‹ Observations sur la nature et le traitement de l'épilepsieChapitre 26 sur 37 · CARACTÈRE DE L ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

CARACTÈRE DE L ÉPILEPSIE

Diverses maladies du cerveau sont survenues pendant ou à la suitp des fièvres épileptiques , telles que l'apov piçxie , les convulsions , les affections paralytoïdes 9 eto. ; enfin , des aliénations mentales de différente nature. Nous n'en citerons pas. ici des exemples , en ayant rapporté plu-p rieurs dans divers articles, oùil est question 4es maladies confrpliquées d'accès épileptiques ; d'ailleurs y en cela nos remarques ne présenteraient rien de particulier, plusieurs auteurs !|e3 ayant faites avant nous, tels que Ramazzini, Torti , Se~ naç surtout dans son petit mais très-intéressant ouvrage sur les fièvres rémittentes et intermittentes (1). Nous aimons à rendre honmiage à cesf goands médecins , puisqu'ils nous ont servi de guide dans notre clinique.

Que de faits intéressans ne trouverait-on pas encore dans beaucoup d'autres ouvrages , si l'on voulait les recueiBbr , quelquefois cependant en les dépouillant des explications théorique^ dont leurs auteurs ont obscurci leurs procédés curatifs, et cela presque toujours pour appliquer à la médecine les opinions régnantes de leur temps , comme si la vraie médecine clinique n'en était pas le plus souvent indépendante.

Qn a reconnu dans la plupart des personnes qui ont éprouvé des accès épileptiques , pendant le cours des fièvres intermittentes ou rémittentes , npn-seuiement des congestions sanguines , séreuses ou autres dans le cerveau , mais encore en d'autres parties du corps , fréquemment dans le basventre , le foie , la rate, le mésentère, etc. Quant à celles qui sont mortes d'épilepsie pendant des fièvres aiguës , et dont on a ouvert le crâne , on a vu que les vaisseaux du cerveau étaient pleins de sang, et même quelquefois qu'il y en avait d'épanché entre ses membranes ou dans ses ventricules. Les menées résultats anatomiques ont été observés dans le cer-> veau des sujets qui avaient éprouvé des accès d'épilepsie dans des fièvres malignes d'un long cQurs ; mais cela^ n'est pas constant puisqu'on n'a quelquefois pu reconnaître aucune lésion dans le cerveau des personnes mortes de fièvre tj^

(1) De reconditafebriumintermittentiunt, twn remittentium y natura f^ de earum curatione, édit. 2. , in-80. Genetfçe 1769.

ET DE SES mrrÉBEscES AVEC d'autbes maladies. 2G5 phoide ou maligne , quoiqu'elles eussent éprouvé des mouvemens coavulsifs avec délire et perte de connaissance, enfin de vrais accès <fépilepsie.

Ou trouvera , dans les ouvrages de Atorgagni , Je Lieu~ laud , de T'/ji'of.de^aûonneui't et d'autres bons médecins, des exemples divers de l'épilepsie survenue dans des fièvres inflammatoires aiguës (i) ou typlioïdes, qui viendraient à l'appui de ceux que nous venons de rapporter.

VI. de l'Êpilepsie exanthématique ou de celle avec fièvre et des éruptions à la peau (a).

aon

IBes épilepsies avant, pendant ou après des Sèvres exan- Imadqùes , ont souvent été observées. Nous pourrions onoer ici une lonjjue liste des auteurs qui en ont rapporté oa cité des exeniplcs , si Tissol ne l'avait à-peu-prës et trèsatilement publiée dans sou Traité mir V Èpilepsie (3). Kous sous contenterons , pour ne pas répéter entièrement ce que ce savant médecin a dit , de l'indiquer et de. rapporter quelques faits de ce genre qui nous sont propres et qui nous paraissent confirmer de plus en plus la doctrine de ces espèces d'épilepsie , bien différentes des auties par le traitement qui leur convient , si ellcs-mcraes n'en exigent un différent.

J'ai été consulté pour des enfans épileptiqucs qui n'avaient éprouvé les premiers accès de cette maladie qu'après une rougeole , ou une petite- vérole dont l'éruption avait été trèslilre , pénible , irrégulière , et quelquefois de mauvaise nature.

J'ai dotmé mes soins à d'autres enfans épileptiques qui avaient aussi eu la rougeole , la petite-vérole ou d'autres '■^Udies exan thématiques de la plus belle apparence , et ^Uj cependant ont éprouvé des accès d'épilepsic plus ou

(i) Voyez pr^cédemiaeiit l'orl. Epilepiie avec cdpkiditt , ç. lii, i

Ï'^Vel«B observatioDS hv«c autopsie et leurs résullats. Scclion I. (n) Hfotol. roL-tli. , SativBges, t. < , p. 585. (î) 3- vol. de sea MalaJUt dct ncrfi.

266 DU CARACTÈRE DE L £t>ILEPSIE

moins de tfiuips après qu'ils avaient eu Tune -du T^iAlre •et ces maladies. J« ne parle pas ki des rougeoles m dès ^petites véroles ou autres maladies exanthâHatiqoes qui ^tft pu 'Mr^ venir et parcourir leurs périodes sams érupticixts à lu peau ( de variûlU sine variolarum eruptùme ) y àofot^jrdifnhieftt ^ Boerhaave et autres grands médecins ont rapporte 'éci«xeiMlf pies 0)* U paraîtrait qu'elles pouvaient être, encore pluS^ffee les autres , compliquées d'affections convubives épilepliqCM ; mais nous n'en connaissons pas d'exemples.

Huxam a remarqué que les convulsions étaient très-communes au prélude de l'éruption de la petite-vérole ; nous en avons aussi vu qui ont perdu connaissance avec des convulsions 9 de sorte qu'on eut pu les considérer comme épikptiques; mais l'éruption ayant fini par être complète , da moins en apparence, la perte de connaissance ne surve* nait pas , ou , si elle survenait , on ne pouvait l'attribuer qu'à un reste de ce virus ou vice , faute d'une complète et suffisante éruption à la peau j desquammation ou suppuration y selon la nature de la maladie érupdve ^ opinion d'aptes laquelle j'ai utilement conseillé l'application des vésicatoires sans saignée préalable , ou même après la saignée, selon T^état de pléthore (2). Souvent , pour remplacer le vésicatoire , J'ai conseillé un cautère , et l'usage un peu prolongé de doux diaphorétiques , des bains tièdes , et ensuite du lait d'ânésse plus ou moins de temps continué, et avec un succès non équivoque ; car alors l'usage des dépuratifs doit être concilié avec celui des adoucissans et des anti-spasmodiques les moins irri-^ tans.

^1) On ne lira pas sans avantage Pouvrage que vient de publier M. i2â:/-er, médecin du Bureau central des hôpitaux, Traité théorique et pratique des Maladies de la peau ^ fondé sur de now^eiles reckercheM été' natomie et de physiologie pathologiques. Paris 1826. Id-S. at^ec dû trèS' belles planches coloriées,

(2) Le célèbre Dumoulin a beurouscment prescrit la saignée dans (ks maladies cruptives f c^est ce que les praticiens de Paris les plus estimciJ me racoQtaient au commencement de mu clinique , eu me citant desiliits semblables, tires de leur propre pratique. J^en ai rapporté queiques^oa» dans le précis de mes leçons sur la petite-vérole à la suite de PiistriiC' tion sur Tinoculution , publiée par M« Salnmde ^ p. a4i.

ET DE SES DlFrtRZNCES iïÉC d'*T)TRES MALADIES. liG'j

La fille (l'sB marcliand de U rue Saint-Denis , àf^ée de onse ans, fui atteinte, ilaos le mois de janvier de iSiC, d'une épilepsie à U suite d'uae rougeole doni l'Éruption avait cependant paru assez considérable, mais dont ladif^ritionavaitété prompte , saus meurs notal^les et «ans aucune deaquanunation , le pouls ayant continué d'être seulement un peu (ébrile. C«tte jeune fille se plaij;uit , peu <le jours apnès que Vt» cjoyait la maladie terminée, d'une violeate idouleur de tËie(i)- La fièvre survint, d'abord légère ; mais le troiôèioe jour elle fut plus violente , avec des cenvidsions dans les muscles de la face , perte de connaissance subite et un peu d'écume à la bouclie.DéJ4 cette jeune malade avait eu quatre accès de cette nature, dont chacun était subitcmentsurvenu dans la soirée , tous les jouis consécutifs. Tel fut l'exposé qu'on nous fit dans la consultation que nous eûmes avec M. Duff'ûur^ médecin ordinaire du Roi par quartier, qui soignait cette jeune personne. Nous conseillâmes de mettre deuiç vésicatoires aux jambes , pour les remplacer bientôt par pu cautère au bras , que la jeune malade porterait pendant loaf;-temps; de prendre, trois fois par jour, une prise d'extrait de valéiiane sauvage, de demi-gros chacune, dans nne (tetite (asse d'une infusion de fleurs de cnille-lait jaune et de fleurs debourraclie, édulcorée avec du sirop de pivoinemÂle, l'une pour le matin, la seconde dans le milieu de la journée, etia troisième le soir. Dons Tinte rral le de ces boissons, nous {urescrifimes deux prises de la poudre de Dover, de quatre crains chacune , en même temps que nous finies prendre à cette enfont îles bains de jambes un peu synapisés , lesquels parurent réussir. On leur substitua, après deaxàtrois jours, deux ou trois dcnii-^bains [ièdes.

La jetuie malade fut maintenue chaudement dans son lit pendant nne di:;ainc de jours. La céphalalgie et les accès d'épilepsic diminuèrent d'abord , et disparurent le doHÛème jour. Ce traitement fut cependant encore continué quelque

(i) Selon M. Maitnnne-av*. , |>i'i'ar|uo toupour; IilHmiili(|uca loa maladui éprouvent îles iloulriir

268 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE ^

temps ; Tenfant fut ensuite purgé avec une once de manne et une once de sirop de roses pâles. Ce doux purgatif fut réitéré à peu de jours de distance , et renouvelé encore trois à quatre jours après.

Je prescrivis un régime presque laiteux , et la continuation de quelques bains tièdes. L'enfant but, tous les jours, deux ou trois petites tasseis de l'infusion ci-dessus édulcorée avec du sirop de valériane sauvage ; le vésicatoire du bras fut conservé une dixaine de jours , et ensuite remplacé par un cautère qu'il porta quelque temps , quoiqu'il n'eût aucun autre accès d'épilepsie ; cependant comme il avait une toux un peu fréquente , M. Duffour lui fit prendre le matin à jeun j un ou deux verres d'eau minérale sulfureuse de Caur teretz dans du lait , avec un peu de sirop de guimauve , et sa santé se rétablit complètement.

Les épilepsies survenues après des petites-véroles , des rougeoles, des érysipèles (i) , etc., qui n'ont pas eu un libre cours, sont nombreuses; les ouvrages de médecine en conr tiennent une multitude d'exemples (2). On n^en doit pas d'aSr leurs être surpris , quand on sait que dans' ces maladies fe cerveau et les nerfs sont affectés , et que les fièvres continues, rémittentes ou intermittentes , malignes , typboïdes ^ avec des ' éruptions de mauvaise nature , peuvent survenir.

C'est souvent par cause de pléthore sanguine que ces éruptions rentrent ou qu'elles n'ont pas lieu convenablement.

Je ne puis m'empêcher d'en rappeler un exemple dont

(i) Morgagni rapporte^ avec toute soa exactitude ordinaire ( epist. XLix , art. 3o ), Thistoire de la mort du cardinal Barbadico , sorvenM après un érysipèle rentré, dans une fièvre pernicieuse*

(a) Je n'en citerai qu'un seul rapporté par Sandifirt dans ses observations sar Vuua ursi , obs. y. «c Une fille, dit-il , qui n'avait pas encorB atteint l'âge de huit ans , eut une petite-vérole coniluente. Au moment de l'éruption , étant appelée par une de ses sœurs , elle sort toute nue, et s'expose à un air froid. Les boutons de la petite- vércde disparurent promptement et elle ne tarda pas à éprouver un accès d'épilepsie qui fiit saivi d'un très-grand nomrbe d'autres, puisqu'elle resta épileptique jusqu'à Tâge de douze ans, époque où ses règles lui survinrent. Elle guérît cependant de l'épilepsîe; mais par suite d^un mauvais traitement, elle mourut q uelque temps après d'hydropisie. »

j'ai fait mention dans ma dissertation sur la petite-vérole déjà QtjBe*

L'ancien vidame de Vassé, après avoir éprouvé tous les symptômes précurseurs d'une petite-vérole et étant déjà au commencement de l'éruption , tomba dans un assoupissement des plus profonds / Avec une difficulté de respirer un peu stertoreuse. Son pouls étant très-plein et dur , je crus devoir le faire saigner du bras , et lui faire ensuite mettre deux vésicatoires aux jambes. L'éruption de la petite-vérole devint plus abondante ; l'assoupissement disparut \ la respiration fut plus facile , et la petite-vérole reprit et finit heureusement son cours. Une épilepsie n'eût-elle pas pu également survenir ? On en a eu des exemples par pareille cause^ et ils sont d'autant moins étonnans qu'on sait que les convulsions sont le prélude fréquent des éruptions vafioliques et même morbilleuses. Il faut, en pareil cas , employer tous les moyens que l'art fournit pour rappeler les éruptions à la peau, ou du moins la matière qui peut les former , par une prompte application des vésicatoires sur les diverses parties du corps, cependant avec quelque choix relativement au siège des organes affectés, si l'on en reconnaît quelqu'un qui le soit plus particulièrement que les autres ; par' des diaphorétiques ou même des sudorifiques , si l'on juge que l'excrétion de la matière du vice délétère puisse alors être excernée par la peau ; ou , enfin , par des remèdes propres à produire d'autres évacuations salutaires^ et toujours par les couloirs qui sont les plus favorables (i). On doit, après l'emploi de pareils remèdes , recourir aux dépuratifs les mieux appropriés à la nature du vice qu'on veut combattre , quelquefois en le combinant aux remèdes réputés anti-épileptiques, autant que cela $e peut, si ce vice paraît dominer.

(i) Per loca conferentia naturd ducenda sunt , disait Sandifort aprcs • ^ippocrate , en parlant d^une épilepsie siu'veuue à la suite d^une fièvre ^niptivc* ( The$. dissert, selcct.)

a^O bu CABACTÉHE DE l'ÉPIIiEPSIE

VU. De VÉpilepsie par des cachexies ou par de9

vices êii^rs (i).

Noos allons, dans cet article, traiter des épil^psies qui'^i<£cèdent,. qui sont réunies ou qui succèdent à diverses'élrupûb^ sans fièvre , et qui ont été classées dans la sérié des cachejtiééj par des médecins les plus célèbres. Nous y comprendi^ni :

(À) Les épilepsies par divers fluides gazeux oa aériens, pitir desinfiltrations séreuses sans autres vices reconnus, eii y côsi^ prenant les Hyd'ropisies ;

(B) Celles par vice catarrhal ;

(C) Par vice de la Lilfe ;

(D) Par infiltration de Turîne ; (.E) Par vice vénérien ;

(F) Par vice scrôphuleux;

(G) Par vice Hei'pétique; (H) Par vice psoriqùe ; (I) Par vice scorbutique; (K) Par vice rachitîque ;

(L) Par vice rliumatismal et artliritiqtle.

Toutes ces espèces secondaires d'épilép^ie , provenant' de divers vices^ peuvent exister sans fihvrèy quoique quelï^efbis aussi, mais rarement, celle-ci puisse s'y réunir et être plllisi0ii' moins in^cmse avec continûiti^ , rémittëncé oU'itit6rmi€teii(5e; qu'elle 'soit consécutive oii primitive aux accès épilèpti<{liief'

Quant à là nature des vices qiii peuvent produite cÊfS épi* lepsies^ quelques-uns s'annoncent' par dès si^ne^ particidi^' et faciles à reconnaître , ou au moins par leurs 'elfibts; itiaiilâ en est d'autres, on ne peut se le dissimule^, dont la* coH' naissance spécifique 'est si obscure qu'on ne peut souvent Ta^ voir, OEdipo enim opus esset^ comme lé disaient lès aihciens médecins.

(i) EpUepsia cachectica fVrcd. Hofniann. Sauvages ( JYosoi, mcthod. , class. IV, II j, Boerhaai^e, P' an-Swiéten ^ Morgagni, Lieutaudj Tissoti ont admis cette sorte d^ëpilepsie dans leurs ouvrages. Voyez aussi M. Esquirol {Diction, des Scienc. med,, t. x) , et M. Maisonneuye ( p. lal}*

■ TT DE SES nirTFRENdîS AVEC D AUTRES MALAD[ES. 371

{ A ) Nous avons rapporté dans notre Mémoire sur la pneumatie (i) divers exemples de maladies convulsives et del'épilepsie ntéine, qui ont été produites pai- des gaz; elles préci.-(Ient souvent les infiltrations séreuses , ou elles leur succèdent. En> effet, plusieurs fois on a remarqué que des bouSissures en diverses parties du corps précédaient ou accotupagnaicnl: les accès épilepliques, tandis que d'autres fois, au contraire, l' intumescence du tronc et des mcnibres ne survenait qu'^après que les accès épilepiiqnes avaient fini.

J'ai dit aussi (voy. rAnatomie médicale) , après divers auieura et d'après mes observations , que divers gaz introdiûts dans le corps par la voie de la respiration et par la peau , pouvaient affecter le système vascnlaire et nerveux au point de donner lieu A des maladies conTulsivcs , à l'épi— lepHte même (2), L'observation suivante prouvera que cette dcruiùrc maladie en a été la suite.

M**, âgé d'environ trente-six ans , d'une forte eonstitulioa , plutôt gras que maigre , après plusieurs nrtois d'exercice et d'habitation continuelle dans un lii-u plein de gaz méphitiques et li'ès-liuniide, éprouvaitwnc petite toux sèche sans expectoration. Tlmaigrit et devint morose ; il ne put supporter lanioilidi<e contrariété ; il ressentait des spasmes, des crampes dans les extrémités , d'abord dans les inférieures , ensuite dans les supérieures , très-souvent encore dans les muscles de la face , ce qui donnait lieu à une espèce de ris sardonien fréquent ) desinsouinies survinrent ; la toux devint plus forte avec des quintes souvent réitéi'ées et unsentiment de rétraction doulouicuse dans la région épigasliique ; la langue fut plus rouge. Ce malade eut de la difficulté à prendre des boissons , excepté celles qui étaient acidulés i il eut du dégoût pour leS'

BTI) VoyeTrle 5'ïol. de nos I>h;m. sur plusieurs mBladias.

■(«) Les andoDi médecins BVaî lu l remarqué, paillculicrement /Irélée (ileeaus.etsigfi.^morbor- anal,, lib. I , cap. ï) , B( faa-A'wulen {Comment, Baahaaxv, j^ykor. 1075J, que lus nïtalaisons du ccrtuiui gas caosaieDt des couvulsioos , quclqucfoia avec pïrte de scnlimcnl 00 dùlirs , onGn lYpilupsie. Ils citaient par liculièicoiEiit pour exemple les gaz ^ s'Bxhale&t du jaiï on jayet (jug-atM) qu'on briikil.

^fj^ DU CARACTÈRE DE L^ÉPILEPSIE

alimensbutireux et gras. Parfois il se plaignit d'éprouver de^ étourdissemens et de voir des étincelles, ou d'entendre de» bruits dans ses^ oreilles ; sa mémoire s'affaiblit , et bientôt il éprouva des spasmes si violens dans les muscles des extrémités inférieures , qu'il vacillait sur ses jambes à divers intervalles ; il tomba et perdit subitement connaissance pendant très-peu de temps avec convulsion tonique ou donique de quelques muscles du visage , soit des zigomatiques, soit du rcleveur propre de la paupière supérieure. Enfin ce malade éprouva de vrais accès éTépilepsie,

Telle fut l'exposition qui me fut faite par M. Duffour , dans une consultation qui eut lieu chez lui , rue de Bondi f où le malade se rendit. Les quintes de toux , qu'il éprouva pendant cette consultation , furent très-violentes et rap«* procliées. J'appris qu'il avait déjà eu quelques légères bémoptysies, et il n'était pas sans une fébricul0^ depuis quelque temps y laquelle était plus prononcée dans la soirée et augmentait encore dans la nuit ; mais on me dit qu'elle déclinait dans la matinée , lorsqu'il survenait de la moiteur f même une sueur un peu fétide. Ces symptômes me -firent croire que le consultant était atteint non-sei^ement d'ime maladie épileptique , mais encore d'un commencement tde pbthisie pulmonaire, ce qui. mettait le malade en proie à deux maladies imminentes et très-dangereuses.

Nous conseillâmes d'abord au malade i^. de quitter l'habitation d'im lieu si mal sain et d'aller vivre dans une aulpre dont l'air fut plus pur et d'une bonne température ;

2®. D'y prendre, pendant un mois et demi à deux moi», le lait d'ânesse une ou deux foisle jour , soir et matin, sekiD €fie le malade pourrait le supporter ;

3°. D'y faire usage de deux demi-bains, seulement tièdes^ par semaine ;

4^. D'y boire deux tasses d'une infusion théiforme de fleurs de gallium luteum , de pensée sauvage , de pivoine mâle avec une cuillerée à bouche de sirop de valériane sauvage et autant de quinquina.

Ce traitement fut exactement suivi, et avec un tel succès .

£T DE SES OiÈFÉREIfGËS AVEC D'aUTRES MALADIES. 278

que le misdade reprit de l'embohpoint et qtie raffectiôn spaâ^ modique et les légers accès épileptîques disparurent , ainsi que tous les symptômes qui fesaient craindre laphthisie pulmonaire. Nous Tavons vu trois mois après notre dernière consultation , jouissant de la nieilleure santé. Il eût sans doute péri de phthisie pulmonaire aveo*des accès épileptiques peutêtre de plus en plus violens , s'il eût continué de respirer les gaz acidulés de la ntianufacture où il était.

Nous n'entrons pas dans d'ultérieuts détaih sur les épi-^ lepsies par des gaz , les auteurs en ayant cité divers exem-^ pies. Mais sans doute que ces gaz ne sont pas tous assek- dé-^ létëres , et qu'il en est même de vivifians en soutenant et en augmentant nos forces , tandis qu'il en est d'autres qui ,les énervent ou les détériorent par leur nature , par excès*, ou par défaut , d'où l'épilepsie peut provenir. C'est aux médecins-èhimistes à prononcer à cet égard , d'après leurs con-^ Qaissances acquises ou celles qu'ils pourront acquérir.

Quant à l'épilepsie par infiltration de sérosité dans le cer-* veau , dans la moelle épinière et dans les nerfs , elle a été reconnue par l'autopsie, dans des sujets morts de cette maladie , ou de ses suites ; souvent cette infiltration est assez manifeste , extérieurement par des œdématies aux jambes) aux poignets bu au visage , pour qu'on ne la révoque pas en doute. On l'a même reconnue par l'ouvertui'e des corps? j dans les membranes extérieures ou intérieures du cerveau et de la moelle épinière , ainsi que dans les nerfs euxmêmes; quelquefois même formant des bydatides^ ou avec des épanéhemens d'eau dans le crâne , soit à l'extérieur du cerveau entre les membranes , soit dans les méninges cUés-mêmes, quelquefois dans la membrane propre des ca-* vités cérébrales ou dans le tissu cellulaire des plexus choroïdes ; enfin dans les nerfs, sous leur gaine membraneuse ou dans leur tissu cellulaire, entre leurs filets, dans les ganglioias surtout. . .. >

Les sérosités , en comprimant ou en soulevant Ifes ilbrrll^j? uerveuses, donnent lieu à une tellt» irritationque leS'aécès épi-leptiques peuvent survenir. Or , nul doute que si' ronpouvafif reconnaître par l'œdéniatie des parties extérieures dii corp^.

274 ^^ CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE

que Tépilepsie provient de pareille cause y il ne ialiâl prêt» crire les doux diaphorétiques et les légers diurétiques qui se prêtent des secours mutuels , des vésicatoires, des scarifica^ tious, des sétons , etc., et généralement les stiraulans , vu le défaut de sentiment qui a lieu : on a observé qu'en pareil cas le quinquina réuni à la valériane sauvage a quelquefois été administré avec succès.

Si y au lieu de simples sérosités , il y avait de l'eau en j4as ou moins grande abondance , il faudrait insister davantage sur les mêmes moyens curatifs , le danger pour le malade étant beaucoup plus pressant ; nos anciens ont mêmie considéré la complication de Tépilepsie avec Thydropisie comme Tune des plus graves qui existent ; plusieurs médecins y après Hippocrate , l'ont regardée comme incurable surtout quand les accès étaient réunis à des fièvres quartes. Malgré cela, il est quelquefois arrivé que de pareilles épilepsies ont été guéries. Baillou , Lazare Rivière , et plus tard Lieutaud , etcr, en ont rapporté d'heureux exemples : cependant il ne faut pas croire qu'ils soient communs , fréquens , cette hydro* pisie- étant alors souvent compliquée d'une désorgajoisatîoD du cerveau ou d'autres organes. D'autres causes encore^ nonobstant les diurétiques divers qui paraissent quelquefois faire des prodiges, continuent d'exister après avoir perdu plus ou moins de leur intensité ; mais il leur en reste encore assez pour produire le retour de l'épilepsie et de l'hydropisie, maladies qui finissent par être mortelles.

(B) Le vice catarrheux provient d'abord des gaz qui précèdent les sérosités surabondantes , et qui s'infiltrent dans la tissu cellulaire de la membrane pituitaire , des fosses nasales et dans celui des voies aériennes. Ces sérosités peuvent être altérées par des humeurs diversement viciées.

Tous les médecins savent que, dans quelques catarrhes,' les fonctions du cerveau sont plus ou moins troublées ; que des céphalalgies plus ou moins intenses surviennent souvent sans fisèvre , avec des assoupissemens profonds ; quelquefbis avec des convulsions , des épilepsies même , avant , pendant ou à leur suite. Ils savent aussi que les catarrhes trop promptement supprimés sont suivis des mêmes accidens. On

* cité des maladea qui ont été guûiU de l'épilepsie caUrrUole par des éruptions qui sont survenues natuiclleinent à la peai) , dtt que des inéduciiis avaieut provoquées pai- un heureux ^^taiiement.

I Je ferai observir qu'en pai-eille circonstance il faut prendre s la plus ijrande cou^idératiou , avant de prescrire quel— <{nes remèdes un peu actifs pour provoquer la transpiration n les sueurs par des toniques eseitans, si le pouls est pleia at dur, aSti de diminuer la <iuanlité de saug par la phléfaor i par l'applicaiiou de sangsues au foodeineul^i ^ kisnj et paraissait débile, ou eutin se borner aies meUr<; aux

es. On pourrait ensuite avoir fecours à l'applLçatioii, fim

véttcaioires, des cautères, de» séloiis, des i#ynapisines,.suc

dÏTerses parties du corps ; cuRn le moka au cou, à la nuq/jf^,

I ttsurtoutsur la colonne vertébrale. . , r

^^ Ou a fait prendre A ces malades avec suc(;èfi quatre ^.tip^

^Hbces de suc de bourrache, av&C deux ou trois grains de

^H^tn&s minéral, nu avec cinq à si;t grains de la poudrç de

- Dover ; on disait boire eu même !tenips , plusieurs fois dans

la journée, quelques tasses d'une infubiou diaphorétique Aa

rapure de sassafras, dt.' fleurs de cpquehcot , desweau , etc.',

quelquefois avec addition d'oximet se iUi tique, ce qdi u'exclin

pas l'usage de quelque» bains depieJs d'eau avec du ^(

I uarin , DU encore mieux avec la poudre de moula^d^ , ^w

s'il y a de la céphalalgie.

Hi(G) L'épilepsie par la bile, je veux dire par excès ou pav

~~ MX de ce liquide , ainsi que par les ^téraUons diverses

de sa nature (i), a été généialemcnt recouuue. Eu eflel, qui

igoore que cette humeur peut causer sua' ]e cerveau et les

itetfs des affections morbides qui déterminent souvent lus

convulsions et le tioubU des idées, en&u toutes les diverseï

maladies meutaU;s pai-mi lesquelles l'épilepsie peut être com-

prûte? Combien n'y a-t-il pas, pour citer les exemples le$

plus frappons, de tilles chloroliques et do persouoes encoru

plus avancées en à;;e, qui ont des onijorgeinens dans le>

L''W Vojei plua bas l'article r/'depsie rai l'hy/xichondrif , l'Ityi-

a76 ' ■ • Dû CABAGTÈRE DE l'ÉPILEPSIE

viscères abdotniiviuX) la jaunisse, quelquefois même avec hydropisie et des acch d^épilepsie plus ou moins violens , qui ont continue jusqu'à ce que les affections morbides biliaires aient été détruites par les apéritifs divers , et des dépuratifs appropriés , les purgatifs , les vésicatoires , les xautères, etc., lesquels remèdes , en faisant dispara2ti*e les divers engor{;einens abdominaux , ont rétabli le cours de la bile, des urines et autres excrétions, et ont ainsi fait dispa- Taitre Tépilepsie en délivrant le cerveau et les nerfs de rirri*^. tatioi» qui causait cette maladie.

' Qu'on ne croie donc pas que de telles épilepsies soient in* durables. Tissot^n a guéri plusieurs^ ainsi que d'autres pra^ liciens , qui ont su traiter leurs malades d*aprt's les indica« tiens particulières qui réclamaient tels ou tels remèdes , et non d'après une aveugle routine qui ne peut donner que de ffâ^éheux résultats. '

J'ai vu le fils d'un peintre , âgé de neuf ans , qui avait éprouvé plusieurs accès 'd'épilepsie dans l'espace d'environ dix'-buit mois. Cet enfant me fut amené dans l'hiver de 1 8 1 o j il étaiit bouffi et œdématié daps toute l'ij^bitude du corps , et il avait le ventre très-saillant et dur , surtout dans la région du foie ; les yeux et le visage avaient une teinte jaune ; les urines rares, épaisses,. noirâtres; il y avait une tuméfac^ tion pneumatique ou oedémateuse du corps. L'enflure et la rénittence du bas-ventre parurent être les principa}es indi-, cation^ du traitement que je devais prescrire. Vu la saison' de l'hiver , je coiiseilki de faire prendre à cet enfant, tous les matins, deux' pastilles , chacune contenant quatre grains d'antimoine cru , préparé et bien porphyru>é , avee suffisante quantité de sucre. Cet enfant prenait en même temps nn grain de calomel dans une cuiHeréê à café de miel, et il buvait immédiatement après une tasse de tisane de racine» de chiendent et de feuilles de pari^ire ; il prenait aussi cette tisane avec un peu de vin aux repas. On me ramena cet cnfaVit deux mois après étant beaucoup moins jaune, et ayant le vernie moins dur et moins tuméfié. 11 avait cependant éprouvé plu-^ sieurs accès épileptiques ; mais les derniers étaient moins forts que les précédens. Je lui prescrivis, la saibon me le per-

£T DE SES DIFTÉAEIVCES AVEC. D^AUTSES; MALADIES^ 2^

Hieltànt alors , deux onces des sucs dépurés , de bourraclie/g cresson de fontaine , avec soixante cloportes écrasées en titf!»i trois grains de mercnrc doux, et en mâme temps je recom-» mandai de remplacer l&tisane prescrite par trois- tasses d'unet infusion de houblon et de gui de chêne, avec un ou deux groSi d*oximel scillitique pour chaque tasse. Ce traitement fut con-. tinué six à sept semaines ; l'enfiauit fut purgé légèrement tous les vingt à vingt-cinq joursav ec cette, tisane^ à laquiplleous ajoutait , pour la rendre plus purgative, une once de sirop, dç) roses pâles ; un petit vésicatoire qui avait été mis au. bras fut long-temps conservé. Le jeune malade continua de bien uri-. ner; le bas-^ventre $c désenfla , et les acccès épileptiques di* minuèrent en proportion et furent mieux réglés. Je fus d'à < vis de suspendre les sucs des plantes y de conserver le vésica • toire du bras et de l'entretenir soigneusement ; de donner à<. l'enfant, tous les matins et soirs pendant quelque temps, une: once de sirop anti-scorbutique avec addition de demi-gros ^ d'extrait de valériane sauvage dans un verre de décoction lé— i gère de feuilles de houblon et de marrhube blanc. Ge.trat-i tement fut suivi pendant environ trois mois^ pendant lesr, quels il n'y eut pas un seul accès d*épilepsie.. Le jeune, ma-, lade me fut ramené de nouveau sans aucune bouffissure,! avec cependant proéminence du bas -ventre mais l)eaaco(Upi Bioins prononcée , son teint étant très-net ; mon avis fut <Kei continuer les mêmes moyens, à moitié dose; j'y joignis l'u-» sage des bains tièdes pendant l'été,, et on laissa sécher le* vésicatoire. Ce traitement fut encore continué quelque tesnps, etFenfant n'a éprouvé aucun accès d'épilepsie, au moins pendant deux ou trois ans qu'on me l'a conduit plusieurs fois.

D-'autres faits de ce genre recueillis par les auteurs pour-< raient être rapportés à l'appui de celui-ci. Je pourrais aussirapprocher de cette observation celle que j'ai citée précé-* demment ( ar/fcZe épilepsi'e par obésité ^ -p. 235), concernant M. S**, négociant , atteint d'une épilepsie par une intume&« cence abdominale, qui fut guérie après que ce malade eut considérablement maigri.

La bile retenue dans la masse des humeurs stimule le cei'^ ve^iu, les nerfs et le système musculaire qui est dans una esr

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