SECTION VL
t. De VÉpilepsie des femmes par des vices de td menstruation , et pendant leurs gwssesses, etc., etc.
Nous avons déjà parlé des épilepsies que les hommes et le^ femmes éprouvent , par ^s causes qui leur sont communes. Nous allons , dans cet artiâe^ traiter plus particulièrement dé celles qui sont propres aux femmes , pendant leur menstrua-^ tion et pendant leurs grossesses.
(A) Cest par la menistruatioiî que la puberté est ordinàitement confirmée chez lés, filles ; mais avant d'y' parvenir et avant qu'elle soit bien établie , à combien de maux de l'encéphale et des nerfs ne sont -elles pas exposées! Piusieui's éprouvent de vraies épilepsies , qui ne cessent que lorsijue les règles sont bien étabUes. Viennent - elles à éprduVer quelque dérangement dans cette salutaire excrétion , elleé soût quelquefois atteintes de vertiges et d'épilepsîe : j'en citerai divers exemples , d'abord ceux qui sont rapportés par des auteurs recommandables , et ensuite d'autres , dont plusieurs ont été recueillis par nous.
Voici un fait rapporté par le célèbre Hufeland, qui me paraît remarqiilible.
« Guillelmine //:.., âgée de dix-neuf ans , d'une consti- » tution forte , ^tait sujette , depuis six mois , à des attaqùeis » d'épilepsie, Suite d'une cooitrariété qui d'abord avait » donné lieu à une suppression des roj^les. Ces attaques » d'épilepsie qui persistaient , mcme depuis le rétablisse-
(i) M. Marc a clounc un très-bou article sur cet objet dans le Diction, des Se. méd. , t. xii , p. 5 17.
322 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSFE
>» ment des menstrues et qui se renouvelaient très-fré- M quemment , déterminèrent la malade à entrer à la Poly* » clinique royale , où elle fut reçue le 20 mai 1820.
1» Un examen attentif ne laissa aucun doute sur Texistence » d'une épilepsie développée , dont les accès se renouvelaient » souvent , mais à des intervalles irréguliers , et affectaient )> surtout les muscles dorsaux , en inclinant le corps en » arrière et en produisant ainsi une espèce d'opisthotonos. n Gôhime le caractère de la maladie ne paraissait pas » d'une nature nettement et franchement nerveuse , mais » était compliquée d'une exaltation du système vasculaire, » on débuta par faire pratiquer une saignée copieuse ; en- » suite on lui fit administrer Yoxide de zinc à la dose d'un » grain et demi y en y ajoutant mx grain d'extrait de ju»- » quiame j et en répétant cette dose tous les matins et soirs. » Ces médicamens , augmentés l'un et l'autre graduelle- 11 ment jusqu'à cinq grains par jour , réprimèrent les atta- » ques d'épilepsie dans l'espace de trois mens, au bout » desquels cette personne quitta l'hôpital radicalement n guérie (i). »
On voit, par cette observation, que le savant médecin qui la rapporte a d'abord commencé le traitement par la. saignée , et qu'il a ensuite prescrit un usage méthodique fct prolongé des remèdes antii>spasmodiques , lesquels ont; heureusement complété le traitement, ce qu'ils B'eussent: .certainement pas fait sans la saignée préalable.
Nous avons eu sous les yeux des exemples d'épilepsie sur-^ venue à des filles et femmes à l'approche de leurs règles ou pendant leurs cours plus ou moins irrégidiers ; quelques* uns d'eux ont déjà été rapportés ou le seront encore dans cet ouvrage. Presque toujours alors , s'il v avait des signes de pléthore sanguine, j'ai eu recours à la saignée , quel^ quefoisà celle du pied pour faciliter le cours des règles, ou à .celle du bras pour modérer au contraire l'action de la mens-
(1) Observation extraite du Journal de méd, prat. de M, le doctcoT S^fèiandf coiiaeiHer dVtat et premier médecin du roi de Pruise^etc Cahier de 1 8a I.
ET DE SES DIFFERENCES AVEC d'JlUTRES MALADIES. 323
traatioB. 1^ je la trouyais <^op forte , je prescrivais les h^xn^ plus ou moins chauds, les boissons a4oucis$aiites , relAchantes, anodines, des lavemens éniolliens et des juleps anodins. Les règles enfin venaient-elles à se régulariser , l'affection anti - spasmodique , antb-épil^tÂque même , <]iihjl-r nuait et finissaitpar guérir.
(B) Quant aux accès d'épilepsie pendant la grossesse j jlç peuvent être si dangereux , que plusieurs femmes en so^ijt mortes , plus ou moins de temps ay^ut l'accouch^meni^f d'autres, pendant son travail plus ou mpins la))oriei|x (i)* Tissât en cite àes exemples très-ÎAtéf ^sw^ > qu i) a extrait^ des auteurs ou qu'il a recueillis daos sa propre clinique.
Un autre fait bien remarquable est aussi rapporté jff^ Lamotte, Cet accoucheur célèbre parle d'u9e femme om éprouvait àea accès d'épilèpsie, étant grosse 4es garÇQOf.^ et non pendant les grossesses d^s filles. . Q^arin ^ aussi fyi$ la même remarque après yan^^SwiéieH (a). . î^
Quelquefois cm. a observé que 4es accès d'hystérie et d'é- ]pilepsie, seuls ou réunis , avaient été suspendus, pendant J^ grossesse (3) , et même qu'ils n'étaient pli|$ survenus ; d['^utrès fois aussi Us ont eu lieu après dfis.qoiiches, en dcsXçmps plus on moins éloignés^ les évacuations n'ayant pas ét^^^^z abondantes ou régulières , ou élant trop copieuiies ou irrégulières.
L^épilepsie a succédé à la suppression desYuatières lai-
(i) Les ouvragiss sont pleins Je p9r<^ exemples, particalièresient oeqz de LanvUte , Sauifages , Tissot , ffursérius , M. Maisonnewm, ^tc, M. Landré-Beauifais a commuDÎcpié à la Soqiëté de Médecine pratique pii ' bon mémoire sur plnaieurs ëpilep«les snrveiiues pendant la gro9sess^, dont M. âiaiêonnemv a dopoë ù/ofi fkotice ( p. a4$ )« Ifous ayons déjà cité plii « àmtrë de cea exemples.
(a) Quarin , op. cit. , t. ir , p. i6 , Je Ep'deps.
(3) Voyez Tissot , p. 78 , ci tout ce que Lamotie rapporte d^intërcasa^t rdatîvemcnt aux convulsions pendant la grossesse , les couches'oa après raocouchemcnt, dans des observations publiées par Sabatier, 1. 11, p. 1 104» laaS, etc. ^oycz aussi l'article Épilepsie, trjès -intéressant , par M. J?«quirolf médecin en chef de la maison royale de Charenton, inséré dans le Dictionn. des Se, méd. , t. zii, p. 6a3.
3^4 Ï>U CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSJE
ttiuscs , le plus souvent chez les femmes qui ne nourrissent pas leurs enfans , ce qui est plus commun dans les villes que dans les campagnes.
Les rives affections de Tànie chez les nourrices influent tellement sur leur lait ^ que les enfans s'en ressentent de la manière la plus cruelle; les accès de colère auxquels elles se sont quelquefois livrées ont produit une exaltation inconcevable dans le moral et le physique des enfans, jusqu'à leur causer des convulsions épileptiques. J'ai déjà cité un fait rapporté par F'an^xx^iéten (i). La connaissance de la cause de ces épilepsies peut quelquefois conduire à celle du remède. H faut donc s'occuper à favoriser la menstruation chez les jeunes personnes en âge de puberté , et pkis en'cope si -elles sont plus âgées et d'une constitution plus forte. On peut même, si elles sont bien conformées, quoique irrégulièrement réglées, leur permettre le mariage, des observations ayant prouvé qu'il pouvait favoriser leur menstruation et opérer ainsi la guérison de l'épilepsie ; mais pour cela il faut être bien convaincu que la maladie lùîe tient alors qu'au défaut de la menstruation sans vices des or|(8Lties delà génération. Il faut considérer , quant aux filles, si elles sont d'une bonne constitution ; car si elles étaient trop Irrîtables et débiles , ou si elles étaient mal conformées, les accès d'épilepsie pourraient devenir plus funestes par le mariage même , ainsi que nous l'avons dit d'après de fâcheux exemples.
Des accès d'épilepsie violens , même mortels , sont survenus /îencfa/i^ le tra\*aîl de l'accouchement ^ il n'y a pas d'accoucheur qui n'en puisse citer des exemples. J'en ai eu un autre sous me$ yeux qui n'a pas été tout-à-fait malheureux. Madame la comtesse d'*** eut un accès d'épilepsie dans un accouchement long et très-laborieux; des convulsions horrible» survinrent d'abord , avec perte de connaissance , délire et^ salivation écume use. L'accouchement dirigé par ^ai/^/e/ocoir^ne paraissant pas avancer , mon avis fut de faire pratiquer-
(i) In Aphor. Boerhaw, Comment, 107$,
ET DE SES AIFFÉRENGES AVEC d' AUTRES MALADIES. 325
promptement une saignée du bras y le pouls de la malade étaja): très-plein et connaissant sa constitution très - pléthoriq[ue ; mais mon avis ne fut pas d'abord adopté. Barthez , alors k, Paris y qui avait été appelé en consultation, proposa les emménagoguesles plus forts , surtout l'extrait de rhue à haute dose \ traiteinent que je n'adoptai pas. J'insistai au contraire pouc que Ton pratiquât la saignée du bras ^ et qu'on mît ensuite , s*il était nécessaire , la malade dans un bain pour l'y maintenir le plus de temps qu'on pourrait^ en lui faisant boire , si la déglujtition le permettait , de l'eau de poulçf |^ du petit-lait et quelques légers caïmans, sous forme de julep , avec les eaux anti-spasmodiques y de gallium luteum, de pivoine mâle aa S iîj 9 ^vec une deini-once de sirop de Âarabé. Mon opinion fut soumise à MM. Vermond et Mar-^ chais y accoucheurs du temps très -célèbres, qui étaient à cette consultation ; ils furent de mon avis. La, malade fut saignée et ensuite mise dans un bain tiède ; elle fit usagQ du julep que j'avais proposé, et les accidens finirent pac se calmer; madame d''^'^'^ accoucha d'un enfant mort ;ie$ accès d'épilepsie cessèrent , et elle se rétabUt complète-n ment.
Je pourrais citer un autre exemple dont j'ai été témoini avec "M.. Marchais , relativement à des convulsions épilep-i tiques survenues pendant l'accouchement et qui ont heureusement cessé par le bienfait de la saignée et des bains tièdes ; enfin un troisième exemple , dont j'ai été témoin avec mon confrère Halle , sur une jeune femme qui finit par étrer heureusement accouchée par M. Marin, Ce qu'il y eut de remarquable chez cette femme , c'est qu'ayant été saignée du bras dans le court intervalle de ses horribles convulsions, pendant le travail de l'accouchement , le sang ne coula pas. L'accoucheur ayant proposé de délivrer la malade de force, je témoignai le désir de faire pratiquer auparavant une se-<^, conde saignée à l'autre bras ; celte saignée donna deux grandes palettes , en incme temps que la première piqûre qui avait été faite au bras opposé et qui n'avait pas donné desang , en fournit une grande quantité dès que la dernière sai-. gnée fut à moitié faite -, les deux bras donnèrciu trois grande»»
326 pu CAtlACTÈBE DB l'ÉPILEPSIE
f^âilettôs éc tfe bqiH<ie » tt la malade q4i était dans un pr<H fond a^bùpiàsement se réveilla et prononça quelques paroleà qui antioncèrent non«^uleinent le retour de la voix , mais encore celui de Sôn intelligence : les mouvemens convulsifs teàisëtent d'avoir Ueu^eiM. Marin termina heureusement t^acootithement.
Ce ti*est pM le premier exemple que j'aie vu d'une piqûre ^ li'ait|)ias fôami de sang et qui en ait donné après une Seèotide sçiignée pratiquée ailleurs. J'en ai cité un sembldble sut un sujet asphyxié par le méphitisme ^ qui fut même saigttû deuï fois, d'abord au pied et ensuite au bras^ sans (Jttiie fe sang en sortit. Une troisième saignée, pratiquée à la Jugulaire , non-seulement donna du sang, mais encore les deujt autres piqûres des membres en laissèrent couler une grande quantité. Cet asphyxié fut ainsi rappelé à la vie (i).
Je ne connaissais pas alors les observations intéressantes! c^ué MauHeeau et Lamotte ont publiées sur des épilepsies àttlTénues chez les femmes pendant Taccouchement et que ' ht sidgnéè h dissipées. Tissot qui les a rapportées (a.) dit A qu'il fut appelé pour une femme qui avait eu plus de » vingt accès épileptiques depuis trois heures. Elle en eut M ^ois bien caractérisés en sa présence. Une forte saignée dé- 9 cida Taecoucheuxent et termina l'épilepsie. Une autre y i> tôUtiHitte Tissât ; fut moins heureuse ; le travail durait ^ depuU vfcoigt- quatre heures, elle avait eu souvent du 1^ délire et trois accès d'épilepsie pendant ce temps-là ; elle n fut ^isie , au moment du passage de Tenfant , par un, « quatrième accès qui finit par une syncope mortelle. »
Je ne doute pas que les accès d'épilepsie pendant les ac-^, c&uiikemen^ laborieux ne soient très-communs , et plus qu'on ^e le croit généralement, le sang portant à la tète et y produis scmt une pléthore cérébrale qui détermine les convulsions et même l'épilepsie. Or , quel remède peut-pn alors prescrire
(0 Voyez mes observations sur Us effets des vapeurs jnéphitiqnes, «ftc:.^ îfi-8, imprimerie royale , 1777, p. 9, et mon Instruction sur le trait30iireiv| t«i asphykiéë'par le méphttisme.
(i) Sur i'Epilepsie , p. 8.
4fû soit plus efficace que la saignée! Rien de plus Câdieux aa contraire que de conseiller les spiritueux volatils ^ ainsi que ks anti-6pasmodiques dbauds. G^est aussi ce qui a fait dire k Bur9eriu$ contre eesreni>èdes : eans pejus et anguejiigienda ^^^ U)>}^ crois même que si des femmes qui ont eu des aocouchiemens tris4aborieux n'ont éprouvé ni les convulsions^ ni i'épilepsie^ mais une apoplexie ou un assoupissement profond, -x'est parce que la compression du cerveau parle ■inç. avait été très-forte ou du moins qu^elles n'avaient dans cet jorgane aucune disposition à Tépilepsie , couune Tlssot It présumait y ou du moins que leurs causes déte!^minantes n'éCaîest pasasses intenses pour VacUi^r. Il faut cependant avouer que la nature de ces causes disposantes ne bouc est UttUement, connue. Tissot s'était imaginé que le cerveau luMiéme était susceptible de mouvemcns convulsifs^ qupiqft'coi fae les ait jamais aperçus , et qu'on sache, de plus.^ d'après les expériences sur les animaux virans » faites par nos derniers physiologistes j que le cerveau et les nerfs eux* mêmes n'éprouvent aucune espèce de convulsion , ni nobéme de rétraction du moins apparente , pendant les plu^ vives douleurs , lorsqu'on les pique ou qu'on les stimule de toutes les manières ; tandis que les /fibres des muscles dans lesquels les nerfs vont se r^j^dre , éprouvent les plus vives convukîoBS.
n est inutile de rapporter ici le traitement de l'épilepsie chez les femmes qui éprouvent cette maladie çt dont le lait et les lochies ont été supprimés (p) ; le rétablissement seul 4e ces excrétions suffit pour guérir l'épilepsie. On peut voir ce qui a été dit à cet égard à l'article relatif à la suppression des excrétions.
Il n'est pas rare aussi que l'épilepsie survienne aux fei^mes. paît jsuite de leur temps critique.
(i) De Epilepsia, cap. viii , n» 275.
(a) On trouve dans la Collection académique (tons. 111, p. 366) une observation de Godefroi Samuel Poîisius , sur iib« fernms qui éprouva plufieors accès d^ëpilepsie par une sappressîoii des lochies^ et qui fat guérie par des vésicatoires aux jaiyibes , Tusage iutérieu£ des remèdes anti-épir lepliques ayant été inutile.
328 DU CARACTÈRE DE L^éPILEPSIB
tJne blanchisseuse , âgée de cinquante-un ans y qui de^t meurait me de Seine , près le Jardin du Roi , çut une hé^ inorrhajg[ie affireuse , après avoir dëjà perdu , pendant plus de deux ans , beaucoup de sang à diverses reprises , et à des intervalles plus ou moins longs* Elle éprouva d'abord des spasmes fréquens dans une des cuisses | ensuite dans les muscles de la face ; la perte de conpaissance survint ; enfin elle eut un véritable accès d'épilepsie qui fut suivi de plusieurs autres plus ou moins violens dans l'espace de quelques jours. Le chirurgien Laborde me fit appeler en consultation après le quatrième accès. Je conseillai un régime un peu restaurant et un peu anodin ^ le lait cpupé avec une infusion de fleurs de caille-lait jaune (espèce à^hjrdro^ gala) pour boisson, ou une eau de poulet, selon que Tune ou l'autre boisson passerait mieux. Le soir un julep composé de quatre onces d'une infusion de fleurs de pivoine et de coquelicot , avec une demi-once de sirop de karabé. Ce traitement calma les accidens; les accès d'épilepsie furent moins nombreux et plus courts , les hémorrhagies utérines furent remplacées par une légère évacuation de mucosités séreuses, grisâtres, parla vulve; enfin , la malade n'éprouva plus aucun accès d'épilepsie; et moyennant quelques bains et un long usage du lait , sa santé se rétablit.
D'autres femmes ont éprouvé des affections hystériques cruelles , même épileptiques , à l'époque de leur temps critique, surtout après que parleur âge elles en avaient éprouvé une suppression trop rapide.
Consulté par écrit pour ces sortes de cas , j'ai prescrit la saignée du bras, en recommandant de la réitérer si Fjétat pléthorique de la malade paraissait l'indiquer. J'ai conseillé, quelquefois avec succès , l'usage dçs bains tièdes , des boissons relâchantes et adoucissantes, telles que l'infusion de fleurs de mauve , de laitue , de têtes de pavot blanc , seules ou secondées d^xm julep alnti-spasmodique , dans lequel je faisais entrer l'eau de pivoine , les teintures ou les extraits de valériane sauvage, et sept à huit gouttes de laudanum liquide. Ce traitement était heureusement suivi d'un régime pas trop nourrissant , par l'usage des végétaux herbacés e\
n DE 8SS DIFFËREirCCS ATEC ffAVTfCES MALADIES. 3^9
rafindddssans j et j'ai appris qu'il avait kn 'des succès iKcnreux.
n. De VÉpilepsie dans dii^ers âges.
Mous y comprendrons :
(à) Celle des nouveau-nés pendant raccouchement ; (B) Celle qui survient à l'âge de puberté et dans le reste delà vie (i).
(A) Cest en naissant que la sensibilité des nerfs est la plus exquise^ et tellement , que quelques enfans sont souvent atteints', en venant au monde , ou peu de temps après qu'ils sont nâ 9 de convulsions et même d'épilepsie , sans quelquefois qu'on en connaisse la cause (2).
11 n'en est pas des convulsions conune de plusieurs fièvres continues et de beaucoup d'autres maladies qui , ayant une fois cessé , ne reviennent plus ; les convulsions , au contraire , donnent au cerveau et aux nerfs des enfans très-jeunes , plus de susceptibilité à de nouvelles convulsions^ qui sont progressivement de plus en plus fortes , ce qui fait souvent qu'elles commencent "par être très-légères et éloignées , et qu'enfin elles finissent par être violentes et fréquentes. Cest ce qu'il n'est pas rare d'observer chez les enfans surtout ; ypilà pourquoi il faut combattre les premières convulsions , quoique très-légères , par les remèdes indiqués ou par les anti-spasmodiques les mieux reconnus et les plus appropriés, pour empêcher, s'il est possible, qu'elles ne deviennent plus intenses et même incurables.
11 faut surtout , à l'égard des enfans plus ou moins avancés
(i) Eclampsia, Sauvages, iVoio/. class, iv. On est étonoé qae Saunages kit compris parmi les accès d'épilepsie des petits en&ns , ceux qui ont lieu chez des sujets qui ont avalé de la ciguë , de la belladone , etc. , pouvant également survenir par la même cause aux deux sexes et k tous les
(3) Voje« prcccdcmment l'art. 1*' : épilepsie par excès de sensihiliic >
33o DU CAKACTERE DE l'ePILEPSIE
€11 âge , avoir toujours Textrcme attention de les soustraire aux causes qui peuvent produire Vexcitation des nerfs ou de leur sensibilité dans le physique comme dans le moral.
Il n'est pas rare que la pléthore saa^ine réeUe par une trop grande plénitude des vaisseaux sanguins , tenant à la constitution de la mère et de l'enfant , ne cause une violente épilepsie ou même V assoupissement apoplectique de Te/ifant. Aussi la saignée à la mère pendant le travail de raccoa-^ chement et les sangsues au nouveau-né , sont-elles nécessaires. On prescrit ensuite à l'enfant les anti-spasmodiques,, comme un demi-grain ou un grain de musc dans une cuillerée de sirop de chèvrefeuille ou d'oranger y de& bains tièdes et des boissons convenables. Lorsque l'assoupissement parait dominer , on fait apposer les vésicatoires j pour le di-^ ininuer , souvent sur des parties plus ou moins éloignées de la tête, dans l'intention d'y produire une irritation syynpor thique et détruire celle qui pourrait être idiopathique dans. le cerveau.
On a vu des enfans qui ont été ainsi guéris après avoir cra leur état désespéré. Mais malheureusement les revers surpassent de beaucoup les succès du traitement ; c'est ce qu'il faut savoir , parce que cela est ainsi , pour ne pas toutefois abandonner à leur triste sort ces infortunées créatures*
Deux exemples m'ont bien prouvé qu'on avait trop désespéré de l'enfant. Tissot s'est aussi plusieurs fois récrié, dans son Traité de TEpilepsie 9 sur le funeste abandon trop précipité de ces très-jeunes malades.
Quoi qu'il en soit, on a remarqué que lorsque les accès épileptiques se répétaient chez les enfans et ne cessaient pas à l'âge de puberté , ils avaient lieu jusqu'à vingt-cinq ans, avec plus ou moins d'intensité , et qu'ils finissaient par être mortels (i).
Tissot observe que les épilepsies des nouveau-nés, quoique les plus dangereuses relativement à la faiblesse des en-
(i ) Quibus epilépsice ante pubertatem contingunt mutationem haibêHty quibus verh accidunt viginti ht quinque annqs natiSy hi pierumquè comr Vtoriuntur» Hipp. aph, 7, sect. y» '
ET DE SES DIÏfZuENCES AVEC d'aVT&ES MALADIES. ^3l
ùmêj AôM irans^aettent souvent pas dans im âge plusavancéj à tookàs que la maladie ne se prolonge au-delà d'une année» Alors, dit-il , elle est beaucoup plus durable.
Ge n^est pas seulement pendant le temps de râccoa«li<e^ ment qye le meeotiium peut,' en se réunissant aux causes de TiBtcitation alors plus ou moins augmentées» concourir à ^ plodaire les convulsions , Tépilepsie même, mais encore a^ès k Baîssanoe , et plus pu moins vite par rapport à l'extrême sensibilité «t irritabilité des intestins grêles , dont les Ibnc* tiens sont les plus durables après celles du cœur , surtout à la naissance et après un accouchement laborieux.
La pr^nte du meconium^ qui est tfès^âcre de sa nature. Sollicite les premières selles du tiouveau-né. On sait qu'il contîeiit , au rapport de M. Bouilion-^Lagrange (i) , une substance pileuse ou un amas de petits corps piii&Mrmes qui peuvent vivement stimuler le canal internai.
On peut» à cette cause , en réunir une autre qui n'est pas moins réelle , c'est que de pareils cnfans qui n'ont pas rendu leur meconium ont le foie surchargé de bile , bien capable de produire un surcroît de sensibilité nuisible , car l'écoulement de cette bile , dans les nouveau-nés , n'a lieu qu'après celui du meconium:
Au reste , ce n'est seulement pas dans ce pays qu'on a obtervé que les enikàs périssaient très-souvent d'épilepsie. Le célèbre Charles Raigerus (2) l'a remarqué en Hongrie. Ce médecin nous a dit qu'il est très-fréquent de voir àe» enfass périr d'épilepsie peu de temps après la naissance. On en« an^ va de nombreux exemples en Italie et en plusieurs endroits de divers climats , ce qui peut faire croire que cette maladie existe partout à l'égard des nouveau-nés^
Pour la prévenir ou pour en empêcher les funestes suites^ il faut, après avoir fait prendre à l'enfant plus ou moins d'une boisson relâchante, telle que Teau de poulet, de veau, une infu-
(i) V07» son înUressaiit m^aioire sur hi composkioB chinique di< ifoécoïùuok*
(3) Collection çiçadémique f tom, m, p* 3o3.
33^ hV CÀKACTERE DE L'^PILEPSIC
sioh de fleurs de tilleul , avec du sirop de guimauve ou de tim* chas, etc., leur prescrire quelque doux purgatif. Nous consolions, comme la plupart des médecins, une demi-once à une once de sirop de chicorée composé de rhubarbe , pour évacuer le meconium , en recommandant de tenir les enfans dans un lieu d'abord un peu chaud , de les faire baigner quelquefois dans de l'eau tiède et surtout de ne pas leur donner trop t6t de lait , sans cependant trop tarder, préférant, autant que nous le pouvons , le lait de la mère {colostrum)^ qui est plus séreux et plus relâchant , que celui d'une nourrice mercenaire accouchée depuis plus ou moins de temps.
Indépendamment des accès d'épilepsie que l'enfant peut éprouver en naissant par l'excrétion du meconium ei àtlk bile ,^et aussi par défaut de leur excrétion, ils peuvent en avoir d'autres provenant du lait de leurs nourrices (i).
Les enfans sont d'autant plus exposés aux affections ner* veuses , que la nourrice peut leur transmettre un mauvais lait et qu'ils ont l'encéphale et les nerfs d'une plus grande sensibilité. Aussi le moindre excès qu'elles font dans le régime peut être funeste aux enfans. Le lait d'une nounice qui a des dartres, la gale, etc. , peut être la source d'une épilepsie pour le nourrisson, de même' que des affections morales trop violentes, comme un accès de colère, etc., peuvent l'être aussi. Boerhaave a rapporté (2) divers faits ([ui le prouvent , et son célèbre commentateur , Van-Swiéten^ nous a dit qu'un accès de colère chez une nourrice pouvût rendre son lait un vrai poison pour l'enfant.
Les accès d' épilepsie qui ont lieu pendant le travail ai la dentition (3) , ne sont malheureusement que trop communs ; aussi ont -ils été obslervés de tous les médecins; souvent ils sont survenus à des enfans d'une bonne consûtiH
(i) Voyez plus haut un exemple remarquable ^ pag. 3 16.
(a) De morbis infontum, aplior. i357 , i358.
(3) Nous avons déjà parié de cette espèce d'épilepsie, p. 169 , aifadt relatif au Siège sympathique de cette maladie , et encore p. igo, vK Epilepiie par excès de sensibilité.
ET DE SES DIFFÉRENCES AVEC d' AUTRES, MALADIES. 333
tion, par le seul travail de la dentition ; mais encore souvent ik ont eu lieu dans ceux qui avaient quelque vice acquis de leur nourrice , ou par hérédité , c<Mnme le scrophuleux , l'herpétique , le psorique , etc. , et ce n'est pas seulement à la prenoière sortie des dents dans les enfans d'un âge encore tfès-^tendre , que Tépilepsie est survenue , comme nous l'avons déjà dit j mais aussi dans un âge plus ou mpixis avancé , ^elqnefois pendant le travail d'une dentition un peu avancée.
Quoi qu'il en soit , dès qu'on reconnaît que l'épilepsie est occasionée , dans les enfans , par la dentition , il faut tâcher de diminuer , autant que possible , par les moyens'qui sont eanons, la violence des efforts.de la nature, dont l'épilepsie est souvent le funeste résultat , je veux dire ^ par les boissons relâchantes et adoucissantes , par des bains tièdes de même nature , par des lavemens émolliens , pour tei^r le ventre libre , par l'application des sangsues, aux tempes , ou par la saignée du bras ou du pied préférablement y si les convulsions sont fortes (i) et s'il y a chez le malade une pléthore prononcée (2) , comme il n'est pas rare de l'observer I sinon généralement dans tout le corps , du moins partiellement dans le système dentaire et aussi dans le cerveau et à l'origine des nerfs.
On a quelquefois heureusement extrait une dent saine qui causait tous ces ravages en concourant au mal que le^ autres dents faisaient en comprimant et irritant les nerifs dentaires.
On a fait aussi quelquefois avec succès des scarifications aux gencives pour les dégorger. J'ai retiré de bons effets de la saignée par les sangsues au cou . des bains et des boissons relâchantes , des anti-épileptiques anodins, des lavemens pour tenir le ventre libre et des fomentations anodines
(i) Voyez plus haut les ouvertures des corps des enfans morts d'épi-
JepBÎe par cause de la dentition, et par suite des céphalalgies, seci, II.
(a) Les observations ont appris qu'on trouvait à Pouvertmje du corps
lie CCS enfans du sang épanclié dans le cerveau. Voyez le^hservalions
a,yec antopsie.
334 ^^ CARACTÈRB DE l'ÉPILEMIE
sur Fabdomen , et j'ai ainsi heureusement traité pkisiewi enfans de convulsions, même d'épilepsie. J'ai surtout retiré de bons effets de çett^^éthcMle, en consultation avec M. Geofi froîj ancien médecin et docteur régent de la Faculté de Paris, auprès d'une famille respectable (M. d'Ormfisao«)^qiii avait déjà perdu deux enfans de couTulsions peu apriilétr naissance. €es obsenrations , recueillies dans ma jeuaeme, qq( été confirmées dAns la suite par plusieurs autres, dont j'ii tenu note et qui m'ont servi dans ma conduite pour le ix^ tement.
Je répéterai ici que j'ai ouvert le corps de plusieuys es*fans morts de convulsions épileptiques par la dentition , dont le cerveau était gorgé de sang avec plus ou moinsd'eau(i) dus les ventricules du cerveau et même dans celui de la nselk épinière et dans le canal vertébral. L*ui| de ees enCsûis^vnt .^ le visage bouffi et pâle , ainsi que riiabitiude du corps (fà l^ était infiltrée de sérosités.
L'usage des anti-^pasmodiques , des poudres tempérantes de Stahl, celles de madame de Carignan^ la magn&ie blanche , la poudre de Giutete , etc. , peut être salutaire à ces petits enfans et sans inconvénient ^ ainsi que la liqueur minérale d^ Hoffmann, depuis trois gouttes jusqu'à quatre ^ ij^ six ou huit. On conseille aussi celle-ci intérieurement, et J|^ à moindre dose , celles du laudanum liquide ou autre tûr mant opiatique. On peut aussi employer en onctions te gouttes anodines.
Dans les intervalles des accès épileptiques , on prescrit à ces petits enfans , avec succès , Fusage fréquent d^s bains tièdei ; des ant}*scorbutiques „ si quelques circonstances les in'^ quent , ou de feau de rhubarbe , des infusions de quinquina avec les feuilles d'oranger , les fleurs de galliumr luteum^ de pivoine mâle , etc.
Lorsque ces enfans ont des engovgemens scropliuleux^ souvent avec un gros ventre et sans fièvre , il faut leur prescrire les boissons apérîtives un peu actives , telles que la décoction
(i) Presque toujours à la suife ^c la plëthore sanguine on reconn^^^ Pengorgement sanguin des sinus et des vaisseaux du cerveau.
ET DE SES D'iFfÉkENCEâ AVEC dViTTRE^ MALADIES. 335
des radnes de patiente , d'éclairé ou antres , avec additiori d'one petite quantité de sirop de Bçllei ou de sirop ^m^/scorbutique dépuratif. L'usage prolongé de ces remèdes peut' alors opérer de très»- salutaires effets, eh facilitant même le travail de la dentition (i).
Ce même traitement peut être prescrit aux nourrices lorscju*clte6 veulent sY soumettre (2). En général, celles qui sont fluettes , svehes , qui ont un lait clair , sont les làoieilleùres dans cette circonstance. J'ai quelquefois fait sevrer Içs enfans , faute de bonnes nourrices , pour les fisûre nourrir avec le lait de vache bu de chèvre , ou uvec des panades légères, au bouillon' oii à l'eau avec un peu dé sucre , hors des grandes maisons , dans les campagnes , et en bon air; j'ai ainsi conservé plusieurs enfans à deux familles qui en avaient perdu d'au^s par des convulsions phts ou moûis épileptiques.
liCS accès d'iépilepsie , dans la premièi*e deiitition , se renouvellent Souvent à la seconde et quelquefois encore quand les dents de sagesse viennent. J'en ai déjà rapporté précédemment des exemples remarquables. On en trouve d'ailleurs plusieurs dans l'ouvrage de Tissot sur rÉpîïèpsie, et dent le traitement a été heureux; mais le plus assuré, s'il n'est Punique , c'est la sortie naturelle des dents ou leur extraction quand elle est possible. Cela n'empêche pas que dans tous les cas on ne doive tâcher de diminuer les convulsions par les antih-fpasmodiques divers , au nombre ^lesquels, nous le répétons , sont compris les boissons relâchantes et rafraîchissantes légèrement laxaiives, les bains émolliens , leslavemens de même nature ; et n'oublions pas que très-souvent , parmi ces remèdes , la saignée tient le premier rang (3). - Les enfans sont, peu de temps après leur naissance, sujets à une éruption ^ qui devient croûteuse dans le cuir
(1) On peut voir sur cet oLjet mon ouvrage sur le rachitisme , p. 198.
(2) Ièid,f où j'ai rapporte plusieurs heureux effets du traitement des noorrîces sur des enfans atteints de racliitîsme » p. 4'^ » 9^ > ^^O*
■ (3) Voyei ci-desBQs les articles cpUepsie par pléthore, pag. 214 > par det douhurSf pag. igo.
336 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
«lievelu et SUT la peau du visagie ; elle est connue sons lé nom de roche {achores) ou croules laiteuses. Cette éruption leur est si salutaire, que ceux qui ne réprouvent pas sont généralement sujets à divers maux que les autres enfans n'ont pas, et parmi lesquels Tépilepsie doit être comprise (i) ; ceh est si vrai, que plusieurs de ces enfans en ont été guéris lorsque cette éruption a eu lieu naturellement ou par le secours de la médecine. Les mêmes* remarques doivent être faites à l'égard de ces éruptions lorsqu'elles n'ont pas été complètes ou qu'elles ont été répercutées par un mauvais traitement ou par d'autres causes , comme cela arrive souvent , dans le grand monde surtout où les mères aiment à montrer leurs enfiaus.
L'épilcpsie , qui est quelquefois une suite de la répercussion par quelque imprudence ou pour avoii: laissé les en&ns exposés aux froids humides, exige presque toujours une prompte application des vésicatoires et autres exutoires, de légers diapliorétiques avec les infusions de coquelicot, de sureau , rarement de doux vomitifs , mais souvent des purgatLQi eccoprotiques , des bains ou des fumigations tièdes , etc.
J'ai fait prendre à plusieurs enfans , chez lesquels ces croûtes laiteuses avaient disparu , une cuillerée à café de rob de suieau , deux ou trois fois par jour , ou quelques petites, doses de poudre de Dover. On les purge doucement ensuite à quelques jeprises. Cependant j'ai cru devoir, par cause de pléthore , surtout si elle était réunie au travail de la dentition , conseiller l'usage de quelques sangsues au cou et même des bains tièdes , en recouvrant leur tête de feuilles de poirée ou de lierre terrestre.
Quelquefois on applique sur la nuque un vésicatoire ordinaire , ou un autre fait avec une once d'emplâtre de mélilot légèrement saupoudré de cautharides (2). Il faut
(i) EpUepsia ah achoribus et tincis repressis. Fred. Hoflmann , Sauvages, IVosoL , tom. I, p. 585.
(j) Le ceKbre Strack a conseille', au rapport de Burserius (àeEpi- Upsia, cap. viiT, p. 5o ), de donner à de pareîla enfans la décoctioa ou la
^Ê ET DE SES DIFFÉRENCES iTEC d'aUTBES MALADIES. SSt
^ntnitefoîs bien considérer dans cette maladie s'il n'existe ^■Point un vice cutané de quelque autre nature qui en clian- ^p^àt le caractère , ce qui exigerait l'usage des dépuratils particuliers, tels que les ami ~ scorbutiques et les doux niercui'iaux , réunis ou sépatément : car très-souvent des éruptions cutanées proviennent de quelque vice syphilitique i autres héréditaires.
' Des accès d'épilepsie surviennent quelquefois aux eniîms te d'une mauvaise digestion du lait de la nourrice , I panades ou autres alimens qui lourneiit facilement â liie espèce d'acidité ; ce qui a fait dire à Quarin : Tnfanles h acido primarum vianimepilepsianon raro laboranC {i). ' Je dois relever ici un préjugé funeste dans lequel on a été faelque temps, que pour fortifier les enfans il fa^t I^s Monger dans de l'eau froide dès qu'ils viennent de naîtié, et e de tenjps en temps. L'on cite à l'appui de cette rdêlode l'exemple de quelques peuples orientaux. Mais si* cet Sage peut être génLraleuicnt utile dans des pays chauds , 11' doit être funeste dans le nôtre , surtout pendant les temps frràds et humides; prit) ci pale ment lorsqu'd existe quelque éruption cutanée. J'ai vu les plus fâcheux effets de ces bains, ^U'y a quelques années, où la méthode de faire baigner ia- ^HpBtincleuient les enfans dans de l'eau froide avait cdmmencé ^ft'se répandre en France par la lecture mal interprétée de l'Ëmiie de J.-J. Rousseau. Heureusement que cette pratique , non -seulei été généralement abandonnée.
^L Nous avons déjà dit que l'épllepsie [ ^BUir des vers dans des sujets de tous les à. ^BU plus commun d'eu reconnaître chez 1 ^Rbns encore en parler ici plus particulièi ^^''Cetleépilepsie (2) est ordinairtment i
S qu'elle
ivait être causée i ; mais comme il enfans, nous dê'-
poudrede fi'iiilles de ta paraître les croîilca hiti veilles en ual été célébi
■e (^jacœa vulgaris njjicinaruin) pour faire re- ), dans du lait ou J,Aat une panade, et des mer- Cepeuduut l'usagB de cetlH pisute est tombé
W«) Eelampiia vcrminota , insultas •
338 DU CARACTÈRE DE l'ÉPILEPSIE
çnfans, oar làes démangeaisons au bout du nez, moins fréquentes chez les personnes plus âgées , jjuolgu'ayant des vers. EUe est encore indiquée par les douleurs dont les petits malades se plaignent, par leurs cris aigus, par le gonflement du bas-ventre, ainsi que par des borborygmes. Les déjections sont blanchâtres ; grumeleuses, grisâtres, quelquefois sanguinolentes ; leur teint est blême , leurs yeu^ sont fixes, ou agités par des mouyemens convulsUs, et alors leurs pupilles sont tantôt dilatées et tantôt contractées, mais le plus souvent dilatées.
Rien n'est plus yvqfre , contre cette épilepsie , que de prescrire ies aptfaelmintiques non-seulement par la déglu- Xitipn , mais encore par des lavemens , secondés par des frictions $u^ le ba.$-Vjent;*e , et par l'usage intérieur des amers , .de la bile même. On commence par prescrire les anthelmin-r tiques tiré^ de la classe des végétaux^ tels que la poudre o^ la, décoction d'id:)sinthe , die germandrée , de santoline , de rhue j de fleurs de pêchei: ; les semences de barbotine , de cpralline , l'ail ; 1^ poudre des racines de mûrier , de foujgère y etc« ^ plantes qu'on trouve partout . Les huileux pris intérieureinent conyiennent encore en pareil cas , l'huile de ricin particulièremept , par.ce qu'elle produit des évacuations ajyines. Qn a aussi fait quelquefois prendre à Tintérieur et avieç succès la liqueur anodine tï HoJ/'mann , contre les vers, qi^oiqu^ anti-spasipodique. Nous insistons sur ces divers anthelminthiques parce qu'il arrive souvent que tels ou tels d'entre ev^x ne réussissent pas , et que tel auti'c a du succès , $ans trop en connaître la raison.
Tissot (i) ayant été consulté pour un eufant de six ans qui avait le ventre très-gros , et qui , après des accès d'épilepitie, avait perdu la mémoire., une fièvre étant survenue , ce médecin ordonna de l'eau émétisée à petites doses; l'enfant
Btétol» de Ealampsia , p. 576. Je ne sais pourquoi ce grand nosologîste , iit a compris le phis grand nomlnv des autres espèces d'Érlampsies parmi celles del^épilepsie, n'y a pas également paHcde celle par des yers, qni est f rcs-réelle et point rare, (i) De l'ÊpifepsiCf p. 194*
^r ET DE SES DIFFÉBESCES AVEC d'aUTRES MALADIES. SSg
VtândHdes vers par la voie des selles , et il lecouvra sa mémoire. En eiFet, l'eau cmétisée peut être utilement prestrite en pareil cas, comme nous l'avons nous-uiùme conseillée araolageusement à l'Imita tiou de plusieurs médecins de Paris. I4ous ajouterons enfio que quoique les vers dans les voies tentaires soient une |ca use très - fréquente des convul- 1115 et de i'épilepsie même chei les enfans , ils peuvent l'être aussi chez des personnes âgées et chez lesquelles quel~ ^uefols ou ne les soupçonnait pas.
L'existence des vers peut être réunie au Iravaîlde la dentition dans un âge assez avancé et causer de 'même l'épi-
'en ai eu un exemple sous les yeux. - Le fils d'un marchand de drap , cloître Sainte-Opportune , içé de vingt ans, éprouva trois accès couvnlsifs en même temps qu'il rendit quelques portions de vers par les selles. UoTéritaJale accès épileptique survint, ce qui donna lieu à sue consultation de Bouvart , Malaët et Casnier. L'un des eoBSuItans attiiliua la maladie ît la dentition des deiTiières ^CDtsmoLiires qui manquaient encore, mais avec tuméfac- *fioa et douleurs des fiencives, ce qui n'était pas eiitraordi- !feaire; l'antre à des éruptions rentrées, k jeune homme r^ant eu pendant long— temps des boutons à la peau qui kvaicBt disparu ; et le troisième crut que les vers seuls pou- ^aieiit avoir causé l'accès éplleplique. f* résultat général 9e la consultation fut de recourir à l'application des sangles aux tempes, aux vésicatoires sur diverses parties da ^Oorps, aux scaritîcations des gencives qui étaient gonflées et
^"îaignantes , et de purger ensuite le malade av«c deux onces i'haiie de jiolma-nhrisii dansun<3 décoction d'absintlie,q«e l'on considérait aussi comme anthelminthiqae : mais ces remèdes n'ayant eu aucun succès , de nouveaux arcès d'épilcpqni survinrent le surlendemain du dernier purgatif, cn- Êagèrent les médecins â prescrire d'autres vermifuges ; les "letcurlaus furent donnés , mais ils ne réussirent pas mieox , pnisque le malade continua d'éprouver de vrais accès d'épiiepsie.Cependaut il lui survint une lièvre putride bilieuse, au déclin de laquelle on le purgea avec des eccopi'otiques, Tl rendit un vnr tœnia de plus de six aunes de long, et il fut
, inais d^^^l |uels il pi^^l
340 DD CABiCTÉBE DE l'ÉPILEPSIE
guéri non-seulement de la fièvre qu'il éprouvait , 1; coie de ses accès d'épilepsic (1)-
Je pourrais cit«r d'autres exemples d'nprès lesquels il raiiraitquc les fièvres elles-inèines ont concouru â faire périt les vers dans les cnfans comme dans les adultes, ou du moins que quelquefois les vers ont élé expulsés avec des matières bilieuses qui avaient sans doute provoqué leur sortie bors du canal intestinal , lors même qu'on ne s'y attendait plus (a).
Je finirai cet article , de Vépile.psie causée par des vers cheï les euf^ns , en rapportant l'observation d'un jeune garçon , dont j'étais le médecin ordinaire , et que j'avais confié au» soins particuliers de M. Salmade, mais que je voyais avec lui de temps en temps. Cet enfant, après diverses consultations d'autres médecins, est enfin très-heureusement guéri. Je vais rapporter cette observation tet'e qu'elle a clé rédigée par M. Salmade , parce qu'elle m'a paru intéressante.
■> Le jeune Els de M. ***, âgé de Luit à neuf ans, était d'une stature au-dessus de son à|;e et ofhait tous les signes qui constituent le tempérament lymphatique. Il lui survint de la rougeur à la peau en plusieursparliesdu corps, surtout au vçnU'e et à la partie interuft des bras et des cuisses, avec démangeaison incommode. On vit se manifester aussi derrière les oreilles quelques points d'irritation. De petites pustules cutanées se formèrent dans toutes les parties irritées , et laissèrent suinter une matii:i e qui se convertit eu écailles furfuracées avec croûtes et légère exfoliation de l'épiderrae.
Il On combattit celte affection darireuse par l'usage d'une infusion des somnûtés de scabieuse des bois , de fleurs de pensée sauvage, du sirop dépuratif anti-scorbutique, des pastilles de soufre, des bains simples, légèrement dégourdis ,
(1) On pODirait dire, tl'aprta cet ciruiplo , qu'il suffi l quelquefois Je prtsciire uo duoi purgatif pour produire cet heureux lilùl , taudis que d'autres fois Us purgutifs vicilcns n'ont que des l'nconvénlens. Maijt dans le caa dont il eat ici question il faut remBrquer qu'il est survenu une fiivro bilieuse qui doit avoir considérablement allaibli la situation de ce maliide et alTeclé le sers tania , au point qu'il pouvait plus fiwrileinenliîlre espi^ié pur on doux purgatif.
(i) Voym l'aitide EpUepsie pendant les fièvr
ET DE SFS DIFF^fiZMCES AVEC d'aUTRES MALADIES. 34 ■'
four adoucir le prurit que le malade éprouvait , et un eaittére fut établi au bras.
L'enfant fut mis à un régime doux qui devait être longtemps continué. I) n'était nourri que de viandes blanches, bouillies , rôties ou grillées , de végétaux , de fruits bien mûrs. A SCS repas, son vin était coupé avec une décoction de douce ainère. Il faisait un osercice modéré et propre à exàter chei lui une légère transpii-atiou.
A t'aide de ce traitement, l'aflection herpétique se dissipa peu à peu. Mais le malade ne tarda pas à ressentir une cé~ phaJalgie sus-orbiiaire opiniAtre; il devint sujet à des assoupissemens, à des vertiges, à des cardialgies. Ua jour étant , plus soulTrant que de coutume , il jeta un cri, tomba h terre , et s'y roula , ayant entièrement perdu connaissance. &es yeux se tournaient dans leurs orbites , la face était rouge, Jbe ventre se gonfla , tous les membres furent agités de mou— vemens convulsifs; une légère écume sortait de la boucher Cet état dura quelques minutes. L'cafantrevint à lui, se plaidant seulement d'une grande fatigue , de douleurs à la tète , ^engourdissement dans les membres , sans se ressouvenir dequi lui était arrivé pendant l'accès.
» Quelque temps après , il eut deux attaques consécutives, lix ou douze minutes de distance. 11 y avait perte absolue de la sensibilité , contraction exces^ve des pupilles, que l'obtcnrlté la plus profonde ne put dissiper , contractures et extensions violentes des extrémités, écume iV la bouche , rouur de la face, respiration et circulation précipitées. Les muscles de l'abdomen étalent rétractés sur eux— mêmes. ■ €ette épilepsie qui revenait par accès irréguliers et plus moins éloignés les uns des autres, n'étant pas héréditaire :Bi ancienne , devait être considérée comme sympathique. « D'après l'avis des médecins, ({ui furent appelés en coutation (MM. Portai, Jeanroy et mol) , on appliqua des igsues derrière les oreilles , on mit le jeune malade à l'u- [e des pédiluves sinapisés , des antispasmodiques et des lo- [ues , tels que l'Infusion des feuilles d'oranger, la valériane , quinquina , le musc , l'assa-fretida , l'oxide <le linc , etc. u II y avait déjà quelques mois qu'on adniinistrnit ce traî--
34'2 DU CARACTERE DE L*éPILEPSlE
teinent^ lorsqu'on observa que dans rinterraQe des* accès, la couleur du visaf^e paraissait tantôt rouge, tantôt pâle , tan» tôt plombée. Les pupilles étaient dilatées, les yeux fixes, le regard comme hébété ; U cornée opaque était brillante. L'enfant se plaignait d'une démangeaison insupportable aux narines ; il avait la nuit dos grincemens de dents , une toux sèche et convulsive. Son pouls était dur^ fréquent et interr mittent. Il y avait tension de l'abdomen , avec borborygme»,, douleurs et coliques plus ou moins vives à la région ombilicale , prurit à l'anus. Les urines étaient ordinairement blan<*t' châtres, l'appétit tantôt nul, tantôt vorace; enfin le jeune malade était d'une maigreur notable.
» A l'aspect de ces nombreux symptômes, on ne pouvait, mécpnpaître une affection vermineuse : aussi mit-on le malade à l'usage des anthelminthiques , d'une infusion de mousse de Corse et de semen cpntra , alternée avec celle de fougère mâle. Il lui donna des lavemens avec la décoction de* mousse de Corse , de tanaisie et d'absynthe. On faisait des em-^ brocations sur le ventre avec un Uniment composé de fiel de bceuf et suffisante quantité d'aloès en poudre. Le jeunç malade fut purgé avec quelques grains dç calomelas et Tliuile de palmù'-'chrisU .
» Ces purgatifs entraînèrent dans les évacuations aivines. des v«rs lombricoides et de petits vers ascarides. On réilersi plusieurs fois l'administration de Thuile de ricin, et l'oa procura toujours l'expul^on de quelques lombrics et dee^ ascarides.
» On varia l'emploi de ces moyens suivant les circonstances, concomitantes. Les attaques devinrent nioins fréquentes et moins fortes; Enfin la continuation du même traitement^ pendant quelques mois eut pour effet de faire, disparaître, les accès épileptiques qui avaient duré l'espace d'ime année et 4^ détruire les vers abdominaux.
» Où pourrait cependant croire que la présence des lombrit coïdes irritant la membrane muqueuse intestinale , produisait les phéiiomènes nerveux et déterminait l'épilepsie. M.*** est âgé aujourd'hui d'environ quai*ante-six ans , et n'a été tourlae^é depuis son enfance d'aucun accès d'épilcpâe, ni d'au^^
^1 £T DE SES DlFFERETfCES AVEC D àUTBES MALADIES.
^Ê CuQe aficctioD vermineuse. 11 est d'une constitudon vigou- ^^ reuse , il a de remkonpoint et jouit d'une bonne santé. » ^m' Un enfant de trois mois de M.*'*''', issu d'une m^re à peine H^ %^e de seize ans, et d'une père de vingt; tous deux d'une H <!onstîtution très-in-i table et d'une extrême sensibilité , quot- ^V que n'ayant eu dans leur faniille aucun épileptique, éprouva, ^B avant d'être parvenu à l'époijue de la dentition , plusieurs H|l jitcès de convulsions qui inquiétèrent beaucoup ses parcttS. ^ ' Elles furent très-fréquentes et violentes , surtout dans les muscles de la foce et dans ceux de l'extrémité supérieure et mfiérieurc du cûté droit. Cependant la dentition se fit assez réguIiÈrement; mais vers l'âge de trois Kns et demi , des inouvemens convulsifs survinrent encore , la région dentaire ne paraissait y avoir aucune part, l'enfant portait quelquefois ses mains au ilez, et il y avait un peu de dilatation de la [tupïtle , ce qui me fit soupçonner l'tsistence des vers dans le canal intestinal, Je prescrivis des vermifuges qui ne produisirent aucune eïcrélion de vers par les selles. Cependant après quelques jours de leur usage, je purgeai cet enfant avec trois gros d'huile de paîma-chrisd. Il rendit un vers stronglè assez gros , avec beaucoup de matières blanchâtres (granuleuses. Les mouvemeus convulsifs n'eurent plus Ueu iJans les extrémités supérieures et inférieures droites. Mais ^, teux des muscles de la face quelquefois très-faibles surve- ■bri^nt encore de temps en temps. Cet enfant , nonohstant-un ^Vltéitoent usage des boissads relâchantes, adoucissantes, de H* quelques poudres tempêtantes , celle de Siahl particulière— Ai'eut , et des bains tièdes , paraissait toujours d'une telle excitabilité qlifon redoutait que les convulsions se renouve— lassent.
^^ Tl'parvint jusqu'à l'âge de cinq ans sans éprouver d'au— ^^fres convulsions; mais à cette époque elles survinrent et ^^riVec perle de connaissance , je ne dis pas seulement pen- ^vdant l'accès, mais encore quelque temps après l'accès. H ^K^rait oublié les mots propres des choses qu'il connaissait le ^^ ^ieux. Ce m.il durait plus ou moins de temps, selon la violence ^Kâe Taccès. Je lis mettre A cctenfant des sangsues aux tempes, ^B ^fif Ds baigner fréquemment , il fit usage des boissons la-
^44' . ,, °^ CARACTÈBK DE l'lPILEPS(E ^|
fratctiissantes , relAcliantes , çt quelquefois seulement à ses peliis repas il prenait une infusion légère de quinquina avec lin peu de vin , ou bien dans la matinée une cuillerée d€ sirop de quinquina, lorsqu'il ne voulait pas en prendre l'infusion. Un cautère au bras fut établi , et cet enfant guérit de ses accès dénature véritablement épileptique sans rendre d'autres vers. il n'eut même aucun lessentimcnt de cette épilcpsie pendant le travail de la seconde dentition. 11 est vrai que j'avais le soin de lui faire prendre très-souvent des bains presque froids et de lui faire boire tantât du petit-lait, taot6t du bouillon de veau avec quelques berbes relâchantes, et qu'étant sujet à des saigneiuens du nez assez fi-équens , je lui faisais mettre quelques sangsues aux tempes de loin en loin.
On voit par cette observation que je n'ai fait usage d'aucun reinède réputé antbelniinlbique , ainsi connu, que je n'eusse pas manqué de prescrire si je n'avais retiré du soulagement des remèdes que je conseillais.
L'épilepsie par des vers dans les fosses nasales et dans les premières voies , n'est pas rare chez les enfans en nourrice , ni dans des sujets d'un âge plus avancé; on eu a remarqué dans des vieillards même , entr'autres dans un maitre d'école d'un village du département du Tarn, qui éprouvait de fréquensaccèsd'épilepsie précédés de longs vertiges. On lui avait prescrit divers remèdes anli-épileptiques sans succès. II fit usage de la poudre de Saint- jinge comme stcrnutatoire , qui lui fil rendre un ver par les narines, et il n'éprouva plus, ensuite d'accès d'épilepsie.
Les ouvertures des corps de divevs épileptiques rapportées pai- les auteurs Morgagni, Lieutaud, Tissot particulièrement, ont fourni des exemples de vers trouvés dans les fosses nasales ; mais plus fréquemment on a tiouvé dans l'estomac et les intestins de quelques épilcptiques , des lombrics , des strongles , des ascarides , des tœnia même , quelquefois avec inflammation des intestins , souvent avec gangrène , et d'autres fois avec épaissi ssement de leurs parois ou avec des invaginations. On a quelquefois trouvé des vers dans la cavité abdominale , qui s'y étaient fra jé une route en perçant les parois intestinales. (Voy. Lieutaud, ff/jï. anat. nied.,l. \, obs. 3o4.)
V ET DE SES DIFFERENCES AVEC D ILJTItES MALADIES. i^D
B On a rapporté, à rAcadémic royale de Médecine (séance p>4u i4 janvier iSaS), l'hisloire d'une épilepsîe produite par ' des sangsues qui étaient parvenues- dans l'i^stomac par la déglutition.
Lesjeuaesenfans sont aussi sujets à l'épilcp^e qui provient des matières saliurrales dans les premières voies [ i ) .
Diverses observations ont prouvé que , soit par la disposition de l'estomac et des intestins grêles, soit par celle des organes dé la bile , ou par l'iaertic de ce fluide lui-même , les substances alimentaires dont les enfans font usage forment une espèce de matière qu'on a appelée saburre , je ne sais pourquoi , qui tourne souvent à Vaigre ou à quelqu' espèce d'acide (2) capable Je stimuler les nerfs gastriques et intestinaux , d'où les accès d'épilcpsie sont quelquefois la suite.
Ces accès commencent par des douleurs dans la région épigastrique , des uausées, de légers vomissemens de matières glaireuses, grisâtres et bniaâtrcs; les enlans ont la langue blancfaâtie, des coliques venteuses,avecgonflement du ventre , et des borborygmes , accidens qu'on a souvent suspendus par l'usage simple de huit ou douze grains de magnésie donnée tiois ou quatre fois dans la journée dans de l'eau de menthe ou de fleurs d'oranger. J'ai moi-même donné de la magnésie dans une cuillerée de sirop de chicorée contposé de rbubarbe, à quelques jeuues enfans que j'ai ainsi traités de convulsions ; quant à ceux qui sont atteints d'une vraie épilepsîe , je pourrais citer une circonstance dans laquelle j'ai très-heureusement prescrit , 1". quelques grains d'ipécacuanha pour produire un léger vomissement; 2". l'usage de vingt grains de magnésie dans de l'eau de (leurs d'oranger ou de menthe simples; 3°. l'eau seconde de cliaur dans une infusion de fleurs d'oranger ou de menthe.
Telles sont les épilepsies auxquelles les enfans sont réel-
leme&t le plus sujets et qu'on peut comprendre dans l'ar-
Ltffle ér.lampsie, qui, à parler littéralement, sÎQnilic une ejjul-
(1) A tahurra , dit Saavagcs, Nosol, ; iI^iioaiÎDi lait pai adopter.
(3) CVjt ca cjne QnaTln avait remarque.
iD que Pine/nc v(
3^ DU CARACTÈRE DE h^iVVLtHl'É
^nce ou vision dé quelque» flftmm^s passa^gëres. ScStfrti-' ges (r) y a de pltts compris plusieurs autres épilepsiés- cjtai Sul^ viennent éf];tilemént non-seulement au^ enfans, înaisr talsA dans le cours d'une longue vie.
(B) Il se fait à- l'âge de puberté , et^ par la conràlution propre , un effbrt qui facilite et accfl^re lé développcittéiit du- corp», par un surcroît de forces bien remarquable^ ilov-seuletnent dans^ les organes de la génération , mais eiicore dans le reste dé la constitution qui acquiert une novvelfc vigueur. Gela peut être observé dàny les deux sexes. Mais si uttenouveMé vie s^annonce , de nouveaux maux sUif^ viennent aussi', parmi: lesquels Tépilépsie doit être comprise'.
Hippocràie nous a dit (2) que lorsque Fépilepsie arrivait* avant la puberté , elle pouvait être guérie pat la Seule i«i-* tUre, tandis qu'elle était très-souvent incurable lorsqu'elle survenait après cette époque de la' vie. C'est en effet ce qu'ôtf ofb'scrve malbeureusement trop souvent ; sans doute que le changement qUi se fait dans notre organisation à cet âge pt^duit dans^ lé cerveau, qui est le siège constant de l'é-» pirepsie, quelque cbangement réel, quoique, peu Côfliiu, tâtttôt en mieux et tantôt en mal , puisque quelquefois l'ëpîlëpsie' cesse , et que d'autres fois elle survient pour durer longtemps, lé plus souvent toute la: vie.
Pour comprendre la réalité de ce changement heuréù* ou malheureux reliativément à l'épilepsie , il suffit d'obSéi*vcr qu'il se fait en' nous-, àFâgede puberté, un développenaent sensible en diverses' parties du corps, non-seulement dans la tête*, mais- encore successivement dans là poitrine, quîcheï' l^onmie est déjà- plus; ample que chei la femme dent fe btesin augmente en- capacité, de manière à excéder celui d* l'homme (3).
Bsâis Fun etTautre sexe les vertèbres qui formaient d'a-
(ï) Edampsia^ DCosol. meth,, class. iv , tom. t, p.'^ôg. (a) Voyez Vaphor. 7 éCHipp,, sect. V.
(55 Ployez itftf répdDSiB à M. Antoine Petit sur la critique de mon Uist. del'Anat, , publiée par M. Duchanoy, J'y ai fait cfetttf tvnétsittjf» natomique.
ET DE SE5 DIFTÉHESCISS AVEC o'^CTaES MALADIES. 34'J
liord une colonne presque droite , Aoissent, laoyennant leur ossillcatioa , par ea former une qui est alteruaÛTeinent conlournée quatre fois. Or, un tel cliaDgement , déjà complet, dans la coloDoe vert^rale,à l'âge du gmbené , ne peut manquer d'opérer un dti place ment des vaisseaux sauyitins qoi la parcourent et conséquemmentui^^cbangeuientqaelconque dai>s la circulation du sang , tel que ce liquide se porte en ptus ou moins )<rande abondance dans tels ou tels organes et dans le cerveau particulièrement dans l'état naturel, et encore plus s'il existe dans L'individu un vice scrogdiulenx , scorbutique, vénérien, qui eu altère la structure.
Cliez les filles , les seins se tuoiéfîeut , la pupille des mamelles se développe et devient plus sensible , en même temps qu'elle rougit, ainsi que sou disque. On a de plus observé, le QTOnàBarvée un des premiers , que cLez elles la mauice , ■pii était jusqu'alors d'une couleur blanchâtre , rougit par le ^ang qui s'y porte et que ses vai^iseaux deviennent plus amples <;q même temps que cet organe prend une nouvelle forme et qu'il acquiert une texture 'musculaire. Les règles comrlueacent alors bieutùt à survenir, les wîas ayant toujours avec la matrice une intime correspandance.
D'autres cbaoge meus s'opèrent aussi chez les jeunes mâles; leurs testicules , qui étaient très-petits, arrondis , ac({uièreat ^is de volume, et la distinction de l'épididyme et du dldyme M prononce davantage. Ëntin , qui ignore que chez les garçons, comme chez les filles, il se lait ime aiopLialion rcmar- ^nable dans l'ouverture de la glotte, d'où résulte un chaugement dans la voix qui , d'aîgue qu'elle était, devient plut gMTc et plus forte. On pourrait ajouter que toutes les autres pMtip» de notre corps prennent, à l'âge de pubertû, un Mrcroit de force qui se développe long-temps , jusqu'à ce ^'enJîa nous arrivions à notre propre destruction.
Qu'on nous pemiettecelte digression; uousne l'avons faite qpie pour appuyer l'opinion A' Uippocrate et des grands in^ daeiBsqui lui ont succédé ; ils ont tous reconnu qu'd se faisait en nous de grands cLangemens à l'àgç de puberté , dans les maladies, soit eu bien, soit en mal. C'est donc avec beaucoup de raison et pour l'avantage de l'art de guéiii que plu-
348 DU CABACTf:RE DE L*£P1LEPS1S
sieurs médecins ont publié de bons ouvrages sur les maladies de la croissance. Aussi n'est-ce pas sans intérêt que j'ai lu celui que M. le docteur Duchamp (i) a publié sur cet import&nl sujet ; il y a consacré un. article sur l'épilepsie dans lequel sont exposées quelques observations intéressantes sur celte maladie survenue à des adolescens dont la taille avait pris dans quelques-uns un accriùssement plus ou moins extraordinaire ; d'autres qui avaient éprouvé des épistaxis Vk, saigneinens du nez qui s'étaient supprimés , tandis que dan d'autres , plétlioriques , ils ne sont pas survenus , et malbcft* reusement, car Vépislaxis leur eût été utile. M. Duchamp. parie de lépilepsie sui'venue à quelques adolescens, dont la peau avait été alTectée par divers vices, avec ou sans éniptîoik cutanée.
Nous avons nous -même eu connaissance de pluseorS' jeunes épUeptiques qui ont heureusement guéri de leur m»ladie par le seul bienfait de la puberté , tandis que d'autres , aucoQtraire,eaontéprou-vé des accès, quoiqu'ils n'en eussent pas encore eu , et d'autres cbez lesquels les accès sont reveaus à l'âge de puberté plus violens et plus fréquens qu'ils Dataient déjà été . malgré tous les secours de l'art.
Quant aux accès d'épïlepsie dans l'dge adulte , s'ils surviennent quelquefois par des causes originelles ou par— d'autres occasionellas , c'est beaucoup moins fréquent que- dans un âge antérieur, mais plus souvent cependant que diez les persoimes plus âgées.
Les accès dans l'âge de vigueur sont généralement beau^ coup plus intenses que ceux qui surviennent cLei des personnes débiles, d'où peut-être lui est survenue la dénouii- nation de morlius Herculceus sous laquelle les plus anciens médecins ont connu l'épilepsie. En effet , ou a peine à croire que des épileptiques aient pu , dans leurs accès , donner des preuves d'une force prodigieuse en rompant des corps qui eussent résisté à tous leurs efforts s'ils avaient joui de leur pleine santé. Il résulte donc qu'il périt de l'épilepsie plus de
lar M. Duchamp , iJorlïur en inéJ. ,
'autres maladies. 349 en meurt généralement
F KT DE SES DiFFÉnENCES AVEC I
personnes dans I'Arc adnlie , qu'il r
de jeunes et de vieux. Plusieurs d'entre eu:
poplexie , souvent par un épancliemcnt de s
dans le cerveau ; aussi est-il souvent nécessaire , pour prévenir
ce fatal événement , de recourir à la saignée lorsqu'il y a de
vrais signes de pléthore.
Quant à Fépilepsie des vieillards , si elle est moins fréquente et en apparence moins violente que celle des personnes moins âgées , elle est cependant celle qu'on guérit le moins , l'assoupissement qui lui succède étant plus intense : aussi fînit-elie tiès-souvent par la paralysie ou par l'apoplesie, quelquefois aussi par la gangrène extérieure et intérieure , souvent encore par r^dématic et l'hydropisie même qui en est une suite. Les ouvertures des corps d^ personnes âgées qui ont péri de cette malacLe ont souvent appris qu'au lieu du saug épanché dans le cerveau et dans la moelle épinière, il y avait dans le crâne et dans le canal vertébral beaucoup plus de sérosité que dans l'état naturel, quelquefois avec d'autres épanclieniuiis d'eau dans la poitrine , dans le bas-ventre, etc.