‹ Observations sur la nature et le traitement de l'hydropisieChapitre 22 sur 23 · XIII. Hydropisies pendant ta grossesse et après les · texte numérisé non relu

XIII. Hydropisies pendant ta grossesse et après les

couches.

Une femme du peuple, quadragénaire , qui DesM->' tait mariée que depuis deux ans, se croyait grosse ^ parce que son Ventre se tuméfiait; des douleurs surviennent et redoublent pendant la nuit. L'amaigris-* sèment étant survenu, à l'espérance S! une grossesse ^ succède la crainte de Thydropisie ; les douleurs se manifestent de plus en plus et cette femme périt. Le basventre ayant été ouvert , on ne trouva point d'eau épanchée dans sa cavi.té, mais une énorme quantité d'kydatides pleines d'une eau claire , que refoulaient y dans un petit espace , les viscères abdominaux.

— ACHOLTIUS , LiEUT. lîb. ï , l'Jl/^*

Une femme éprouvait une augmentation de to« lume du ventre qui fit soupçonner une grossesse;, les règles paraissaient cependant -tous les mois y mais peu abondantes. Neuf mois s'éttient écoulés : point d'accouchement ni aucune annonce qa'il dût avoir lieu. Cependant le bas*ventre continua de se tuméfier , et les extrémités s'œdématièrent. Quelques remèdes qu'on administrât , le volume augmentait tous les jours , les urines étaient en petite quantité. On fit quelques petites scarifîca* tions aux pieds , et les extrémités inférieiires se dé* senflèrent \ ce qui donna quelque espérance de gué« tison. Cependant le volume de l'abdomen augmenta:

tn prescrivit les bains de sable de mer, mais inutilemeot. On eut recours à la paracentèse sans qu'il en résultât aucune évaçikatibnd'ieau. Cependant Tafi* t>étit pour les alimens se maintient; mais dè^ douleurs surviiennent , et l'on se flattait d'un accouchement prô* chain , lorsque la malade tombe dans une telle fki-* blesse qu'elle en meurt.

A la première incisioîi dû- bas -ventre il sortit une très • grande quantité d'une matière grasse et visquçu^e, avec une espèce de corps de figure et dé la grosseur d'une pomtne de pin , formé par utie ma* tîère glutincuse et qui adhérait strictement au fond de la matrice, qui était déchirée. On découvrit au côté gauche de cet orgatle , qui était aussi rompu ^ un corps membraneux de la grosseur d'une tète d'homme, qui contenaitune pareille tnalière. Les viscères abdominaux étaient cachés soUs un tégument membraneux épais, entre lequel et les muscles du bas-* ventre était contenue une matière visqiicusé épaisse j qui aurait suffi pour remplir vingt-huit mesures (on ne dit pas de quelle capacité, mais on doit croire que cette matière était très-copieuse). Cette membrane ayant été incisée , on vit que le foie , la tate et lés autres viscères étaient sains , quoique ayant été'coîn^ primés. — Mél. des Cur. delà NàU

Une femme se croyait grosse voyant son ventre atigmeàter progressivement devolome. Cependant n'étant pas accouchée au temps prescrit par la nature , on pensa qu'elle était atteinte d'une hydropisie. Son ventre prit de l'accroissement pendant trois ans ^ et était d'un

54o Dt t^llYûROPISIE EN CÉnÉRAî^.

tel poids, que la malade avait peine à le porter. Enfin la fièvre survînt avec une forte soif, des inquiétudes," de la dyspnée et enfin la naort. La capacité de^Feslomac était si ample qu'il contenait quatre-vingt-dix lii/res d'eau (i) ; mesuré dans le milieu, il avait une aune de dÎAmètre. Les deux orifices étaient cependant très-Fîipprochés. Il y avait à la face interne de ce viscère un grand, nombre à'ivydatides, — Blak* CAUD, LiECTAuo, tiist. anal, méd» , lîh. I, obs. ao* Il est vraîsembbAle que les bydalides auropt empêché l'eau contenue dans l'estomac de s'écouler par le pylore dans les intestins.

On trouva , dans le cadavre d'une femme hydro^ pique qu'on avait crue grosse , ouliê une grande quantité. d'eau fétide, le foie presque corrompu. — Paw , L. , lib. I , obs. 802.

£n examinant le corps d'une femme hydropiqu& qui s'était crue grosse , pn trouva une grande quantité d'eau fétide et purulente dans la cavité abdominale. Tous les viscères étaient recouverts d'qne couche da matière purulente. Le foie était tout à-fait putréfié et les autres viscères paraissaient comme spbacélés. — Saltzmaiïn.

Une femme, qu'on avait d'abord crue grosse, port» pendant trente ans une énorme tumeur dans le basventre; enfin elle mourut. On reconnut qu'il y avaîl une si énorme quantité d'eau entre le péritoine et les

(i) Gcue qa^Diitë serait incroytvMe si la lifre dpot parla Blancard; était ('gale h la nôtrje.

muscles abdominaux^ vf^^ 1 estima à 4le^x cents livres, — Lieux, , lîb. I , obs. 1 747-

Une femme , qu^on croyait au neuvième mois de sa grossesse, éprouve de très-vives douleurs et elle meurt. On découvre, par rouveriure du corps, que Té* piploon, le làésentère, le foie, la rate et ie péritoine sont pleins d'hydatides. — Bàillou.

Une feqime âgée de trente-cinq ans se plaint d'une douleur à Thypochondre gauche après une couche; cette douleur finit par se propager dans tout le basventre, qui prend de Tintumescenceétfaitde telspro* grès , que cette femme est forcée de passer à« peu-près six ans dans son lit, après lesquels elle meurt. Le bas-ventre contenjait au-delà, de quatre-vingts pin* tes d'eau dans un kyste énorme^ qui paraissait pro* venir de Voi^aîre droite celui-ci d^ailleurs était sain , nonobstant un peu de compression qu'il paraissait avoir éprouvée* — Acad, roy^ des Scienc.

Une fille de seize ans éprouva une grande tumé* faction du ventre. ,0i\ la soupçonna détre grosse, d'autant plus qu^elle n'avait plus ses règleSr^Cependant la maladie faisant des progrès , on reconnut qu'elle était hydropique. La respiration devint laborieuse et la malade ne put absolument se coucber dans son lit. La paracentèse est pt*atiquée. Là malade paraissait être en bon état ^ lorsqu'elle est saisie par une fièvre potirprée, dont elle meurt au quairièine jour. L'ouverture dii corps ayant été faite, on vit (ju'indépendammcnt d'une quantité d'eau qu'ily avait dans le bas-ventre , Yoyaire gauche était d'un très-

542 M L'HTbtlOPISlE ElNf ciNÉRA!.;

grand ^lume et qu^il ëtai( plein d'hydatides plus on inoîns grosses, -r- Sacher, L.^ lib. I , obs. i477«

Une femme de trente-six ans éprouve une suppression des règles^ son ventre se tuméSe, et on croit qiielle est grosse. Vers le dixième mois , une quantité d^au s^écoule par le vagin. Les régies reviennent et la santé parait se rétablir. Mais lés régies se suppriment derechef ^ le ventre se tuméfie encore , mais avec des tranchées qui sont suivies d^une extrême faiblesse^ et Ifi malade meurt. On trouva six livres d'eau daiis le bas-ventre ^ les viscères étaient d'une couleur noirâtre, en y comprenant le péritoine, auquel adhérait une tumeur énorme qui remplissait la région inférieure de cette cavité. On reconnut que V 0{f aire gauche contenait plusieurs cellules pleines de diverses matières. — r Ades d'Edimbourg.

Une femme pauvre accoucha d'un petit enfant mort \ ]['eau qui s'écoula de la matrice fut évaluée à quatorze pintes y mesure de Paris ; l'arrière - faix était petit. Il Cette femme se tira fort heureusement de ses cou- T^ chea. 1^ rr IaK^ottz ^ TTait4 dfis Acç* ^ t.. II ^

Une femme grosse éprouvait une douleur des plus

violentes de la tête ver^ le quatrième mois de la conception : eu* y ponant ses deux mains y comme pour la soutenir ^ elle prédit qu'elle serait attaquée de la plus violente maladie. En effet, elle mourut ; pn ouvrit son corps et pn reconnut que U dure-mére était épaissie dans ses parois et soulevée comme par des ga^^. liCs ar^éie^ 1$taiçQt pleine^ dfi sang, ^insi que

DE LllYDROPlSIE EN CÉnÉrAL. 343

les vaisseaux de la pie-mère , qui étaient gonflés^ la substance du cerveau était imbibée de sérosité. — - Wepfer^ Obs, ûnaU ex cadaveribus eorum quos sustuUt apoplexia.

Une femme de cinquante-huit ans éprouva , après un accouchement laborieux , des douleurs vagues dans le bas-ventre, qui s'enfla peu à peu^ les pieds s'œdématient , la respiration devient difficile et le sommeil se trouble. Après plusieurs rémissions de ces symptômes^ une diarrhée énorme survient, les forces défaillent et la malade meurt. La poitiine et le bas-ventre contenaient de Teau jaune et bourbeuse. Uépiploon était atteint de gangrène; le pancréas était très-volumineux et squirrheux; le mésentère énorme, plein de squirrhosités et remplissant la plus grande partie du bas-ventre. — Baader , obs. med anaU

Résultats généraux sur la nature et les causes

de thjdropisie^

On voit , d'après tout ce qui vient d'être dît et prouvé par les observations d'un grand nombre de savans médecins anatomistes , et par les nôtres, I®. q[ue l'hydropisie provient de raccuraulation des fluides séreux plus ou moins chargés d'autres substances dans le tissu cellulaire ^ dans les vaisseaux lymphatiques , sanguins ^ dans les organes çt dans les cavités du corps.

344 ^^ LUVDUOPISIE EN GENERAL.

2**. Qu'elle provient de ce que rexcréilôn des fluides est inférieure à la quantité desiiquides sécrélés.

3®. Qu'il y a deux causés de Thydropisie, l'une wiig^te, immédiate, prochaine^ dont nous ne connaissons pas la tnanière d'agir sur les organes sécréteurs et excréteurs des liquides séreiix f et l'autre multiple , médiate ^ seconde , éloignée j ainsi désignée pour la distinguer de la cause première , parce qu'elle n'a qu'une influence secondaire sur la formation de l'hydropisie.

Voilà tout ce qu'on sait de plus positif sur les causes médiates ou immédiates de l'hydropisie.

Diverses opinions sur la nature de ces causes ont été émises. La plupart des physiologistes pensent aujourd'hui que la cause immédiate des sécrétions consiste en une espèce dattraction des liquides séreux par les radicules des vaisseaux lymphatiques et des vénules sanguines qu'ils pénètrent et parcourent, comme les siphons ou les vaisseaux capillaires sont pénétrés par les fluides. Çuam causam ,. disait notre grand anatomiste Ruisch, forte nontam inapte attractionem pofises vocare ( Proem* ad decad. , II, page 3i. Voyez noire ffis t. de Vu4nat. ^ tom. III, page 28 ). Mais comment se fait cette attraction ? c'est ce qu'on ignore , et

pfi l'aYDROPISIE EN GENERAL. 345

sans doute ce qu'on ignorera tou jôurSi Quelques médecins modernes se sont bornés à dire que les radicules des vaisseaux lymphatiques et des veines sanguines faisaient l'effet d'un suçoir à Pégard d'un vaisseau capillaire vide d'air. Il en est d'autres qm on dit avoir aperçu dans les chiens ou dans les chats auxquels on présentait quelque aliment qu'ils appétaient , un mouvement d'érection dans les papilles de la langue , où , comme on sait ^ se rendent des nerfs ^ et où l'on découvre à la loupe les orifices ou les pores des vaisseaux absorbans. Même mouvement a élé observé à la papille d'une jeune nourrice au moment où elle présente son sein au nourrisson. ^

Dans quelques cas morbides^ l'absorption des fluides séreux est aussi démontrée par la couleur de ceux qui circulent dans les vaisseaux absorbans tels que ceux qui s'ouvrent dans quelques abcès. On en voit qui contiennent du mercure après des frictions sur la peau avec quelque onguent contenant de ce métal. On a reconnu des substances pulvérulentes absorbées par les vaisseaux lymphatiques^ et dès concrétions pierreuses même qui s'étaient formées dans les poumons des sujets morts de phthisie pulmonaire. Nous en avons rapporté des exemples dans noti^ ouvrage sur celte maladie.

Voila ce qu'on sait de plus probable sur la

546 DE l'hYDROPISIE en GENERAL.

cause immédiate de la sécréticm des liquides. On né connaît pas mieux la première cause qui opère l'excrétion j mais quant aux causes secondes ou' médiates, elles nous sont mieux connues , et assez bien pour qu'en les détruisant par des moyens médicinaux, la sécrétion etFexcrétion dés fluides reprennent leur état naturel, et que les hydropisies soient pleinement guéries , oui du moins pendant quelque temps, jusqu'à ce que la première cause ait repris son empire sur les autres.

On voit par là combien il importe aux médecins , ne pouvant agir efEcacement sur la première cause dont la nature leur est toujours cachée, combien, dis-je, il importe de prendre en considération les causes secondaires qui sont pour la plupart bien connues , pour pouvoir lès détruire par des remèdes appropriés : pr, c*esl . aussi ce que les médecins véritablement praUbciens ont fait et avec des succès étonnàiis.

Bien pénétré de l'utilité do celte doctrine, uniquement fondée sur les résultats de l'expérience, je l'ai toujours prise pour guide dans ma clinique, dans mes cours et dans mes ouvrages. Je l'ai suivie encore en traitant de l'hydropisie, peut-être même avec plus de confiance sur son utilité relativement à son traitement que pour celui d^ toute autre maladie,

PE l'hYDROPISIE en GENERAL. 5 ^J

Je ne me suis pas borné à la simple exposition ;

des traitemens heureux tirés de ma clinique ; j'ai voulu f en outre, y réunir ceux des plus grands médecins. •

Nous dirons maintenant , en faveur des jeunes médecins y un mot sur les voies bien reconnues par lesquelles les fluides pénètrent les diverses parties du corps , pour parler ensuite sommai-^ rement de celles qui opèrent leur évacuation p afin de pouvoir, après avoir parlé de Fétat naturel , mieux traiter de l'état pathologique en in-^ diquant les causes qui troublent , .diminuent ou interceptent les sécrétions et lesM^

L'une et l'autre de ces deux fonctions doivent se faire d'une manière régulière et ordonnée par les lois de la nature : sans cela , diverses maladies surviennent , particulièrement l'hydropisie.

Le&fluides et les ^limens solides qui en contien*nent plus ou moins parviennent dans l'intérieur du corps par la déglutition, en parcourant le canal alimentaire , dans lequel ils sont absorbés , non-seulement par les orifices des vaisseaux lymphatiques , mais encore par ceux des extrémités des veines sanguines, et les uns et les autres sont infiniment nombreux (i).

(i) Leuwcnoeck en a porté le àbuabre à plusieurs milles dans un très-petit espace de la peau et autres mem- |>ranes ( Foy. notre Anat. méd.j IV, page 568 )» Peut-

548 DE l'hYDROPISIE EN GENERAL.

Le corps reçoit encore^ par la peau et par les voies de l'inspiralion , des fluides aqueux , gazeux , élhérés , parmi lesquels on doit comprendre l'oxygène, l'azote , etc. ; car ces fluides ou gaz sont absorbés d'une manière semblable et par des vaisseaux du méûie genre comme les autres fluides , quelquefois même oulre mesure , soit par la disposition de l'atmosphère » 6oit par celle du corps vivant j de sorte que si alors les excrétions ne sont pas proportionnelle-^ ment augmentées comme les sécrétions , la collection aqueuse ou.l'hydropisie ne peut manquer d'avoir lieu. Mead nous en a rapporté un exemple bien remarquable (i) sur un malade hydropique dont le corps se tuméfiait journellement et acquérait un plus grand poids, sans presque prendre de boisson ni d'alimens solides , et dont d'ailleurs on tenait un compte exact après avoir bien reconnu , par la balance, le poids du corps de ce malade. Il fut bientôt prouvé qu'il

être qu'il y a* aussi d'autres orifices dans les intervalles de ceux qui appartiennent aux vaisseaux lymphatiques et aux veines sanguines qui laissent pénétrer les fluides par une espèce d'imbibition, ou les laissent évaporer par une exhalation sans aucuns vaisseaux destinés à ces deux différens usages*.

(1) Mead, Monit, etPrœcept. meJ»

DE l'hYDROPISIE EN CENTRAL. 54g

ij^^aurait pu peser autant qu'il le fais%iit s'il n'avait absorbé beaucoup d'eau par la peau ou par la voie de l'inspiration.

Les orifices absorbans paraissent être pourvus

d'un tissu érectile , sensible et irritable y comme le

sont, par exemple, les orifices ou points lacrymaux des conduits des larmes dans le sac lacrymal. On pourrait cependant croire que les orifices n'existent pas seulement à Textreniité des radicules des vaisseaux lymphatiques et des v^nes sanguines y mais, encore à la surface, des parois de ces mêmes petits vaisseaux lymphatiques au sanguins. Que de merveilles dans cette organisation qui ne nous sont pas connues! mais ce qui l'est , c'est que ces vaisseaux sont vivifiés par des nerfs nombreux dont la substance médullaire , la seule sensible, se répand^ dans leur texture p ainsi que par des artérioles et vénules sanguines.

Les vaisseaux lymphatiques peuvent être considérés comme les vrais conducteurs des liquides séreux purs , ou mêlés aux autres humeurs; ils se réunissent les uns aux autres pour se rendre en trésr-petit nombre comparativement à ceux répandus dans toutes les parties du corps , dans les veines sanguines (i); savoir: les vaisseaux

(i) Meckelf qui a donué une description curieuse des

554 ^^ l'hYDROPISIE en GÉNLnAL.

ment, enf abréger l'élude en diminuant ou en rapprochant les causes de l'hydropisie ; et combien n'eussé-je pas été satisfait si j'avais pu |es comprendre en deux seules séries , celles qui sont annoncées parles symptômes de la tension et celles q^i i le sont par ceux du relâchement des solides, comme quelques anciens médecins grecs, Modiusei Cœlius^ ^urelianus l'ont fait avant Thémisonj médecin romain , et comme il y a peu de temps Baglwi, Pacchioniy etc. , l'ont a4niis, persirictum et laxuml Mais cette simple division ne comprenant pas toutes les espèces d'hydropisie auxquelles des traiiemens divers conviennent essentiellement pour les guérir, je n'ai pu l'adopter. Le système de Bro%vn , par sihénie et asthénie , et celui de nos modernes, qui ont divisé les hydropisies en actives et. en passives , n'ont pu me satisfaire , quelque désir que j'eusse que mon opinion coïncidât avec la lenr. Tous ces systèmes , et autres * q^ui se ressemblent beaucoup , m'ont paru nonseulement insuflisans, mais encore dangereux, pouvant induire à de mauvais traitemens-

Ce n'est pas d'après des conjectures sur l'action des solides ni sur celles des fluides que j'ai établi les diverses espèces d hydropisie , comme l'ont fait les médecins qu'on appelle solidistes , ni d'après l'action des fluides sur les solides comme le faisaient les humoristes , action qu'on s'efforce

t)lE t*IlVm\Ot>IStE EN CF.NÉRAL. 355

aujourd'hui de méconnaître, quoiqu'elle ne soit pas moins réelle ; mais notre division repose sut les causes secondaires qui produisent la maladie «Ue-même, parce qu'elles sont généralement assez bien connues pour servir d'indication au tr aitemea t qu'il faut prescrire , et qu'on est certain qu'en les détruisant on fait disparaître la cause immédiate de l'hydropisie et conséquemment l'hydropisie elle-même.

J'ai établi douze séries de cette sorlé de causes : la première comprend les hydropkîes qui surviennent lorsque les excrétions naturelles sont supprimées , ainsi que les hydropisies qui ont lieu pendant ou après les grandes évacuations.

Dans le premier cas , il y a une trop grande dilatation des vaisseaux ou du tissu cellulaire , ce qui cause nécessairement une gène dans la circulation des humeurs , et une compression dans le systèmie encéphalique et nerveux p]us . ou moins frêle , d'où résulte une stagnation plus ou moins grande des fluides , et par suite une disposition à l'hydropisie qui nesurvîeiitque trop souvent. Combien d'exemples de cette espèce d'hydropisie n'avons-nous pas prévenus et avec succès par des évacuans divers, un bon régime et des exercices variés!

Quant aux hydropisies qui ont lieu pendant ou après d'excessives évacuations, elles sont causées,

5^ DI l'hYDROPISIE en CÉNi^KAL.

poujr la plupart , par la faiblesse des» organes sécre" toires et excrétoires , qui ne peuvent plus suffire à leurs fonctions. Ce n'est pas tout, le système encéphalique et nerveux étant affaissé en quelque sorte sur lui-même, perd de son action naturelle sur les vaisseaux absorbans et exhalans, ce qui fait que ceux-ci étant dans un état de faiblesse ne remplissent plus convenablementleurs fonctions; de plus, leshumeurs restantes, dépourvues de leur sérosité, deviennent plus acres , plus stimulantes ; la fusibilité et Firritabilité des parties qui en sont susceptibles augmentent , et de là des spasmes, des convulsions et un4rouble dans la circulation des humeurs, séreuses surtout. Enfin surviennent des hydropisies partielles ou générales.

On peut voir dans Morgagni (i) combien ce grand médecin a accordé , après Vaïsaha , son illustre maître , à^influence à cette acrimonie séreuse pour produire les hydropisies. Nous avons aussi confirmé la réalité de cette espèce de maladie provenant d'un excès d'acrimonie séreuse, par des observations que nous avons rapportées.

Les hydropisies pendant ou après les fièvres continues, rémittentes ou intermittentes, dont nous avons rapporté une multitude d'exemples, sont sans doute une suite fréquente des altérations

(i) DéSed. et Caus. morb, , episi, IV^ et en d*autrcs endroits.

Dit l'hYDROPISIE en GENERAL* BSj

du sysième séreux , soit parce qu'elles augme;[Uent son action sur les fluides^ soit parce qu'elles la diminuent ou l'altèrent , et dans ces deux cas il n'est pas douteux que, pour détruire la bause del'hydropisie^ il ne faille prescrijre un traitement différent, l'un tonique ^ excitant, et l'autre adoucis-' sant y relâchant , anodjn , dépuratif» L'expérience a prononcé à cet égard. Nous renvoyons à l'article III y qui le concerne.

On n'est pas surpris que les bydropisies soient une suite fréquente de la pléthore , de tinflam^ mation et de la suppuration, quj^id on sait d'abord que la pléthore seule des vaisseaux peut par suite de leur extrême dilatation causer leur engorgement , et produire la compression du cerveau et des nerfs, ainsi que celle des vaisseaux sanguins eux-mêmes , et plus facilement encore celle des vaisseaux lymphatiques , soit dans leur cours, soit dans leurs orifices excréteurs ou sécréteurs, dont l'action est alors plus ou^moins troublée. Ces vaisseaux même peuvent facilem^t , par rapport à leur ténuité , être rompus , et lais^ ser ainsi écouler leur liquide dans les cavités du corps , grandes ou petites (i).

(i) Nous avons rapporté plusieurs exemples d'hydropîsie par cette cause , que nous avons eus sous les jeux , et cité d'autres qui sont consignés dans les auteurs.

358 DK l'hYDROPISIE en GENERAL.

\J inflammation f qui rfést jamais sans pl<^tIiore sanguine, peut aussi, par celte raison , produire l'hydropisie j mais de plus , elle cause naturellement, comme Senac l'a si bien remarqué, uti' excès de consistance dans l'albumine du sang dont la sérosité est alors expulsée : or, cette sérosité , devenue ainsi trop abondante , pénètre les vaisseaux lymphatiques qui en sont déjà pleins, ainsi que les veines sanguines qui en contenaient beaucoup , et s'épanche dans le tissu cellulaire et dans les cavités du corps , d'où provient Fhydropisie, à moins quei'excrélion de ce fluide ne soit considérablement augmentée par sesdiversémonctoires, et malheureusement cette excrétion ne peut avoir lieu , les vaissea&x eicréiçurs étant alors en partie privés de leur énergie naturelle , par suite de la compression qu'ils éprouveiiMlinsi que leurs nerfs de la part des vaisseaux san|;uins trop dilatés.

Quant à l'hydropisie qi\i survient à la suite de la suppuration dans quelque partie de notre corps, très-souvent indiquée parlâ-fièvre lente, il paraîtrait que les matières purulentes qui existent alors dans la masse du sang , diminuent la consistance de soh albumine , altèrent sa partie ^ougeet augmentent ainsi la collection des eaux, d'où résultent de très-fréquentes hydropisîes , et d'autant plus vite que la matière des abcès n'est pas

DB LHYDROPISIK EN GENERAL. SSq

evacuëe par les divers rfixioncloîres , comme cela a lieu dans la plupart des suppurations internes ; car , relativement aux suppurations exterhes , •lies existent souvent , non-seulement s£ins que ITiydropisle survienne , mais même sans que la fièvre lente existe. Nous avons déjà fait cette remarque en traitant de la pbihisle pulmonaire (i). Nous y avons dit, et avea raison, qbe plusieurs phthisiques mouraient hydropîques , non-seulement parce que le pus concourait à diminuer la quantité du sang relativement à sa partie rouge et à augmenter la quantité des fluides séreux , mais encojre parce que les poumons , dans lesquels la nature confectionne le sang, étant malades , ce travail n'était pas aussi énergique pour cette opération vivifiante, d'où il résultait que le sang, relativement à sa partie rouge, n'était pas aussi bien élaboré et que les liquides séreux étalent d autant plus abondans. Qui ne connatt les belles expériences de Lo'Wer sur des animaux vivans ^ qui prouvent qu'en coupant ou liant le tronc des nerfs de sa Imitièm^ paire , on produit souvent l'hydropisie (2) ?

(i) Tom. II , p. 288 et suiv.

(1) Je dis de la huitième paire, personne n'ignorant que les ob^rvationsanatomiques de Willîs ne soient gënëraleiiienl ducs à Lowcr, son célèbre proscclcur. Wiuslow

36o I>K l'hYDROPISIB en GifdKAh.

Il serait difficile d'expliquer comment les hydropisies précèdent et accompagnent les maladies éruplives avec fièvre ou sans fièvre , sans recourir à une matière délétère qu'on a appelée acrir% monle, dont celte maladie dépure le corps ^ le plus souvent par des éruptions ; autrement il résulte une telle décomposition de la masse bumorale y que Thydropisie en est la suite ^ sans doute d'une manière analogue à celle qui est produite par le pus y la bile ^ les urines , etc. Ce qu'il y a de bien prouvé , c'est que, de toutes les hydropisies, les plus fréquente$ sont celles qui surviennent pendant ou après les érup'^ tions à la peau , incomplètes ou irrégulières , ou quelquefois faute d'éruptions d'aucune espèce, car nous ne doutons pas qu'à leur égard il n'en soit comme pour la petite -vérole, qui peul exister sans éruption à la peau(i). Et combien n'est-il pas importapt que leà médecins con-» naissent cette vérité pour le traitement de l'hy* dropisîe !

Les hydropisies pî^r des engorgemens , obstrue-^ tions et autres altérations , sont les premières

a connu celle paire de nerfs sous le nom àe paire vague > et M. Chaussier sous celui de pneumo -gastrique.

(i) Febris variolosa sine variolis^ SrDEifatAM. De f^arioldsine variçlarumerupiione. Boeuhaay^i etc. > etc.

DK l'hYDROPISIB EN GENER AL. *56l

qui aient été bien obsènrées relativement à leur cause. On a cru qu'elles produisaient la compression des vaisseaux^[d'où résultait un défaut decir-> culation des liquides qui se déviaient dans les vaisseaux collatéraux , les engorgeaient et s'extravasaient dans le tissu cellulaire ou dans les ca** viles du corps , quelquefois après avoir rompu leurs parois. Lower est undies premiers (i) qui^ après avoir lié un membre à un animal vivant , ait tiré la conséquence que Tliydropisie était souvent produite par la compression des vaisseaux. Boerlmave , si grand partisan des explications tirées de la mécanique , n'a pas- manqué d'admettre et de célébrer la théorie de Lower'.

(i) C'est dans son traité de Catarrho, Lond. , 1671 , în-8», , que Lower fait part de cette expérience, et qu'il nie formellement que les sérosités du cerveau coulent immédiatement dans les fosses nasales. Il crbyait qu'elles élaieni absarbées par la glande pituitaire , d'oii elles coulaient dans des rameaux veineux de la veine jugulaire. T^alsalva et Mor^agni ont attribué un usage analogue à cette prétendue glande que quelques anatomistes me*dernes ont cependant considérée comme imperméable à ces sérosités : Lieutaud l'a nommée tige pituitaire. Ce qu^il y a de certain , c'est que diverses vénules sanguines et des vaisseaux lymphatiques parviennent k cecorpsainsi qu'aux glandes jugulaires supérieures qui peuvent biea jogir de la faculté absorbante.

Ce n'est cependant pas dans ]a seule digue que les obstructions opposent à la circulation des Ii« quides qu'il faut chercher l'explication des hydrôpisies. On ne peut s'empêcher de voir aus» que ces obstructions , en troublant les fonctions des organes , nuisent beaucoup à la sécrétion et à l'excrétion des fluides qu'ils opèrent. Serait-ce uniquement , par exemple , parce que le foie serait squirrheux que l'hydropisie surviendrait par défaut de circulation de la lymphe dans les vaisseaux . appelés Ijmphatiquès ou dans les veines sanguines ? Ne serait-ce pas aussi parce que la matière qui doit former la bile étant alors retenue dans le sang dispose le malade à l'hydropisie? et ne pourrait-on pas le dire peut-être avec plus de raison si, par quelque engorgement ou obstruction des reins , l'urine n'était pas sécréj^e? La même remarque peut être faite à Fiégàrd des obstructions de tous les viscères^ parce que les observations ont prouvé que l'hydropisie avait été la suite d'altérati(>ns pareilles.

A la sui^e des hydropisies survenues après des engorgemens, çbstructions ou autres désorganisations en général , j'ai dû . traiter de celles qui proviennent des maladies du cerveau et des nerfs , convulsives , soporeuses et para« lytoïdes , dont le traitement réclame des remèdes très - divers ; les uns pour calmer ou

DE l'hYDROPISIE EN GENERAL. 565

énerver la sensibllllç ^ et les autres pour l'exciter.

Ainsi , dans la même sériç des hydropisies par des affections morbides du cerveau et des nerfs • sont compris des traitemens divers ; à leur suite viennent celles avec lésion des facultés mentales^ par des douleurs diverses. Enfin , j'ai traité des hydropisies causées par l'extrcme faiblesse ^ suite fréquente des longues maladies.

C'est en connaissant et en admettant la diversité de toutes les causes de Thydropisie , que l'on est convaincu de la nécessité de la traiter par des remèdes divers et propres à détruire ces mêmes causés , tant* pour les prévenir que pour les empêcher de se former de nouveau.

Il ne reste à présent qu'à parler des frfnèdes qu'il faut prescrire pour évacuer les eaux qui forment l'hydropisie , et à cet égard ce ne sont pas les moyens qui nous manquent ^ mais les lumières convenables pour en faire un heureux choix. Ainsi , tel remède a une ibis réussi pour faire couler les eaux par les voies urinaires ou par les selles , qui ne réussit souvent plus. Aussi est-il bien difficile à cet égard de donner quelques règleis de conduite. J'ai seulement éprouvé que dans les personnes irritables et sensibles ^ les diurétiques dont , légers et un peu anodyns , réussissaient mieux que ceux qui sont irritans ^

364 ^^ LHYDROPISIE EN GENERAL*

tandis que ceux-ci sont quelquefois utilement prescrits dans des sujets qui sont dans une situalion contraire*

Je ne puis cependant m'empécher de dire que dans ce cas plus que jamais il est permis de s'écarter des règles, si l'on en juge du moins par les succès que des médecins qui n'en suivaient aucune ont obtenus , ainsi que par les charlatans , qui , dans le traitement de cette maladie , relativement aux évacuations , ont eu des succès étonnans ; je veux dire qu'ils ont fait rendre aux hydropiques une énorme quantité d'eau par les sueurs , les urines et les selles ; mais qui , faute de lumières , n'ont pu donner aucuns bons conseils pour empêcher le retour de rhydropisie. Je désire que cet ouveage soit de quelque utilité à cet égard.

Le médecin qui veut traiter heureusement un hydropique doit , pour y parvenir , considérer qu'il a trois objets principaux à remplir dans la prescription des remèdes*

i^. Évacuer les eaux qui surabondent dans les diverses parties du corps , ou dans quelquesunes d'elles seulement.

a''. Empêcher leur retour, qui est trc^fré-

DE L'ilYDROPlSlE EN GENERAL. 365

quent^ les causes de l'hydropisie éiant très-rarement détruites par le premier traitement.

3°. Rétablir les forces du malade , que l'hydropisie et les remèdes ont plus ou moins affaibli.

Hévacuation des eaux peut être opérée par tous les émonctoires du corps , particulièrement par les voies urinaires, alimentaires ^ et par celles de la transpiration ^ moyennant les remèdes bien connus , d'après leurs effets , sous les noms de diurétiques, de vomitifs ^ de purgatifs ^ de diaphoré'^ ligues et de sudorifiques : quelquefois il faut faire précéder la saignée.

Nous parlerons successivement ici des remèdes qui peuvent produire cet heureux effet , et particulièrement de ceux qui agissent sur les voies urinaires, à la faveur desquels s'opèrent la plupart des guérisons de l'hydropisie. Les autres remèdes ne sont généralement que secondaires lorsque cette maladie est réellement bien formée.

Des Diurétiques. On a divisé les diurétiques en deux classes : les premiers doux , froids, anodjns ; les autres chauds , toniques j irritans.

Les diurétiques froids ne causent aucune excitation sensible , ni par l'augmentation de la chaleur du corps, ni par la fréquence et la dureté du pouls.

566 DE l'hydropisie en ciisihXLé

Les diufélîques chauds produisent au contraire plus ou moins d'excitation , souvent même la fièvre, qui quelquefois, à la vérité, peut être un moyen de guérison , surtout si elle est bien traitée.

Les diurélîques , les diaphoréiiques et les sudorifiques ont quelquefois un tel rapport entre eux par leurs effets , qu'ils peuvent , selon cependant la disposition des corps , ou par l'augmentation et quelquefois par la diminution de leurs doses , déterminer tantôt la diàphorèse ou les sueurs , et tantôt produire une augmentation des urines , seule ou réunie à celle des sueurs , quoiqu'cn général l'excrétion des urines par les voies urinaires soit en raison inverse de celle qui se fait par la peau.

Quant aux diurétiques ^br^, chauds , stimu^ lans, ils peuvent, au Heu d'augmenter l'excrétion des urines , exciter les selles , soit parce que leur action est trop forte pour produire la transpiration et les urines , ces excrétions n'exigeant pas des remèdes aussi actifs pour être opérées , soit aussi par la disposition du malade aux évacuations alvines ; de sorte que les effets de ces remèdes sont variables , et par conséquent leur prescription exige de la part du médecin de la circonspection et une grande pratique dans leur administration dans bien des circonstances ,

DE L^HYDROPISIE EiN' GÉNÉRAL. Z6^

et pour le traitement des hydropisies surtout^ Combien de fois en effet ne m'est-il pas arrivé de prescrire des remèdes po^r^exciter la diaphorése ou les sueurs et de n'otltex^jp^ non l'excrétion que je croyais opérer, mais un surcroit d'urines ramarquable ! Combien de fois au contraire ^ en prescrivant des diurétiques un peu forls, n'ai-je pas vu qu'au lieu d'une augmentation d'urine les malades étaient copieusement purgés ou que leur corps était inondé de sueurs ! Les effets de <;es remèdes, ^relativement aux évacuations qu'ils produisent, sont donc très- variables, et soumis à la dispositioni du corps, ou à l'état du malade (i).

Une autre observation qu'il n'est pas moins important de faire , c'est de ne pas troubler par des purgatifs l'évacuation des urines quand elle alieu^ d'autant plus qu'on doit la regarder comme celle qui conduit le plus à la guérison des hydropisies.

J'ai vu bien des fois qu'un purgatif admi-

(i) Cette remarque pourrait trouver son applications la plupart des remèdes violens } d'où oh peut conclure que , pour bien enseigner la matière médicale ^ il ne suffît pas de connaître l'histoire et la nature des remèdes, nuis Ieur\ction sur le corps de l'homme dans telle ou telle disposition , soit naturelle , soit morbide.

568 DK L^UYDROMSIÈ EN ciTtiHAJu

nistrë pendant que les diurëtiques produisaient une utile excrétioo d'urine , la suspendait ou la diminuait. Maiii^lKl^ loin que cela soit toujours constant, d'autrisi^ tSà^nn purgatif prescrit dans tin temps plus o{>portun paraissait donner aux diurétiques plus d'efficacité qu'ils n'en avaient, en augmentant la quantité des urines , ce qui , au reste, m'étonne d'autant moins que j'ai plusieurs fois observé que des malades^ très-effrayés d'éprouver de la diminution , méiîie la suppression ou la rétention de leurs urines, etc., en ont récupéré l'excréiion facilement et abondamment , dès que des évacuations alvines étaient survenues naturellement ou par quelque boisson légèrement laxative , ou par quelques lavemens émoiliens. Je pourrais à ce sujet rapporter divers faits qui prouveraient combien est grande influence de l'estomac et des intestins sur les voies urinaires : aussi ne devons-nous jamais négliger de les prendre en considération dans le traitement de l'hydropisie pour la prescription des remèdes qui peuvent procurer l'excrétion des urines.

On a compris parmi les diurétiques doux toutes les boissons aqueuses clarifiées , les infusions des plantes émoUientes , de tilleul , de mauve , de nénuphar ; les infusions des plantes nitreuses , de pariétaire , de bourrache , de buglose , -de cerfeuil. On y a compris aussi les plantes lége-

DE JL^HYDROPIStÊ PN OlÊMERÀt. -56g

rement diaphoréiiques , les fleurs desUreau^ de genêt 9 le thé, les sommités de tdnaisie, de camomille; les infusions théiformes de la turquette^ de la doradille d'Ëspâghé.

On prescrit en décoction légère où en tisane les racines de chiendent, de roseau, les quques de cerises , les feuilles do scolopendre ^ de mélisse •sauvage , etc. : telles sont les plantes que les médecins de notre pays conseillent le plus ordinairement comme diurétiques doux , soit eh infa-^ sion , soit en décoction. Mais le nombre en est bien plus grand dans les auteurs anciens et mo* dernes , parce qu'en effet il est beaiicotip de plantes dans lesquelles Jes médecins ont re-* connu la propriété diurétique : tels sont le cerfeuil (i), la scabieuse dés bois , le ménianthe ou trèfle d'eau (2) , le cresson aquatique , la pimprenelle , le polium , le polypode (3) , le lis blanc ,

(i) L'infusion rccenlede cejrfeuii dans de l'eau pure ou

dans du vin bUnc, selon Us circonstances , a été très-souvent suivie d'une abondante excrétion des urines. On la combine quelquefois heureusement avec l'oximet scillitique : j'en ai obtenu de très-bons effets dans ma pratique..

(2) Simon Pauli , et , après lui^ d'autres médecins, donnèrent avec succès aux hydropiques le suc de ménianthe mêlé à du peUt-lait.

(3) J'ai rapporté que celte racine , séchée et donnée crt poudre avec un peu de crème de tartre et de cassia-Iigna^

5^0 M L*HYDR0PISIK EN CENERAL;

la rervclne (i), la pervenche (2) ,\ le marrube blanc (5), la camphrée , le petit houx (4), la linaîre , le grateron (5). •

est un bon remède costre l'hydropisie et les indurations

de la rate. — Geoffroy.

(i) Ce'salpin en a recommande la poudre contre l'hydrapîsîe. — De Médicament, facult, Venet. , iSgS , in-4°-

(2) « Dans l'hydropisie on se sert utilement da lait s» distillé dans lequel on a fait macérer pendant vingt- 1» quatre heures de la pervenche. » — Geoff.^ MaU méd. , tome VIIÏ f page 370.

(5) Le suc de cette plante, ou son infusion dans du vini^ou sa décoction dans de l'eau , sont recommandés par ForestuSy Freitagius , Zacutus Luziiànus et Hartman^ pour les obstructions du foie, la jaunisse et dans Vhjr^ dropi&ie <\}ii succède à cette dernière affection.

J.-B. Ghomel , docteur médecin de la Faculté de Paris, cite deux observations en fayeur àes piopriétés du mar* rube blanc.

(4) La racine du petit houx est Tune des cirtij racines apé* rîUs^es majeures 5 elle entre dans la composition des tisanes, desapozèmes, des bouillons apéritifs et diurétiques, qu'on prescrit dans Vhydropisie* J. Bauhin cite plusieurs observations en faveur de cet arbrisseau concernant les hydropisies.

Rivière , 3* cetiturie , observation Sa , rapporte qn'im paysan étant devenu hydropique > prît de la décoction de petit houx pendant un mois pour toute boisson. Ce remède, aidé de deux purgations avec le séné seul^ le guérit parfaitement.

(5) « Théodore Tarquet de Mayerne estime beaucoup

bE l'hydroîpisie iEN général; âyi

On a admis deux sortes de graines diurétiques * les petites et les grandes. Les premières sont appelées mineures et les autres majeures. On a compris parmi les premières les graines de violette ^ de laitue, de chicorée, de lin, de payot; parmi les majeures se trouvent les graines de melon j de courge , de citrouille, de concombre , de sapotille, lés baies d'alkékenge (i) , les fruits d'églantier (2) , les amandes douces.

On ajoute aux infusions ou décoctions de ces plantes douze ou quinze grains de nitre purifié par pinte^ et même aussi le suc d'une orange,' d'un citron, d'une grenade ; jusqu'à une agreablô acidité.

On prescrit tres-utilement encore, comme

>» le suc de grateron ( apàrine vulgaris) , pour <chasser >> les eaux des hydropiques par les urines } il en faisait » boire jusqu'à deux onces. » -h. Geoff., Mat. méd.^ page 175, tomeV.

(i) « Arnaud de Vîlîenéuvè et Ciesalpîn conseilleiit i» aux hydropîques et à ceux en qui les urines sont sup- » primées^ de boire un verre devin daiislequdl on aurait D pilé quelques baies de cette plante* »

(2) tt Hagerdon , qui a composé un ouvrage sur l'é- » glantier, assure avoir guéri deux hydropiques déses- » pérés par un long usage d'une tisane faite avec les » fruits de cynorrhodon. % — Cisoff.^ MaU méd, ^ tom. IX; pages 2Ô3 et suiy.

Zj2 DV LHYDROPISIE EN CENERAt.

diurétiques doux y les eaux légèrement acidulées avec Tacide nitrique ou autres acides; mais dans le cas d'une grande irritation qu'on voudrait promptémenl câliner, on réunit aux remèdes diurétiques les ànodyns opiacés. Combien de fois n'ai-je pas vu les praticiens les prescrire trèsutilement ! Tels sont les diurétiques qu'on a souvent appelés froids . , ,

On y réunit quelquefois d^autres narcotiques, tels que la digitale pourprée , qui jouit aussi éminemment de la propriété d'un bon diuré*tiqtid : voilà pourquoi on l'a ^prescrite sous diverses formes (i) , surtout lorsqu'il y a des palpitations du cœur ou des mouvemens désordonnés de cet organe et des vaisseaux san« gùins. On a déjà vu que ik>ùs en avons retiré un '^rand avantage coniine diurétique et anti-spas« inôdiiqûe.

Ce sont lés (liurétiques qui peuvent convenir dans le$ cas oit Tirritation est dominaiite^ On peut y réunir la saignée s'il y a de la fièvre, de la plénitude et de la dureté dans le pouls, ou bien les sangsues pour produire de moindre» évacuations de sang , ou pottr l'extraire plus lentement.

Les diurétiques plus actifs ou chauds sont né-

(i) Odier j Manuel de Méd. pral. j page 2S1.

DE L^UYDROPISIE EN CÉnÉkAL. 3^5

cessaires lorsqi;i'il y a de rineriie dans les solides , des, engorgeniens scrophuleux ou autres des organes abdominaux , ou lorsqu'il existe une tendance à Tassoupissenient , que le pouls est mou , relâché, faible , etc.

On a compris parmi les diurétiques actifs ou chauds les raciiles de roseau , de chausse-trape , de persil, d*asperge , de raifort, de chardonroland, d'iris de Florence, de scille, de souchet, etc. ; les feuilles de mélisse, de menthe, de vulnéraire. suisse, de saxifrage, de sabine, qui est beaucoup plus irritante; l'écorce d^iyèble, de sureau (i) , dans du vin blanc; les baies de genièvre , et bien d'autres remèdes , simples ou composés , que d'autres classes de médi-

W i I I ■ I ■ Il «Il II ■

(i) Le sureau était célèbre en médecine même du temps d'Hippocrate. Martin Blockwitzias a écrit uu livre sur ses vertus, sous le titre ^Anatomie du sw reau.

Hippocrate et Dioscoride employaient la décoction des feuilles et des tendrons pour purger et pour augmenter la sécrétion des urines des iiydropiques. Ils ordonnaient aussi le vin dans lequel on avait fait bouillir les racines ; mais c'est à la fleur et à la deuxième pellicule de l'écorce qu'on attribue maintenant le plus de vertu. \

Simon Pauli dit que le fungus qui croit au pied des touffes de sureau, infusé dans du vin ^ expulse les eaux des hydropîqucs ) mais tous ces éloges sont Irès-cxagérés.

574 »E LllYDRpPISlE EN GEN£RAL7

çamens fournissent ^ tels (jue le polygala ^ la serpentaire de Virginie, la. pareira-brava , Va'^ çonitj le poirprun , rélatérium (i) , la colo^ quinte (2).

Cette énumération , quoique longue , ne se^ rait pas encore suffisante si l'on voulait y con^-? prendre toutes léâplante^ consignées dans les ouvrages ou employées par le. vulgaire : tels seraient la persicaire curage ou poivre d'eau , l'asclépias ou dompte-venin (3), la ronce (4), la

(i)L'élatérîuin est le suc épaissi d'une espèce de con^ combre auquel les anciens médecins , notaninieût Ie$ grecS| attribuaient de grandes propriétés, surtout celle de purger et d'augmenter le cours des urines,

Sj'denham nommait ce médicament Vhydragogue spécifique ^ ^vioic^e TVillis eh\ dit qu'il était plus nuisible qu'utile; ce qui dpit être vrai dans beaucoup dé cas. Cependant ces deux médecins peuvent avoir raison , suivant les circonstances.

(2) Paul d'Egine a beaucoup vanté les effets de la coloquinte contre l'hjdropisie.

(3) « Paracelse loue la décoction de la racine dans » du vin pour Thydropisie. » — Geoff. , Mat, méd. ^ tom V, 255.

(4) Boerhanvfe, dans V Histoire des Plantes du Jardin ' de Leyde , assure que les racines de ronces {rubus)\ tirées de terre en février o^ en mars^ et cuites avec le miel , sont un excellent remède apéritif et propre contre l'hydro-, pisie. t

DE L*HYDROPISIE EPT .GEINEHAL; 5^5

camelée ou olivier nain (i) ^ le cabaret ou asa<* rum (2) f rimpéraloire (5) , la gratiole (4) f l'ail , le jalap (5) , 1 esule (6) , ]a grande ohéli««

(i) Jean Bauhin , à rimilalion de Rondelet , donnait Textraît de cette plante- à la dose de5 j ou 5 ij mêlés avec d'autres purgatifs hydragogues. — Geopp.

(2) J^an-Ueîmont a observé le premier , et après lui Zwel/ert et Toumefort , que cette plante était un excel-^ lent remède altérant , diaphorétique et diurétique , qu'on emploie utilement dans l'hydropisie.

La racine de cabaret entre dans la composition du sirop Iiydragogue de Charas.

(3) Hoffmann vante beaucoup les effets de la racine d'impératoire (imperatoria major) contre l'hydropisie , à la dose de 3 ^ jusqu'à 5 j en substance , et jusqu'à deux gros en infusion.

(4) Hermann * dit que les feuilles de gratiole y appH^ quéessur la tête, en guérissent les hydropisies, sans doute en agissant comme un exutoire 5 ce que d'autres plantes ou un vésicatoire eussent pu faire.

(5) On le met ordinairement au nombre des purgatifs hydragogues 5 mais il n'a pas la violence de la plupart des remèdes auxquels on donne cette dénomination. L'activité qu'on observe dans le jalap lui vient de la partie résineuse qu'il contient. Pharm, de Lond., trad. française.

(6) Les pharmaciens préparent une poudre ôi^és\ilei\\\*on donne depuis 3 j jusqu'à 5 j , ou en infusion jusqu'à 5 ij « qu'on regarde comme très-utile aux hydropiques. Gcof-ifroy avertit qu'il faut toujours modérer Tacrelé de c« iiicdicanient par quelqiie mdcilagineux.

* Paul llinMA^A* , in Cfnosurd, M. TMdicœ.

376 Di l'hydkopisib en cemeral.

doinc (i), la bryone (a), la viorne (5}, VelU'- ]x)Ye noir (4).

C'est avec ces diverses substances végétales qu'on a composé et que l'on compose encore des infusions diurétiques , dés décoctions, des apozè* meSi, des sucs, des extrait^, des poudres, des pî« Iules kydragogues. Nos pharmacopées sont pleines de ces formules , eic.

On ^ encore prescrit diverses compositions

■ ■■■ . Il ■ ■ .■. — ■■■■■ !■ !■ Il II n i ■ I ■■ ^^a— n— — —

(1) Cette plante était le remède spécifique de Van- HeiipoDt contre rbydrojMsie ascKc

(2) Celte plante est généralement recommandée parmi les plantes diurétiques, apéritives et purgatives-hydragogues. On la prescrit en décoction , en poudre : on en fait aussi prendre le sue} mais ou l'emploie plus souvent eu lavement.

(5) Tragus dit que sa racine cuite dans Teau ou le via auquel on auia ajouté du sel j est purgative et propre contre l'hydropisie ^ mais cette plante est si acre qu'on n^oserait la prescrire intérieurement»

(4) Les anciens Tont célébré comme purgatif hydragogue; il y en a de deux espèces , le blanc et le noir : le premier est plus violent que le secondr, qui l'est encore beaucoup.

Ou le donne en extrait ^ en poudre, en teinture connue sous le nom de mélanpodc a cause de Méianpe , qui^ le premier , dit-on , mit la purgation en usage.

L'extrait d'ellcbore noir entre d^ns la composition des pilules toniques de Bâcher.

BE l'hYDROPISIE EN C^NIÉRAI.* Sy^

chimiques; les étfaers vicriolique, nitreux; les. eaux spiritueuses de genicTre , de cannelle ^ de menthe, de digitale pourprée , d'arum ; le sel de genêt, d'absinthe, etc.; les eaux-<le-vie contenant divers principes purgatifs , comme Feau-de-yie allemande , le vin sciUitique , colchique , etc. Avec quelle prudence eependani ne faut-il pas toujours prescrire ces remèdes !

On a cru reconnaître des vertus diurétiques dans quelques animaux, tels que les écrevissçs , la vipère , et principalement dans les cloportes , dont les vieux praticiens français préconisent les heureux effets : ils recommandent , toutefois , de les écraser vivâns ou au moins d^en donner la poudre. Les cantharides (i) ont aussi été données intérieurement et par de grands médecins ,

(i) Worlhofias (Geoff. , Mat, méd. , toai. XI, pages 393 et suiv. ), Boerhaave et beaucoup d'autres grands praticiens , ont recoonn les bons efTels des cantharides y prises intérieurement^ dans l'bydropisie; mais elles ne pour*raient. pas convenir à tous les individus.

Leur usage iatéricur pourrait d'ailleurs être si dangereux qu'il serait téméraire de les prescrire. Lieutaud, qui en redoutait sans doute moins là prescription intérieurement, dit que « néanmoius on peut metfre les cantha- » Mdes au nombre des plus cxcellens remèdes diuré- » tiques » j probablement dans le cas d'une atonie ex* trcme.

38o IWK L^UY^pPISUÇ EN OjÉjnÉ^AL.

Oq a reconnu la propriplç diuréûque dans les substânci^s semi; « mëlaUiques et métalliques , comme les préparations martiales , merciiK;iel- Içsy et(C. ; les sulfures dissous dans plus ou moÎQs d eau , dpm on a réellement obteçiu de Irésbeureux e^ts dans quelques hydropisies.

Bp^rhaai^e n'a pas craint de prejsçrirç les préparations de cuivre contre cette maladie , telles qu^une teinture connue dans quçlqi^ pharmacopées sous le nom de teinture bleue. Qn a euçor^ conseillé un sel appelé nitreux lunqire, parce qu'il était forméaveclenitreetlescri^tauxdçlune. Maïs peut-on administrer ces préparations sans danger ? 11 faudrait une grande habileté pour en obteAiv des succès et pour en éviter les inconyéniens» J'ai cependant vu un heureux effet de l'administration intérieure de la limaille de cuivre^ qu'un chirurgien donna à un hydropique ^ depuis 'uu demi-grain jusqu'à quatre ^ dans de la mie de pain^ à prendre^ nou lUie fpis^ mais quatre fois dans la jouri)ée.

Voilà une longue série de remèdes conti*e l'hydropisie ; mais les charlatans en auit>nt en« core bien d'autrçs qu'ils ne cesseront de célébrer que lorsque le public , enfin désabusé , n'aura plus confiance à leurs perfides promesses.

Disons maintenant un mot sur les éméiiqaes, les purgatifs et autres remèdes qui doivent être

DE l'hYDROPÎSIE E1^ céN^RAt. 38 1

prescrits j concurremment avec les diurétiques ^ dans le traitement de Thydropisie.

Nul doute que les émétiques n'aient clé utiles dans le traitement de l'hydropisîe ; mais àu^l nul doute qu'ils n'aient été contraires. On pourrait à cet égard donner deux îrîen loiigs ariîcles pour le prouver, tantôt en rapportant lés mervéilléiix avantages que les médecins en ont rc^tîré^ y tantôt en citant letirs nombreux et fu<nestes effets. Noiis ferons observer que nous ne parlons ici que du traitehient des hydro* piques en tank qu'ils ont une collection d'eau dans le corps , qu'il faut évacuer isivâht de s'occuper du traitement véritablement ctîratîf ou de celui qui est nécessaire , lorsque cette évaciiation stta. opérée , pour prévenir là récidive : car alors des indications différentes à remplir se présent tent pour détruire la cause de la maladie ellemême.

Les émétiques peuvent être trés-utiles sous plusieurs rapports pour évcauer les eaUx des bydropiques y lorsque au commencement de la makt^ die les sérosités tendent à s'infiltrer dans le lissu cellulaire , poui^vu toutefois qu'il n'y ait ni tendance à l'assoupissement , ni ortliopnée trop forte ^ ni plénitude el' dureté du pouls; ils sont surtout utiles dans les sujets menacés d'hydropisie après des évacùatiokis sanguines , oa

382 DE LHYDROPISIE EN GENÉRA^^.

disposés à quelque maladie convulsivc. Ils sû^ raient funestes dans les ascites avec tension douloureuse des parois de l'abdomen , avec me-nace d'inflammation si elle n'existait déjà ; et xoniment oser provoquer le vomissement dans une ^pareille circonstance ? Qui ignore que pendant le ^ vomissement , Tçstomac, se contractant avec plus ou moins de violence, le sang, s'y porte. en plus ' grande quantité et y séjournç davantage , ce qui le dispose encore plus à l'inflammation? Qui ignore qu'alors les poumons sont plus ou moins violemment comprimés par les yispères abdominaux , et que Torthopuée la plus violente , et .niéme mortelle dans les hydropisies de la poitrine et de l'abdomen, peut en être la suite?

Si les vomitifs pouvaient convenir dans Thydropisie, ce ne serait que dans les cas d'œdémalie où de leucopUegmatie^ suite d'ingurgitations de mauvais alimens , dans des sujets œdématiés par des poisons qu'ils auraient avalés depuis . peu , à la suite d'une vie trop sédentaire ou dans des lieux hiimides , d'une cachexie qui serait la suite de maladies cutanées dont l'éruption n'aurait pas éta complète , ou d'un commencement de jaunisse provenant d'un embarras des premières voies, ou*enfîn de quelques autres circonstances particulières.

, Nous dirons qu'en général les vomitifs seraient

BK L riYDROPlSlE EN GÉNÉRAL. 383

funestes dans les leucopblegmaties ou anasarques considérables avec menace d'infiltration d'eau dans les parties internes , et enpore plus s'il y avait de la disposition à l'épanchement dans quelques cavités du corps. Je ne douté nullement qu'alors /ces remèdes ne soient très -contraire ^ pouvant facilement , par suite des contractions plus ou moins violentes de l'estomac^ des muscles du bas -ventre, du tronc et des extrémités , qu'ils suscitent , déterminer l'eau à refluer ' de l'extérieur à l'intérieur du corps. Ce n'est pas d'après la simple théorie que je le dis , mais d'après de funestes effets des vomitifs que j'ai eus sous les yeux ; l'un sur un pauvre garçon âgé d'environ vingt-cinq ans , compositeur dans une imprimerie dont le local était: humide. Il était depuis long-temps atteint d'une bouffissure 'leucophlegmatique contre laquelle il avait fait quelques remèdes , hors celui dû quitter ses fonctions ordinaires^ qui eût été le plus efficace. Il prit, de l'avis d'un jeune médecin, trois grains de tartre 5tibié pour se procurer des vomissemens, qui parurent lui avoir réussi , ses urines ayant été plus abondantes et plus claires. Le surlendemain, le même vomitif lui fut .encore, administré : les urines ne furent pas aussi copieuses , mais; plus rouges et sédimenteuses ; la respiration, difficile depuis long-temps, était plus pénible ; le visage

584 ^^ L^HYDROPIStlÇ RN ùivfitiAt:

était bouffi , et en général l'intumescence eiierieure du corps était visiblement augmentée.

Les apéritifs é^ diurétiques divers furent administrés. Une véritable hydrotborax se déclara et le n^alade périt ^ sans doute bien plus tôt qu'il ne Veux fait si ces vomitifs n'avaient pas été administrés.

J'^i égalethént vu une blamrchiîE^ttse^ âgée de vingt ^btiil à >treme ams ^ atteinte d'une ieuéophlegmatie ^ qu-on fk aussi ^omir outre niesure^et qu\ finit par avoir ufteorîbc^néie qui sf ut mortelle éh «ept jours. Cette femme s'était ' plainte y les trois à quatre premiers jours ^ d'une vive douleur dans la région épigastrique | provenant sans doute d'une gastrite qui finit parla •gangrène. Ces deux corps n'ont pas été ouverts.

11 résulte de ce que je viens de dire que si les vomitifs sont utiles dans quelques cas , ils peuvent être fâéheilx dans d'autres. Gomment donc des auteurs célèbres ont ^ ils pu -les recommander ou les proscrire indistinctement? cela est difficile à concevoir. Qu'-^vicewitc et les autres médecins arabes qui lui ont succédé ^ privés de la bonne logique médicale ^ aient conseillé les vomitifs dans Thydropisie , ou qu'ils en aient avantageusement parlé d'une manière trop générale^ cela peut se comprendre;

» ««. ^JC £.

DK L UYDROPISIS UN GENERAL; 58$

mais que de grands médecins modernes tiennent le mçme langage , on ne pourrait le croira tsi on ne le lisait dans leurs ouvrages. Xieiitaud , par exemple , a trop gënéralcoient blâ-*mé les vomitifs dans Thydropisie. Sagar , plus retenu^ ne les a conseillés ai dans les hydro* pisies par desépanchemens scrophuleux^ ni dans les sujets qui sont d'une forte constitution ; mais ii'eùt-il pas du faire observer qu'il ne fallait jamais les prescrire dans les cas que nous venons d'indiquer , et particulièrement lorsque le basventre était plein d'eau ? seulement ils peuvent convenir comme curatifs de la cause de l'hydro-n pisie avant qu'elle soit bien confirmée. Gortez et Quarin (a) ont dit qu'il fallait y recourir trèsraiement dans les bydropisies, et i)s ont eu raison. Selon PercwaI, on peut conseiller les éméjiques aux femmes au commencement d'une bydropisie de l'ovaire. Peut-«tre^ dit Quarin, qui cite cet auteur, que, par l'effet de ces vomitifs/ le bas-ventre sera alors tellement secoué , que 1 eau contenue dans l'ovaire coulera dans la matrice par la trompe et sera ainsi évaciiée bor^ du corps. Tout cela me paratt trop hypothétique pour oser y compter. Quant à nous , nous n^.

(i) Animad. pract. in dkersmorb^^i^^fi ^^i Morh, xiliivaic , nage i^

voyons que très-peu de cas dans l'hydropisie ofii Ton puisse recourir utilement à Vémétiquè^ei uii très-grand nombre où il ferait funeste. La distinc-^ tion dé ces divers cas est d'ailleurs bien périlleuse. C'est pourquoi , lorsqu'il faut impérieusement prescrire un vomitif , il faut toujours choisir i'émétique le plus doux , pour éviter au malade les secousses trop fortes du vomissement. Il suffit de lui faire boire quelques verres de thé avec nu bu deux grains de tartre stibié^ dans une thopine d'eau 9 avec ou sans addition d'une demi-oncé tl'oxymel scillitique, qui réunit à la faculté diurétique, celle de dbposer au vomissement et même de le provoquer. Le malade pourrait prei^dre un, deux ou trois verres de cette boisson à quelque temps de distancé sans inconvénient ; maii des vomitifs plus forts.pourraient être pré judixiables.

Les purgatifs sont généralement plus favora* *bles aux hydropiqiies et ont presque toujours ^moins d'inconvéniens que les émétîques , je dirai même dé danger^ à moins qu'ils ne soient pies^ crits trop souvent ou qu'ils né soient de nature ' très^violente^ car alors les unsetles autres peuvent ^'éivé funestes^ l'inflammatioil de l'estomac et des ialestins pouvant en être la suite , d'autant plus facilement que dans l'hydropisie les voies alimentaires y sont trçs-disposées , et que de toutes Us causel»

]>£ l'hydropisik en céNiiiAL; 38/

de cette maladie ^ l'inflammation est la plus fréquente (i). On a encore vu, à la suite de ces purgatifs, des malades périr peu de temps après d'une ascite, d'une hydropisie de poitrine^ om d'une hydrocéphale, et quelquefois subitement d'apopIexîe(2).

Les purgatifs peuvent être utiles lorque les urines seules, ou conjointement avec la transpiration, ne paraissent pas assez abondantes pour suffire à l'évacuation des eaux qui forment l'bydropisie , nonobstant l'usage des diurétique^ quo les malades prennent ; car si ces remèdes étaient suMsans pour opérer cet heureux effet , il se-* rait téméraire de prescrire des purgatifs , l'expérience ayant prouvé qu'ils étaient alors trèscontraires. C'est ce que j'ai observé une multitude de fois chez des malades auprès desquels j^ai été appelé en consultation ou que )'ai vus seul , mais dans ce dernier cas bien moins souvent , ayant depuis long*temps fait cette observation, qui est devenue un point essientiel de ma pratique dans le traitement des hy dropisies ; toutefois j^avoue qu'il m'en a coûté beaucoup de ne pas prescrire les purgatifs hydragogues, qui procurent .; ^ ;— .i ^ — É .

* (i) J^o/ez l'art, m , page 56.

(2) Platner, au rapport de Quarin, eaavudtfteteuHr •' pies, page 121. ...

388 iJE l'hydropisie en général.

souvent beaucoup plus vite des évacuations d'eaà par les seUes que ne le font les diurëiîc|ues. Mais pénétré de l'idée qu'aucun hydropiqué n'a été ainsi guéri , si les urines ne reprenaient pas leur libre cours et si elles n'étaient pas assez abondantes , je n'ai prescrit les purgatifs que dans des vues secondaires pour faciliter l'action des diurétiques : ainsi quand j'observe que ceu^-ci ne répondent pas à l'effet désiré , je conseille Içs purgatifs hydragoguesy et d'autant plus vite qae la collection d'eau formant l'bydrapisie me paraît plus avancée ; sinon je temporise , et je puis dire que j'^i plusieurs fois vu que les diurétiques produisaient d'utiles effets au moment où j'allais, les abandonner pour en prescrire d'autres> ou pour conseiller des purgatifs. 11 est avantageux dé les changer de nature quelquefois , mais toujours avec quelque choix relativement à l'étal du malade et à sa constitution.

Sydenham, qui avait déjà reconnu l'insuffisance des purgatifs pour guérir radicalement les hydropisies, avait recommandé de ne les preçcrirç qu'avec une grande circonspection ^ et telle a été la pratique di^ savant Mecid (i), qui a presque toujours suivi la doctrine de ce grand homme , 4iinsi que Boerhaav^e et F'ari'Svifiéien, son illustre

^0 Monit. piwcepi, mecL^ cap« viii*

DS l'hydropisis Eir G&fERÀt. 38g

^lommentateur. On peut même' observer que lorsque ces médecins ililustres oiit él^ forcés de recourir «ux purgatifs^ ils n'ont d'abord prescrit qu6 les plus doux , du moins générale- . ment 9 pour ne pas trop irriter Testomac et les in-' testina*

Je vois avec plaisir que Quarin , qui a prati*^ que la médecine à Vienne en Autriche avec le plus grand éclat , a<suivi la même doctrine (i). Cô médecin , ' en parlant de la méthode de Brocklesby , qui ordonnait aux hydropîques do très-forts purgatifs , le jalap et la gomme-gutte, observe qu'il, a averti que c'était sur des soldats qu'il avait conseillé ^de tels remèdes, plutôt qu'à des oisifs habitans des villes^ et qu'il ne fallait pas les exténuer pour ne pas les débiliter davan* taga ; j'aimerais mieux qu'il eût ^t pour ne pas causer l'inflammation de l'estomac et des intestins, cause très-fréquente de la mort des hydropiques I quelque forte que soit leur constitution ; peut-être même que chez les personnes plus fortes l'inflammation survient plus tôt qû.e chez celles qui sont faibles.

Nous ne dirons pas qu'il faut abandonner l'usage des purgatifs dans les hydropiques psirce

(i) Animad. praci. . tQm. U} de Morb. chron, ^

page 12. " .^

qu'ils somînsùffî^ns ou dangereux ; maïs quIH jhut y lorsqu'on les )uge nécessaires^ prescrire .d'abord les plus doux , comme la terre foliée de tartre à la dose d'un à deux gros di^ns une irifusion de pariétaire ^ avec une pu deux onces de sirop de roses pâles ; on peut aussi conseiller la crème dç tarife solub^e, à la dose d'une demionce jusqu'à une once dans une çhopine' d'infusion de pariétaire et de cerfeuil, .Cette, purgation m'ai quelquefois bien réussi sans nuire a Fexcrétion des urines : au <;oi)traire elle l'augmentait quelquefois.

J'aiaussi utilement prescrit à quèlquesdistances, lorsque les , purgatifs dont je viens de parler ne m'avaient pas paru suffisans ^ deux ou trois prises de gdmme-gutte de cinq à six grains chaque^ avec une vingtaincfde grains de jalap pulvérisé^- dans une petite tasse de tbé ou en pilules, avec ua peu d'extrait de scille et. un i^errede boissop re*lâchante immédiatement après. J'ajouterai encore ici que , de tous les purgatifs^ celui que j'ai le plus souvent prescrit 9 ce sont Içs pilules de Bontîus ou de Bâcher ^ appelées toniques. J'ai donné celles-ci jusqt^'au nombre de vingt à vingtcinq ,. en deux doses , comme purgatwes , ou seulement de quatre à huit comme altérantes* Cependantf quelquefois ces pilules n'ayant pas répondu à mon attenfte , j'ai eu recours à d'autres

^rgatlfs plusr ,ou moins célèbres p^r Jes auteurs^, à une forte décoction de séné , au suc ou sirop de nerprun , au jalap en poudre à la dose d'un depai-gros, .ou à la résine;^ à la poudre de corr nachin • à la seconde écorce du sureau^avecre]|f» trait, d'aconit ou d'euphorbe (i). .,. ,.

Diaphorétiques et sudorifiques . — - La matière^ de la transpiration et celle; dcr- la sueur ^' qui çst plus apparente, sont cepejtidant fQrmées paii le même fluide. Dans l'une et l'autrç excré-i tion I il s'exhale^ de la peau une sérosité., qui est p dans un homme qui se porte bien , plus ou moins chargée de matières hétérogènes de«^, venues superflues^ vicieuses , et à un tel point>' qu'il n'est aucune partie du corps ^ui n'y contribue ; de manière qu'elles s'exténueraient toutes insensiblement , et seraienj; même entière^ pient détruites , si elles n éifiient reproduites, régénéré(s^ par unq heureuse absorption d'autres

' sjabstances de même nature , par une admirable . et, incompréhensible assimilation ou nutiîtion.. Dans les hydropisies> la traqspiration ou la sueur peuvent être un égout salutaire aux hydropiiques $

, c'est pourquoi on peut les provoquer sans crainte^ et l'on y réussit d'autant mieux que le malade y

mm

(.1) On trouvera plus bas lesy diverses compositions dt

ces. plantes et les phénomènes de tous ces purgatifs,

est dispose par une douce délente des solides âSr^ de relâche ; queflquefois , lorsqull y at de Tondulation dans le pouls ^ plus ou moins plein et mou, les plus l^ers diaph6rétî(]iies conviennent; maïs s'il y ayait de rirritatiôn, de la fièvre , les simples relâchans seraient alors des diuré^ tiques*

On sait qu'à Taidé des diapborétiques et de»

•udorifiques on guérit les diverses cachexies ^n^ tretenues par des sérosités plus ou rnoinsvi-ciées et abondantes; qii'on diminue |]^r leur moyen les dévoieméns et autres excrétions; qu^on expulse du corps divers vices qui sY sont in<troduits ou qui s'y sont formés : quel avantage i\'auront-ils donc pas pour évacher hors du corps les sérosités qui par leur collection forment Thydropisie! Toutefois leur prescription^ si elle est avantageuse quand la nature est disposée à cette évaouation^ peut être nuisible lorsqu'elle est dan» une situation contraire, et Ton petit croire qu'elle est telle lorsquHl y a un excès de chaleur dans réconomie animale avec irritation , fréquence' et dureté du pouls , insomnie , et surtout lorsque quelque autre évacuation domine dans lés hydropiques«

J'ajouterai ici que' lès dîaj3horétîques pourï^ient être trés-^utiles dans le traitement de l'hydropisie lorsque les évacuations divines sont trop

abibtidanteSy qatiquierois après un abus des pur--^ gatifSy si Tusagei des ddoucissans et des anqdy-ns ne ' suffil pas pour les diminuer. J'ai prescrit à un malade y qu'un charlatan avait épuisé à force de le purger f la poudre de Eower pendant quel-^ ques jours à ia dose de six grains par prise ^ trois à quatre dans les vingt-qnatre heures, dans une petite cuillerée de rob de sureau : les évacuations alvines cessèrent et l'hydropisie guérit. Je ne doute pas que le malade ne (%t mort de quelque gastrite ou entérite s'il avait continué Tusage des hydragogues violens qu'on lui prescrivait.

La classe des remèdes diaphoréliques et sudorifiques est trop amfple pour faire rénuméraiion de toutes les espèces : nous nous bornerons a eiter les priiicipaux.

Parmi les fleurs et les feuilles , ce sont celles de sureau , de bourrache , de scabieuse des bois, de coquéttcot , de souci, de safran , dont on fait des infusions; parmi les feuilles dont on fait des décoctions, ce sont celles de bourrache, de chardon bénit, de scordium , de véronique, dyvelte , etc. On emploie aussi en décoction le» graines de chardon bénit , de genièvre, etc.

Parmi les écorces et les bois , fe cascarille, le sassafras, le buis , l'a salsepareille , le gaïac , etc. On a cru que la vipère, lesécrevisses , la corne de cerf, étaient de bons sudorifiques ; que le cin-

5g4 DE l'hydropisie en ciffiskAh:

nabre ^ le soufre , l'antimoine y*ile sel Biac y pouvaient aussi procurer , d'abouchantes sueurs. Enfin , que tous ces remèdes étaient lrè&efficaces aux hydropiques , ce qui a engagé les médecins à faire préparer une muitiiudc de reànèdés externes ou internes qui ont fait Tob- }et de préparations tant officinales que magistrales.

. JTiomas BartJioUn , TFiUis et beaucoup d'autres <ml recommandé les sudorifiques comme des remèdes souverainement efficaces dans le traitement des hydropisies. Mais Raimand Fortis, Nicolas PUo y: Fréd. Hoffmann et autres grands médecins en ont cité de très-mauvais effets : les premiers les prescrivaient et les autres en blamaienl l'usage. Mais Boerhaa^e , Kan'Swiéten p Quarin, Qt d'autres auteurs ont fait observer qu'on ne pouvait y recourir dans des cas particuliers dont ils ont donné des exemples et dont on {feut proi^ler dans la clinique.

De la Saignée dans le traitement de tHjdropisie.

11 faut distinguer , relativement à la saignée , l'bydropisie confirmée de Thydropbie imminente, soit qu'elle se développe pour la première fois , soit, qu'elle ait déjà paru. Nous ne parlerons ici de la saignée que lorsque l'hydropisie ou

DE L^flVDROPISIE EN GErTÉRÀL* SqS

la eolleclion d'eau existe sans aucun doute. Plusieurs auteurs l'ont alors généralement proscrite, quoiqu'il y ait cependant des cas où elle peut être utile, surtout lorsque l'hydropisie commence à se manifester par quelque œdématie ; mais ici, comme dans tous les cas • il faut craindre la méprise. Nous en avons obtenu d'heureux effets dans les hydropisies qui sont survenues aux personnes pléthoriques par défaut d'excrétions^ par inflammation y par des fièvres, parûctilièrement dans celles dont les éruptions ne se faisaient pas .d'une manière suffisante ou régulière ; dans celles par cause de pléthore, par des doUr leurs, la dentition des enfans.; dans, celles qui étaient réunies à des convulsions soporeuses suivies d'œdématie ; particulièrement dans les iiydropisies par suite des anévrysmes (i), che? les femmes.. hystériques et les hommes .cachectiques ; dans les hydropisi^^ après dqs conlur .sions ou de trop fortes constrieiions ; enfin , dans celles des femmes grosses.

Nous avons cité ti*heureux exemples de la sai-» gnée dans tous les cas particuHers. Nous ne les rapprocherons pas ici les uns à la suite des autres,

(i) Voyez précédemment les observations que nous avons rapportéei en faveur de la saignée dans cette circonstance | et nos Mémoires sur les Maladies du Cœut\

596 DE l'hYDROPIMB EIC GENERAI.;

parce qu'ils nous paraissent mieux précisés , clia— cun se trouvant exposé dans l'article qui le concerne. Nous dirons, par la même raison , qu'il n'a pas été question de la saignée dans le traitement des hydropisies qui sont survenues après des pertes excessives ou après des maladies longues , nud^ns celles qui sont' survenues à de vieilles personnes, et plus généralement à des malades eu état d'épuisement.

Parmi les remèdes extetTies propres h provoquer les sueurs, et lés plus généralement employés dans le traitement de Thydropisie, on a compris les^^>mentations avec les plantes discussives, apéritives, toniques, dans dé l'eau ou dans des liqueurs plus ou moins spiritueusës , quelquefois animées avec des sels ammoniacaux, etc. On a conseillé les hains de sable bien chauds, les cendres^chaudes sortant du four, diverses poiidres, le son des graminées , la râpure de divers bois , les feuilles d'yèble ou petit sureau bien desséchées et chau-des. On a conseillé quelquefois de soumettre seulement la partie cedéinatiée, 4e ventre même avec des symptômes d'ascite, aux ardeurs du soleil , plusieurs heures , pendant une suite de jours (i). - .

(1) Voyez , dans nos Mémoires, l'observation aassî'cu* rieuse qu'intéressante sur Tliyclropîsîe dont M. Oblcd^

DE LHYDROPISIE EN GENÏIRAL, Sqt

Oh a recouvert la plus grande partie du corps avec des étoffes de laine ou de flanelles qui ve->

liaient d'être exposées à la vapeur du soufre ,

dvtkarabéy et autres gommes-résines , flanelles dont on s'est encore servi pour faire des friclions.

On a eu aussi recours à l'application de briques bien chaudes ou à des vaisseaux d'ctain ou de cuivre pleins d'une eau très-chaude > recouverts de quelque étoffe de laine; des hydropiques se sont plongés dans un sable très-chaud , ou on leur en a jeté sur le corps une très-grande quantité par une espèce de ventilation. Enfin on a recouru à des bains d'eau pure très-chaude^ ^ ou minéraux , les sulfureux particulièrement , ainsi qu'aux éluves humides ou sèches. Mais que sont tous ces moyens s'ils ne sont secondés par d'autres remèdes rationnellement prescrits?

On a aussi recommandé les bains de mer^ quelquefois froids f ainsi que des bains domestiques très -chauds^ d'eau pure , au commencement de riiydropisie avec excès d'éréthisme bien reconnu, ou plus ou moins saturée de sel maria nu d'autres substances stimulantes, lorsqu'il fal-

cëtëbre botaniste, fut guérî en exposant son veotre aui «rdeurs violentes du soleil eu Provence,

SgS DE L^HYDROPISIE EN CENISHAL.

lait combattre Tinertie et le relâchement des solides. .

Quant aux linîmens avec diverses teintures stitnulantes, discussives^ apeVitives, comme celles descille y de digitale, de cantharides, demurîate suroxigéné de mercure , ils n'ont pas été oubliés. On a même eu quelquefois recours aux lininiens opiacés^ lorsqu'on croyait reconnaître trop de tonicité et de sen.^ibilité dans les organes séccé-* toires et excrétoires des sérosités.

On a eu aussi recours aux pommades y mercurielle ou autres.

Les pulpes végétales , plus ou moins animées d'esprits ou (^e sels ammoniacaux , ont enfin été plusieurs fois employées, et il n'est pasdôuteuxque ces divers topiques ne soient très-efficaces pour provoquer le cours des urines et autres excrétions , sans lesquelles l'hydropisie né peut être guérie.

La chirurgie , cette compagne inséparable de la médecine I lui a prêté des secours efficaces dans le traitement de l'hydropisie. On a eu souvent recours aux vésicatoires , aux cautères, aux sétons , aux ventouses sèches ou scarifiées , aux moxas, pour détourner des humeurs délétères de l'intérieur du corps à la peau ou à d'autres organes, pour les combattre ensuite par d'autres remèdes, ou pour donner un écoulement à des

DE L'hYDROPISIE EI^ GENERAL. Sq^

sérosités (i) , et alors ^ de plus , on a employé lea^ scarifications légères superficielles, comme leâf plus simples piqûres ou mouchetures , quelqùe-*^ fois les incisions ou scarifications plus profondes f enfin les ponctions diverses , et même l'opération du trépan, pour donner issue à Feau renfermée dans la tête ou dans la poitrine.

'* L'emploi de tous ces moyens étant pleinement chirurgical ^ nous renverrons, pour leur procédé et pour d'autres détails qui ne peuvent nous con<« cerner , à tous les bons ouvrages de chirurgie. Nous ne dirons pas sur tous ces remèdes en particulier tout ce qui peut les concerner ; nous ferons seulement remarquer que, s'ils (Hit été quel? quefois avantageusement donnés pour procurer l'évacuation des eaux , ils ont été souvent aussi funestes en causant la gangrène. On croirait sans raison que les hydropiques qui sont inondés d'eau

(t) On ne doit pas négliger, pour le choix du lieu oii les eiutoires^ doivent être apposés ; de donner la préférence à ceux qui ont une correspondance reconnue avec le iîeu de la maladie : par exemple , à la nuque, lorsqu'on croit qu'elle existe dans la tête; aux bras^ lorsqu'on croit qu'elle réside dans la poitrine *, aux extrémités inférieures, lorsqu'on est convaincu qu'elle est dans le bas-ventre. Nous pourrons renvoyer, à ce sujet , à notre Anat, méd. , t. II , article Tissu cellulaire ^ oii il en est plus amplement Iraité.

400 DE l\'IYOR0PIS1e' EN CENTRAL.

90ût éloignée de Tëtat inflammatoire: c'est souvent tout le contraire. Nous Tavons déjà prouvé par les résultais de l'ouverture des corps , d'où il résulte que trés*souvent un vésicatoire ou quelques mouchetures seulement sur la peau d'un bydro-* pique y cause la gangrène , encore plus les profondes scarifications (i). 11 faut élre pénétré de cette vérité quand on conseille ces remèdes externes ; on doit s'en abstenir si les parties sont douloureuses^ s'il y a de la rougeur , de la tension, du moins plus qu'il ne devrait y en avoir ; s'il existe quelque febricule ; sinon on peut faire quelques très-légères incisions à l'épidernie , à la peau et au corps du tissu cellulaire sous** jacent pour donner issue à une partie de l'eau qui pourrait par sa quantité être si funeste. J'ai vu souvent un léger vésicatoire sur les paities inférieures et internes des .jambes produire des évacuations d'eau énormes et soulager considérablement le malade. L'épidermc étant soulevé et ouvert , on voyait la sérosité couler

(i) Presque tous les gens de l'art en ont recooau ledao* ger ; particuliëreiaent Dehaen et Quann * , qui vou* laieut qu'on les remplaçât par l'usage du quinquina; mais ce remède, comme préâervalifde la gangrène, ne serait-il pas insuffisant?

* Anlmacl. indiu^ morhus, t. II, pag, i4i*

Bx l'hydropisie Eisr genéiul; Î^OI'

par les pores de la peau. Les mou,che tares légères ont aussi souvent produit un écoulement considérable de l'eau des bydropiquesy et sans accidens de gangrène. Si el|e a lieu quelquefois après ces deux moyens , c'est à la disposition du sujet qu'il faut l'attribuer. Les scarifications longues et superficielles sont aussi moins dangereuses que les cautères, le moxa, dont en pareils cas j'ai vu de très-mauvais effets. L'acupuncture, que les Chinois , au rapport de William Theuphyne (i) et Eugel Kœmpfer^ employaient pour donner issue au* eaux des hydropiques y est non-seulement insuffisante, mais même elle peut être nuisible.

it à ce qui concerne les moyens de préve- Fetour de Thydropisie, nous dirons qu'ils être différenciés relativement à l'impresl'ils peuvent faire sur les parties du corps, ir les adoucir, les rendre relâcbans, soit P les rendre stimulans ou toniques , iselon la 'nature de la maladie et la disposition du ~ malade. Ces variations , ou modifications , sont cependant beaucoup moins nombreuses que ne sont celles auxquelles il faut satisfaire pour détruire la cause de l'hydropisie qui peut en dé«

0) De Àrlhritide et Mantissa de Acupunctura. Lond. , ^683,ia•8^'

402 DE l'uYDROPISIE EN oiwERXLé

terminer le retour, tellement qu'il faut prescrire souvent un traitement entièrement différent de celui qu'on doit conseiller pour empêcher le retour de telle ou telle autre hydrop.isie ; car on pense bien que si la cause de la maladie continue d'exister avec la même intensité , elle ne manquera pas de produire son effet, et que riiydro** pisie reviendra. 11 faut donc user de tout son discernement pour reconnaître cette cause et la combattre par les remèdes qui peuvent la dé« truire , par conséquent la rapporter à l'une des espèces d'hydropisies qui Ja concerne et dont nous avons parlé précédemn^ent, pour s'y conformer le plus exactement possible* Et quelle vaste série de remèdes ne présenlera-trelW pas ! Mais il faut en savoir faire le choix d'aprflnindication la plus prononcée. ^' .

11 suffit d'y réfléchir pour comprendre 4{il';P)i ne peut , par exemple , prévenir le ret^d^i^^vila i'hydropisie qui est survenue après des évHW^ lions extrêmes par les mêmes moyens quV>n emploierait pour prévenir oelle qui aurait été produite par un excès de réplétion , celle qui a été causée par des fièvres de différente nature sans pléthore , qui ne ressemble nullement à Tceile qui serait la suitç d'une plénitude des vaisseaux sanguins avec ou sans inflammation. Les iiydropisies par divers viceS; sans éruption à la peau

fm avec éruption , ne peuvent être traitées de la même manière que celles après des doU« leurs ^ des convulsions , qui réclament les ano* dins les plus efficaces, tandis que ct'lles avec ou après des affections somnolentes ou des paralysies y exigent les ei^citans ou les ioniques les plus actifs et bien divers ^ selon la nature des cas. ^

Combien donc ne diffèrent-ils pas entre eux , ces traitemens proserv<i(ifs de Thydropieie I Nous les avons indiques autant qu'il nous a été pos^ sible dans le tableavi que nous en avons donn^J rïous croyons devoir y renvoyer. , ,

Cependant, tous ces divers traitemens seraienc superflus si le malade n'observait un régime convenable à sa situation. Il doit généralement vivne de peu d'àlimens pour ne pas surcharger les organes de la digestion , qui sont souvent dans uu état d'irritation et tendant plus ou moins à Tin-* flanimation. Qu'on ne craigne pas de lui permettre des boissons adoucissantes , rafraicbissanies et légèrement apéritives ; elles peuvent être utiles comme elles eussent pu l'être généralement pendant rbydropisie même ; car nous le dirons encore ici, c'est un grand abus d'empêcher les hydropiques de boire selon leur soif. 11 est même des cas où il faut leur conseiller d'abondantes boissons ^ ainsi que le docteur BcuJwr^

4X>4 ^^ LHYDROPIâlE EN* CENERALr

«près d^autres grands médecins , les a soùvetti * utilement prescrites , et à des malades que nous avons vus ensemble.

En général , les toniques légèrement as*tringens sont utiles aux malades après qu'ib ont rendu une quantité d'eau plus ou moins abondante^ surtout après l'opération de la pa^ racentèse. J'ai prescrit les amers réunis aux préparations martiales lorsqu'il régnait de l'inertie et de la faiblesse. On peut utilement permettre l'usage des bandages légèrement contentifs , soît sur le ventre après l'ascite , soit sur les extrémités inférieures si elles ont de la dispositioa a l'infiltration^ mais jamais compressifs , car une telle compression pourrait , ainsi que je l'ai dit précédemment, être très-funeste.

Un doux exercice habituel , à pied ou en voiture, convient essentiellement, mais toujoura dans un air sec et tempère.

Je vais réunir à ces généralités sur l'hydropisie un précis des remèdes pharmaceutiques qui ont été prescrite avec succès par les médecine praticiens ; je ne ferai aucune remarque sur leurs propriétés ni sur leur usage particulier, ayant donne dans cet ouvrage mes idées sur le choix qu'on en devait faireselon la nature de la maladie et la constitution du malade ; mais on peut bien dire ici hoc opus f hic iabon

DE LHYOROf^SIE EN CICNERÀZi, J^oS

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