ARTICLE IX
De rHydropisie par des douleurs dwerses , par la dentition et par des vers.
Il est bien prouvé, par les observations , que rhydropisie est une suite fréquente des douleurs longues et opiniâtres , en quelques parties du corps qu'elles résident, soit par des causes externes, coups, chutes, piqûres, plaies , fractures, cxostoses; soit par des maladies diverses de k
D£ l'hYDROPISIE en GENERAL. l8l
pëaU| le rhumatisme y la goutte^ des maux Tenériens, scorbuliques, etc. ; et comme le cerveau, moyennant les nerfs , se ressent de ces douleurs, en quelques parties du corps qu^elles résident , il n'est pas étonnant qu'après la mort pn ait trbuTé de l'eau dans le cerveau plus constamment que dans les parties mêmes où le malade rapportait ses souffrances.
On ne doit donc pas être surpris qu'après de longues céphalalgies on ait trouvé de l'eau dans la la tête comme on en trouve après de cruelles ophthalmies et otalgies ^ et même après les douleurs de la dentition^ dont tant d'enfans meurent sou** vent après avoir éprouvé de cruelles convulsions. Que d'exemples de ce genre ne • pourrais-je pas rapporter d'après ma proprie clinique, confirmée par l'ouverture des corps de ces malheureux enfans! Que de succès aussi ne pourrais-je pas citer, obtenus par des saignées promptement prati* quées , soit par la lancette , soit par les sangsues , ainsi que par d'autres remèdes , et par un régime rafraîchissant, relâchant et anti*spasmo* dique!
L'hydropisie vermineuse dont quelques auteurs ont parlé a été plusieurs fois précédée de l'intu-^ niescence aérienne chezlesenfansprincipalement. Elle est annoncée par les signes des vers, tels que les coliques, la diarrhée, les démangeaisons au
iSa pE i^'hydropisie ewt général.
bout du nez^ la dilatation de la pupille, des évacuations muqueuses, blanchâtres par lesselles, etc? On prescrit alors avec succès les divers antbel*mintiques , les huileux dans les eaux distillées <ie menthe et de pariétaire, avec Tosymel scillilique, quelques grains d'étbiops minéral; easuite de doux purgatifs hydragogues. L'huile de paloàa-r christi , réunie s'il le faut au sirop de nerfiiMHi ^ une petite lasse d'infusion d'absinthe ou de camomille, comme je l'ai heureusement preS'»
crit à uiie fille de quinze à seize ans non encore réglée , et qui était dans un état de leu« cophlegmatie générale avec des signes de vers dans les premières voies. Cette fille, fut ainsi purgée; elle rendit deux gros vers lombrics,; le cours des urines fut rétabli , et la leucopblegmatie diminua considérablement, ^le fit en-* suite usage de l'eau de rhubarbe ferrée avec uo peu d extrait d'absintbe, et l'hydropisieguéiilet ne reparut.plus. ^,
Un jeune garçon de dix ans , après avoir été atteint pendant quelque temps .d'une pneumatie des extrémités inférieures , en éprouva ua retour; quelques mois après une phlegmatie survint et bientôt une véritable anasarque avec difficulté de respirer , surtout dans soQ lit ; les urines étaient très -peu abondantes , rouges el épaisses ; il y avait dysphagie ^ et cependant V
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fànl avait faim , et portait ses doigts au bout du nez, où il disait ressentir parfois du prurit» Ce jeune malade me fù t amené pair sa inère. Jecrus^ qu'il existait en lui queirjues vers, et je jugeai convenable de réunir les anthelmintiquesaux diu-^^ rétîques ; je lui prescrivis quatrie g^*ain^ de pajudcée xnercurielle dans^ un peu d'extrait d^absîjithe , pour former une pilule.. Je conseillai de n'ei^ doflâer d'abord qu'une seule> et le lendemaia deux^ avant de prendre sa boôsson diurétique^ conaposjée d'une infusion de^cerfeuit et dementhc^ avec six gouttes d'étbec niireux dans cbaque taase.
Qe traitement ^ux un tel sjuecés^ <^e TenfaDt rendit' u.n ver soHtaîce cmcug^aire^ beaucoup plus d'urine qu'il ne Élisait y et qur'il fut gi^éri des vers et de l'hydippisie.. Cette abservaticHi me rappelle ce|le q^e j[e eomjzmmqukaî au Cercie-nié-dicaly avec demonstratiosi de deux vers scKtaires. d'espèce difier^te> E^ndus ensemble psu* la voie des selles ^ et dont la réunion dai)s le même individu p'av^it pas été er^core bien observée. Je désirerais qa^ ce point 4e 4çM^i^tie> qui appsM^ûent 9Xitani ài'bisiCHre naturel^ qu'à la niédec^i)^ y fÛ4 confirmé ^ar de nouvdtles^ observa tipjcis*
Çepepd^qt quelquefois les signes de ta pré^ sence des vers sont si obscurs^ qu'on a trouve des vers dans des sujets atteints de pneumalie et rfhydropîsîe , dans lesquels on ne 1^ avait
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pas soupçonnés, et dans d'autres chez lesquels on avait cru les bien reconnaître, et auxquels on avait inutilement prescrit les anthelmintiquesles mieux éprouvés. XieutouJ rapporte deux exemples d'hydropisie avec complication de vers , l'une de Haller (i) et l'autre de Wier (2) > qui son intéressantes.
Une' jeune fille de M. Berihier^ intendant de Paris , l'une des premières victimes de la révolution , fut atteinte d'une lympanite , à laquelle succéda une leucophlegmatie considérable. Cette enfant ^ qui avait deux ans et quelques mois , avait déjà souffert du travail de la dentition et n'en était pas encore exempte; elle éprouvait en même temps des coliques violentes et subites^ et portait souvent ses doigts au nez. Appelé en consultation avec M. Colombier , médecin de l'ancienne Fa-* culte de Paris, nous portâmes nos vues d'abord sur la dentition. Des sangsues aux tempes furent appo« sées, et des bobsons adoucissantes prescrites sans aucun succès; mais ayant considéré que l'enfant portait souvent ses mains au nez^ qu'elle éprou^ vait des coliques plus ou moins violentes, et qu'elle rendait par les selles des matières glaireuses , blanchâtres , nous fûmes persuadés, qu'elle
(i) LiEUTAvD, Hîstor. anat, med.^ tom. I| paç. aSU (2) làid, , obs. 508,
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avait des vers dans le canal intestînaL Nous conseillâmes une once et demie d'huile de palma" christi , avec trois grains de calomel. L'enfant fut purgée et les urines furent plus abondantes; la leucophlegmatie diminua d'abord ; mai^ sans expulsion de vers; la fièvre lente s'établit avec un dégoût pour toute espèce d'alimens. La leucophlegmatie fit de nouveaux progrès; l'as* cite se forma avec fièvre lente et l'enfant périt.
A l'ouverture du corps on reconnut qu'il y avait beaucoup d'eau dans les cavités pectorales et dans l'abdomen , et l'on trouva deux vers lombrics assez gros dans les intestins grêles. Il paraît que nous avions bien vu la maladie , mais que nos remèdes avaient été insufSsans pour la détruire. D'ailleurs les vers pouvaient bien exister dans le canal intestinal sans être la cause de rhydropisîe ; et y eussent-ils donné lieu , était-ce après qu'elle était si avancée qu'il suffisait pour la guérir de tuer et d'expulser ces vers par les antbelmintiques ?
Il parait ^ d'après le résultat des observations du docteur Pougens , que l'hydropisie par des vers n'est pas rare, u 11 régna à Milan , ditil (i), en i8i 5, une épidémie d'anasarques vermî-
' (i) Dictionnaire de Médecine pratique et de Chirar^ giOf article AnasanquCf tom. L
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lieuses dans les en fans surtout, quece médecin guérit par des anthelmintiqiiies. Il prescrivit à FuH de ces enfans ^ âgé de neuf ans, un purgatif composé de si;& grains de mercure doux et de dix grains de jalap.
1) Cette poudra procura deux selles liquides où se trouvaient trois vers à demi morts. Ce mér decin crut , d'après cette indicalion, devoir pres*^ crire dautres purgatif anilielnûniiques les jours suivans» comme l'huile de palma^christi a baîule dose, Texirait de noix vertes, la mousse de w/er,. remèdes qui furent alternativement administréspendant huit jours; et le petit enfant rendit vingt-huit vers. Les enflures diminuèrent à proportion que lès vers furent expulsés^ etc. Hl