‹ Observations sur la nature et le traitement de l'épilepsieChapitre 23 sur 37 · III. De VÊpilepsie par excès et pardéfauttV évacuations i · texte numérisé non relu

III. De VÊpilepsie par excès et pardéfauttV évacuations i

Notre corps ne se maintient dans Vétat de saute qu'autant que lea fluides qui le pénètrent ou qui s'y développent sçnt dans une quantité et qualité convenables ; mais viennent-ils seulement à éprouver de trop fortes évacuations , Téquilibre .des fonctions est rompu , il survient des faiblesses plus ou moins fâcheuses, ou de l'irritation avec des mpuvemens convulsifs et autres accidens qui peuvent causer TépilepsiQ. Les évacuations , au contraire , n'ont - elles pa$ lieu ou se fontelles en moindre quantité qu'il ne faudrait > il $e forme ime pléthorç diverse selon le fluide doAt Vei^crétion est diminuée ou supprimée. Or, alors le corps est en état de maladie tel, que y selon Hippocratc et autres auteurs , l'épilepsie peut survenir » comme ils l'ont prouvé par des observations qu'ils ont recueillies dans leur clinique ; et x^omme elle a offert les mêmes résultats aux plus grands médecins qui IciJ^v ont succédé , ces deux causes de l'épilepsie ont été reconn,i;^e^ > nonobstant l'opinion contraire d^ Av<irrhoë^ et celle de. quelques autres médecins qui n'ont pas voulu les admettre comme .qauses de l'épilepsie, sans doute parce qu'étant différentes •par excès ou par défaut , elles devaient opérer un effet différent. Mais Sennert, Sauvages y Mo^gagni^ Tissot. et tous .les praticiens modernes qui ne se sont laissés conduire que par les faits et non par de vaines raison3, ont été convaincus, que l'épilepsie était lé résultat fréquent tantôt de Tune et t^oUôt de l'autre de ces deux causes^ pouvant toutes les deux , ajootent-iU , donner lieu à l'irritation et ensuite à l'inflanHiiaticm du cerveau , soit par vacuité , soit par unie trop grande réplétion des vaisseaux : c'est en effet ce qiie les ob;servations ont plusieurs fois bien prouvé. . .

A . Epilepsies par excès (Véi^cuat'ions,. » — Qui Ignore ■que lés pertes de sang trop côTisïdi?rableî< * soTit suivies d« convulsions et souvent d'épilepsiê î La clinique l'a si bien prouvé qu'il est inutile (J'en rapporter des exemples , surtout quand on sait que des animaux que l'on fait périr d'hémorrhagie éprouvent , avant la mort , des convulsions plus ou

ET DE SES DIFFÉBENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. !^/\&

■uioins fortes. ]N'est-ce pas de la même manière que les hommes et les animaux périssent lorsque leur cœur ou leurs gros vaisseaux sanguins sont ouverts par quelque plaie? n'est-ce pas encore ain^i qu'ils meurent d'amévrisme par la /upture des parois des cavités du cœur ou des vaisseaux sanguins. Combien de femmes n'ont - elles pas péri d*épllepsie .par desliémorrhagies survenues immédiatement après leurs couches , ou par suite de leurs lochies. Combien d'hommes et de femmes aussi ne sont-ils pas morts de la même maladie par un flux hémorrhoïdal extrême^ par des vomisseitieAS de saqg ou par des expectorations énormes de ce Uquide . .Ces b^morrhagies sont^suivies d'une faiblesse qui amène les conirulsions, et celles-ci produisent la perte de tout sentiment, quelquefois avant qu'une syncope mortelle survienne y syncope qu'il ne faut pas confondre avec l'apoplexie, qiloiqu'eUe puisse être également mortelle (i).

tfippocrale et Boerhaave ont dit que si après de grandes évacuations et une extrême débilité , des spasmes et des convulsions se manifestaient, l'animal était moribond. Morgagni, qui en était, persuadé, ajoute que ce n'est pas la force des muscles qui se contractent , qui est alors augmentée , mais que c'est celle de leurs antagonistes qui est diminuée , comme dans les cas de pai*alysie. Toutefois cqt état n'est pas perloanent , puisque le plus souvent pn voit que les muscles qui sont en excès de contraction sont ensuite dans celui de relâchement, ai// vica versa ^ d'où il résulte enfin qu'après une alternative plus ou moins longue de contractions et de relâchemens des muscles des membres , du cœur et des vaisseaux , les forces physiques et morales s'épuisent par défaut du principe vital qui les anime et qui les soutient , enfin que la vie s'éteint.

Les autres évacuations non sanguines ne sont pas à beaucoup près aussi souvent ni aussi promptement suivies de convulsions avec délire et perte de connaissance , ou de

(î.) Voyez des exemples nombreux remarquables de cette sorte d'éprr pilepsie daos les ouvrages de Tissot , (ÏEsqUirol , de Maisontwuye , c^ dao& le Diction, dos Se» mdJ, , t.. I2«

246 pu CARACTÈRE DE L'^.PlL£l>SrE

Tépilepsie : cependant elle survient aussi , quoique moins for^ înidable en apparence ; je dis en apparence relativement à la nature du fluide , comme après des sueurs , des diabètes , des diarrhées , des dysenteries , le cholera-morbus et la passion iliaque {V iléon) ; c'est ce que les observations OAt bien prouvé^ même après des pertes de semence par des pollutiotis nocturnes , par des gonorrhées avec évacuation de sperme y et plus souvent par la masturbation. On a rapporté beaucoup d'exemples de ces sortes d'épilepsies.

C'est aussi à la suite de l'oHanisme et de la nymphomanie que plusieurs sujets de tout sexe ont éprouvé des convulsions auxquelles ont succédé les aliénations mentales , l'oubli ou la perte de la mémoire et la salivation , enfin l'épilepsie bien caractérisée.

Cette maladie survient aussi quelquefois chez des hommes et des femmes très-sensibles et très-irritables qiii veuleipt remplir les devoirs du mariage sans pouvoir y suffire par leur constitution ; et , ce qu'il y a de fâcheux , c'est que quelque^ fois ils y sont d'autant plus portés qu'ils sont plus sensibles et irritables. Tissât a rapporté à ce isujet des exemples remar^ quables.

Les femmes , relativement à leur extrême senâbilité , sont généralement plus sujettes aux maladies convulsives et à V4pilepsie que les hommes; cette affection morbide des nerfs est encore activée chez elles par l'acte vénérien ; plusieurs ont éprouvé des accès épilepti^es pendant qu'elles s'y livraient. Cela est d'autant plUs facile à croire , que quelques auteurs , Senac particulièrement (i), n'ont pas craint de comparer l'acte vénérien à un petit accès d'épilépsie; de sorte que si les phénomènes qui ont lieii alors sont plus exaltés , ils donnent lieu à un accès d'é^ilepsie trop véritable. Les auteurs en ont rapporté des exemples malheureusement trop funestes. Nous dirons aussi avoir vu une demoiselle espagnole de grande maison qui avait déjà eu quelques accès d'épilepsie très-violens et fréquens : on me consulta pour juger si l'on pouvait la marier, et l'on me cita, pour me feire adopter cette opyiion, plu-

(i) Voyez KS reniarques physiologiques aor l'Anatomie d'Bditer.

ET DE SE$ DIFFÉRENCES AVEC Bi'aUTRES MAI^ADIES. 2^^

sieurs exemples recueiUis en Espagne, où le mariage^ au lieu d'être contraire à quelques femmes atteintes d'épilepsie , leur ayàit été favorable. J'en connaissais aussi quelques-uns, mais je ne crus pas que la jeune demoiselle pour laquelle on me cousultait, et que j'avais vue à Paris ayant des accès de cette maladie très^intenses , pût y être comprise , étant d'une extrême délicatesse par sa constitution grêle ^ maigre, exces;sivement irritable ,âgée seulement de seize ans et encore mati réglée. Aussi ne fus-je pas de leur avis , connaissant quelques accès épileptiques qu'elle, avait déjà éprouvés sous mes yeux. Mon avis ne fut pas suivi ; la demoiselle fut mariée à un jeune grand seigqeur. d'Espagne d'une fortç constitution , et peu de temps après elle fiit trouvée morte dans son lit à côté de son mari qui , plongé dans un profond sommeil., ne reconnut qu'à son réveil le malheur qu'il venait d'Àprouver.

On pourrait citer d'autres exemples de jeunes femmes qui ont ainsi péri d'épilepsie. Il en est de même , mais plus rare« ment , des hommes plus ou moins jeunes ou vieux , dont plu«sieurs sont morts d'épilepsie pendant ou bientôt après l'acte vénérien.

Quel tfaitement peut-on prescrire contre des épilepsies qui sont la suite des évàcuationis extrêmes ? Ce sont d'abord les i^mèdes les mieux éprouvés pour les diminuer si elles sont trop abondantes ou trop prolongées ; et , comme elles peuvent provenir de diverses causes , il faut conseiller ceux qui leur sont les mieux appropriés, en prenant en grande coursidération la disposition des individus, certains pouvant supporter facilement quelque temps ces pertes sans que leurs forces défaillent , même quelquefois avec avantage , relativement à leur constitution , et d'autres devant bientôt en être affaiblis ou même épuisés. Les toniques peuvent alors être nécessaires , mais il faut en savoir graduer l'action , surtout relativement aux opiacés et même aux simples anti-spasmodiques (i). Toutefois on doit prescrire les remède s divers que cha^cune de ces évacuations peut exiger ; car , s'il

(i) Voyez Burterius à ce sujet, DeEpUepsia, cap. viii , art. cclxxi

^48 D^ CAKACTÈHE DE l'ÉPILEPSÎB

en est de généraux , il en est de particuliers mieux appro^ priés à telle ou telle espèce d'évacuation. Nous ferons oIj^ïtver ici seulement que l'opium ou ses diverses préparations,, qui peuvent opérer de si utiles, effets en diminuant les évacuations en général , poui'raient être nuisibles dans quelques épilepsies avec des sueurs extrêmes, étant, comme on le sait, plus propres à les augmenter qu'à les diminuer. Les <>piacés 'seraient au contraire utiles en arrêtant les autres évacua-^ lions si l'épilepsie en provenait (i).

Les laitages et tous les alimens adoucissant peuvent être alors conseillés , mais avec «modération , sans négliger de .prescrire conjointement les anti - épileptiqucs les mieuj; iépVouvés , lorsque les évacuations sont diminuées , surioi^t le quinquina, la valériane sauvage, l'assa-fœtida , etc. , etc. Les bains de jambes chauds peuvent être utiles dans le cas de quelques évacuations sanguines p)ir les parties suf^ rieures ; mais ils seraient contraires si les liémorrliagies existaient par le fondement ou par la vulve. Il y a des ciicour stanees'où les demi-baius tièdcs sont uécessaîVes , même quelquefois les bains froids. On doit observer que si les évacuations ont lieu par le vomissement sans contre-indication notable, on peut prescrire les boissons acidulés, et même l'an* ti-émétique de Rivière^ s'il y a une diarrhée trop prolongée , ou la décoction blanche , l'eau de riz avec le sirop de gomme , le diascordium le soir, à la dose d'un ou deux gros , enfin se comporte^ comme il convient dans cette sorte de cas , saos jamais négUger de prendre en considératioi^ l'extrême susceptibilité de l'épileptique quant à l'irritation et à la sensibilité. Les évacuations ou les pertes une fois diminuées ou ayant cessé , il faut s'occuper à restaurer l'individu en lui conseillant les laitages, tel que celui d'ânesse , s'il existait encore de l'irritation , ou celui de vache , de chèvre , s'il fallait plus promptement restaurer les forces. Enfin on re*

(i) Il est prouva que Topium dimiaue les évacuations en général, tandis qu^il augmente celle de là transpiration , quelquefois même en excitant des éruptions à la peau. Ven ai cite des exemples dans mou ouvrage sur la PhtkUio pulmonaire.

ET DE SES DIFFÉREPrOE^ AVEC h^JOTTKes MALADIES. à/pQ

cominàncle progressivemenl les bouillons 4e tortàé.jk''lQ8âl^ mens qui penv ent mieux ifoutrir ^poupponT}iMT*e|n mèiKceten^ faire prendre les n^mèdeid^intî-^pilepticfues^rçeonn^ les plus Utiles y par conséquent ,- tantôt en préférant ^oeUx qoi augmentent le ton des parties,' et iaj^ôt 'teUsc^^fui le diminuent.

• B. ÉpUepsies par défaut d* évacuations, — ^esépilepsies

qm sont suiTenues après une trpp, grande diiiÛQu^ion des^xcrdtions Bpnt aussi très - fréquentes , et encore plus celles qui ont eu lieu. par suppression totale. On a v^u ^plu3, d'une iois que des jeune^ gens qui jouissaient d'une bpnne santé, quoiqu'ils épixiavassent fréquemment des saignemens du nez •ou Yepiéiaxis , ont été. atteints 4'épilepsie dès.quexes écoolemens .sanguins ont diminué ou cessé.

Des observations ont aussi prouvé que des personnes .plus igéeis , d'une constitution,plus ou moins forte, <xnteu des accès véritablement épileptiqnes après la suppression du flux liémorrh<yidal , ainsi que des femmes après la din^inmion ou h suppression des fleurs blanches ( i ) , du flux menstruel ou des Whies (2}. J'en pourrais' rapporter moi-même des exemples qui ne seraient .pas sans quelque intérêt. Je dirai seulement que des'femmes qui avaient des céphalalgies et des mouvemens convulsifs aux approches des règles y ou même pendant leur cours I plus ou moins difiicile etlaborieux^ ont eu plusieurs fois de courtes aliénations mentales avec perte de cou- Aaissance , ce qui caractérisait de vrais accès d'épilepsie , et Auxquelles quelquefois on ne donnait cependant pas ce nom par rapporta la famille. Je pourrais en citer quelques exemples, piais je n'en exposerai qu'un seul qui m'a le plus frappé.

Une dame, mariée depuis plusieurs années,. n'avait pas encore eu d'enfaiis , et elle et son mari en désiraient d'autant plus qu'ils jouissaient d'une très-grande fortune. Tout me pa^ raissait annoncer chez cette malade une plénitude des vaisseaux sanguins , uueextrèi)ic sensibilité et irritabilité générale et encore plus particulière au système utérin.. Elle était à

(1) Maisonneupe, obs. xiii , p. 96.

{i) Morgagni, cpist. .i^j Laniotic , Lieuiaiul , Tis-sot^ etc.

aSo DU CAliACTËRE P£ l'^P^LEP^IÇ

peine réglée, douloureusement^ niais périodiquement; elle prouvait y quelques jours avant l'époque des règles et à diverses reprises, une chaleur extrçme aux pieds, telle , qu'elle lesmouvait continuellement, en même temps que leurs muscles moteurs éprouvaient le long de la jambe des mouvemens convulsi£s; une espèce de chaleur vaporeuse lui montaità la tête, et il y avait une très-légère salivation. Je considérai cet état comme une sorte d'afifection épileptique , de la nature de celle que Boërhaave a appelée Epilepsia pedis sj-mptomatica; d'ailleurs je réfléchis que la niatrice était dans un état de souffrance , et que rien n'est plus commun chez les femmes qui sont mal réglées que d'éprouver pendant leurs époques menftrueMes de la chaleur et de lamotilité dans les pieds. Je cmsdevoir conseiller l'usage des bains fréquens, tièdès^ et des boi»^ sons relâchantes, rafraîchissantes } une potion légèrement ano* dine, avec une once et demie d'eau de tilleul, deux onces d'eini de laitue et demi-once de sirop de Karabé, surtout s'il y avait le plus léger surcroît d'excitabilité ; àç plus , dé lui faire faire une saignée du bras en même temps qu'elle prendrait un pédiluve dans de l'eau un peu chaude , vers le milieu de l'intervalle des époques menstruelles. J'étais persuadé que ce trouble et pénible travail de la menstruation pouvait être a|* tribué à la surabondance de sang et à un excès de sensibilité et d'irritabilité , non-seulement générales , mai^ encore patr^ticulières au système utérin , dans le temps des règles , que la pléthore sanguine suscitait et augmentait encore ; la saignée que j'avais conseillée fut ainsi pratiquée au temps prescrit , tandis que lé reste du traitement était continué. Les règles furent un peu plus abondantes et leur cours moins irrégulier ; elles ne furent plus précédées d'un aussi ^rand trouble. Les céphalalgies surtout furent considérablement diminuées j il n'y eu^ que quelques légers spasmes des musclés des jambes. Une seconde saignée fut pratiquée vers le milieu du temps des deux époques suivantes; quelques bains et lés boissons relâchantes et adoucissantes furent continuées , et cela avec uû tel succès , que la malade finit par être bien réglée. Quelques mois après elle devint grosse , et elle fut accouchée ensuite heureusement d'une fille, par M. Marchais y

ET DE fiES BIFFÉIIENCES AtEC u'auTHES MALADIES. 25l

cjlëbre accoucheur : ccitc lillu ajuu^d'une assez iKnioesaiité jusqu'à dix-sept à dix-liuitans , où elle s'est mariée.

Le résultat heureux de ma clinique m'a autorisé à conseiller le même traitement à la femme d'un négociant d'Amiens pour laquelle M. le docteur Legrand avait donné une consultation qu'il m'envoya. Cette malade éprouvait de vrais accès d'épilepsie , tous les mois , au prélude de ses règles : elle était âgée de trente ans , d'une forte constitution , et très-pléthorique. Je conseillai de la saigner une douzaine de jours avant son époque menstruelle, pendant quelques mois , en même temps qu'elle continuerait l'usage fréquent des bains tièdes , qu'elle boirait tous les matins un ou deux verres de petit-lait avec une cuillerée à bouche de sirop de pivoine mâle , par une espèce de respect pour ce remide , célèbre en pareil cas^, mais auquel M. Legrand substitua le sirop de violettes, que la malade préférait. Ce traitement a été suivi plus de trois à quatre mois avec succès. J'ai appris que les accès épileptiques qui survenaient aux époques menstruelles, non-seulement n'avaient plus lies , mais que les règles étaient plus abondantes et libres et qu'elles n'occasionaient aucun trouble dans l'économie animale. Je pourrais ajouter que j'ai d'autres fois heureusement conseillé la saignée du bras pour diminuer l'aflluence du sang dans la matrice chez des femmes qui ne me paraissaient que très-légèrement pléthoriques , mais qui étaient malrégléesetsouffrantes, avec des mouvemens involontaires et spasmodiques , des douleurs dans les régions lombaires et iliaques , avant leurs règles ou dans le temps qu'elles auraient dû avoir lieu, si elles étaient supprimée». La saignée seule leur a procuré du calme et même favorisé l'écoule- ■ment des règles qui les maintenaient dans nu état de santé. J'ajouterai ici que j'ai vu quelques femmes ainsi traitées qui n'avaient pas d'enfans, et qui, après avoir joui quelques mois d'une bonne santé , sont devenues mères.

Quoi qu'il en soit , l'épilupsie est survenue après la suppression des évacuations sanguines , tant aux femnies qu'aux bonuues , ainsi qu'après de grandes plaies,

Je dirai que , q«oi([ue moins communes et moins promptes

a5a DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE

que les épiiepsies par plétliorc sanguine , il eu est d'autres qui sont survenues après la suppression d'autres excrétious naturelles , celle de la transpiration insensible y des sueurs , des urines (i), des selles , d^s fleurs blanches , bien plus, après celle de l'exsudation des cUeveux, selon Tulpiusei nous-niéme ; eniin , personne n'ignoi-e i[ue des épilepsies ont eu lieu après l'exsiccation d'anciens cautères , véaica- . toires , nioxa , sétons , ainsi qu'après divci'Si^s maladies cutanées dont on parlera plus bas.

Tissot dit qu'une epilepsie survint après la suppression brusque de la salivation qui avait été excitée par le mercure. On ne doit cependant pas conclure de qejait, rapporté par un bon observateur , que la salivation est un des syni?ptônies essentiels de l'épilepsie nfxanquant très-souvent dans de vrais épileptiques : ce qui le prouverait , c'est qu'on a vu des accès survenir , au rapport de quelques médecins , pour l'avoir provoquée par le mercure , sans doute trop rapidement , puisqu'on a conseillé quelquefois de l'exciter graduellement par quelques doux ^lercuriaux.

Il résulte donc de ce qui précède que la suppression des excrétious naturellement peu abondantes peut être aussi la cause de l'épilepsie , sans doute parce que ces excrétions étant supprimées , les matières retenues causent une certaine pléthore des vaisseaux et un genre d'altération qui amènent une extrême acrimonie , laquelle, comme nous l'avons dit plusieurs fois, peut être un véritable stimulant de la substance médullaire du cerveau , de la moelle épinière et des nerfs.

Traitement. La saignée est promptemcnt néces^sa^re si l'épilepsie est une suite de la pléthore sanguine causée par la suppression de quelque excrétion de cette nature ; elle, pourrait l'èti^e encore si cette pléthore provenait de quelque auti% suppression à un haut degré dont la plédiore

(i) Arétée a fait meution de cette «spcce d'ëpilcpsîe survenue après la suppression des urines , plus ou moins saugniuolenfes par quelques maladies des reius. De rcnum affectibus , de morb.diuturn, utus, et tign,^ cap. m, p. 54.

ET t)E SES DITTiÉRElfCES AVEC D* AUTRES MALADIFS. ^53

sangHÎne serait la suite ; souveirt -Hième £amdFait*iL cotn-^ ttenterpar cette sorte d'éva<«àti6ii,*sl elle était comstâérablèy avant de s'occriper à rétablir les antres excrétions.

Quant an remèâ€?sintéAéurs:qù'îl convient de prescrire y il faut les vàrfersélon la nature de ces suppressions. Lesdiaphorétiques et les sudôrifiques doivent être administrés si la transpiration ou les sueurs ont été supprimées ; les apéritifs , les Isâattfs ou les doux ptir^ifatiis, s'il faiert rétablir les évaci|a«dons àlriiies; les chola^ogués- plus particulièrement,' tfû ton vient de rétablir Tcxtrétion de la bile, car je ne doute pas que la surabondante de ce liquidé dans le corps ne 9oit une cause fréquente de Vépilëpsie : -c'est ce que toute Faiïtiqnîté a citr et ce que pensent plusieurs médeci|is modernes. Selon Quarin ; il faut en pareil casi, â le malade ^, est d'ail* leurs disposé , prescrire d^aborii un long= usage du suc dé pissenlit et d'autres doux relâchans : lenia ali>um 'mù^^ntia remotis omnibus nervinù; c'eitainsi qtie ce savant archiâtre de Fcmpereur d'Autricbe se félicite d'avoir obtenu du succès dans le traitement de Xépilepsie bilieuse ; c'est aussi d'après notre prôprd clinique que nous en faisons l'éloge. Nous n'avions pas lu l'ouvrage de Quarin ^ que nous employions les pilules de ^ac^er pour produire chez quelques épileptiques l'excrétion de la bile ; nous les donnions au nombre de deux oli trc^., to^s ks^ mutins, pendant long-temps, pour produire quelques douces excrétions uriuaires , et qiielqùefois , s'il le fallait, au nombre de huit à dix^ et plus encore, pour opérer des évacuations alvines. Nous ayons aussi prescrit en pareil cas les pilules du docteur Schejfer, prises pendant long-temps, et elles ont produit d'heureux effets. Même méthode à suivre lorsque des accès épileptiques sont survenus après des diarrhées habittuelles trop rapidement supprimées , comme les auteurs en ont recueilli des exemples , et particulièrement Tissai qui les a rapportés. Il faudrait d'abord s'occuper à les rétablir par de doux laxatifs dans le détail desquels nous ne jK>uvon;s entrer.

On conseille aussi les bains tièdes pour relâcher la texture de la peau si elle est trop serrée et trop dense , comme cela a lieu chez les personnes un peu âgées , ou chez d'autres, par

1^4 ^U CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE

suite d\iiie affection spasmodique de longue durée. Qu'on n'oublie pas cette belle observation du docteur Chaptal , qui fit baigner une femme dans de Teau froide pour lui faciliter des évacuations alvines depuis long^temps supprimées et pour diminuer une excessive sueur qui épuisait cette malade.

Après le rétablissement des excrétions supprimées ^ si ona pu y réussir ; il faut prescrire les adoucissans , tels que les bouillons légers de poulet , de grenouille , un régime presque végétal auquel on réunit les divers dépuratifs relatifs au vice acrimonieux que l'on croit dominer ; il est essentiel d'en faire un bon choix , et si l'on redoute encore le retour des accès d'épilepsie, il faut ordonner les remèdes, considérés comme spécifiques , appropriés contre cette maladie , mais toujours avec la circonspection et la prudente réserve que l'exercice de notre état doit nous donner , au moins pour ne pas nuire : si non juves j saltem non lœdas.

Un bon régime aussi adoucissant que restaurant doit être prescrit ^ toujours choisi parmi les alimens les plus foiciles à digérer. Ces malades étant dans un état d'épuisement , ne pourraient d'abord supporter l'usage de leurs alimens ordinaires.

rV. De VÊpilepsie qui se réunit quelquefois à l^aMai"

grissement.

Nous avons parlé plus haut dès épilepsies que l'excès de graisse etlapolysarcie pouvaient produire ;'nous allons nîiainténànt traiter de celles qui ont lieu avec un airiaigrissement remarquable.

L*épilepsie , comme les observations Font bien prouvé i survient quelquefois dans àes sujets qui sont devenus très^ maigres, soit par" défaut de nourriture ^ éoit par d'autres causes, surtout celles qui ont trdublé le cours de la bile et en ont altéré la nature , telles que les extrêmes évacuation», les obstructions abdominales , et autres causes qui peuvent produire de trop grandes excrétions , surtout chez les per-

f ET DE SES DIFFÉREIîCES AVEC D AUTRES MiLiDlES. 255

sonnes qui ont été fort grasses. Morgagnî (i ) a. parié , après Galien, IVillis et Sylvius, de cette épîlepsie, et ce demief auteur l'a principalement attribuée à un reQux de la bile dans l'estomac , laquelle , en irritant cet organe , en augmentait encore la sensibilité, déjà fort grande naturellement dans les personnes maigres ; d'où résultait du trouble dans le système nerveux et dans l'encéphale. Morgagni a. confimié cette doctrine par d'autres faits rapportés en divers endroits de son grand et important ouvrage.

Cette même doctrine a été celle de Tissai , qui l'a nonsealement appuyée de l'autorité de Morgagni , mais aussi du résultat de ses propres observations. Te pense , comme ces grands médecins (?.) et autres qui ont eu la même opinion , que la bile , qui s'est portée dans l'estomac en y refluant de l'intestin duodénum, et qui y est ensuite retenue plus ou moins de temps , peut , par l'icritation qu'elle y produit, agir immédiatement sur les nerfs de cet orj^ane,

par

leur intennède , affecter morbidement le cerveau en

donnant lieu à l'épilepsie. Je crois , en outie , que sans qu'il y ait reflux de brie dans l'estomac ni dans les intestins, cette li({ueiu n'étant pas excemée par le foie dans le canal alimentaire, rentre et reste dans le torrent de la circulation du sang et de la Jjmpbe , et qu'elle leur donne un degré d'altération on d'acrimonie qui peut être un véritable stimulus du ccrrean et du système nerveux, d'autant plus que la substance médullaire que ces organes contiennent est douée de la sensibilité la plus exquise.

Je ne doute pas que l'épilepsie ne puisse ainsi survenir , qoand bien même ces malades ne seraient pas atteints d'une jaanisse (3) plus ou moins intense, comme cela arrive quel-

(t) 21e EpUnpiia, cpiat. i, art. 9.

(a) Galien ava[t observe qn'uii );riuamaiHfa éprouvai! un accès d'ùpilœaie lorsqu'il realaît loDg-tempa sods manger, par rapport à la bile prîndpalement uni irritait l'estomac : Eplleplicm fiebat non aliamob causnnt guam bilem. Sepulcret. Bonet , cité par Morgagni { epist. 11 , art. 7). Fm-Swiétot, (|ui rappelle ce &it d'epril Ckanier ( l. vi, p. 4l) • ajoale l Pana buedla data pourat cavere taalum matum. De EpiUpt. in aphor. Bo»rhaitv, loSo.

(3) Periaaneii'ignored'aillcurt quel'lij'Ui'opitneest uneMiitcfréqucnle

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