne fus pas d'abord plus beiireut dans mes couseiLi que
mes confrères ne l'avaient été i les renièdes le mieux et le
I plus généralement éprouvés et célébrés par les autG^rs contre
^L^plep^a, que je lui piescrivis , ne lui réussirent pasj.cin^ à
^Blfz JBBUHS après , ce malade vint de Hpuen ^ où ilfesait.de
^^^uens voyages , pour me cousultci' de oouvesn. Je lui de-
■Hudais'U avait eu toujours un ventre aussi proéminent qu'il
ne parut. alors, il me i^poudit qu'il n'était tel que depuis
É4^ips années, et il ajouta que depuis. peu de temps il t lé^é sujet à un flux bémoi-rhoidal qu'il n'éprouvait f.^fi crus d'abord devoir le rétablir en lui faisant mettre l^gsucs an fondement , et je jugeai couvenable de lui prefcl'jtre «usuîte quelques pilules savonneuses aloëtîques, M^ec le« ptéparatioDS martiales, uou-tieuleinent pour lui tenir le ventre libre, niajs encore pour Je purger de temps en teiups, eu auganestant le nombre des piluJêi qu'il prenait babituri- Ifmentouenle purgeant avec des eatixde J>e<£/i'ti etdeiut ou ttois gros die sel de Glauùer. Un vésicatini-e aubïasi<il,4fta>-
Eet loQ^^-temps entretenu ) le malade Tu aussi ua fréquent {edespédiluTCEsynapisés ijejoignisàcetrùtemcutlapres-
236 DU CAnACTÈBE DE l'ÉPILEPSIE
cription d'une nourriture moins forte et d'un meilleur cliotï ' pour diminuer l'embonpoint qui existait cliei le malade. 11 suivit mes conseils de point en poiut , et parvint ainsi t maigrir d'une manièi-e notable ; les accès épilepliques diminuèrent en fréquence et en intensité ; les anti-épileptiques réputés , la racine de valériane surtout , furent ensuite réunis à ce traitement. Un cautère au bras que j'avais fait établir futsojgneusement entretenu, et ce négociant finit d'abord par éprouver une âiiuinution dans l'intensité des accès , ensuite un éloignement remarquable en eux , enfin il n'en a plus éprouvé. M. L*** est venu du Havre et de Rouen pour mo montrer sa bonne santé , et m'assurer de sa reconnaissance. Depuis que j'ai écrit cet article , j'ai lu dans l'ouvrage de Tissot sur l'épilepsic , que ce bon médecin avait été i< consulté p'onr une femme, âgée de trente-trois ans, qui » depuis quatre ans n'avait eu ni grossesse , ni maladie , nî n alTection de l'âme [ qui n'avait point reçu de coup , n'avait
■ point fait de chute ; dont la situation , le genre de vie , Tha-
■ bitation , les alimens , les boissons , n'avaient reçu aucun » diangement ; dont lesrèglcs étaient tcès-réguUëres, et qtii, - après une bonne nuit , fut attaquée tout-à-coup, à jeun , " le matin dans le ht , d'un accès d'épitepsie violent. Il y n avait deux ans qu'ils duraient quand elle vint consulter « Tissot. 11 Ces accès se reproduisaient très-fréquemment. Cependant, la malade avait pris de l'embonpoint et surtout un gros ventre. Tissot remarqua que lorsque celle femme baillait tout le sang se portait à la tête , el que les accès épileptiqucs survenaient. On voit , par les deux casque j'ai rapportés ci -dessus et par celui de Tissot, que les intumescences abdominales peuvent produire l'épilepsie en faisant refluer le sang dans le cerveau par la compression qu' elles, exercent sur les veines principalement : j'qouterai les varices avec ou sans œdématie des extrémités.
Nous pourrions rappeler ici d'autres observations sur des personnes très- grasses avec proéminence abdominale qui ont éprouvé par cette cause une diminution ou même une perte de la vue , de l'ouie , du goût , du toui^er, ainsi que de ta sensibilité et motilité des muscles. On en dirait au—
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC d'aITTRES MALADIES. aS^
int de quelques autres qui éprouvaient des ntouvemens
mvulsifs en diverses parties du corps, et qui en sont guéries
Q devenant plus maigres.
Je pourrais dire qu'une célèbre cantatrice devenue très-
rasse en peu de temps perdit quelques tons de sa voix, et
u'elle ne les recouvra, du moins en grande partie, (jue
trsqu'elle eut perdu de son excès d'embonpoint par te traîte-
lent et surtout par le régime que je lui avais conseillé. Voyez
ion Mémoire sur la voix , t. ii, p, i ngde mes Mém. surplusi
lal. Toutes ces observations prouveront que l'excès de graisse
eut, ^n comprimant le cerveau et les nerfs, donner lieu
Uitôt aux convulsions si elle n'est pas complète, et tantât
ih l'assoupissement si elle est plus forte. D'où il résulte que de
biles personnes sont , comme Hippocrate l'avait observé , ex-
paséesk mourir de quelque mort subite ; quinaiura sunt valde
nagis subito moriunlur qnam graciles. Aph. 44 >
I. ti. Mais quant à l'épîlepsie , si elle peut faire périr ainsi
imptement les malades , la même malheureuse fin pourrait
8Î , mais plus rarement , leur arriver par un excès d'auial-
pissement, ainsi que nous en avons rapporté des exemples.
^.)Epilepsieparingurgitationouparcxcf:sdebonsalimens, ' tude mauvaise nature (Epilepsiaab ingluvie, ciapulosa(i); l jpor des corps étrangers avaléi; par des vomitifs et des purgatifs trop vialens ; par quelques poisons.
Parmi les nombreuses causes de l'épitepsie , celle par excès i^alimens et de boissons doit être considérée avec d'autant 'jlua d'attention qu'elle n'est pas rare, et qu'ellg doit être traitée par, des remèdes différens de ceux qu'il faut prescrire ^contre la plupart des autres épilepsies.
Les observations ont démontré que cette maladie élait suiv renne , non-seulement à des enfans , mais encore à des pcrtoones âgées, aprèsavoir trop mangé, même debonsalimens; d'autres fois pour en avoir pris de mauvaise nature, solides ou
(t) Çua a saburra iiomaehi primitiis ileducitur. Sianages, Ifosal.de ipUcp.,t, tx., das, lY- ', (éL^
liquides» comme del ragoûts graisseux» hoileux, des cor|ii^ ca^rtilagineux » des haricots , des fèves y ainsi qu'après 1 usage des ragoûts excessivement échauffans» en y compreBant la boisson des vins trop généreux ou des liqueurs spiri*^ tueuses.
Parmi les exemples d'épilepsie de ce genre rappoitéé par Ti^soi et par d'autres médecins qui ont écrit particulièrement sur cette maladie» on peut remarquer que quelques accès épileptiques j|*ont eu lieu que pendant la durée de l'indigestion» tandis que d'autres sont revenus plus ou moins vite ajHrèa que l'indigestion paraissait terminée y sans apparence d^fiucanf suite fâcheuse ; qu'Us ont même été fréquens et intenses juscpi'à ce que lés fonctions de l'estomac , du foie et autres organes de la digestion aient été hien rétablies, et surtout jusqu^à ce que l'impres^on douloureuse dans la région épifgastrique^ .qui précède, accompagne ou succède si souvent aux accès épileptiques , ait été complètement détruite, ce qu'il n'a pas toujours été facile d'obtenir ni des remèdes , m du régime ; d'où il résulte que quelques-unes de ces épilepisies ont été incurables , soit parce que la diathèse de cette maladie qui existait ne fut pas détruite, soit que celle-ci 60 soit formée chez ces malades.
Cependant on cit^ diverses cures d'épilepsies de ce genre guéries par des purgatifs , mois sans doute toujours donnés après la violence des accès , et après Tusage des boissons relâchantes et anodines. C'est alors que les doux purgatifs ont pu être prescrits, comme Zç^m^(i), médecin de Wurtemberg, l'a heureusement fait quelquefois dans cette espèce d'épilepsie.
Nous insistons d'autant plus sur la prescription de ces remèdes préliminaires aux purgatifs, que cette sorte d'épilepsie, qu'on a appelée souvcht gastrique, est fréquente chez les enfans et chez les adultes , doht l'estomac est très-sensible , plus que chez les vieillards , comme M. Maîsonneuvè Ta riemarqué, pag. 218, 220, 2^3.
On juge bien que les émétiques et les purgatifs seraient
(i) Dejermento ventriculi, 1620.
ET DE SUS DIFFÉRENCES AVEC d'auTRES MALADIES. aSg
dangereux dans les épikpsies gastriques qui proviendraient de l'irritation de l'estotiiac, et si elle était réellement réunie ku besoin de manger ; ce dc serait jamais que quelques boi&sotu légècement nourrissantes ut non actives qu'd faudrait conaeiller.
Ofl a remarqué que l'épilopsie qui provenait de l'excès de vin avait été précédée de vîolens tremblemens des régions précordiales et dans les membres. Tùiot a cité un exemple d'un trenableiueul général du corps, dans un jeune homme de vingt-trois ans, qui eut plusieurs accès épileptiques dans la même semaine, «près s'être livré à un excÈs de vin : il tmnba rapidement dans rimbédllité.
Il est certain que pluâeurs épUepsies qui étaient la suite de violentes indigestions, ou autres causes qui avaient affecta l'estomac et les autres organes de la digestion, ont résisté k tout traitement , soit par un reste d'altéiation dans ce$ i^mes organes, soit par une impression morbide resiée dans le cerveau, et celle-Lk est trèfr-coromune quand les accès d'épilepsie par cause sympathique ont été très-violens et multipliés.
LemeiUear traitement que l'on puisse conseiller, consistées desbaissons mucilagineuses et adoucissantes, des bains tièdes, les dciu caïmans, mais prescrits avec beaucoup de réserve, pour disposer aux évacuations qui peuvent être utiles si eUes n'ont pas déjà lieu , ou encore après que ces évacuations sont survenues. Il fautniaintenir,peni3antplusou moins de temps, le malade à une diète plus ou moins sévère , en lui permettant toutefois les doux exercices relatifs à ses forces.
Ce ne sont pas les tevle» ingurgitations d'aliraens solides on la boisson des liqueurs spiritueuses qui peuvent donaer lien aux accès éplleptJques , mais encore les affections sabur- ' e fréquente des mauvaises di- ; santé ordinaire supporterait ni est disposé à l'épilepsîe ne accès ne surviennent. L'épilep- Ls , èlre considérée comme aiguë, is chronique.
u , lorsqu'après des vo-
raies des premières gestions, qu'un homme d' facilement, mais que cclu |>eut soutfrir sans que d'auli sie pent , dans le premier c «l , dans le second , comme plus ou On peut l'appréhender de
34o DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIK
minemens plus oa menus yiolens , les malades ont one inift»*» vaise bouche , avec on sédiment blanchâtre sur la langue , "et un dégoût permanent pour les alimens , des flatuosit^, dte» borborygmes. Alors y après l'usage des boissons adoucissantes, on peut prescrire quelques doux vomitifs, si toutefois rini-^ lotion et l'excès de sensibiUté de l'estomac et de pléthore sanguine ne s'y opposent; car c'est là le grand écueil pour leur prescription , d'autant plus encore que les yomiti£i peuvent déterminer le sang à se porter trop abondamment vers le cerveau. Voilà pourquoi, autant que je l'ai pu , j'ai presque toujours disposé les malades aux vomitifs par la saignée y lorsque je la croyais inévitable ; mais ces cas sont' si rares qu'on peut presque toujours la conseiller. On prescrit ensuite les doux purgatifs , et les lavemens émolliens anocUns ^ laza» tifs, ensuite des demi -bains tièdes ou de grands bains ^ si l'assoupissement n'existe pas. Mais si l'estomac paraissait dé* bilité pendant plus ou moins de temps, on conseiUerait les Jégers stomachiques amers , tels que les extraits de gentîane> d'angélique, d'enula-campana , de quinquina, de valériane surtout , et une boisson amère aux repas , comme une infusion théiforme aqueuse de fleurs de tilleul , de gallium luteum^ de feuilles il'oranger, de marrhube blanc , ou dans de la bonne bière , rarement avec le vin. J'ai aussi conseillé dans ces sortes de cas, pendant l'intervalle des accès , la boisson aux repas des eaux minérales gazeuses dé Giateldon , de Seltz , de Bm^ sang , ainsi que des bains tièdes , ou les bains de Plombières factices à domicile, ou encore mieux naturelles et à leur source.
J'ai une fois heureusement secouru une jeune fiUe de sept à huit ans , à laquelle je prenais le plus grand intérêt. EUe éprouvait des convulsions avec perte de connaissance et écume à la bouche , après avoir mangé des haricots. Je* soupçonnai qu'elle en avait avalé quelques-uns sans les mâcher , et que l'un d'eux pouvait s'être arrêté au pylore , et le molester d'autant plus que ces légumes sont susceptibles de se gonfler en se ramollissant. Cette enfant avait le basventre très-tuméfiè , très-douloureux , tendu , et il y avait une extrême rénittence vers la région du pylcMre.Je fis- don-
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC D* AUTRES MALADIES. a/l
ner denx laveméns émolliens et avaler plusieurs cuillerées d'hnile d'olive très-fraîche qu'on avait dans la maison* malgré les convulsions dont la jeune malade était agitée. , elle fot mise et maintenue dans un bain d'eau tiède, et après une heure d'immersion les convulsions se calmèrent. On maintint cependant encore cette enfant dans le bain plus d'une heure. EUe rendit dés vents par haut et par bas, et elle putavaler quelques cuillerées d'un julep fait avec : — eau de tilleul, deux onces; de fleurs d'oranger, demi-once; liqueur anodine minérale d'Hoffmann, vingt gouttes; sirop de Stoe* chas, une once.
La petite malade finit par recouvrer sa connaissance en rendant dans le bain , par les selles, des matières jaunes comme de la bile et d'autres substances blanchâtr-cs et grumeletises dans lesquelles on remarqua des portions de harricots non digérés. Elle n'a plus éprouvé dans la siiitc aucune affection convulsivc, k l'exception seulement d'un peu de trouble dans la digestion qui parut débilitée une douzaine Je jours après cet événement ; mais la jeime dcmoifidllc fut inisc à Tusage de l'éau de Seltt ,■ on «wveilla son régime , et enffn elle se rétablit complètement.
Des corps avalés , de plus mauvaise pâture encore que les badcots , ont donné lieu à des accès consul vifs et à des épilepsies même , tels que des noyaux de cerises, de prunepux , de pêches; des fragmens osseux, cartilagineux ; des pièces de monnaie; des morceaux d'étofte ; des pelotons de fil, do laine, de poils.
• Dans ces cas malheureux, il faut d'abord prescrire les boissons relâchantes, les potion^ li uileuses ctles laveméns émolliens multipliés; les onctions anodines sur le bas-ventre , les bains tièdcs réitéréss ensuite quelques cî^lmans .ialériourcment., pour .procurer <Ju reiiuJie, du rcpps, et même du sommeil, s'î| est possible. Mais si ces malades étaient menacés de l'infla^i^. mation parla dureté et la plénitude du pouls, j^iarsla .t<ifnsioii €t| la 4ouleur d.u bafî-ventrc, il ne faudrait pas balancer de le^ faire saigner du bras , s'il était possible, ou d'appliquer un ^rauidl iio^ubre de sangsues sur le bas-vontre; toutefois cotte
taignée est très-souvent bien moins efficace que la proenière.
iG
242 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
Ces accès d'épilepsie peuvent être mortels ; mais si les malades ne succombent pas à leur violence , on doit continuer de prescrire le même traitement adoucissant et anodin plus ou moins de temps ; on y réunit ensuite Tusage du lait d'ânesse, des bains et des lavemens émoUiens , etc.
Des émétiques et des purgatifs violens ont quelquefois excité des convulsions et aussi de vrais accès d'épilepsie à des personnes qui ne paraissaient nullement y être disposées ; Les relâchàns et adoucissans , ainsi que les anodins , conviennent alors , avant surtout la prescription des remèdes réputés antiépileptiques ; quelquefois même on les a réunis avec ceux-ci^
Parmi les poisons stimulans qui peuvent causer Tépilepsic on peut comprendre le verre pilé (i), les liqueurs corrosives, Tarsenic, le vert-de-gris, le sublimé corrosif^ la pierre infernale , le tithymale , Tarum ^ la ciguë , l'euphorbe y Taconit, le stramonium ferox^ la mandragore , Tœnantéy le laurier-cerise j les champignons vénéneux , etc. Toutes ces substances^ en enflammant Testomac et les intestins^ en prcH duisantleur invagination et enles gangrenant, peuvent donner lieu à des accès d'épilepsie si violens que les malades en pé^ rissent ; c'est ce que les observations recueillies par ïVep/er^ yicat, etCi , ont trop bien prouvé. Wepfer dit que deux enfans qui avaient mangé de la ciguë aquatique furent bien-» tôt après atteints d'épilepsie dont ils périrent.
Dans tous ces cas il faut prescrire les boissons adoucissantes et laxatives autant qu'on peut en faire boire aux malades ; l'usage fréquent des lavemens de même nature; Les huileux ont aussi quelquefois été très-utiles (2). On prescrit , après
(i) Quelques modernes ont soutenu que le verre n'ëtait pas un poison. Cela peut être chimiquement , mais il Pest toujours mécaniquement par les érosions des voies alimentaires qu^il peut produire , même étant réduit en poudre ^ surtout par son indissolubiUté dans les boissons qu'on prescrit. Voyez mon Instruction sur les empoisonnemens à la suite du traitement des asphyxiés.
(3) iy/or^<7^mcéièbre les succès obtenus par Pusage des huilenx,tant àPextérieur qu^à Pintérieur, non-seulement contre les simples convulsions, mvs même contre celles qui sont épileptiques. Il rapporte une observation qui jui avait été communiquée par Albertini , célèbre professeur de Bologne, et
^f ET DE SES DIFFERENCES AVEC D AUTRES MALADIES. 243
avoir obtenu des évacuations alvines , les anti-spasiuodiques rafratchissans , parmi lesquels les demi-bains tièdes doivent être compris , en prolongeant , s'il est nécessaire, l'usage des liuileilK cl autres doux émolliens.
Quant à l'épilepsie causée par des champignons vénéneux dont on a cité des exemples, on ne peut la traiter entièrement, de même que celle par d'autres poisons , attendu que les champignons produisent piincipolenienl leurs effets fâcheux en se gonilant, et qu'ils oblitèrent ainsi non-seulement le pylore , mais do plus qu'ils dilatent outre mesure le canal intestinal, comme ferait une éponge ou tout autre corps spongieux qui acquerrait un excès de volume. Les cbampignons; d'ailleurs, en irritant vivement les parois des intestins, lesdispoâent à l'inflammation , ou la produisent.
L'eau minérale, avec le sel de Glauber et le tartre slibié, pour produire quelques évacuations, et ensuite les éthers ont été recommandés par M. Poulet (i), et l'on en a obtenu d'heureux effets. On pourrait prescrire ce traitement dans le court intervalle des accès, pour en prévenir U récidive, mais sans cependant en attendre un trop grand nombre , car Finflammation de l'estomac pourrait devenir intense ; d'ailleurs la succession habituelle des accès épileptiques et les VoiaiSMmens peuvent bien être comptés pour quelque chose pour la produire et être ainsi contraires aux vomitifs.
une autre par f^aUuneri, qui lui aynit raconté qu'un npotbicaire qui avait VOnla préparer un |taisoii JoDt les émanaHooS seules fusscut mortelles, .aulut lui'mâiiii: tellement affecté qu'il eu eut les plus liorribles i^oovul- '■ionf ;-que f^oU'aneri lui avait dit qu'aj'aat élé consulté par un praticien qui éprouTut depuis un an des affections couvulsires nouoLsIant divers romidci dont il avait iait usage, ïl lui ordonna do prendre, au lien de son a(lI^^, deux onces d'buile fraîche d'amaudea douces, et qu'il ataitiitâ guéri* Morgagni observa ^e , de ces deux observations , l'une prouve qoe les Luileux sont utUcs dans les convulsions uiguta , et l'autre dans les diromquBs. {Morgagni, epîat. ix, art. 6,et episl. x, art. ai.) - (i) Voyez son Traité sur les Champignons , t. ii , p. 4CS. M. Poulet , laborieux et sayont médecin , vient de mourir it l'Sge de près de qgatre- Tiogt-tept ans , au château royal de .Fauta.iiiebleBu dont il était le mé-
Ei depuis longues aunées. — Vpyei aussi n«r« Innnution tux lei Poiv^gitaux , Imprimerie royale , in-8« , 1787 , p. 3g5 gI «uiv.
^44 Ï>U CARACTÈRE DE L ÉPILEPSTE