‹ Observations sur la nature et le traitement de l'épilepsieChapitre 27 sur 37 · DU CARACTÈRE DE L^ÉPILXPSIB · texte numérisé non relu

DU CARACTÈRE DE L^ÉPILXPSIB

pèce Héréthisme ; mais dès que le libre cours de ce liquide est rétabli ^ souyent par le simple dégorgement du foie et des viscères abdominaux , la bile reprend son cours dans les inte^ tins. Il faut donc dans cette sorte de cas recourir , pour diminuer le ton des solides , aux relàchkns et aux doux apéritiis réunis quelquefois à des anodins convenables.

«( Je dois, dit 7'issot , aux bains tièdes principalement » au régime et à la crème de tartre , la cure d'un jeune homme de treize ans dont je n'osai point promettre d'abord la guérison. Cette observation a quelques circonstances instructives, dit ce grand médecin. Quoiqu'il fût né très-bien portant, de parens très-sains et n'eut eu aucune maladie , il était bilieux çt sanguin-, et avait des accidens qui dénotaient un vice dans sa constitution : i^. il devenait quelquefois tout-àrcoup et sans aucune raison apparente, chagrin , rétif et si colère qu'il paraissait en fureur ; 2®. sans aucune cause externe il était dé temps en temps frappé d'une terreur subite , et se croyait dans le plus grand danger ; son imagination était même si égarée dans ces pr^omens qu'il méconnaissait les personnes qui lui étaient les plus familières, et les prenait pour autant de ^ectres et d'ennemis ; 3®. pendant ces accès il avait le visage l'ouge , la prunelle plus dilatée , le pouls serré et fréquent ; cet état ne durait que quelques inimités et le laissait dans la tristesse ; ^^.on lui donna les antir-spasmodiques chauds les plus actifs , qui rendirent son état plus fâcheux, et le changèrent en dfi jéritables accès épileptiques pour lesquels on me consulta, et qui avaient sensiblement affaibU sa mémoire. Une saignée avait fait voir que son sang était fort enflammé. La densité des humeurs , la roideur des solides et surtout l'âcreté de la bile me parurent , dit Tissot , la cause de cet état ; je le réduisis à ne prendre pour toute viande qu'un peu de poulet et à vivre uniquement de végétaux; à éviter les appartemens chauds , à ne boire que de l'eau , à prendre long-temps les bains tièdes > à faire un très-long usage de petit-lait et de cvéme de tartre, et surtout à éviter absolument tous les remèdes qu'on appelle anti-épileptiques. Il suivit régulièrement ces directions qui amendèrent promptement son état ; |»eu à peu tous les s^ccidens ont disparu , les accès ne sont pas

r DE SES DIFfÉHEHCES AVEC d'aCTHF^ MALADIES. 279

trenus et sa s&nté s'est exti-êniement fortifit'c. L'on sent aisi^ t qu'en continuant l'usage des anli-épileptiques ovdi- ES on aurait toujours rendu l'étal du malade plus faix. » (Tissot, (^e l'Èpilepsie, pag. 385-6. ) fl3)L'épilepsieestsurv-enucaprèsdes/n///ra/(0Hïrfe l'urine 1 reconnue en diverses parUes du corps. Les inlîltralious ICC Uquide sont presque toujours produites par des maladies t ses organes s^crétoires et eïcrétoii'es ; quelquefois aussi K accts d'épilepsie sont suivenus après des suppressions oa is rétentions d'urine , non-seuleinent par l'effet des douleurs Wlomuiales qui étaient survenues, mais encore parce qu'il fuit fait, à leur suite , une certaine infiltration de ce liquide

rt Je cerveau ou dans la moelle épinière , ou du moins dans voies san^juines.

^m-gagni a remarqué dans des sujets morts d'une hydrolie du crâne et du cerveau , que le liquide qui la formait )ftït l'odeur de l'urine. Ce grand hoiume n'avait aucun Mite que l'urine elle-même par sa présence ne pût stimuler ■.substances, la médullaire particulièrement. Je ne suis pas Kprû d'après cela que divers médecins aient conseillé, dans ^Ctle sorte de cas , les rentèdes diurétiques non-stimnlans comiae propres h atténuer , ou à détruire la cause morbide de l'épilepsie. 11 n'est donc pas étonnant qu'on ait tant de fois zemacqué que ces épileptiques avaient eu des {^raviers ou • pierres dans les reins, dons les uretères et dans la vessie, [ue cependant il ne faille pas ignorer que ces pierres ont f trouvées dans des sujets qui n'avaient éprouvé aucune ■ d'uriner (i). Mais sans doute qu'alors les urines i-mémcs n'étant pas excernées en assez grande quantité , K-refluant dans )a masse du sang et dans le cerveau, douait lieu à i'épilepsie par l'effet de l'irritalioD de cet orme et des nerfs que ce liquide produisait.

n'j^ a aucune de nos Lunicurs qui ne puisse éprouver r qneli]ue cause morbide une telle perversion dans sa nae qu'il n'en résulte du trouble dans l'éconoinJe animale.

:tl.^5»vol. Jen.

tBo du CARACTERE DE l'iÊPUEPSIE

\ et répUepsie peut elle-même en être une funeste suite. Je ne doute pas qu'on n'en trouvât des exèfnples dans les auteurs s'ils avaient été bien recueillis ; on en a même reconnu , par des vices du suc pancréatique , des sucs salivaires ( i ) , ain&i que par la suppression d'autres excrétions moins abondantes) teUes que les fleurs blanches , etc.

(Ë) Les épilepsies qui proviennent du vice vénérien ne sont malheureusemeQt que trop communes. On en a vu qui se sont réunies plus ou moins vite aux symptômes de cette maladie , quoique le plus souvent ce ne soit qu'après que le vice vénérien a produit dans le corps diverses altérations (2) que ses accès sui'viennent , soit que ces altérations consistent en des ramolUssempns des os du crâne , soit avec augmentation de leur volume, par des exostoses, souvent avec déviation de la colonne vertébrale par de mauvaises configurations des vertèbres, avec augmentation ou diminution dans leur vo-* lume et dans leur densité , quelquefois avec diminution de capacité du crâne , du canal racbidien , du thorax , du bas* sin j etc. Or , dans tous ces cas , les organes intérieurs éprooyent des altérations diverses ; mais celles du cerveau et de la moelle épinière concernent particuUèrement cet article (5). On a reconnu des ulcérations , des ramollis semens , des endurcissemens dans leuis substances et surtout dans la médullaii^ (4) 9 ainsi que des fongosités, sur ou dans les nerfs y ou encore dans les parties qui les avoisinent et qui peuvent les comprimer ; ce sont autant de causes de douleurs et même de convulsions , ou plus fortement encore des engourdissemens , de la stupeur, ou la paralysie des organes dans lesquels les nerfs se répandent.

(1) Voy, Vhistor. Anal, med» île Lieutaud, et la Section. II des Au^ topsies , pag. ^6,

(2) Astruc, de lue vener, ; par une concrëtion sanguiue dans le oer- .yeau. Hœmostasia in cerebro , 1. 1 , p. 4^4 • P^'' ^^^ caries , des exos-:

toses dans les os du crâné , des tumeurs gommeuses , des indurations dans. Pencépbale. Voy. Sauuages, t. i , p. 585. Morgagni eu cite des exemples {de scd. et caus. morb. , epist. ix ).

(3) Voyez les observations ayec ouvertures des corps, Scct. I et li^*

(4) Voyez ibid.

ET DE SES DIFFÉkENCFS AVEC d'aUTRJBS MALADIES. 281 .

Presque toujours les accès d'épilepsie de cette nçiture sont précédés bu accompagnés de douleurs dans la tête ou dans les membres , qui redoublent pendant les nuits avec une espèce de fébricule , ce qui n'a pas également lieu à Tégard des douleurs d'un autre genre.

Une telle épilepsie ne peut être guérie que par le remède qui détruit non-seulement le virus vénérien qui la cause , mais très— souvent encore ses diverses complications.

Les auteurs qui ont traité, des maladies convulsives auxquelles la vérole avait donné lieu, n'ont pas manqué d'y comprendre des exemples divers (i) d' épilepsie , et des succès étonnans qu'ils ont retirés en pareils cas de l'administration du mercure sous forme de frictions, ou ptis intérieurement de diverses manières. Tissot et d'autres médecins ont rapporté de nombreuses observations sur des épilepsies par vice vénérien guéries parle mercure ; nous pour;rions nous-ménie. en ajouter d'autres qui nous sont connues et auxquelles nous avons eu quelque part par nos conseils. Nous avons presque toujours, en pareil^ cas ^ donné la préférence aux fjrictipns mercurielles en petite quantité , pendant long-temps, et pas trop rapprochées , pour éviter la prompte salivation. Nous leur avons même réuni du camphrt^ et Un peu d'extrait d'opium et avec succès^ préférablement au subliiné corrosif , surtout lorsque les sujets étaient très-irritables. M. Maison^ neuve nous a donné l'histoire d'une épilepsie que M. CuUlerier guérit par les frictions mercurielles . d'un gros et demi (2).

Nous ne devons pas garder le silence sur les mauvais effets du mercure , prescrit en trop grande quantité ou mal ordonné dans diverses circonstances. On a signalé plusieurs épilepsies -qu'on a attribuées aux mauvais effets du mercure quelquefois dans des personnes qui n'étaient pas

(1) Voy. l'observation rapportée par M. Maisonneuue ( de fEpilepsie, p. a8.)

(a) De VEpilepsùi^ohs. m, p. i3o. On trouve dans le Journal général de Médecine f de Chirurgie et de Pharm,, vol. lvii, p. gS, une obs. de M. Lenierpier sur une épilepsie survenue après la métastase d'un bubon vénérien , guérie par un traitement anti- vcuéries.

28a su CABACTèRE DE l'ÉPIIEPSIB

affectées du vice vénérien^ et d'autres fois parce qu'on Tavait conseillé à des doses exagérées. L'on a même assuré ayoir reconnu une quantité plus ou moins grande de mercure dans le crâne , dans le canal yertébral et même daus. les conduits osseux de certaines personnes mortes d'éjMlepsie après avoir fait un grand usage du mercure. Peut-être a-t-on quelquefois exagéré cette sorte de faits , mais on peut répondre qu'il n'y a pas de remède dont on n'ait abusé. -

Un enfant qu'une nourrice atteinte d'un vice yénérien avait allaité , devint rachitique ; sa tête était fort grosse , les extrémités des côtes étaient gonflées^ et en général les têtes osseuses des os longs avaient plus de volume que dans l'état naturel. Il fut sujet à des convulsions, à une dentition vicieuse et irrégulière ; enfin à de vrais accès d'épilepsie. Cet enfant fut soumis à l'usage des bains , et prit long-temps d« sirop de Bellet. Son habitude extérieure rachitique parut éprouver une espèce d'amendement, les accès d'épilepsie dn minuèrent , s'éloignèrent , et enfin n'eurent plus lieu< L'en* faut continua long-temps l'usage du sirop ci-dessus ; il prit, beaucoup de bains , seulement tièdes. On lui donnait souvent de petits lavemens avec une légère décoction de quinquina et de valériane sauvage , et il n'éprouva plus aucun accès épileptique y mais il resta toujours £fibrme par le vice rachitique.

Je ne doute nullement que l'on ne parvienne à obtenir de plus heureux efiets qu'on n'a encore fait des préparations mercurielles dans le traitement des épilepsies qui proviemient du vice vénérien , mais administrées sous forme et en quantité convenables , et toujours avant que les grandes altérations des os et du cerveau soient formées.

Mais si des épilepsies sont survenues par suite des maladies vénériennes et de leurs mauvais traitemens, ou seulement par l'acte vénérien trop fréquent , je ne doute pas que d'autres n'aient été produites par une cause bien différente , je veux dire par trop de chasteté, comme Tissot en a vu des exemples. En effet , si la perte de la semence , quelquefois même en très-petite quantité , nous énerve de manière à épuiser totalement nos forces et à nous iaire périr d'asthénie ^ une

ET DE SES diff£be>'c£Svaveg I>'«DTBE5 kuladies. a83 umûaeote trop sévère de la liqueur sénUnale absorbée par les raisseauK lympliatiques et rappoi-tûe dans la masse de nos hameurs , peut devenir une cause réelle et stimulaate de l'encéphale et des nerfs, si quelques pollutions nocturnes n'y (diviennent; d'où il résulte que les jeuacs gens, sans attBndiv ce soulagement naturel , le sollicitent par des attoachemens qui donnent lieu à l'évacuation de la liqueur séminale en nuisant à leur santé.

Poar diminuer le feu de la concupiscence et l'excès d'irntation qu'elle produit , rien n'est pins favorable que la saignée, s'il y a de la plétbore sanguine très-prononcée, les bains ticdes , les boissons ralraîdiissanles , de l'eau pure aux repas, une abstinence raisonnable des alimens , surtout de ceux qui sont trop uourrissaus. On peut conseiller quelques boissons légèrement acidulés , nitrées , les émulsions des semences froides, Il faut tenir ensuite le ventre libre par de doux laxatifs , la manne , les tamarins , la crème de tartre, tessirops de violette, de péclier. On comptait autrefois parmi cet remèdes l'usage du camphre , mais aujoi attribue des effets contraires. Sed perperain rôts (i) ; nam potius ad venerem excilandam , quam con— topi&tdam valere ipsa vïdelur. Mes observations m'ont confirmé dans la même opinion.

(F) Le vice scropliuleux, le plus souvent suite fréquente d'autres vices etsurtout du vénérien, cause aussi souvent IVpilepsie 12), particulièrement celle qui se transmet dans les familles.

J'ai eu sous mes yeux plusieurs épileptiques qui étaient illeinls d'engorgemens scrophuleux dans la tète et dans ses oi'ganes, au cou et aux aisselles, ou aux aîncs, quelquefob dans les poumons , dans le cœur , avec intumescence du bas- "entre ; par des ulcérations de ses organes par le même vice , Ou bien encore avec des altérations des os par le vice racLi- (îqiie, qui est lui-même souvent réuni au scrophuleux.

(j) De EpiUpiia, cap. viii , p. jjg, pais allera,

i-i)\oytT.TraiU delà moLidie Scrophukusc , par M. Uajeland.ptetftier niMBcia du roi Je Prua»; ; Uad. de l'allemand , augnttitié de Rolct pmrJ.B.BoMquet, D-ai.Vaiis, iS3i,in-S<>.

jrd'liui OD lui

I ( dit J

284 ^^ CARACTÈRK DK l/ÉPïLKPSlE .

Le vice scrophuleux , comme les ouvertures des corps ront bien prouvé, produit souTent un endurcissement plus ou moins, grand des substances ciJrébrales, de la médulkire principalement , de la moelle allongée et épinière quelquefois , laquelle altération finit aussi souvent ]>ar un ramollissement de ces substances.On a encore reconnu dans le cerveau et la moelle épiiiicrc des foyers ichoreux avec des érosions plus ou moins considérables et des parties très-dures ambiantes , ainsi que de leurs membranes et des os même du crâne, des vertèbres quelquefois, souvent avec des épanchemens dans le crâne et dans le canal vertébral. Or , de pal'eilles altérations ont été surtout reconnues dans des épilep-. sies de famille et autres (i).

Le vice scrophuleux est souvent aussi la cause de l'inégalité de développement des os du cranc (?.), certains os prenant proportionnellement plus d'accroissement que d^autres, qui quelquefois au contraire n'en ont pas assez ; • d'où il résulte que plusieurs enfans épileptiques ont le crâne mal confonné par cette seule cause et encore quelquefois parce que ces os sont plus épais dans des lieux où ils devraient être plus minces, aut vice versa , ou bien parce qu^ils sont plus durs ou plus ramollis qu'il ne faudrait (3) ; ce qui fait que les

(i) J^ai donné dans mon mémoire sur les maladies de l'épiploon {uÊcad*. des Se, , o/m. 1771 ) une idée de ces divers endurcissemens , ramoUissemeos et ulcérations par le vice scrophuleux.

(a) On trouvera , dans les ouvrages de plusieurs médecins, des observations de toutes ces espèces d^altcrations souvent recueillies dans ùes sujets morts d^épilepsie : voyez , à cet égard , notre Traité du Rachitisme f art. v, p. 166.

(3) C'est d'après ce ramollissement bien reconnu , que les os du crÂnc ont pu , chez les très-jeunes sujets , éprouver quelque dépression pai^des chutes, des coups , avec compression du cerveau , d'où Ve'pitepsie aura pa survenir , comme par Penfoncement des fontanelles. Pour obvier k cette espèce d'épilepsie, Boretius et Arnold ont proposé de faire raser la tête sur Tendroit enfoncé du cr&ne et d'y appliquer ensuite im emplâtre agglutinatif pour relever la portion du crâne déprimée. Mais qui ne sait que ce moyen est insuffisant pour produire un pareil eftct ! Les autres remèdes qu'ils ont proposés ne sont pas plus efficaces. Heister, qui Les avait conseillés, eu a connu dans La suite riusuffisance j quaut à Boretius ^ il a couseiiié| lorsquq

ET DE SES DIFTÉRENXES AVEC d' AUTRES MALADIES. 285

cavités du crâne sont ou plus rétrécies ou plus amples qu'il ne convient ; quelquefois elles sont pleines d'eau très*souvent mêlée à d'autres matières , albu mineuses , etc., quicomprirment plus ou moins le cerveau dans sa totalité ou dans qucl^ ques-unes de ses parties. La surface interne des cavités du crâne et celle du canal vertébral présente quelquefois des élé*vations contre nature , plus ou moins osseuses ou cartilaginiformes , qui compriment le ccrvea^i ou la mocUe épinière (i). Quoi qu'il en soit , si la cavité du crâne est rétrécie ( 2), le cerveau est dans un éiat funeste de compression permanente , sans doute moins dans le temps de. l'inspiration que dans celui de l'expiration (3). ^ lorsque 1^ qerveau tend à

les os du orâoe plus endurcis avaicut été enfoncés, une couronne de trépan pour relever la portion du crâne déprimée: il se félicitait même d'avoir deux Ibis réuiei : bis mihi "per Dci gratictm in praxi mea, htbcessù'se '^ûiê" Jeo; Hall» , Disput, ad3Iorbor, ÏUst, eu curât. , 1. 1 , p.^i.-o.^o^va robservation de Itomotte sur le même sujet (p. 168 et adg), .

(1) J'ai traité cette question plus au long daus mon ouvrage sur le Rachitisme, et toujours diaprés les résultats des observatioDS. J^y ai rapporté quelques faits sur la phtliisie pulmonaire, qui proiïveïit qu'elle a été compliquée d'un rétrécissement Considérable de la charpente osseuse pectortk par viœ scrophuleux , et qu^on a pu la prévenir quelquefois par un long traitement consistant daus les auti- scorbutiqueSi réunis aux amers etmz mercoriaux. J^y ai aussi parie de quelques conformations vicieuses des os du crâne chez les épileptiques mcmc, et d^aulrcs os, ainsi que de plusieurs altérations quiout été observées dans les rachitiques épleptiqnes.

(9) Boretiuâ, dans sa Dissert, sur une épOepsie , qui provenait de la dépr«Sflioii du crâne , en rapporte quelques exemples qu'il attril)ue à de^ cc^ures trop étroites ou k des liens de la tétc trop serrés , surtout ciiez les eafans. Il eu cite entr'autres un qui éprouvait des mouvemens convulsift et épileptiques , parce qu'on lui avait trop fortement serré la tête ; ces mcwiTcmc ns c e ssè re n t àké que le lien fut 6té, diaprés l'avis de ce médecin : eùmi^ntUU}' mox cessauit admoLo Unteantine , mejubente, Haller j Disp. md Mùrh. fUst, , t« i , p. 67. On comprend, en effet , que les convulsions , répilepsie même, ont pu provenir de la forte compression de la tête chez un enlîmt très-jeune , dont les os du crâne étaient encore ileaibles , et que ces accîdens ont du cesser aussitôt que cette compression n^a pluSie^ lieu : il faudrait toutefois qu'elle n'eût pas été trop long-temps prolongée.

(3) ^o^^'ezdans notre Anat, mcd», tom. iv , art. cerwcau^ le résultat des expériences de Lamure et de HaUcr sur le gonflnnent de cet organe

286 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE

s*ampUfier par le reflax da sang vers et dans cet organe (i). Un rétrécissement quelconque de la cavité vertébrale cpn contient la moelle épinièie pourrait également oCcasMNMr l'épilep»e.

Mais quel traitement prescrire lorsqu'on reconnidt que cette maladie provient du vice scrophuleax ou rachidqtte ? On peut conseiQer, surtout si les sujets sont jeunes, avec quelque confiance , les anti-scorbutiques réunis aux mer* curiaux et aux amers , pratiquer un cautère au bras , etc. On a vu tant d'heureux effets de ce traitement qu'on ne saurait trop tôt y recourir ; il a suffi quelquefois de détruire la csnac qui tendait à produire le rétrécissement du crâne pour Tenir pêcher d'augmenter ou même pour le diminuer ; mais malheureusement ce traitement dont nous avons vu d'heureux effets dans l'âge tendre n'est pas y à beaucoup près , anad profitable dans un âge plus avancé, d autant moins que l'ossification 'a fait des progrès ; mais toujours ce traitement est-il mieux indiqué que tout autre , toutefois en observant de l'administrer avec les précautions requises. Nous allons en rapporter deux exemples.

M (2) Une demoiselle de dix ans , décidément rachitiqiK , avait à la colonne vertébrale différentes courbures qui luiren* daient la poitrine très -contrefaite et qui en diminuaient sensi^ blement les cavités , principalement la droite qui rentrait en dedans. La re^iration était gênée et l'oppression augmentait considérablement, surtout à l'invasion des accès convulsifi dont elle était atteinte et qui se manifestaient par des mou- Temeps involontaires dans les bras , par une interruptîoD des facultés intellectuelles avec grincement de dents, effusion d'écume par là bouche , cris ou violens efforts de la voix.

pendant le temps de TexpiratioD et son afiaissement pemlaut «eiai de Vmpiration. Nous avons donné un précis des expériences de cesdeiK nvaa» célèbres, dans notre Uist, de l'Anat , tom. y, p. 3o4) et attssi <émm I0 IV* vol. de cet ouvrage , p. 694.

(i) On peut voir mon mémoire (t. 11 , pag. 81 de mes Me'm,) sur os mouvement qu^on peut observer dans la moelle épinière.

(3) Ces deux observations sont extraites d'un ouvrage de M. SALMiOB : sur les maladies de la Lymphe , p. 164 et suiy.

W ET DE SES Dl?FliRENCES AVEC u'iUTRÊS MALADIES. 287

a Tous ces plie n orne Dcs de maladies spasmodiqucs caractérisûeat une altuctioD épilcpUque ctsyniptouiati(|ueà-la'fois. - Beaucoup de remèdes avaient été déji tenlés contre ces dift'érens aceidens, lorsqu'on consulia M. Parlai, qui dirigea le traitement de manière à s'opposer aus progrès du vice radillique qui en était nécessaireraent la cause. Il prescrivit un long usage des anti-scorbutiques mêlés avec les mercuriaux dont il a si souvent obtenu d'Iieureux. eflets, Ainsi la jeune malade prenait tous les matins, à jeun, une ouce de sirop an ti— scorbutique i et dcmi-oncc de sirop de Belet dans un veri'e d'une décoction de garance , de quinquina cl de valériane. Elle en reprenait autant le soir deux beures avaat de souper , et cette même décoction était sa boisson ordinaire. On luiavait ouvert un cautève au bras. Elle était baignée £réquetiiment » l'eau presque froide, et était purgée toutes les six semaines ou tous les deux mois. Ces moyens, secondés d'un bon régime, de l'exercice et de fiictioussècliesctaroma- Uques , furent continués pendant plusieurs années sans interruption, avec d'autant plus d'encouragement qu'on reniavqoait facilement les changemens sensibles qu'ils opéraient. Ils finirent par remédier à la faiblesse de tout le système , par rétablïi' toutes les sécrétions, spécialement la transpiration, et par faire disparaître les courbures. La jeune personne, dont les accès d'épilepsÎB étaient déjà devenus plus rares pen~ dantle cours du traitement, n'a pas retombé depuis environ dix-buit à vingt mois, et tout porte à croire, sui'lout après la destruction de l'afrcclion racbitiquc, qu'il ne se manifestera plus d'attaque. »

" Un enfant de sept ans, dit encore M. 5fl/ma(fe, affligé d'accès épileptiques contre lesquels on avait employé inutilemenl les antï-spasmodiques , fut conlié â mes soins pouv une dépres- «on qui se faisait à la colonne vertébrale , accompagnée d'une éraption dartreuse répandue sur différentes parties du corps. Les glandes du cou étaient dures et de la grosseur d'une fève, le nez plus épais qu'à l'ordinaire ; mais la tête avait acquis peu de développement, et sa petitesse lui dtait toute proportion avec le reste du corps. A ces symptômes de rachitisme se joigoûcnt la pâleur du visage , la flaccidité et l'aridité de la

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peau. Le vice rachitique et écroacUcux paraissait itmé et même liéréditaire chez cet enfant. La compression du cenreaù était la cause immédiate de l'épilepsie ; mais comme la lésioh de cet oryaue rendait la cure de cette affection très— difficile , je ne m'attachai «qu'au traitement de la iilaladie rachitique arec d'autant plus de raison que je la considérais elle-même comme la source de tous les autres accidens.

» Un cautère fut ouvert au bras. L'enfant prit tous les matins^ à jeun, une cuillerée à bouche de sirop anti-scorbutique-mercuriel , et une cuillerée à Café de sirop de quinquina , dans une tasse d'une infusion de feuilles de scabieuse et de saponuaire ; pour boisson ordinaii^e , une tisane de houblon avec un peu de vin. Il faisait usage dans la journée de quelques pastilles antimoniales , et de deux pilules de troi^ grains chaque d'extrait de Narcisse des prés. On le baignait de deux jours l'un dans l'eau tiède. Il était purgé de temps en temps. Ce traitement, que je tentai avec un faible espoir de succès , et qu'il avait suivi avec exactitude , parut agir effica- « cernent. Les accès épileptiques furent moins fréquens et moins violens , les éruptions dartreuses se dissipèrent , les glandes furent moins tuméfiées , la colonne vertébrale reprit sa rectitude naturelle. La tête qui avait été retardée dans son développement suivit les lois que la nature s'est prescrites et s'agrandit graduellement. Les forces vitales évidemment tombées dans un excès d'atonie reprirent insensiblement de l'activité; enfin, tous les remèdes appropriés dont usa le jeune malade donnèrent aux solides en général et au sys-^ tème lymphatique en particulier le degré d'énergie qui leur manquait , ce qui fit disparaître entièrement les signes du rachitisme et guérit l'enfant des accès épileptiques. »

« M. Brunet, médecin, m'a communiqué, continue M. Sa!-* made , un fait qui mérite d'être rapporté , et qui est une nouvelle preuve de ces hasards heureux par lesquels on parvient quelquefois à détruire les accidens épileptiques.

« Un jeune homme avait été affecté d'un vice syphilitique dont il avait été mal guéri , et à la suite* duqUel.il* avait été atteint d'une épilcpsie des plus violentes, dont les pàroxisnies se répétaient fréquemment. Ce vice avâit lésé'jlès S}^stèraes

ET DE SES DIFFERENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. 289

)g;)anduleux et osseux^ et donné lieu k .diverses métastases. Cest par l'usage long-temps continué des mercuriaux et des amers-, à très -petite dose, qu^ lui a conseillé M. Brunet, qn'il a été conduit à une guérison telle qu'il ne lui reste, plus de traces du vice vénérien , que les altérations glanduleuses et osseuses se sont dissipées , et que depuis Luit à dix mois il n'y a plus eu de récidive dans les accès épileptiques. »

Si l'efficacité des remèdes ne se prononce pas sur les os , ils peuvent du moins quelquefois agir assez utilement sur le cerveau et les nerfs pour atténuer les autres, causes de la maladie. On pourrait , si l'ossification du crâne était complète , Tépileptique étant plus âgé , recourir au trépan pour former un peu de vide dans le crâne , ce qui permettr^git une l^ère expansion de la dure-mère avec un peu de soulèvement du cerveau, et en diminuerait un peu la compression. En voici un exemple qui nous parait mériter d'être rapportée

LamotlCy qui croyait que l'épilepsie pouvait provenir du défaut d'ampliation du crâne , crut devoir proposer cette opération à un particulier affligé d'accès épileptiques trèsviolens. Après lui avoir prescrit les remèdes les mieux connus contre cette maladie sans aucun succès , il s'informa si les accès « n'étaient point précédés de douleurs particu- » lières dans quelques parties du corps , et s'il ne prévoyait » p&s l'accès par quelques marques ou accidens ; il apprit » qu'il n'y avait que la tête qu'il trouvait occupée , avec une » espèce de tournoiement si prompt qu'il tombait à l'ius- » tant avec perte de connaissance. Lamotte ne trouva autre M chose à lui proposer que l'opération du trépan à la-> M quelle il n'eut aucune peine à se résoudre. Le malade y i> ayant été disposé par des lavemens, la saignée et des » purgatifs , l'opération fut pratiquée et l'habile chirurgien I» reconnut que l'os, sur lequel la couronne du trépan avait » été établie , était d'une épaisseur surprenante presque sans » diploé et beaucoup plus dur qu'il ne l'est ordinairement - M pendant tout le temps que le crâne fut ouvert , le malade M qui n'était pas huit jours avant ce temps -là sans souf- >» frir quelques accès épileptiques n'en éprouva aucun.

agO DU CARACTÈRE DE l'^PILEFSIE

M Mais quand l'os fut rempli, les accès revinrent cl« nov^ M veau comme auparavant , si ce n'est qu'il avait le (cmps M de se relîrcr en quelque endroit secret et commode pour

» laisser passer l'accès sans compter que les accèà ne

» r«5cidivaient pas , à beaucoup près , si fréquemment qu'ils M le faisaient auparavant, n 7 iV^o/(i]^ qui rapporte cette o]>* servation, la regarde avec raison comme très-importante | venant d'ailleurs d'un homme tecommandable par la grande réputation dont il a joui , par sa bonne clinique et par iet bons ouvrages qu'il a publiés.

Il serait évidemment prouvé par cette observation', qu'il y a des épilepsies qui proviennent du défaut de capacité da crâne , si l'on n'en avait rapporté d'autres précédemment qui l'ont aussi bien prouvé (2}. Or , alors le traitement intérieur anti-rachitique pourra être d'autant plus utile , que l'ossîfio cation des os du crâne sera' moins avancée ou que le sujet sera plus jeune.

(G) Le vice herpétique, réuni «novice scrofuleux ou vénérien , etc. , peut également, produire des impressions fa-* nestes sur le cerveau et les nerfs , et causer ainsi l'épilepsie contre laquelle on a alors utilement recouru aux remèdes ' généraux , particulièrement à l'usage intérieur et extérieur du soufre sous diverses formes , seul ou combiné à d'autres remèdes. On a surtout conseillé et non sans succès, en .pareil cas, le voyage aux eaux minérales sulfureuses des Pyrénées ou autres, tant pour les prendre en boisson que pour s'y baigner. On a vu des personnes qui ont été atteinte» d'accès ëpileptiques après la disparition des dartres, de' quelque partie extéricui^ du corps , et d'autres qui ont été guéries lorsque ces dartres ont reparu.

Avec quelle prudence ne doit*on donc pas traiter cette maladie , surtout à l'égard des topiques qui peuvent en faire disparaître les éruptions lorsque leur existence à la peau est le vrai préservatif de l'épilepsie. Nous avons vu plusieui'S mar

(i) De VEpilepsie , pag. 261 et suiv.

(3) Voyez plus hftut les Ohs» avec autopsie, et la Dissert, de Boretmsi Je epilepsia ex depresso cranio. Hallbi, Colkct, pathoL, 1. 1, p. 64.

ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC d' AUTRES MALADIES. 29I

lades atteints de dartres depuis long-temps , qui ont voulu s'en £dre guérir par des douches , des bains de vapeur , etc. , et qui ont éprouvé ensuite des attaques d'épilepsie dont' elles sont mortes. On en trouvera la preuve en lisanj; nos observations ntr l* apoplexie (i).

Que de maux cette rétropulsion herpétique n'a-t-elle pas produits ? et pourquoi i'épilepsie qui survient si souvent dies des sujets trop sensibles n'aurait-elle pas lieu j et avec î&tefisité , chez ceux qui ont fait usag*) des remèdes propres à Caire rentrer les dartres?

Quant aux accès d'épilepsie qui surviennent après des empilons dartreuses qui ont disparu, même sans aucun traitement, on en a plusieurs exemples. £n voici un rap-» porté dans un de nos derniers journaux de médecine (juillet 1822).

Un domestique , après s'être fait traiter par des topiques contre des dartres dont il était tourmenté depuis long-temps, fut saisi d'un accès d'épilepsie en voulant donner le bras à sa maîtresse pour descendre de voiture ; mais venant ra-^ pidement à perdre connaissance , il tomba sous les roues qui passèrent sur ses deux cuisses sans qu'il ressentit la moindre doultt^ur. L'accès étant fini , ce malade ne se rez* souvint plus de rien (2).

Je n'ai pas perdu de vue le vice herpétique et autres vices dans mes ouvrages sur la, phtTusie pulmonaire ; sur le rachi-^ tinne; sur les maladies héréditaires ; ni dans ma clinique dans le traitement de diverses maladies , particuUèrement odles avec des convulsions, parmi lesquelles I'épilepsie doit être éminemment comprise.

Une fois que le vice herpétique est ponté sur le cerveau ,

(1) Art. xxviii, p. a47'

(a) FoyezâdinB les recherches et observations de M. Maisonneuve , pag. 175 , rhistoire d'une é[niepsie survenue à un homme de trente-deux OBS y après la gaérison d'une teigne par la calotte , et qui revînt «près ua iridkent accès de colère. Cette épilepsie a continué six ans , nonobstant divers traitemens dans Thôpital de Bicctre , et continuait encore quand M. Ma'uonneuife a publié bon ouvrage.

292 ou CARACTERE DE L EPILEPSIB

il est très-difficile et très-rare de pouvoir ]e ra{>peIeT à Ift peau. Il y produit sur cet organe dés désordres incurables, (t Je fus appelé, dit Tissot, il y a plusieurs années dans » une ville étrangère , pour un malade qui avait été con- » duit , dès le commencement de son mal , par trois méden cins des plus éclairés, et que tous leurs soins ne purent M pas empêcher de mourir cruellement. 11 avait assez ordi- » nairemcnt au front une tirés -légère dartre à laquelle il » n'am^ait dû faire aucune attention et dont il s'inquiétait » trop; il y appliqua la liqueur de satume de Goulard f|ui » fit disparaître lé mal et le jeta dans des maux de tète » atroces, accompagnés quelquefois d'un peu de délire, >» d'autffes fois de légers mouvemens ,con\^ulsifs. Au bout de >• quelques mois , la violence du mal le fit tomber dans une » espèce de stupeur mcléc de momens d'inquiétudes; et » après sa mort Ton trouva tout en très-bon état dans le » cadavre , excepté le cerveau qui était en partie durci et » gonflé. L'on avait bien cherché dès les coraraencemens à M rappeler la dartre ; on avait bien fait. des écoulemens ar- » tificiels ; on ouvrit même un séton en ma présence ; tout » avait été inutile , et cela n'arrive malheureusement que M trop souvent, surtout si l'on s'endort sur les eommeno> cemens du mal et si on laisse former les premiers germes » du dérangement de l'organisation j qui fait alors des pro- » grès rapides. >» (Tissot, de V Èpilepsie , p. 268.)

Kous concluons qu'il faut toujours craindre toute espèce de répercussion des éruptions dartreuses à la peau , et qu'on doit faire précéder le traitement interne approprié à toute espèce de traitement externe quand il peut tendre à faire refluer le vice cutané dans Tintérieur ; et ^i cela a déjà lieu , il faut alors , après tous les exutoires et autres moyens externes propres à rappeler les éruptions à la peau , prescrire intérieurement les divers dépuratifs appropriés.

Quelques médecins , .Barbette principalement , ont vanté alors le lait d'ânesse dans lequel on aurait fait fondre une certaine quantité de savon d'Espagne ou de Venise pris à grande dose et peitdant long-temps , comme un excellent remède contre l'épilepsie {voyez Burserius , de Epilepsia,

KT DE SES IMTFÉRENCES ATEC d'aUTBES^ MALADIES. 7éQ3

jMg. 79); dans celles surtout qui proviennent de quelque cachexie acrimonieuse. Le savant Barthélemi Beccari , professeur de Bologne ^ a reconnu les heureux e£fcts de ce iraitement de Tépilepsie; je n'en parle ici que parce qu'il a eu de la célébrité , des patrons recommandables , et parce que y loi*squ'il Vagit d'une maladie telle que l'épilepsie, dont en dernier résultat on connaît si peu la vraie nature et le traitement , de certaines espèces surtout, on ne peut s'empêcher , quelque répugnance qu'on en ait, de prendre en conndération des remèdes vantés par des hommes connus par leur grande expérience.

(H) Nous ne passerons pas sous silence les épilepsies qui ont été la suite du vice psorique dont réruptibn n'avait pas été complète ou à laquelle on avait nui par un mauvais traitement. On en a consigné dans les écrits plusieurs exemples (i) , et nous en avons nous-même recueilli quelrqaes - uns , soit avec des confrères dans des consultations orales , soit par des 'mémoires à nous adressés.

La gale a été plus commune en France que jamais pendant nos dernières guerres, et elle n'y a été que trop mal traitée , quelquefois par de vrais répercussifs ; aussi a-t*elle causé divers maux, parmi lesquels Vépilepsie doit être comprise. J'en ' pourrais citer des exemples . assez nombreux , mais je me liornerai à faire mention du suivant : le docteur Viguié, . miédecin distingué de Rouen , ayant été consulté pour un jeune homme de dix-huit ans devenu épileptique par la rétropulsion du vice psorique ,. apprit du malade qu'il ressentait un froid glacial au milieu du fronts par lequel il était averti de l'invasion de l'accès. M. Viguiè s'appliqua à guérir le vice psorique, et l'épilepsie disparut en même temps.

Les vésicatoires promptement apposés sur diverses parties <lu corps , les sulfureux pris intérieurement et combinés avec les remèdes anti-épileptiques ont été très-salutaires contre de légers accès d'une épilepsie commençante, après des éruptions cutanées psoriqu es rentrées, mais souvent de nul effet lorsqu'ils

(1) Diclion, des Sciences rnéd. , tt xii, p. 524.

094 DU CABACTiRE DE l'ÉPILEPSIS

«talent violens et que l'^pilepsie était invét^r^e , oumèni^' lorsqu'elle était réunie à d'autres vices , au vénérien surtoQt; que le mercure seul ou ses préparations pouvaient guérir.

l'ai deux fois inutilement fait mettre la cbemise d^un gt^ )eùx à un épileptique dont la gale avait été traitée avec de l'eau de Goulard et en avait opéré la rétropulsion. La gak survint en effet , mais sans porter aucun amendement à Fé^ pilepsie ; peut - êti*e que , si cette espèce d'inoculatipn avait été faite peu après la rétropulsion de la gale , elle aurait produit un plus heureux effet ; et ce qui pourrait le faire croire , c'est que des médecins qui ont conseillé d'inoculer la Çale par le même moyen assurent en ayoir retiré le. plus grand succçs(i).

• (I) Quant aux épilepsies par le vice scorbutique dont les praticiens ont rapporté des exemples, je n'en parle ici que parce que ce vice est une suite fréquente des autres ou du moins dont ou ne connaît pas la cause première , pouvant cependant survenir lui*méme sans complication d'autres vices.

Quoi qu'il en soit, il faut aussi le combattre en ayant égard à ses causes , si on les reconnaît , par ses remèdes appropriés ou qui ont été le plus heureusement éprouvés , et les varier selon la nature de la maladie pendant un temps plus ou moins long , surtout s'il y a des taches brunâtres à 1^ peau et si les gencives sont sanguinolentes.

Le docteur fVincler cite l'exemple d'un accès d'épilepsîe qui fut suivi d'une goutte sereine. Ce médecin ayant reconnu un vice scorbutique , il le traita en conséquence , et le malade guérit de la goutte-sereine sans retour d'aucun âccè5 d'é|Hlepsie (2).

Les auteurs contiennent diverses observations relatives à

(i) Voyez Journ. de méd, , vol. lviii , p. 90 j tme observatioii anr tme ëpilepsie guérie par rinoculatîon de la gale , par M. Archambauu

(a) Collection académique, tom. m, p. 261. On trouvera aussi dans Touvrage de Morgagni [de Sed. et Caus, morb, ) , ainsi que dans VHist, anat, méd, de Lieutaud, plusieurs observations d'ëpilepsie survenue à des^ scorbutiques avec reç0hnais8ance d'altérations dans les os du crâne , daafl^ )e cerveau , dans les vertèbres spinales et dans la moelle épinière. ^

ET i^E SES Diryi&EifCEs A'vjsc d'autres maladies. 295

àtê «pUepsies complicpiiées d'un vies scprbutique heureusemeiit traitées par les anti-scorbutiques acidulés. Je pense qu'un long usage du sirop cmti-scorbutique dépuratif {réanion des amers » des anti-* scorbutiques et des mercuriaux) , dont nous avons publié la formule , pourrait aussi réussir si ce vice était compliqué du vénérien.

(K) Le vice rachitique doit être souvent aussi compris parmi ceux qui donnent lieu à l'épilepsie , soit qu'il affecte immédiatement et seulement la colonne vertébrale ^ d'où lui est venu le nom qu'il a porté pendant long-temps, soit .qu'il agisse .morbidement sur plusieurs ou sur la plupart des os (i). ^

On ne peut douter aussi que ce vice n'affecte les organes internes immédiatement quelquefois avant de porter ses effets sur les os eux-mêmes et d'autres fois secondairement»

Mais dans tous les cas il faut le prendre eu considération , tant pour le diagnostic que pour le traitement de l'épilepsie qu'il faudrait prescrire.

Bien n'est en effet plus commun que de ti^ouver cLcz les racbitiques des congestions stéatomateuses phosphatiques dans pu sur les organes internes , dont les fonctions ont été altérées- On en a reconnu particulièrement dans l'encéphale y dans la moelle épinière et dans lesnerfi eux-mêmes, surtout dans les ganglions. Malheureusement cette cause de l'épilepsie n'est reconnue que lorsqu'elle affecte les os en les durcissant, les ramollissant ou les déformant y. tantôt en diminuant leur volume , tantôt , mais plus rarement , en l'augmentant , surtout celui des os du crâne ou du canal spinal. 11 parait , quant à l'histoire de l'épilepsie rachitique , qu'elle n'a d'abord été signalée que chez les personnes dont l'épine était déviée ; nuis comme elle ne l'était que par suite de la mauvaise conformation des vertèbres, de même on doit placer parmi les causes de l'épilepsie le vice qui tend à troubler plus ou moins la régularité de ces os et ceux du crâne , cette cavité

( 1) Od peut voir à cet ëgard le résultat des ouvertures du corps qui se trouvent dans LietUaud, Uist. anal. méd. , t.' 11 , p. 588,

ag6 DU CARACTÈRZ DE l*ÉPILEFSfE

pouvant potu: lors être p}as rétrécie qu'il ne faut^d'où t&uke une compression de Pencéphale ou de celle du rachîs par suite des altérations des vertèbres qui constituent le canal spinal.

On comprend qu'en pareil cas le traitement de l'épOepsie est d'autant moins efficace que le vice rachitique a plus altéré les os^ le cerveau et la moelle épinière , qi^^l est plus ancien , et de plus que les malades sont plus âgés, leurs os ayant d[urci et pris de l'accroissement , au lieu que dans les enfans on peut facilement parvenir , par un traitement pareil , à détruire le vice rachitique au point que la nature puisse reprendre son énergie et compléter Tossification en àugmeiiftant le volume des os et par conséquent la cavité du crâne et du canal vertébral qu*ils forment. Ce n*est pas d'après de vaines théories qUe nous partons ainsi , mais d'après les résultats de nombreuses observations auxquelles je pourrais en joindre de semblables et relatives aussi à l'agrandissement de la cavité thoracique chez des phthisiques par cause rachitique; du bassin trop étroit chez des jeunes enfans , mal conformés , et qui s'est plus régulièrement agrandi , enfin des os trop ciourts qui se sont allongés en aidant leur acr croissement par le Vrai remède du rachitisme toujours relatif à la nature de son vice malhei^reusement très-difficile à reconnaître chez la plupart des sujets. Je renvoie à cet égard aux deux observations que nous avons rapportées ci-dessus, et qui ont été extraites de l'ouvrage de M. Salmade , sur les maladies de la Lymphe.

(L ) Zfe rhumatisme et la goutte sont une cause très-fré" quente de l'épilepsie , comme ils le sont d'un grand no/nbre d^utres maladies cérébrales , ainsi que de celles de la poi-r trine , des poumons , du cœur et du bas- ventre , en afifectant les divers organes qu'il renferme. On trouve dans les auteurs plusieurs exemples d'épilepsie survenue après le trop prompt amendement des accès arthritiques et rhumatismaux , o\k encore un plus grand nombre après leur prompte cessation. IS^ous ne les rapporterons pas , personne ne doutant que l'épilepsie ne puisse ainsi survenir. Mais ce qu'il y a de plus important à observer , c'est que plusieurs fois cette maladie a été guérie par l'apparition de la goutte ou du rhumatisme ;;

rr DE SES DirFÏREl^CES AVEC d'autres MAI.ADIES. 207

sans doale que ce succès a éjté opéré par le déplacement du vice acchritique qui a abandonné le cerveau en se transpor-* tant^oans le lieu où il s'est annoncé par des douleurs , etc. ^ ^t on il a reçu d'ultérieurs degrés d'élaboration.

On peut dire encore que les malades qui sont atteints de la goutte ou du rhumatisme sopt . quelquefois fort heureux lorsque l'une ou l'autre de ces deux maladies leur survient régulièrement. On pourrait citer des épileptiques qui ont éprouvé d'heureux changemens dans leur maladie lorsque des accès de rhumatisme ou de goutte se sont prononcés ; il est donc toujours utile de connaître l'existence de ces vices pour en tirer des indications favorables au traite-^ ment qu'il faut prescrire.

Plusieurs fois les accès d'épilepsie ont dimiùué en longueur , en intensité , ou même ont disparu totalement lors-* que le rhumatisme ou la goutte se sont prononcés. Cest ce que les plus grands médecins ont vu à l'égard de la goutte plus fréquemment. Observas^i et aliquotiçs in praùci^ dit f^an^Swiéten (i), materiam podagricam , nondum epilep^ siam vehementem fecisse , sanatam primo podagrœ pa^roxjrsmo, nec tota vita poslea redeuntem. Nous pourrions en dire autant du rhumatisme , d'après les résultats des observations plusieurs fois recueilUes par d'auti^s médecins.

J'ai vu un jeune homme âgé de dix - huit ans , fils d'un père très - goutteux ; il fut atteint d'épilepsie dont les accès étaient d'abord très-légers et très-îrréguliers. 11 lui survint une vive douleur au genou avec rougeur et chaleur à diverses reprises , durant chaque fois environ une douzaine de jours. Il n'éprouva plus d'accès épileptiques, et ceux de la goutte elle-même s'atténuèrent et finirent par disparaître (2). On attribua cet heureux effet aux vésicatoires qu on avait apposés sur la partie interne et inférieure des cuisses. Mais je crois que les douleurs au genou qui avaient

(i) DeEpilepsia, in aph. Boerh, » xo^S, tom. m, p. 423.

(a) Sauvages dit avoir vu deux épileptiques qui n^éprouvaieot aucua ^coès de leur maladie tant que duraient ceux de la goutte. DeEpilepsia, toDOt 1 , pag. 585.

sg8 vfo CAHACTiAC M h^imzmn

lieu pends»! l'intetTAUe des accès épilepdqiies poi^irtiak bien être comptés pour quelque chose. Aussi Toukis-je que Ton substituât aux vésicatoires un cautère sur le mème^ lieu de la cuisse. Je prescrivis ettsuitei^ ce jetme homme quelques remèdes intérieurs, principalement lequînqukia^ les anti^corbutiques, et un régime approprié. Il n'éprouta plus ni accès d'épilepsie , ni douleurs.

On doit donc , dans le cas d'une épilepsie par cause derhumatisme ou de goutte , employer tous les moyens cobhiis et bien éprouvés pour parvenir à rappeler ces deux ma-^ ladies dans les lieux où elles avaient leur si^e , par des synapismcs , des vésicatoires ou autres moyens éprouvés. Oûx prescrit ensuite à ces malades , s'il est nécessaire , les remèdes, dépuratifs et relatifs à la nature du vice rhumatismal eu arthritique qui domine chez euic , et dont l'épilepsie peut èut compliquée.

VIII. De T Épilepsie qui précède ou qui succède à lu mélancolie^ à Thystérie et aux maladies mentales.

Rien n'est plus fréquent que de voir des personnes atteintes de mélancolie et des femmes hystériques ^ éprouver de vrais accès d'épilepsie d'autant plus difficiles à traiter avec succès qu'ils sont compliqués de ces maladies.

Il parait en réfléchissant sur leur siège qu'il est tautôt dans la région épigastrique et tantôt dans le cerveau, primitivement on secondairement , ces organes ayant entre eux des correspondances mutuelles moyennantles ner£s, ainsi que nous l'avons prouvé' par le résultat des autopsies et par d'autres considérations en parlant du siège immédiat et médiat de l'épilepsie. Je crois que dans la mélancolie le foie , la rate et le système de la veine poi*te sont les premiers organes affectés, et que le cerveau ne l'est que consécutivement ; mais que presque toujours lorsque l'épilepsie survient , le cerveau l'est d'une manière réelle. Quant à l'hyslérie plus particuUèrement , la circulation du sang et l'action nerveuse sont ordinairement troublées dans les organes de la génération ; les

ST DE vSES DIFFilEKCES AVEC D'AUTRES MALApiIES. a^

menstrues éprouyenl de l'irrégulArité^ W plus scMivent eUes sontdiminuéesottAipptiinée», et il survient utiftpléthore dans la veine porte y dans le foie particulièrement , d'où résultent des ^Jtérâtions dans la circulation et dans la nature de la til6 f et par suite des affections morbides dans le physique et }e naoral des femmes. Il s'établit une pléthore des Tàisseaux iMdgttitts du cerveau ; cet organe s'affecte et Tépilepsie suT'» vient d'autant plus vite que cet organe est primitivement afiecté (i).

Ce ne sont pas encore là tous les maux physiques et moraux <}ttî peuvent survenir par l'influence des affections mélancoliques et hystériques sur le cerveau ; l'apoplexie , la frénésie , la Bianie, la paralysie, etc., en sont tantôt le prélude et tantôt la suite fréquente (2) ; ce qu'il y a de remarquable , c'est que souvent la mélancolie et l'hystérie sont portées à un triès-haut degré d'intensité sans que l'épilepsie survienne , tandis que d'autres fois celle^ se manifeste aux moindres annonces de la mélancolie et de l'hystérie , sans doute par la plus ou moins grande,sensibilité naturelle de l'organe cérébral (3), ou si l'on veut parce que la cause immédiate ou sa diaihese y existe avec plus dlntensité.

Dans ces circonstances le cours de la bile étant troublé , il l^it en résulter une molestation du cerveau et du système nerveux qu'on peut considérer comme l'une des causes prin<* cipales de l'épilepâe (4). Il y a long-temps qu'on en est pet-*

(ff) Suivant Odier (^Manuel de méd, prqt,, pag. 184 )$ un travad forcé de Tesprit , Pâ^e , qui accumulent le sang dans les veines et qui rend son retour au cœur plus dilEcile , peuvent être une cause disposante de Vépflepsie.

(d) On ne lira pas sans intérêt quelques observations à ce sujet , rapportées par M. le docteur Caimeii, dans un ouvrage qu^il vient de publier {de la Paralysie considérée chez les aliénés, etc., i vol. in-8. Paris, i8a6^ chez BaiUière , Libr»)

(3) On verra dam Morgagni {episu iXyde Epilepsia ), dans JVhytt^ foulages p atc. y que sur le très-grand nombre de fenunea hystériques, il en est peu qui deviennent épUeptiques. f^oyez aussi Tissot {de l'Epi' t^psie , p# 960 ) , Pomme ( Malad, nerv, ).

(4) Ou voit dans la lettre d^Hippocrate a Démocrite, qucce père de U

3bO DU CARACTÈRE DE L^iPIL£P9IF

suadé^ et qu'on a conseillé de diriger les voies curatiyes de cette espèce d'épilepsie pour opérer le dégorgement des or-^ ganes biliaires ( i ) .

Mais un des premiers points à observer alors c'est de déter'* miner si avant de prescrire les remèdes que Ton consid^e comme apéritifs et cholagogues y tels que le séné , l'aloës, la rhubarbe déjà célébrés pour rétablir l'excrétion de la bilt dans le canal intestinal , on ne doit pas commencer le traitement par détruire la pléthore si elle est bien prononcée, moyennant la saignée par la lancette , ou , chez les hommes , par les sangsues au fondement , et chez les femmes aux parties de la génération pour faciUter le cours des menstrues.

Il ne faut pas ignorer que très-souvent che^ les mélaneoUques le pouls est lent , quoique d'ailleurs la veine porte soit gorgée de sang. Mais alors le pouls est dur, plus rénit*tent , souvent plus inégal que dans la vraie faiblesse ou ady-« namie. 11 faut encore savoir que chez les filles ou femmes hystériques le pouls est serré , fréquent et petit , dur et irréguUer 9 quoique quelquefois leurs organes utérins soie;flt gorgés de sang. On s'occupe ensuite , la pléthore n'existant plus, tant à l'égard de la mélancolie que de l'hystérie, à prescrire les doux purgatifs pour détruire les causes qui peuVent produire la stagnation de la bile dans ses couloirs , et autres remèdes propres à opérer la dépuration de ce fluide, ou relatifs à la nature des engoigemens biheux. On y dispose quelquefois ces malades par des bains tièdes de loin en loin, et même quelquefois en réitérant les sangsues au fondement si de nouveaux signes de pléthore surviennent. On cV)nseille utilement aux mélancoUques les voyages aux eaux minérales pour rétablir les organes de la

médecine était persuadé que rimpression de la bile sur le cerveau était une cause fréquente du délire et des convulsions , ainsi que de Pépilepsîe. — Voyez dans Morgagni {epist, ix, et ailleurs) ses intéressantes obser* yations et remarques sur Pacrimonie que les sérosités épanôhées dans le cerveau peuvent contracter de la bile.

(i) Voyez aussi dans M. Maisonneuwe (p. ^7 etsuiv.) quelques remarques analogues à ce sujet qui paraissent importantes.

Et DB SES DIFFÉRENCES AVEO d' AUTRES BIALADieS. 3oi

faile dans leur état naturel ; pour jprocùrer d'agréables diversions à leur esprit morose^ et surtout un utile changement de séjour pour leur faire respirer un air salubre. Autrefois les Toyages aux eaux de Gransac étaient, en France, célébrés dans ces cas; aujourd'hui ce sont les eaux raiilérales de Yichy que l'on conseille le plus généralement t quelquefois cependant lorsqu'il y a trop d'éréthisme on préfère celles de Cha-teldon j Bains ^ Plombières, Ltuxeuil, non -seulement en boisson , mais encore en bains.

Il faut prendre garde de ne pas confondre chez les femmes i'épilepsie avec l'hystérie, aut vice versa ^ c'est surtout au commencement des accès épileptiques , ou lorsque leurs symptômes sont peu intenses, que l'on peut plus facilement faire de pareilles erreurs. Ce qui peut avoir trompé, dit Tissot (p. 4^) , c'est que quelquefois les accès complets d'épilepsie sont précédés long-temps à l'avance par des accès imparfaits qui ne paraissent qiv'une attaque de vapeurs i mais alors les femmes hystériques ne perdent pas connaissance complètement , comme le foBt les vrais épileptiques (i).

J'ai vu des femmes qui éprouvaient de si Violentes convulsions, une salivation si abondante et un assoupissement si profond, que j'eusse pu facilement confondre leurs accès avec ceux de I'épilepsie , si je n'avais appris de ces malades, quand elles avaient repris leur entière connaissance, qu'elles se rap-*> pelaient ce qui s'était passé autour d'elles pendant l'accès. Cest donc d'après leurs réponses à mes demandes que j'ai été convaincu qu'elles avaient conservé leurs sens , conséquemment qu'elles n'avaient pas eu un véritable accès d'épilepsie. Des médecins croient que les femmes hystériques ne supportent pas , pendant leurs accès, des irritations extérieures aussi violentes que les épileptiques pendant les leurs (2). Cependant je dirai que j'ai vu des femmes hystériques perdre leur sensibilité pendant leurs accès à tel point qu'aucun irritant n'a-

(f ) lÀeutaudf pour prouver que les femmes hystériques ne perdent pas toujours leur connaissance , dit que Punc d'elles donna un bon soufflet à un chirurgien qui la regardait de trop près*

(3} M. Maisonueuve a fait la même remarque , p. 4o*

303 t>Ù CÂRACTÈRI DE d'ÉPILEPSIÉ

vatt pu les exciter, et laquelle sensibilité leur est pîciiiemeiii tevenuc , et même au»deU de la naturelle , lorsq[ue leurs accès avaient tout-à-fait uni.

Les épilepsies hystériques sont souvent précédées d'un res» serrement du gosier , unsi que celles par des vers^ dans les voies alimentaires; cette épilepsieest aussi chez les femmes trè&-souyent réunie au défaut ou au trouble de la menstr*»» tion, et quelquefois elle en provient {i). Il faut alors di* riger ses vues vers le traitement à la faveur duquel on pourra parvenir à rendre aux menstrues leur régularité et leur quantité convenables.

Mais comme la menstruation est le résultat d'un eoncoun de plusieurs causes , et qu'il suffit que Tune d'elles existe poiff qu'il survienne un état morbide , il faut tâcher de la déeoiH vrir pour y obvier, autant que cela est possible, par ks moyens les plus appropriés , et toujours par ceux qui ne sont pas trop stimulans. Saunages rapporte un cas singulier à cet égard (2).

Une jeune blanchisseuse était sujette, dit -il d'après Itf docteur Coulas , médecin de Montpellier , à des accès éPé^ pilépsit qui survenaient après des cardialgies à l'approdie des règles. Cet état se prolongeait jusques à ce que les règles non interrompues eussent eu un certain cours. Les botdUoas délayans, les infusions de fleurs de camomille , les pédiluvesj les fomentations émollientes , les demi-bains tièdes non-'Seu* lement ne réussirent pas , mais parurent nuire , surtout les demi-bains. Le docteur Coulas conseilla l'extrait de jusqniame à la dose d'un seul grain (3) , et il n'y eut plus ensuite d'accès d'épilepsie |ii aucune cardialgie , mais les règles ne

(i) Les auteurs en contiennent un très-grand nombre. Voyez Pouvrage de Tissol\c^ sujet, ainsi que celui de M. Maisonneuve^ p. a49>

(2) Nosct* Meih, , class. n , fluxus, art. ^i , hœmorrhagia ^'iom* ii) pag. 3o6.

(3) Et uno grano swnpto nidlus super uenit epilepsiœ accessus. On craignait alors de prescrire ce remède à la dose que nous le donnoni àt nos jours. J'ai connu le docteur Coulas qui était d'une très-grande espérance , mort jeune au commenoement de mes études médicale! à Mont* pellier.

ET DE SES DIFFéBEirCEjS AVEC D^AUTRES MALADIE^. So^

Irevinren^ pas. Cependant comme la jeune malade avait remarqué qu'elles lui étaient venues plusieurs fois lorsqu'elle avait plongé ses pieds nus dans l'eau froide dujleus^e , le docteur Coulas y prenant cela pour une indication , crut devoir prescrire^ aa malade des fomentations avec des linges mouillés dans de l'eau froide sur le bas-ventre et sur le pubis, et

- comme ce traitement lui parut réussir , ce. médecin conseilla des demi-bains d'eau froide, qui produisirent ainsi un écoulement des règles -suffisant et tel que les accès épileptiques n'eurent plus lieu , et que kt malade en fut guérie et mieux réglée.

Voici un autre exemple d'épilepsie heureusement guérie par le rappel du flux menstruel avec une autre espèce de traitement.

M. Maisomeui^ dit(^ VÉpilepsie, pag. 87 et suiv,)^ ^fitèê JBqffman j qu'une épilepsie survint à une jeune fille

/de dix -huit ans, dont les règles avaient été supprimées par une chaufferette remplie de charbons ardens. Pour en rétablir l'écoulement , un médecin , avec lequel Hoffmaa était appelé en consultation , prescrivit l'essence de myrrlic et dé safran unie au muriate d'ammoniaque et à la poudre des baies de laurier. L'agitation horrible Ijui survint après avec d'autres s|^ptomes graves déterminèrent Hojjfman à conseiller une saignée du pied qui les adoucit , mais |i'em«pécha pas que d'autres accès d'épilepsie ne revinssent. Hqff'nuut prescrivit une seconde saignée du pied, ensuite des Joules toniques pendant quelque temps , pour fortifier le bas^yentre et pour provoquer les menstrues , sans négliger des pédiluves, des bains de siège émolliens et des eaux minérales : cette fille fut ainsi guérie.

Parmi les affections mentales qui affectent le cerveau ,1e plus grièvement on a signalé la peur , et l'on en a rapporté une infinité d'exemples les uns plus frappans que les autres. Plusieurs ont pu être attribués à la fatale habitude qu'ont les femmes des campagnes et quelquefois celles des villes de faire aux petits enfans des contes sur des sorciers , des fées, des spectres, des revenans, etc. , qui ont apparu et qui leur ont fait des maux divers. L'observation que rap-

âo4 Dt; CARACTÈRE DE L^ÉPILEPSÎE

porte M. Maisonneus^e mérite d'être rappelée par sa siiigtH larité.

<c Ilenry François T... , âgé de cinquante ans , d'un teni'U pérament robuste , caractère doux et qui paraisssait peu susceptible de vives impressions , né de parens d'une bonne constitution, puisqu'ils sont parvenus à une grande longévité , avait joui d'une bonne santé jusqu'à l'âge de quatorze ans , lorsque son imagination fut frappée de l'idée des fantômçs nocturnes , dont il l'avait été plusieurs fois dans son enfonce. Il eut un premier accès d'épilepsie (l'auteur ignore s'il survintpendantlanuit ou pendant le jour) , et huit jours après un autre accès jusqu'à l'âge de quinze ans. Les accès se renouvelèrent tous les huit ou quinze jours , malgré un grand nombre de saignées tant du bras que du pied. Cependant ils finirent par diminuer considérablement en intensité et en fréquence. Cet homme a continué de se faire saî« gner tous les ans une fois jusqu'à quarantc*-neuf ans ; il est possible , dit M. Mazsonneuvfe , qu'il doit à ces saignées la diminution de ses accès qui ne venaient que tous les mois depuis plusieurs années. La même chose a lieu depuis son entrée à Bicetre il y a un an et demi. Rien ne lui indique l'approche de ses accès , il tombe en poussant un petit cri ^ s'agittc un peu , ses bras se contournent , il y a écume à la bouche. L'état des yeux et du visage n'a pas été remarqué. A peine se sent-il , après l'accès , la tête un peu embarrassée, il peut reprendre son travail : cet homme est barbier et rase la plupart de ses camarades. Jamais, a-t-il dit à M. Mai-' sonneuve^ ses accès ne l'ont pris pendant qu'il rasait (ce qui est fort heureux pour ceux qui en ont besoin) ; il jouit au reste de la meilleure santé , quelques excès de vin auxquels il se livre de temps en temps n'ont pas eu d'influence sur ces accès (î). »

Plusieurs fois on a remarqué que le souvenir seul de la cause du premier accès en avait produit un nouveau. Varias viéten en a cité un exemple. Un enfant, dit-il (2),

(i) Maisonneuve , épUepsie spontanée y obs. ni, p. 77. (2) In Boerhaat^ii, de Morh, cur,, aphor. 1 17$.

£*r DE SES DIFF^REKCES AVEC D^AUTRES MALADIES. 3oS

lut saisi d'un accès d'épilepsie par la seule peur qu'il eut d'un chien. Cette même peur lui revenait à chaque accèâ, et quelquefois la seule vue d'un pareil animal lui en causait un plus ou moins Tiolent. Cependant plusieurs fois la peur a ëtë suivie plus ou moins vite d*un accès d'épilepsie.

Voici un exemple , bien remarquable par ses circonstances , d'uue épilepsie survenue après la peur , et qui est ex-» trait des ouvrages de Dekaen (i).

Un enfantde six ans, très-sain, fut tellement saisi de frayeur par un gros chien qui s'était jeté sur lui , qu'il en éprouva des convulsions pendant trois jours et qu'il eut ensuite des accès d'épilepsie presque tous les jours, nonobstant divers Tdnèdes qu'on lui fit. Un seul , dont on ne connaissait paf la nature , avait un peu adouci les accidens de la malade , lorsqu'il fat saisi d'une nouvelle frayeur. Les accès furent pins nombreux. Il y en avait plusieurs dans le même jour. Cett dans un tel état que ce jeune enfant fut conduit à l'hôpital de Vienne, dont la direction était confiée à Dehaen. Ce grand médecin lui prescrivit d'abord à son domicile l'usage du phy- ou de la valériane (a), sans. qu'il y eut dans la nialadie le plus léger amendement ; au contraire , les accès devenaient plus violens.

Pour mieux traiter cet enfant , Dekaen voulut qu'il fût admis dans son. hôpital même , afin de l'avoir sous ses yeux. Il fut constaté que plus de vingt fois par jour les accès épileptiques s'annonçaient par leurs premiers S3fmptômes ; mais qu'ime ou deux fois seulement ils étaient complets , en y comprenant ceux de la nuit. Le castor à haute dose ne produisit aucun heureux effet, et il en fut de même à l'égard des remèdes qui répandent une odeur fétide. Les accès de l'épilepsic continuèrent avec la même violence , mais avec de nombreuses variations, tantôt avec des convnlsions dans diverses parties , inclinant son corps en avant {emprosthotonos), tantôt en arrière (opisthotonos). L'enfant portait quelquefois ses mains avec, une telle force sur sa

(i) Ratio medendiy totn. ii| p. ^91*

(a) Dehtmn dc dit pas sous qucUe forme <t n'indique pas la quardté»

3o6 DU CARACTÈRE DE ï/ÉPILEPSIÈ

poitiine ou à sa tête , qu'il fallait des aides pour le maintenir et l'empêcher de se faire du mal. Une sueur fétide accom*pagnait l'accès ëpileptique , et elle était si copieuse , que sa chemise et les couvertures de son ht en étaient inouil<lécs. Cette excrétion était cependant si visqueuse , que le corps de ce petit enfant était couvert d'une espace de glu. Il poussait des cris perçans , hurlait, rugissait, gémissait; son visage était horrible , tt fréquemment il y avait un écoulen^ent d'urine. Cependant le jeune malade allait pins mal de jour en jour. Des signes d'une extrême raréfaction d'humeurs survinrent et étaient annoncés par une légère hémorrhagie du nez. Je savais , dit Dehaen, d'après sa mère, que les accès les plus violens que son enfant avait éprouvés avaient été ainsi annoncés. Cependant le mal étant de plus en plus intense , nous fîmes pratiquer deux saignées du pied. a Nous délayâmes et modérâmes le sang, mais avec le regret » de voir la maladie empirer au lieu de diminuer , comme » nous l'espérions. Cependant comme on s'instruit tous »» les jours, «attentifs de plus en plus à l'état de l'en- »» faut, nous remarquâmes que les accès qu'il éprouvait » <^and il était couché et plongé dans un profond sbnt- » meil , ce qui était très-fréquent , étaient plus nombreux s> que ceux qui lui survenaient quand il était assis ou qu'il - » ne dormait pas. Nous conseillâmes de le maintenir sur » son siège et d'occuper son imagination de divers objets ' » agréables. C'est ainsi que peu à peu ses accès furent plus » rares. » Bien plus, Dehaen observa que jamais ils n'étaient survenus pendant la veille , mais toujours pendant le sommeil ; et de plus encore , que ce sommeil était tumultueux et stertoreux : d'où ce grand médecin augura que si on le rendait plus doux , ou semblable à celui qui est naturel , on pourrait peut-être diminuer d'abord la violence de l'accès , et enfin l'empêcher de survenir. Mais n'était-il pas à craindre qu'en ordonnant quelque hypnotique, on n'augmentât plutôt la gravité du sommeil qu'on ne la diminuât ; que l'enfant n'y succombât ou qu'il restât stupide. Dehaen ne fut pas arrêté par cette crainte. Il prescrivit d'abord l'opium à très-petite dose ; le sommeil n'eu

ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC D* AUTRES MALADIES. • Soî

fut pas plus profond , et cependant il parut faire qudque bien. La dose en fut progressivement augmentée, et le paroxysme épileptique n'eut pas lieu . C'est ainsi que ce grand naédecin procura à l'enfant un bon sommeil au lieu de FassoUpissement profond qui lui était si funeste : Alacreni j sa^ num^ salutavimus i matri reddidimus (i).

Mais le bon état fut changé en un autre de tout autre genre et très -grave. Cet enfant, après trois mois d'une bonne santé , fut reconduit à l'hôpital pour y recevioir les soins deDehaen. Il était atteint d'une tumeur à Taine , qui laissait quelques doutes sur sa nature. Était-^ce une hernie ôii était-ce une tumeur de toute àutte espèce ? On conseîHa ' de la recouvrir d^abord avec un cataplasme émoUient. L'enfant fut renvoyé à sa mère ; mais celle-ci , peju .de . jours après, apprit à notre illustre médecin que son Ûis avait péri d'une dysenterie.

On reconnut, par l'ouverture du corps ^ qtie la tom'euif qui s'était formée à l'aine était un très - grand abcès. Où observa aussi qu'il y avait au milieu du nerf diaphrag--^ nuUique un nœud dur et circonscrit j et qu'il y en avait un autre semblable à Vextrémité de ce même nerf^ près du diaphragme (2). Les couches des nerfs optiques étaient émacîees. Dehaen ne parle plus de l'état du cerveau j ce qui est très-étonnant. Il n'ose , et avec raison, décider si l'épilepsie de cet enfant était secondaire à l'impression mor^ bide que l'affection mentale , la peur extrême du chien j avait faite sur l'encéphale, ou si celle-ci n'avait été que secon* daire à l'altération du nerf diapliragniatique. En effet , l'une et l'autre ne pourraient-elles pas avoir lieu \ mais dans tous Jes cas on ne peut s'empêcher d'admettre une affection morbide du cerveau visible ou invisible qui avait produit l'épilepsie.

Plusieurs auteurs, fVillis, Tissot, Pinel, Esquirol , et surtout Maisonneuvc , ont rapporté des observation^ sur des épilepsies survenues après de fortes affections de

(1 ) Rai. med. , 1. 11 , pars, v , cap. iv , p. 293. (2) Ubi in diaphragma ttbit^ru9 erat. Ibid.

3o8 DU CARACTÈHE DE l'ÉPILEPSIE ^

Tâme par ta frayeur particulièrement. Nous indiquerons en iîOl« vingt observations (i) de ce dernier médecin et bon observateur.

Kous dirons relativement au traitement de pareilles épi- Icpsies dans lesquelles la raison est troublée , qu'il faut , au-

(i) La première pendant la grossesse ; obs. ii, pendant IV-coulement des f èglés , qui ont toujours continue ; ohs. m et iv , par peur dont les accès eoïiicîdaient avec lés règles sans aucun trouble en elles ; obt. v , accès qui oonxapondent d'abord aux règ^s et qui se rapprochent lorsque les nglM - manquent; obs» vi, accès qui n'éprouvent aucun changement, quoique les nèflies soient suspendues ; obs. yii , causée par une crainte réfléchie , sus* . pendue pendant un an , par l'espoir d'une situation plus heureuse , revenue par la perte de cet espoir. Là obs, vixi a pour objet une épilepsie causée par la |>einr, qua n^ont modifiée d'aucune manière, ni l'établissement des règles^ ui le mariage , ni la grossesse , ni raccouchement , mais qui a été en»* pendue pendant la durée d'une fièvre quotidienne, la obs, m ccmcoPM tine épilepsie causée par la frayeur , et dont lea accès sont renouvelés aurtout par des mouvemens de colère. JJobs, x a trait à-une épilepsie , dans une fiËe , causée par une violente peur, que l'établissement des menstrues ne modifie pas. Obs. xm , épilepsie par la même cause , dont les règles paraÙBcnt avoir rapproché les accès. Obs, xiv , épilepsie par la peur dans une 6l\e de aîx ans, dont les accès ont continué jusqu'à 1 7 au5, aans apparition des règles , époque à laquelle cette observation a été rédigée par M. Maisonnenve. Obs. xv, épilepsie par la peur, à l'âge de douze ans, suspendue pendant quinze mois , après l'éruption des règjes , et rappelée ensuite par l'irrégularité de la menstruation. Obs, xvz et xvii , par uqp peur aiugolière , pour avoir cru voir dans le soleil une grosse tête noire. Obs. xviii , épilepsie parla peur, dont le vin parait rapprocher les accès» Obs* XIX , dont les aôcès ont été plus fréquens dans la pleine lune. Ob^* XX , épilepsie par la peur et dans laquelle on remacqua de grands et de petits accès. ,

Tontes ces observations sont également intéressantes et prouvent que si la pear produit l'épilep&ie , celle-ci peut aussi éprouver des difi^cencef infif^^eut sombreusea , selon les effets qu'elle a produits sur l'organe affecté , et selon aussi la disposition générale > physique et morale des malades. San& doute que la femme dontparje Tissai ( p* 4^ ) > quoique au coni' mencenient de sa grossesse , était dans un plus heureux état, puisqu'elle contempla at^ec délices un épilcptique dans l'un de ses accès; mais cet exemple n'infirm'f en rien oeux rapportés par les auteurs, relatifs à des épi- Itfpaies eausées par la peur. (Voy. ci-dessua, les autopsies,) Ob. trouve une observation d'épilep&ie causée par la frayeur dansTouyrage intéressant que vient de publier M. le doctqur -Co/m^ (dç (a Paralysie considérée chez les aliénés, p. 35i).

Et DE SES PIFFÉREUCES AVEC d'aUTR^ MALADIES. 300

tant qu'on le peut, ainsi que Tissot Ta recommandé, re* courir à Tusage des parégoriques opiacés pour calmer les moufvemens tumultueux qui ont lieu 4^n$ les affectiops de rame. Mais l'opium ^ que Morgagni a. recommandé après S pi gel , pourrait être nuisible s'il y avait une pléthore sanguine ; on devrait alors y suppléer par l'extrait de jusquiame à {dus haute dose On y réunit les boissons adoucissantes et rafraîchissantes anti-spasmodiques , les bains tièdes , les la? veoiens émolliens , même une petite saignée (i).

Après avoir procuré du calme à ces malades^^ilne faut pas négliger de leur prescrire les remèdes capables d'atténuer , et de détruire la cause de la maladie , si l'on est assez heureux de la connaître y sans ce^er de prendre en considération la di^K>sition de l'individu malade.

Quel vaste champ aux recherches des remèdes i)ui péu^v vent être prescrits , ainsi que pour ceux dont il faut soigneur ' sèment s'abstenir !

IX'. De VÉpilepsie hjdrophobique ou rabifique^

n est certain qu'aux symptômes caractéristiques d6' Yépi'^ lepsie, se sont quelquefois réunis ceux de Thydropho^Mev maladie dans laquelle il y a de la difficulté et de la tépVÊ^' gnance à boire les liquides , ainsi que l'envie de moindre divers corps, très-rarement des hommes. S'il y en a des exemples , c'est sans doute parce que ces malades troaveiK alors une espèce de soulagement à dégorger ainsi le» geifcfrcs, la membrane buccale et les glandes salivairé^ ; t'est cette envie de mordre qui constitue la véritable épilepsîerabifique , qu'il faut distinguer de la simple hydrophobie (a^.

Oit a été frappé que de tels malades aient voulu m^M-dre des hommes, ou même qu'ils en aient réellemcniH rafordd*. Mais je ne pense pas que ce fût dans îles rues setilè^ënt

(i) Il est étonnaot que JSurserius , qui nous a donné un si bon précis sur Tépiiepsie, u^ait pas fait quelques remarques sur les inconvénîens de la pléthore sanguine lorsqu^on prescrit Topium.

(a) Voyez notre ouvrage sur la rage , publié en 1 779.

3lO DU CARACTÈRE DE L^PILEPSIE

hostiles , ce serait principalement pour diminuer la sensation douloureuse qu'ils éprouvent dans la bouche, dont les membranes et les glandes sont pleines d'une sahve stimur lante , puisqu'ils mordent également les draps et serviettes, et que quelquefois ils se mordent eux-mêmes.

fandellî j Lapejrronie , Sauvages , Burserius , et en dernier lieu M. Trolliet , médecin de THôtel-Dieu de Lyon , ont cité des exemples à-peu-près semblables de l'épilepsie hydrophobique. On doit cependant observer que Thydro-

1)hobiê a eu Ueu plus souvent que l'envie de mordre chez es épileptiques , et encore plus que ces malades avaient mordu réellement leurs semblables .

Butserius a heureusement traité par le mercure doux plusieurs malades atteints d'épilepsie après la morsure faite par un chien enragé, afin de les préserver de l'hydrophobie. Il fit faire usage de ce remède à l'un d'eux pendant plus de trente jours , et il le guérit : sanatum videre contigit (i).

p existait à Lyon , au rapport de M/ Trolliet , au moment où il pubUa un très-bon ouvrage sur la rage (2) , « il existait, » dit-il , dans l'une des salles confiées à mes soins , nnCr fille n Agée de vingt^sept ans , épileptique depuis six ans, dont » les accès ont été si violens, qu'ils étaient accompagnés » de convulsions , d'envie de mordre , et elle a mordu plur » sieurs personnes ; de cris d'horreur pour les boissons , de M perte de connaissance et de salive écumeuse : ses attaques M moins violentes sont maintenant sans envie de mordre et » sans éloignement pour les boissons. » M. 7>c7///e/ ajoute «ç qu'il a vu des phrénétiques refuser de boire , en s'agitant » avec violçnçe , chercher à mordre , crier , délirer et avoir » les lèvres couvertes d'écume. Quelques-uns guérissent par » l'emploi 4e fortes saignées et d'un traitement anti-phlo- M gistique ; d'autres succombent en peu de jours. »

Cesç|bservations nous paraissent d'autant plus intéressantes que nous avons connaissance de quelques malades atteints

(i)- BuRSKRius , de Epilepsia , cap. yiii , p. 73.

il) TrollibT; npuvcau traité de la rage , p. 237 , Lyon , 183Q.

£T DE SES DIFFERENCES AVEC d' AUTRES- MALADIES. 3l t.\

da cephalitisy qui. ont éprouvé de vrais accès d'épilepsie ,. dont l'un a été hydrophobe , mais sans envie de xnordre. Nous avons vu une semblable horreur pour la boisson survenir chez une demobelle qui souffrait d'une hépatite (i) des plus, violentes : elle guérit cependant avec la maladie qui Toccasionait , principalemjent par les. saignées. On pour-, rait trouver dans les auteurs diverses observations à-peuprès semblables sur des épilepsies a\%c envie de mordre , accident dont la plupart des malades étaient déUvrés lorsque la salivation survenait.

"Voici une autre observation qui. me paraît remarquable.

Un vitrier^ demeurant rue Saint-André-des-Arcs , âgé d'environ trente-cinq à quarante ans , fort et vigoureux , fut mordu au petit doigt d'une main , à la suite d'une orgie , dans une dispute qu'il eut avec un de ses compagnons de cabaret. H n'y eut cependant aucune solution de continuité ; seulement aperçut-on une ecchymose noirâtre, sans ouverture apparente à la peau , ni transsudation sanguine extérieure. Toutefois des douleurs horribles survinrent dans la partie mordue , et s'étendirent dans tout le bras. Le même côté du. corps fut aussi bientôt très-douloureux avec des convulsions du bras qui parurent tirer leur origine du petit doigt mordu ,, et contus. Lés muscles releveurs de la mâchoire , ceux de la langue et du pharynx furent aussi atteints de convulsion , au point que le malade ne pouvait plus avaler les liquides.. Il pouvait cependant avaler les alimens solides, mais ce n'était qu'avec peine et avec grincemens des dents.

Les convulsions et les douleurs se calmaient par intervalles et revenaient subitement plus ou moins vite , toujours avec perte de connaissance. La bouche se remplissait souvent d'une salive écumeuse à la suite de ces violens accès q\u' étaient ainsi plus ou moins complets et rapprochés, en devenant de plus en plus intenses. Ni les saignées , ni les antispasmodiques , ni les bains , ni les remèdes externes opiacés

(i) Voyec notre Anat. mc'd. , t. iv. On peut encore lire notre petit ouvrage sur tarage, dans lequel on trouvera plusieurs autres exemple! d'hydrophobie survenue dans des maladies inflammatoires.

Si a DV CâRACTÈRE DE l'ÉPILEPSIX

QU autres anodins , la cautérisation même du doigt nuurdii ^ ne furent d'aucune utilité. Le malade périt le cinquième jour , malgré tous les secours que nous lui avions donnés j arec MM. les docteurs Capuron et Martin , médecin ordinaire du Roi. On ne put &ire l'ouverture du corps » les parens s^y étant formellement opposés.

Cette observation est très-remarquable : on trouverait , jie crois, difTicilement dans les auteurs d'autres exemples d'épilepsie réunie à l'hydrophobie et peut-être à la rage , sans solution de continuité, comme celui que je viens de rapporter. J'ai du regret que l'amputation du petit doigt n'ait pas été pratiquée dès les premières douleurs que le malade dont nous venons de parler a éprouvées.

X. De VÈpilepsie héréditaire , de celle qui est cannée, et de celle gui provient des nourrices.

(A) Rien de plus commun que de voir des personnes éprouver des accès d'épilepsie dont les pères et mères et autres aieux avaient été affectés de la même maladie. Gela est si fréquent, que je ne révoque pas en doute que Vépilepsie ne se transmette , le plus souvent, de cette manière dans les familles , comme un grand nombre de faits connus le démontrent (i).

(i) TiflSOT (p. 28 } admet cette hérédité avec quelques exceptions. Zacutus Lusiianuê rapporte Thistoire dW père épileptique qui eut huit fils épileptiques dont les enfans furent aussi sujets à la même maladit ( obs. 33 , lib. V ). D^autres médecins ont été si convaincus de la transmission de cette maladie dans les familles , qu^ils voudraient , pour Té* vîter , qu'elles vécussent dans le célibat* Tissot a aussi cité des exemple! sur celte transmission {^de VEpilepsie, p. a8). Ce savant médecin a anssi reconnu que Tépilepsie pouvait , si elle ne se transmettait pas immédiate nient aux enfans , se manifester aux petits enfans. Bnerhaat^ ( aph» 1075 ) avait dit auparavant que la transmission de Tépilepsie peut avoir lieu dans le pctit-iils sans s'être manifestée dans le fils. ( Voy . notre DiS' ^€^t, stêT les maladies héréditaires et noire u4nat, méd. , Jt. iv, p. 75.)

ET PE SES DIFFlblElirCES AVEC n'AtlTHES^ MALADIES. 3l3

Cependant lorsqu'on cherche la cause de eette transnÛ8<> sion , on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'elle est pleine de difficultés pour la découvrir, insurmontables meine (i)^ puisque très-souvent on n'a reconnu aucune altération dans le cerveau de tels enfans dont les frères , leurs pères ou leurs aïeux avaient été atteints d'épilepsie (2).

Nous avons précédemment cité Fouverture du corps d^un enfant y faite par M. Andravi, qui ne trouva aucune trace d'altération dans le cerveau ni ailleurs, quoique deux autres ^ tok frère et une sœur , fussent morts d'épilepsie.

On ne peut nier que le vice scrophuleux , comme on l'a dit ci-dessus , ne soit l'un de ceux qui se transmet le plus souvent des pères aux énfans , soit que Ton con^dère la conforma* iion extérieure du crâne de ceux-ci , et qu'on la compare à celle des parens , soit que l'on prenne en considération les maladies diverses par le vice scrophuleux^ comme l'intunie»* cence des glandes lymphatiques , ou celles dont ce vice a été le résultat , et qui se sont aussi souvent propagées dans les familles , soit encore que l'on réfléchisse aux altérations morbides reconnues par l'ouverture des corps dans le cerveau et dans beaucoup d'autres parties qui démontrent l'existence du vice scrophuleux. Aussi croyons-nous que s'il est quelque remède qui puisse être le jjlus généralement tayoràhk aux épileptiques de famille , comme curatif ou du moins conune préservatif , ce sont ceux qui ont été conseillés pour les scrophuleux ; particulièrement les mercuriaux réunis aux

(i) M. Saillant, notre ancien disciple, d'^abord docteur-régent de la FacuTlé de Médecine de Paris, ensuite prêtre et enfin évéque pendant la révolutioDj admettait trois causes de cette propagation : i o. un vice béréditaire ; a», upe impression sur le cerveau de Fenfaut par une passion de la mère f 3«. une disposition particulière de Tenfant. Il a fait de ces trois causes autant à!espèces auxquelles il en ajoute une quatrième , après Hippo" croie , l'abondance de Thumeur pituiteuse. M. de Maisonneuue croif que toutes ces espèces peuvent être considérées comme n''en faisanC qu'une. Cette réunion d'opinions sur les causes de cette bérédité ne donne pas plus de lumières sur la nature du vice béréditaire , ni sur son traîtement.

(a)Tbéopbile E^oket , Sepuic. anat. , obs, 38.

3i4 t)u caha'ctèrb de l*épilepsie

amers et aux anti*scorbutiques , ainsi que nous rayons sour^ vent dit , toutefois avec des précautions convenables , relativement aux enfans (i).

Nous ne nions pas non plus que d'autres vices analogues 011non réunis au scrophuleux , ne puissent aussi éti*e reconnus, pour une des causes de Tépilepsie héréditaire.

On conçoit que^ cette espèce d'épilepsie peut se transmettre avec le vice dont elle provient, aux descendans et ainsi de^ race en race , tels surtout que le vice psorique, le dartreux, etc., qui ne font souvent que disparaître plus ou moins de temps , pour reparaître ensuite en eux ou dans leurs successeurs , seuls , ou compliqués avec d'autres vices en diverses parties du corps. Ces transmissions héréditaires sont trop communes pour être révoquées en doute.

(B) Quanta ref/7z7ej9«> qu'on a surnommée connée (7) faxcequ'on a cru qu'elle provenait de quelque affection morbideque la mère avait communiquée à son enfant pendant la gestation (3) , elle est d'autant plus difficile à expliquer, qu'oa

(i) Voyez Tarticle relatif à Vépilepsie scrophuleuse,

(a) M. de Maisonneuve a rapporté , dans son ouvrage sur TEpilepsie, (pag. 5i et suiv. ) , sept observations aussi curieuses quUntéressantes sur VépUepsie cortnée, Nous nous contenterons de les indiquer par leurs titres, ii'c obsertf, , épilepsie cannée à laquelle l^s progrès de Page n^ont apporté aucune indication; ii« obs. , après une frayeur de la mère qui' était grosse ; dans une fille \ épilepsie qui n'a été apparente qu'à Tépoquede la dentition, qui est devenue plus intense à la cessation des règles, et a continué dans un âge très-avancé ; m*» ohs, , dont les accès ne se sont complétés qu'à l'âge de treize ans et demi , époque de la première érup— tion des règles , et qui diminuèrent ensuite à la cessation de cet écoule" ment ; iv' obs, , épilepsie connee dont une fracture de la cuisse gauche m^ paru amener le commencement , guérie et renouvelée à dix. anâ par U9^? peur, laquelle a toujours continué depuis j v* obs,, sur une épilepsie qu:^ parait connee , quoiqu'elle ne se- soit manifestée qu'à cinq ans , laqueliac^ a été guérie par l'opium à l'époque de la puberté j vi® obs., épilepsie conné^^ dont les accès se rapprochent avec Tâge j vu' obs, , suspendue pendan ^^ dix-huit ans, à dater de l'époque de la pubeiic/ revenue ensuite sans caus '^ connue. On voit par toutes ces observations combien ces espèces d'épié — lepsies cannées peuvent être variées.

(3) Van-S wiÉTEK, flp^or. de Boerhaaue y 1075.

ET DE SES DIEFÏRENCES AVEC d'aXJTRES MALADIES. 3l5

connaît peu la réciprocité de communication de ces deux êtres , l'anatomie ne l'ayant pa$ encore parfaitement démontrée ; mais oh ne peut s'empêcher d'admettre que les affections morbides , morales et physiques de la mère , peuvent influer sur la santé de l'enfant , en affectant plus ou moins les organes de la fécondation ou en troublant leur action violente sur le fœtus. Or, des désordres survenant alors dans son organisation, éloignent le fœtus de l'état naturel, dont le cerveau même pouiTait se ressentir immédiatement ou nxédiatement à d'autres parties du corps dont l'épilepsie future de l'enfant serait peut-être l'effet, soit dans le àein de sa mère, soit après sa naissance.

On conçoit qu'une affection mentale , une peur , une frayeur surtout , peut tellement affecter le moral de la mère , quela circulation du sang et de la lymphe , ainsi que le système nerveux, en soient troublés. Je ne suis donc pas surpris que Boerhaave ait admis cette espèce d'épilepsie , mais je le suis beaucoup que Tissot ne l'ait pas reconnue , par la raison , avoue-t-il (i), qu'il ne peut pas la comprendre et qu'il croit en voir trop clairement l'impossibilité pour pouvoir l'admettre. Ce médecin entre ensuite dans divers détails pour soutenir son opinion négative , surtout pour prouver que l'imagination de la mère ne cause pas les taches et autres maladies de la peau qu'on leur attribue comme une suite du pouvoir de l'imagination de la mère qui n'aurait pas même été satisfaite , comme de faire usage de tel ou tel aliment liquide ou solide , etc. ; certainement personne ne peut croire que cela soit ainsi , encore moins croit - on que les taches et excroissances soient causées par un pareil désir. Mais on ne peut nier que divers vices affectant la mère pendant leur gi*ossesse , ne puissent altérer leur santé et successivement celle de leurs enfans, d'où divers maux qui leur surviendraient, en rendant leur organisation d^autant plus vicieuse.

(G) Quant aux épilepsies qui peuvent être transmises aux

■ >»ll ■!■

(i) Sur PEpilepsic , p. 99.

3l6 DU CARACTÈRE DE l'ePILEPSIE

en£EUQspar lesnourrices, qui sont pour eux une seconde mère^ nul doute qu'elles ne puissent leur être communiquées par l'allaitement, ainsi que d'autres vices que les noarrices pourraient leur transmettre , et déterminer l'épilepsie en eux en plus ou moins de temps pendant la durée de leur vie. iLes observations ont bien prouvé que plusieurs nour-rissons avaient hérité de l'épilepsie par leurs nourrices^ ainsi que d'autres maux qui les accompagnaient souvent, tels que les dartres , la gale ou autres éruptions cutanées dont elles étaient affectées , provenant surtout des vices scrophuleux.

Voici une observation intéressante qui vient à l'appui de ce que nous venons de dire. £Ue vient de nous être communiquée par notre confrère M. Petit , médecin de l'Hôtel- Dieu de Paris , et praticien très-distingué.

Le plus jeune des enfans du général R*** , âgé de quelques mois y allaité dans la maison paternelle par une nourrice étrangère , éprouva subitement des accès d'épilepsie^ Aucun des aines n'avait éprouvé rien de semblable. Cette maladie n'était d'ailleurs motivée ni par l'hérédité , ni par la dentition ou les vers. M. Petit soupçonna qu'elle avait son principe dans l'influence du lait de la nourrice ,' et conseilla des recherches dont le résultat fut qu'il n'y avait aucune cer« titude que la nourrice elle-même eût jamais éprouvé de seu^ blables accidens , mais que sa sœur y était notoirement sujette. Ce motif parut suffisant à M. Petit pour supposera la. nourrice une prédisposition capable de réaliser la maladie diez l'enfant. Il fut d'avis , en conséquence , qu*il fût été sans délai à cette femme et confié à une autre nourrice» Ce qui fut fait sur-le-champ , avec un plein succès; car dès-lors les accès d'épilepsie cessèrent et ne se renouvelèreni; pas.

Relativement au traitement des enfans qui sont atteints^d'épilepsie par cause d'hérédité de famille , ou dont les accès* paraissent connésy ou par des vices chez la nourrice ^ nov^ dirons, sans cependant nous dissimuler que cette espèce ne soit souvent incurable, (ju'il faut d'abord s'enquérir biea. soigneusement de la nature des vices qui auraient pu exister"

Le grand Boerhaave fut appelé ; il reconnut la fraude , et ayant pvis un air très-sérieux, il ordonna au chirurgien de brûler, avec un fer rougi au feu , le pouce du jeune malade au premier accès qu'il éprouverait , en assurant que c'était le seul remède qu'il pouvait conseiller. Le jeune homme ayant entendu cette ordonnance n'éprouva plus de faux accès d'épiiepsie (i).. Tissot (2) a rapporté plusieurs exemples à(-peuprès semblables d'après ses propres observations et d'après celles de plusieurs médecins , surtout de Dehaen, Saus^ages^ etc. Ce dernier médecin parle entre autres d'une jeune fille de sept ans , entrée à l'hôpital général de MontpelUer^ qui contrefaisait si bien un épileptique dans son accès, que per-^ sonne ne doutait de la réalité de cette maladie. Cependant Sauvages ayant soupçonné quelque imposture dans cette jeune fille ^ il en fut plus assuré par quelques réponses qu'elle fit à l'une de ses demandes. Le savant médecin prenant alors un ton très-sévère , ordonna à très-haute voix qur on fouettât la malade avec une poignée- d'orties : mais à peine eut-il prononcé cette sentence , que l'enfant se mit à pleurer , et qu'elle avoua sa faute , dont elle obtint facilement le pardon. -

Dehaen dit que ,- dans le temps qu'il était à Paris , on ima*gina de mettre un homme qui demandait l'aumône dans les rues , et qui faisait semblant de temps en temps d'avoir des accès d'é^lepsie , sur un matelas de paille auquel on mit le feu à l'un des coins , et que le prétendu épileptique se leva précipitamment en fuyant au plus vite. Ce qui avait lieu du temps de Dehaen continue encore de nos jours , car den n'est plus fréquent , à Paris , que d'y voir dans les rues des mendians qui feignent d'éprouver un accès d'épilepsie.

Cependant il y a eu des individus qui ont souffert des cautérisations ou de profondes blessures sans avouer leur imposture : il faut pour la découvrir approcher promptement une vive lumière au-devant des yeux de ces individus : il y en a

(1) Van - Swiéten, in Commenta aphor» 171. Boerhaave, de Epi- ^psia.

(a) Tissot , sur rJÉpilepsic,

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peu qui , frappés de 8on éclat , ne cUgnottent subitement les paupières , ou du moins qui ne resserrent la pupille , excepté i{a% ne soient réellement dans un profond assoupissement , car alors la pupille est dans un état de dilatation plus ou moins grande. En général, comme T^m^^ l'a remarqué 9 ceux qui sont atteints d'épilepsie se cachent quand ils craignent d'en éprouver les accès ; ils n'osent même pas parler de leur maladie dans leurs intervalles^ tandis que ceux qui veulent la feindre en parlent toujours pour être moins soup* connés.

J'ajouterai que dans beaucoup de vrais accès d'épilepsie les paupières îsupérieures sont baissées et la tête est incUnée en avant. Il faut savoir , quant à l'écume de la bouche^ qu'eik n'a pas toujours lieu dans les vrais accès d'épilepsie, et ensuite que l'on peut la simuler en mettant un peu de savon dans la bouche* 11 est rare qu'un malade ait plusieurs accès d'ép3q»sie un peu intenses sans qu'il survienne quelques changemens dans les traits de sèn visage^ provenant de la rétraction plus ou moins permanente de ses muscles ou de quelque antre partie du corps /de la verge même, plusieurs épilepsdcpes étant , plus que les autres personnes , en état d'érection dans les intervalles des accès, s'ils ont été nombreux et intenseé ; on a remarqué que plusieurs épiloptiques éprouvaient cette érection pendant les accès.

Quoi qu'il en soit, les pupilles sont en général pl«s dilatées chez ceux qui ont eu plusieurs accès d'épilepsie , quelquefois elles sont inégales entre elles ; leur marche est chancelante ; s'ik sont assis ou couclkés , ils tiennent les jambes dans une grande flexion. La plupart ont les pouces dans ua état de flexion permanente , et souvent même les autres doigts \ c'est ce qu'il ne faut pas oubUer pour faire la comparaison. On doit ajouter, relativement à ceux qui contrefont les épilepiiqueS) que quelques-uns en ayant contracté l'habitude , leur imagination avait été tellement frappée qu'ils en avaient ensuite éprouvé de véritables accès; sans doute parce qu'il se forme dans le cerveau quelques désorganisations qui rendent ces accès plus ou moins durables et qui eu facilitent le retour.

Kbils n'entreron^ pas dans de plus longs détails sur cet objet pour ren^voyer aux ouvrages de fiSM. Larrej-j Maison^ neuve j Marc (i) et autres qui ont amplement traité de l'épi^* kpsie simulée d'après leurs observations;

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