‹ Observations sur la nature et le traitement de l'hydropisieChapitre 7 sur 23 · ARTICLE V · texte numérisé non relu

ARTICLE V

De tBydropisie par des catarrhes et par les vices scorbutique , "^nérien ^ scrbphuleux , herpétique , psorique^ etc. (i)#

i^« Les catarrhes, affections très«^graves dafis nos climats , sont très-communs pendant les hivers longs et pluvieux. Là transpiration ne se faisant pas d'une manière régulière et suffisante parla

^MiriMMBiMkftKttMMMi

(t) Oo pourrait rapporter ici I^hjdropisîe qui survient h ceut qui mangent cles craéef, et qu^on guérit avec du bon vin ou de l'eau de^vie avec du sucre. Le Père Labat a parlé de celte hydropisie dans son Voyage en AméHijue. C(t qu'il y a de certain, c'est que nous avons vu des éruptions cutanées survenir à des personnes qui avaient luaugé des

crabes . des moules, etc.

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peau et par les voies de l'expiration, les ma^ tières qtâ devaient être excrétées, ainsi que les sérosités qui le& contiennent, refluent ou se ra-^ massentdansles pbumons ; leur tissu s'en abreuve, la membrane muqueuse principalement, qui re« vét intérieurement les voies de la respiration i la circulation du sang et de la lymphe est plus ou moins gênée , et de là des coryza , des en** rouemens , des toux avec ou sans expectoration , l'oppression de In poitrine avec une plus ou moins grande difficulté de- respîeer; une fièvre plus ou moins forte, et une douleur tantôt ai* guë et tantôt gravative dans telle ou telle partie de cette cavité , ou niême en d'autres paKies du corps. Cette douleur fixe ou* vague , avec ou sans crachement de sang, réside assez corn- Ornement le long du sternum en se prolongeant dan^ la région épigastrique , et quelquefois dans» le bas-ventre.

Cbe^ les sujets débiles et chez les vieillards, les catarrhes ne sont pas ordinairement accompagnés d'accidens inflammatoires : aussi durentils plus long-temps et opiniâtrement; la pçau devient sèche , les urines sont plus rares ; les

.tjjjpalléolës, les poignets, le visage, se tuméfient ^ ' et Tanasarque se forme par un amas d'eau dans ^ le tissu cellulaire du tronc et des extrémités. Cette eau finit par s'infiltrer dans quelqu'uig

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des cavités^ comme la tôle et le bas -ventre , mais surtout dans la poitrine , parce que les poumons qui la remplissent sont eux-mêmes primitivement gonflés et tuméfiés par cette sérosité > qui peut facilement transsuder à travers les plèvres dans les cavités pectorales ou dans celle du mé-^ diastin et du péricarde. '^

Cependatit quelquefois ces hydrôpisies internes surviennent avant que le tissu des parties esté-" rieuressoit atteint d'infiltration • Plusieurs person-* nés ont péri «f^itement d'hydropisie de poitrine, dumédiastin ou du péricarde^ sans avoir eu au-* cune œdématie extérieure ; mais cela est rare ; communément ces hydropisies pectorales sont annoncées par des œdématie^ des poignets et des malléoles , auxquelles la leucophlegmatie des ex^^ trémités supérieures succède le plus souvent ;f' en ai vu qui ont été précédées par une ou par quel*ques œdématies externes de là poitrine, quelquefois du côté où est Tépanchement intérieur* C'est ainsi que périssent beaucoup de vieillards.

Que d'exemples de ce genre ne pourrions-nous pas citer! Une multitude de faits se préseôlentà notre mémoire. Appelés dans les hivers doux ^t pluvieux pour de nombreux catarrhes, nou*'^ a vops vu plusieurs finir, en un, temps plus ou moins long-, par une hydropisie de poitrine , et igphez des sujets qui en périssaient quelquefois au

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moment où Ton s'y attendait le moins , nrais , en généra] , d'autant plus vite que Tortliopnée avait été plus intense et l'inflamuiation plus décidée : les vieillards eux-mêmes ne sont pas exempts de cette derniére| complication^ ce qu'il importe bien de considérer pour le traitement.

Instruit par de fâcheuses leçons cliniques qui frappent bien plus que celles qu'on n'a reçues que par des professeurs ou par les lectures^ j'ai prévenu plusieurs fois des catastrophes funestes en recourant promptement aux remèdes peureusement éprouvés, pour ne pas attendre les progrès inévitables de cette maladie.

En considérant , à mon arrivée auprès du ma*lade , rétat des forces de la circulation du sang , si le .pouls me paraissait annoncer la pléthore , je prescrivais, selon l'intensité de l'indication, ou la saignée du bras par la lancette, ou l'application des sangsues , le plus souvent à l'anus , quelquefois sur la poitrine , si le malade y ressentait quelque douleur locale. La dureté et la plénitude du pouls étant diminuées, ainsi que la sécheresse et la chaleur de la peau , je conseillais les doux vomitifs , quelquefois réitérés , si l'état des voies digesiives me paraissait les indiquer, ou bien je commençais parles ordonner si l'état du pouls ne s'y opposait pas. Je prescrivais ensuite les apéritifs, les dîaphorétiques ou les diurétiques, d'une ac^

DE l'hYDROPISIE EN CÉNERiL* 85

tîvité d^autant plus grande que la disposition inflammatoire me paraissait moindre. Mêmeobser-» vation doil être faite à Fégard des vësicatoîres , dont l'usage est alors d'autant plus indicjué, qu'il est plus nécessaire d'augmenter l'action ^ la tonicité , l'irritabilité et la sert^bilité des parties , et d'autant 'moins- convenable' ou même d'autant plus dangereux que le malade est dans le cas contraire. Sans doute que, pour prendre alors nu parti utile , il faut du tact et de l'expérience ; autrement coibment apprécier l'indication des remèdes?

M. le marquis Piig-^igre^ âgé d'environ soixante ans^ d'une constitution assez forte ^ plutôt gras que maigre, sujet à des affections catarrhales pendant les temps humides, et déjà atteint d'une toux vive et assez fréquente, crut pouvoir sortir avec un tdiap^ froid et pluvieux dans l'hiver de ïySo, Sa toux devint plus forte avec de la gène dans la respiration et une enflure œdémateuse aux mains et aux pieds, le soir surtout, et le matin de la bouffissure au visage ; les urines étaient troubles^ et diminuées en quantité. En deux ou trois jours il y eut une tuméfaction générale telle que la peau des mains et celle des pied» conservaient l'impiression du doigt pendant quelques instans, et que le reste de la peau, dans toute l'habitude du corps , jouissait d'une telle

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elasiichë^ qu'étant comprimée, elle jse rétablissait promptement , au (>oint qu'il paraissait qu'il ' y avait une complication d^hydroptsiegn collection d'eau aux extrémités , et de pneumatie ou collection d air sous la peau dans le reste du corps. La difficulté de respirer était augmentée, et le inalade se plaignaîf â'une grande oppression à la poitrine.

Réuni en consultation avec Thiery de Bussy, et ayant examiné l'état du pouls , il ne nous parut ni assez fort ni assez plein pour prescrire la saignée ; là langue étant un peu rouge , nous ne crûmes pas devoir conseiller un vomitif. Nous nous bornâmes à prescrire deux vésicatoires aux jambes , et l'usage de l'infusion théiforme de cerfeuil , de fleurs de tussilage , d'hyssope et de bourrache , dans chaque chopine de laquelle on ajouterait quinze grains de nitre purifié, une demi-* pnce d'oximel scillitique , et trois onces de sirop des cinq racines apéritives.

Peu d'heures après nôtre consultation le malade rendit , par une forte quinte de toux , une assez grande quantité de sang ; nous suspendîmes l'usage des remèdes prescrits pour ne conseiller que l'infusion des plantes diurétiques , He la pariétaire et du cerfeuil^ légèrement nitrée et édulcorée avec du sirop de groiseille ou de li« mon. Cependant l'expectoration sanguinolente

DB l'hYDRQPISIE EN céNERAL. 87

dura je^ore quatre à cinq jours en diminuant progressivement^ sans doute à cause du traivemeQC indiqué. La saignée du bras fut cependant prescrite ii notre seconde visite -du même jour ; elle fut réitérée le lendemain , et le reste du traitement continué. Les Marines augmenté-, r'Cnt en quantité et de vinrei!4> plus claires. Le pouls , au lieu d être plus faible et piu^ con-» centré p se releva, et parut plus dilaté , plus régulier ; la respiration fut plus' facile. La matière de l'expectoration s'éclâircit et dimîiiiKa en quantité , ainsi que la difficulté de rmirer. La leucopblegmatie diminua aussi ; elle fut rem<v placée par une ample pneumMie^ qui s'affaiblit à son tour à mesure que les ufiin^s augrae»tèrent en quantité; enfin ^ vers le fieuviètmie ou diiièaM jour*, le malade parut rétabli. On lui mit un vésicatoire au bras quHl conserva quelque temps. Des toniques plus actifs pris daiis la classe des diurétiques doux ou les m<^ns éèhauffans furent prescrits; on recourut ensuite à l'usage des e^ùx sulfureuses ; enfin le marquis Mugage se ré^ tablit et se porta beauicoup sâieux. qu'il ne fai^ sait depiùs: long-lemps. iDïous ne doutâmes pas, M> Thiery et moi , que s'il n'avait ,pas été traité comme il le fut , surtout relativement aiux deux saignées q«ii lui avaient été prescrites , il n'eût péri de quelque suppuratiou dans lèê

M DK l'hTDÏIOPÎSîE en GENERAL T

poumons » ou plutôt d^une hydropisie de poitrine , puisqu'il était déjà atteint d'une leucopblegmatie des extrémités inférieures , et d'une pneumatie de presque tout le reste du corps.

Cette opinion pourrait être prouvée par les .résultats de la clinique des plus grands médecins. Mais , sans recoui# à leurs ouvrages , je dirai que }'ai reconnu les avantages de cette doctrine par plusieurs autres observations. Je n'en citerai cependant que deux ou trois, et même sommairement , pour abréger.

Madanif la comtesse de C** , âgée de soixantequatre ans, grasse, naturellement très-forte, et n'ayant jamais été réglée, éprouva une afFec-^ tton catarrhale qui dura presque sans aucune înierruplion tout uniiver peu froid et très-pluvieux. Les divers béchiquessous forme d'infusion en guise de tbé^ avec des plantes borraginées , des bouillons adoucissans, des pilules avec les extraits de saponaire , lui furent constamment et opiniâ^ trément pi'escrits ; la viscosité des matières expectorées était telle que la malade , api'ès des quintes de toux , était obligé de faire de grands efforts pour les rendre par l'expectoration , si déjà elle ne s'en était délivrée par des vomissem^is sou-^ vent mêlés de stries de sang. Cependant les urines diminuèrent , les pieds et les mains s'œdématiéreni en même temps que la peau prenait

ri^

©Il L HYDROPISïE EN GïlNERAL. 8g

une couleur jaune et que la difficulté de respirer augmentait. Appelé pour c<m$ulter avec M. Rêtz^ je fus davis de recourir d'abord, aux sangsues au fondement, en témoignant mes regrets que la saignée n'eût pas déjà été pratiquée à une malade aussi forte; et aussi pléthorique qu'elle l'était, pour lui prescrire ensuite quelque doux vomitifs , peut-être des vésicatoires , et enfin lesbéchiques plus ou moins incisifs qui auraient pu lui convenir. La saignée par les sangsues produisit de la détente ; les urines parurent moins sédiménteuses et plus abondantes , les expectorations de* vinrent plus faciles.

Cependant la respiration étant encore très-difficile , des vésicaioires furent d'abord posés aux jambes^ et deux jours après ont troisième, qu'on n'entretint pas., fut mis à la partie antérieure et inférieure de la poitrine. Des boissons théiformes avec les fleurs de tussilage, d'hyssope et de bourrache, aiguisées avec un peu d'oximel sçillitique et du sirop des cinq racines apéritives, parurent ^|>roduiie un heureux effet. La maladie semblait diminuer de son intensité ; l'enflure extérieure était beaucoup moins eonsidérable. La malade vécut ainsi plusieurs semaines avec espérance de guérison pour les assistaus, mais non pour les médecins, qui craignaient toujours que l'hydropisie de poitrine ne survint; et en effet l'œdéma-

gô DE l'iiydropisie en cénékal.

tie des extrémités augti^enta , et peu à peu Fanasarque devint complète. La malade ne put plus se coucher dans sou Ut ; l'oppresàonv de la poitrine était eitréoieet les urines pi^esquefRllles^ rouges et très-épaisses ; enfin tous les symptômes de Tby*dropisie de poitrine étaient réunis (i).

On se convainquit , par Fou vertu re du corps , qu'il y avait une- très-grande quantité d'eau^dans les cavités de la poitrine, {Jus cependant proportionnellemeni. dans la droite que dans la gauche* Les poumpns étaient endurcis , comme hépatisés^ ainsi qu'on le dit aujourd'hui ; en qudques endroits ils étaient tuméfiés^ ramollis et infiltrés; lé foie était d'un grand volume, sans être dur; la matrice était très-petite^ compacte ^ comme cartilagineuse. ..»,

N'auraiton pas prévenu cette hydpopine de poitrine si l'on eût saigné la malade au com- I^encement de sa maladie, ou même si onTeûl.

saignée davantage pendant le cours de sa vie? Car quoiqu'elle ne fut pas réglée , die avait ressentie , à quelques périodes , un mouvement de pléthore sanguine assez remarquable. Cela me paratt bien vraisemblable*

Mi«*«*«.w«aw«ii««*«*i

(i) On ne percutait pas alors la poitrine ; il est pro* bable que ses deax côtés n'eussent donné qu'un son maL

Oa trouve dans les auteurs divers exem{4es de sujets morts d'bjrdropisie de |>oitrma , après des pneumoc^ véritablement . inflammatoires , et dont le pfK'grand nombrcf" n'avaient pas été saignés convenablement ; comme aussi on en trouve d'autres qui prouvant que l'bydropîsie est survenue cbes^ des individus que Ton a saignés outre mesure , sans aucun signe d'inflammaiion. C'est ainsi que l'on peut abuser des nieilleurs remèdes quand on les prescrit indistinctement dans des cas entièrement diffé->* Ffins.

3°. Il n est pas rare de voir la leucopblegma-

tie et d'autres bydropisies survenir aux personnes

^ affectées des vices scropbuleux , vénérien , scor-

^'"'^utique et autres ^ et commeiil importe /pour

traiter ces maladies et surtout pour en empêcher

^ le retour ^ de conseiller les remèdes qui peuvent

en détruire la cause ^ nous allons dire un mot

Siur chacune des espèces de cette hydropisie ;

c'est d'autant plua important que , f^ute de cette

attention , ces hydropisies sont presque toujours

mortelles.

J'ai ouvert plusieurs eufans SKiorts d'hydropisie à la suite des scrophules. Le crâne , gêné-* ralement mal conformé , souvent plus ^mple et quelquefois plus petit ^ contenait plus ou moins d'eau entre les meoiliranies di;^ ceryeau. Ea gé-

Qia DE LHYDROFISIE EN GENEAAL.'

uévàl, sa substance élaîc pfus ou moins ramollie; quelquefois pourtant elle était plus endurcie ei^ quelques endroits ; les circonv{|i|idons du cerceau presque effacées et les ventncufles pins amples et pleins d'eau. Les mêmes altérations sont souvent observées dans la moelle épinière, et coîndklent avec Thydropisie du canal vertébral , ou spina-bifida ,* c'est ce qui arrive souvent aux jeunes enfans ; mais dans lin âge plusr 'avancé l'hydropisie du canal vertébral peut exister sans qu'il y ait aucune apparence de cette maladie : , cependant fréquemment la colonne vertébrale est alors plus ou moins déformée , au point qu'il y a une espèce de rachitisnte.

L'hydropisie de la poitrine par épanchement'^ d'eau dans ses cavtlés, et en particulier celle des poumonsy dti médiastin et du pléricarde^ ne sont pas moins communes chez ceux qui ont quelque vice scrophutèux , qu'il soit réuni où non avec le* vice herpétique; car cela est trés-fréqùent, surtout chez les enfans, et même dans un âge bien plus* avancé. .

Dans combien de sujets morts d'ascite n*a-t-on' pas trouvé le foie engorjgé de diverses substances scropbuleusés , ainsi que la rate, les reins ^ le péritoine, l'épiploon , l'estomac, les intestins, le mésentère surtout ! et combien de fois encore' n'a-t-on pas reconnu que les hydropisies abdo-

DÉ L*riYDhOPiSlE ÏN GENERAL. ^5

minales, chez les femmes, étaient compliquées <jiQ congestions scropfauleuses dans les ovaires et la matrice ! ^

. Il est donc^Men prouvé que le vice scrophuleux : peut donner lieu aux hy.dropisies le$ plus diverses^

J'en ai vu une de cette nature avec épanchement d'un fluide lactescent, dans les deux, cbambilis antérieures (t) des. yeux; chez une jeuDe demoiselle dont les glandes du cou et de la face étaient tuméfiées par le vice scrophuleiix : elle perdit la vue. Divers remèdes pres^ crits par les oculistes pour évacuer cette hi^meur lymphatique furent inutiles* . La jeune malade lie guérit de cette espèce d'hydropisie que lors- - que les glandes engorgées furent désenflées p^r le traitement intérieur que je lui prescrivis,, lequel consistait dans l'usage des anti-scorb»^ tiques réunis aux mercuriaux et aux amers très* long- temps continué , sans négliger les e;tutoires , les sétons, les vésicaloires et les ,€au«tères.

Je pourrais citer des traitemens heureux de plusieurs enfans scrophuleiix :atteints de leuco-

(i) J'ai rapporté plus au long cette observation dans Oion ouvrage sur le racbititme , iu^8.; Parls^ 1797*

g4 I>K tVlVOHOPlSlB £l>î p ÉN£RAL«

phlegmatie, et menacés d'hydropîsies plus grave» encoxe. Mais malheureusement les succèsse comptent ^ car j'ai perdu un grand nombre de ces ma« lades maigre tout ce que j'ai pu fWe ; peut*être aussi se faisaient-ils traiter trop tard. L'ouvertara des corps de quelques-uns d'eux a sériai à moa instruction. .

Un jeune garçon ^ fils du comte de MaUzaC'p qui avait eii pendant son allaitement , ^ même après être sevré , des gonflemens dans les glandes du cou et des duretés dansle mésentère reconnues au toucher, parvint, avec ces engorgemens; à Vàgû de quatre ans ^ans trop dépérir; maisà cette époque son corps maigrit en même temps queson ventre se gonfla et durcit considérablement. Je fus appelé auprès de €et enfent par mon confrère DuffbMirp'*' pour partager les soins qu'il lui donnait. Nous reconnûmes une vraie fluctuation dans le bas** ventre, ou une hydropisie par épanchemenl.

Des diurétiques divers , les pilules de Bâcher , les sucs des plantes avec l'oiimel scillitique qa'oii prescrivit , augmentèrent la quantité des urines^ qui étaient considérablement diminuées; mais le bas-ventre restait tuméfié et Ton y sentait toujours la collection d'un Jiquide. MM. Sahatier et PeZ/eto/ï furent appelés pour prononcer sur la nécessité de la ponction , dont quelques personnes de la connaissance des parens de cet

BE L^flYDflOPlSlC EN célNEilAL. gS

enfant avaient parle. Noos erùmes deyon* nous y opposer , bien persuadés qu'elle serait inutile. Nous nous Jprnâmes à proposer des remèdes internes, saro cependant trop compter sur leur efficacité y el nous portâmes le plus (Scheux prognostic. Nous conseillémes avee plm d'instance qu'on ne rayait fait l'usa^ du sirop dépuratif, composé descanli-scorbutiques , des mereuriaux et des anMrs > après celui de quelques diurétiques et purgatif hydragogues et une nouvelle ap[Jication de vésicatoires. L'intnmescence abdominale diminua considérablement, et tellement que le suceifr surpassa* nos espérances, ou plutôt qâ^il nous eoonna beaucoup, les diurétiques- produisant rarement un aussi heureux effet lorsqu'il y a un épanchemem réel dans quelque cavité. Les forces de Penfant se rétablirent ainsi que son enfbonpeint, et il vécut encore ainsi près d'un an avec les apperenieesd^une bonne san^. Mais à cette époque les^and^du cou s'étant encore tuni'éfiées no*^ j^obslant l'usage long-temps continué du sirop an« li-6eorb«i tique mercuriel et amer, le bas-venir« se durcit, sur%out vera la région du foie ; il s*y fie une nouvelle collection d'eau; le corps se tumé^ fia gâiéralement ,. et tons les secours de l'art n'empêchèrent pas cet enfant de périr d'une âscitçr scropbuleuse et d^une anasarque.

Un fils de M. de Mêtz^, avoué très-*esûmé ,

^Q DE L^HVDRÔPlàlË Ë^ GENERAL.

après avair éprouvé des gonflémens et des indu*, rations dans les glandes du cou^ des atnçs^ etc. , ainsi. qu'une grande tuméfaction ai|p rénitence dans le bas-yentre, fut atteint d'utrarascite quon reconnut à ne pas s'y înéprendre par la fluclualion sensible au toucher. Cependant, par une ^ continuation des remèdes anti-scorbutiques el mercuriaux réunis aux diurétiques, cet enfani se rétablit si bien qu'il parut pendant long|i^tem|>» dans un meilleur état de santé qu'il n'était aupar* ravant. Il n'y ayait plus en lui aucune apparence d'hydropisie abdominale, lorsqu'à la suîle d'une affection catarrhale^ la région abdominale se tuméfia de nouveau, et l'épancbement re* parut.

MM. Sàbatier , PelleUm ', Dufour et moi , fûmes consultés pour savoir si Ton pouvait faire la ponction. Mais nous ne fumes pas de cet avis, • reconnaissant que cette hydropisie venait d'une cause interne qui la reproduirait bientôt après la ponction si on la pratiquait ; et craignant de. plus, par rapporta la faiblesse dé l'enfant, qu'il nepé-* rit dans l'opération. En effet , il mourut peu de temps après.

On doit remarquer que le père de cet enfant était robuste et bien portant , et que la mère était très -délicate, maigre et ayant une pot— trine très -faible. La même observation avait

t>fi lWdROPISIC en oéNERAL. gj

été faite à l'égard du petit garçoil de M. de il/a-

Un seccmd fils de M* de Metz a été atteint de la maladie w son frère. Mais lui ajant donné des soins dés le commencement de sa maladie , et Tayant long-^temps traité de la manière que jç le ', dirai plus bas y. il a été conservé non*<seulement à la vie ^ mais à la santé.

Combien d'autres exemples d'hydropisie par vice scrophuleùx que j'ai observés ne pourrais-je' pas rapporter si je n'en avais déjà exposé plu-

' sieurs dans mes ouvrages sur le rachitisme , * Tapoplexie, la phthisie pulmonaire^ les maladies du foie, tant elles sont nombreuses ! Les auteurs ^n contiennent aussi un grand nombre que j'ai

' souvent rapprochés de ceux que j'avais' recueillis.

Qu'il nous suffise de dire , relativement au traitement interne de l'hydropisie par vice scrophuleux , qu'il faut d'abord prescrire les diurétiques pour rappeler le cours des urines et en

' augmenter l'excréiioTl, afin de diminuer la collection d'eau qui surabonde dans le tissu cellulaire ou dans les cavités du corps.

Les urines ayant ainsi considérablement augmenté en quantité , et l'hydropisie étant bien diminuée , on conseille le vin ou le sirop antiscorbutique selon rirritiaJ>iUté du malade , à la

g8 t>£ l'uYDROPISIE en GENERAL.

dose d'une ou deux onces par jour; ou les sucs de cresson , de cochléaria^ à celle de deux à irois onces, avec une cuillerée à cale de sirop mer* eurîel du docteur BeUet, ou méme^u sirop de Cuisinier , ou de notre sirop dépuratif. C'est par un pareil traitement bien gradué et bien soutenu qu'on a non- seulement guéri des hydro* pisies scrophuleuses, mais même qu'on a prévenu leur retour , en en continuant l'usage un certain lemps, sans doute parce qu'on a détruit les causes qui les avaiem d'abord occasionées. J'en appelle à ce sujet à l'expérience des praticiens. Ils obtiendront les mêmes résultats du traitement qui m'a réussi ; mais il ne faut pas attendre pour l'administrer que lamialadie ait fait de trop grand» progrès , car alors les effets secondaires soni plus difficiles à détruire encore que la première cause.

L'application successive des vésicatoires sur plusieurs endroits du corps, les diaphorétiques tirés de l'antimoine , des sulfureux , surtoul lorsque le vice dartreux est reconnu , les racines dêsquine, de sassafras^ de salsepareille , le polygala, la serpentaire de Virginie, m'ont quelquefois paru trè&-utiles sous diverses formes*

Je n'ai pas défendu à de pareils malades déboire selon leur soif, comme plusieurs médecins l'ont fait* Je leur ai au contraire recommandé de boire

bE L'hYDROPISIE Eiy CÉNÉRAL. gg

àbondaltiinent de Feau de chiendent, du petitlait surtout, quand le cours de l'urine était bien libre : autrement d^y mettre un peu de réserve. Je leur prescrivais ausjsi quelquefois des bains tièdes , un régime presque végétal , mais point de laitage. Quelquesf-uns d'eirx ayant été désenfles par le traitement dont je viens de parler, ont isnsuite long-temps continué Tusage des anti-scorbutiques et des amers réunis aux mercuriaux , et ils ont joui par ce traitement d'une meilleure Santé. Mais en général cette hydropisie est sujette à des récidives, et finit très-souvent par être mortelle.

5®. L'hydropisie par vice vénérien n'est pas rare. Combien ne voit-on pas de malades qui en sont atteints pour en avoir négligé le traitement oii pour avoir pris , ou mal pris des remèdes propres à le guérir ! J'ai eu sous les yeux plusieurs vieilles personnes qui étaient dans ce cas , dont Fes pieds et les mains se sont oedématiés fet successivement les extrémités supérieures et inférieures. L'anasarque s'est confirmée , et il en est qui ont fini par périr d'unépanchement d'«au dan$ les cavités» dix corps.

Quelquefois lés hydropisies vénériennes sbnt précédées par l'engorgement, l'induration, la suppuration même des glandes lympha-tiques ou d'autres parties du corps, ainsi que par de^

lOO DE l'hYDROPISIE EN GEISTERAL»

exostoses OU des caries des os. On a ouvert des cadavres dans les salles de dissection^ ou pour xn.es leçons d'anatomie, qui étaient plus ou moins infiltrés extérieurement, et quelquefois ayant des épanchemens d'eau dans les cavités du corps. En examinant les os, soit du crâne et de la colonne vertébrale^ soit des extrépciiiés , on reconnaissait des exostoses, souvent avec des lûarques vénériennes , dans les parties de la génération, et même des caries.

On ne pouvait pas, d'après ces altérations, douter que l'hydropisie n'eût été compliquée du vice:

vénérien.

L'abus du mercure, par des frictions, a aussi donné lieu à l'hydropisie. Quant à la leucophlegmalie par celte cause , on en avait autrefois, des exemples fréquens , parce qu'on abusait de cette sorte de traitement contre le mal vénérien ; mais elle est moins commune aujourd'hui qœ l'on administre le mercure sous forme de sublimé , en pilules ou en solution dans, ' quelques liquides. Cependant l'emphysème et la leucophlegmatie, occasionnés par ces sortes de traitemens , se voient encore quelquefois* On les traite ordinairement avec succès par les antiscorbujliques réunis aux amers, et quelquefois aux sudorifîques, la salsepareille, la squine, la. douce-am^re , et ensuite par les ferrugineux ,

DE l'aYDROPISIE EN CÉN]éRAL. lOl

parmi lesquels on comprend les eaux miné-^ raies de cette nature. J'ai vu aussi deux ou trois personnes atteintes d'une leucophlegmatie bien intense par vice vénérien , qui ^ après avoir élé traitées par le sublimé corrosif ^ ont été mises à l'usage du lait^ celui d'ânesse particulièrement-, et qui ont élé ainsi radicalement guéries.

làkjrdropisie par vice scorbutique est fréquente, chez les vieillards surtout, sans doute parce que le vice scorbutique attaque souvent les pet*sonnes avancées en âge. Quelquefois celte hydropisie est même réunie à d'autres altérations des hu-^ meurs ou des solides. On reconnaît l'hydropisie scorbutique aux taches jaunes, brunes sur les diverses parties du corps, surtout aux jambes, où les taches noires sont les plus communes. Les gencives sont pales, décolorées ou noirâtres, et laissent quelquefois couler un sang dissous; les' excrétions sont généralement ralenties, surtout la transpiration , qui est considérablement diminuée; les urines sont épaisses et en moindre quantité; les extrémités s'infiltrent et souvent pendant long-temps, avec une légère œdématie des mains et des pieds , dans la soirée surtout, et bouffissureou œdématie du visagedans la matinée; enfin toute F habitude du corps finit par être atteinte de leucophlegmatie i et quelquefois d'hydropisie, avec quelques épanchemens dans les cavités du

102 DE l'hYDIVOFISIE £1^ G^SJHER^L.

corps; le pouls est plu3 lent, plus gros, ^an$ être dur; il est souvent mou et gros; l^s urines sonï rares. ^

Les enfans sont auss^ sujets à rbydrqpisie par vicjC scorbutique, surtoujt ceux qui ?ont nourris dans les campagnes , ojx ils sont souyeijit couchés dajQS un lieu humide et tenus peji prpprexQent d^ns des linges moui)ilés par leurs excrétions fétides , et qui sont de plus alimentés avep ^e mauvaises bouillies qui obsirqent le système lymphatique des divers organes, Iç uxésentère principalement.

Telles sont les causes les plus fréquentes die rhydropisie scorbutique , ou qui donnent lieu à ^ne dégénérescence scorbutique • ^es humeurs qui la produit. Combien de funestes ^exemples de cette espèce d'hydropisie n'avons-nous pas eus sus les yeux ! Ils sont si communs qu'il périt tous les jours , à Paris , et surtout pendant les saisons pluvieuses , un grand nombre d'enfans victimes de cette maladie.

On peut établir que Fhydropisie scorbutique ç$t très -commune dans les psifs humides et chauds , dans les hôpitaux , dans les mines , dans les cachots, les prisons. Combien de marins n'en meurent-ils pas, ainsi que les habitans des pays marécageux, des bords des rivières et des canaux dont le cours est peu rapide; que d'exemples dp

ce genre ne pourrais-je pas citer d'après les *àuteurs ! je n'en rapporterai qu'un seul que j'ai eu sous les yeux , parce qu'il me parait intéressant.

Le comte de Montausier , âgé d'environ qua* rante-cinq ans ^ de retour d'un l<H)g voyage sut mer^ m'appela pour lui donner des soins. Il avait une leucophlegipiatie très-considérable des extrémités inférieures avec commencement d'infiltration dans les parob du bas^ventre. Il éprouvait une gène si grande dans la respiration qu'il ne pouvait plus se coucher dans lé lit ; son corps était couvert de taches brunes et même noires^ les unes plus larges que les autres ; ses gencives* étaient gonflées et blafardes. Cependant les urines étaient assez abondantes et claires. Lé malade avait éprouvé plusieurs fois un flux hé** morrlioïdal^ et il avait alors des hémorrhoïdes gon« fiées et dures; le foie paraissait ^ au tact^ tuméfié et rénitent. Je lui presaûvis des sucs de plantes, le vin anti-scorbutique ^ après qu'on lui aurait pratiqué une saignée par les sangsues au fondement, les veines hémorrhoïdales externes étant tuméfiées et dures, avec grande plénitude du pouls. Le célèbre Bcuvart fut appelé et fut de mon avis. Ce traitement eut d'abord un heureux effet. Le malade continua long-temps l'usage des anti^scorbutiques; il prit pendant près de deux

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mois d'abora le. vin anii-scorbutique du Codex f puis les sucs dé cresson de fontaine, de cochléaria et de raifort sauvage, a la dose de trois onces soir et matin ; j'avais soin de le purger de temps en tiQinps avec la; crème de tartre dans l'infusion de cerfeuil, et il fut radicalement guëri, par ce traite* ment, et de l'hydropisie et du scorbut.

On voit par cet exemple et par tant d'autres qu'on pourrait rapporter, que ies hydropisies scorbutiques exigent un traitement différent des autres , et comme c'est principalement du dé-, faut d'action , de ton dans les solides et les fluides , ou ^ si l'on veut , d'une altération qui •^e nous est pas connue , que cette hydropi-^ sie provient , il faut prescrire les légers diu"-» rétiques réunis aux amers et aux anti-sCorbu<i tiques proprement dits. Ainsi nous avons plu-^ sieurs fqis d'abord conseillé , df^ns une infusion de cerfeuil et de cpesson de fontaine , CQupée aveo autant de décoction de ^enivane et de quinquina, t'oxymelscillitiqueet quelquefois le vinde ce nom ; et lorsque l'enflure avait considérablement di-.^ minué ou cessé , on cessait l'usage des diurétiques, et tout en continuant les anti-scorbutiques, le ma^ lade prenait à ses repas des vins d'Espagne amers , comme celui de Pacaret, de Xérès ou d'absinthe. Pendant ce traitement on ne négligeait pas de recourir deui^ fois le jour aux frictions sur Tba-r.

DS l'hYDROPISIE en GENéfULL; . Io5

bi^ude extérieure du corps avec une flanelle imbibée de quinquina animé d'une petite quantité d'esprit de sel ammoniac ou d'eau-de-yie cam* phrée, et quelquefois avec addition de la teinture descille. .

. Dans cette hydropisie ^ les vésicatoires , bien loin de produire un utile effet m'ont paru pré-r judiclablesy à moins qu'il n'y. eut une enflure si considérable que la suffocation fût à craindre^ èl que, pour l'éviter, on crût nécessaire de produire une évacuation momentanée de l'eau contenue dans le tissu cellulaire extérieur , pour faciliter ainsi la diminution <le l'orthop^ née.

Chez les enfans , un jong usage du vin ou du sirop anti^corbutiqué , réunis aux amers , a été utile lorsqu'ils paraissaient disposés à l'infiltration , ainsi qu'après la disparition de cette en-* flurepar les diurétiques et par l^s purgatifs. Les mercuriauK m'ont, alors paru dangereux.

En général^ à toutes les époques de la vie les sujets atteints de la leucophlegmatie scorbutique retirent un utile effet des remèdes heureuse-" ment éprouvés contre le vice dont elle pro** vient.

TJnoiEcier de marine espagnole > âgé d'environ cinquante-cinq ans, était atteint d'une véritable jascite ayec tpus les signes extérieurs du scorbut.

lOÔ I>E L UYOROPISIE EN GIÉNERAL»

On }ui tira environ six pintes d'eau du bas-ventre* Le malade m'ayant ensuite appelé conjointement avec MM. Bouwirt et Borie ,' nous crûmes qu'-après une telle évacuation les anti<-scorbutique^$ pourraient être utiles ^ surtout s'ils étaient pris pendapt long-temps réunis aux remèdes toniques; Nous conseillâmes l'usage du vin anti-scorbu->tique, à la dose de deux onces par jour , une once le matin et autant le soir ; chaque dose était prise dans une tasse d'infusion de marrbube blanc, de houblon et de quinquina. Ce traiter ment, suivi pendant environ un mois et demi, et secondé d'un bon régime , eut le plus beuT reux succès ; les taches livides de la peau se dis- * sipèrent; les gencives, de fongueuses et pâles qu'elles étaient , reprirent leur couleur et leur consistance naturelles , et le retour de l'hydro*? pisie n'eut plus lieu , du moins que je sac^e.

Uhydropisie par le 'vice (trthritique et pm* le vice rhumatismal est sopvent l'efiel d'une goutte ou d'un rhumatisme , séparés ou réunis , qui ont trop promptement quitté une ou plusieurs articulations dans lesquelles ils s'étaient d'abord portes , soit que l'enflure ait subitement cessé , soit que les douleurs eussent cessé trop rapide-* ment d'elles-mêmes ou par des topiques anodyns, traitement funeste contre lequel Sydenham s'est si fortement élevé avec juste raison , et qui n'est

DE l'hYDROPISIE EN CEST^JlAL. IO7

jcependant encore que li*op souvent employé.

Ce n'est que dans le cas de douleurs extrêmes qu'il faut y reçpurir , et toujours avec pru-r fience.

L'hydropisîe peut aussi provenir d'un vice irhumatismal , trop violent de 3a nature , de {'abus d'un mauvais traitements^ piar l'effet de la mauvaise constitution du malade ^ et par de^ complications dp la goutte et du rhumatisnie avec d'autres maux. En pareil cas il faut se bâter 4e conseiller tous les remèdes qui peuvent rîip? peler la goutte ou le rhumatisme dans les partie^f extérieures , au même lieu , si on le peut^ où ils avaient précédemment leur siège* Il faut ^ à cet effet, d'abord faire recouvrir les pieds de sina«? pismes , et si ceux-ci ne suffisent pas pour y. r.appelçr la goutte, il faut mettre les vésicatoires ^ux jambes. On se dirige , rf^latiyement au|^ çordiàiix , d'après l'état dçs forces du malade , ces rpmède^ pouvant être nuisibles par trop d'action comme par trop de faiblesse; on doit surfout alors s'âbstei^ir des émétiqu^s et des purgatifs. J'en sH vu de bien fâcheux effets en pareilles cirçoustance^.

Cp traitepient suffit assez souvent pour r^ippeler l'humeur arthritique ou rhumatismale aux extrémités , et pour prévenir l'hydropisie et n^ême pf)tir la guérir qu^nd elle comraçuQB , surto^f

11^ Dis L^HYDROPISIE EN CÉlfi^At.!

et moins violens^que l'éruption, dartreuse a ^t^ plus considérable*

Voici un autre exemple de l'hydropisie rhu-^ matismale arthritique bien remarquable. Madame Deltuf^ femme d'un très-respectable négociant ^ avait joui jusque vers l'âge de cinquante ans d'une assez bonne santé; elle passa son temps critique sans éprouver aucune maladie remar* quable. Ce ne fut que dix-huit mois après qu'elle eut fini d'être réglée, au commencement d'un hiver , après un automne très-pluvieux , qu'elle commença d'éprouver une douleur dans les pieds^ dans les genoux^ et successivement dans les mains, les coudes*, et enfin dans presque touteis le arti« culations , dans celle de la mâchoire inférieure même , ainsi que dans d'autres endroits du corps.

Ces douleurs n'étaient pas toujours fixes, m toujours également violentes ^ mais avec àe^ remissions plus ou moins longues et plus ou moins complètes. La malade éprouvait parfois de trèsfortes palpitations du cœur. Il survint une fièvre très-vive et une cruelle insomnie. La tête fut même quelques instans troublée. Ce rhumatisme goutteux dura près d'un mois et demi , nonobstant l'usage bien suivi des boissons relâchantes et légèrement diaphoréliques , d'une saignée du pied et des sangsues au fondement , que la plé-

DE l'hydropisie en général. ii5

nîtade et la dureté du pouls avec douleur de la léte et trouble des idées parurent nécessiter^ ainsi que les vésicaioires aux jambes. Enfin il y eut une rémission des douleurs; les sueurs sur^vinrent dans les intervalles, avec de légères évacuations alvines bilieuses. La malade se rétablit' après avoir resté tout l'hiver dans un état déplorable. Cependant, pour compléter le traitement et pour éviter des récidives et les suites d'une pareille maladie , je conseillai d'établir un cautère au bras et de le bien entretenir , ai«si que l'usage des pilules savonneuses^ avec les extraits amers et le mercure doux , secondé de celui des sucs des plantes chicoracées, borragînées et anti-scorbutiques^ au printemps et à l'automne; dans l'été^ la boisson et les bains des eaux sulfureuses de Cauteretzou de Barèges, prises à Tivoli. J'aurais préféré que la malade fît un voyage à quelqu'une des sources des eaux minérales de celte espèce ; mais elle ne put s'y rendre cette année; ^lle se conforma d'ailleurs en tout point au reste de ce traitement. Elle n'en relira aucun avantage^, car l'automne suivant , elle éprouva une nouvelle attaque de rhumatisme goutteux. Les douleurs ne furent ni aussi longues ni aussi fortes que Tannée précédente; mais un autre symptôme non moins grave eut lieu : je veux parler d'une enflure œdémateuse considérable des extrémités

llA DE LIIYPROPISIE EN GENERAL.

Inférietires , laquelle fit de si grands progrès qu'une ascî le survint. On la réconnut aisément à la fluctuation sensil)le à la plus légère percussion du bas^-ventre^ La malade avait, le teint d'un jaune citron ; elle ne pouvait rester dans le lit par rapport à la difficulté de respirer qu'elle y éprouvai!. 11 parut très-urgent de diminuer la quaniiic d'eau qui donnait lieu à ce trisie étal , et de prévenir, s'il écait pos-

sihie , rhydrOlhorax. Je proposai la ponction du bas-ventre; mais la malade ne voulut jamais y consenlir. M. Malouet ayçml élé appelé en consultation et ayant reconnu l'ascile , conseilla la même ppér^lion , mais en vain. Nous prescrivîines donc les sudorlfiques et les diurétiques diyer» , ainsi que les purgatifs hydragogues; au bout de trois à quatre s^piaipes, le cours des urinés et de la transpiration s'étant bien rétabli, tout syqiptôme d'hydropisie disparut. On pv^l Oiçilçment çxplorer le bas-ventre parle toucher. Nous reconnûmes avec M..Malouet, appelé de nouveau en consultation, qu'il y avait dans rhynochondre droit une intumescence rénitente bien remarquable qui nous parut être formée par le foie. Nous reconnûmes aussi une [letite tu^jeur dans la région iliaque droite , que nous jugeâmes résider dans l'ovaire du même côté, ce qui nous détermina de conseiller à la malade di-

DE l'hydropisïe en général. ii5

vers apéritifs et fondans^ éprouvés, tels que les pilules savonneuses avec lés extraits de ciguë , de pareira^hrava , le calomel , les sucs des plantes aiiti - scorbutiques et les eaux de Vichi ;• enfin nous voulûmes que la malade Rt un voyage à leur source. Elle en revint en meilleur état , se louant beaucoup des bons soins de M. Lucas, très-habile praticien , directeur de ces eaux , devenu depuis médecin en titre de ]\!&dame ducheisse d'Angoulême.

L'engorgement du foie était considérable-* ment diminué, plus en proportion que celui que nous avions reconnu dans la région iliaque droite, La m^^lade se flattait dé ne plus éprouver pendant l'automne, dans laquelle nous entrions , des douleurs aussi vives dé rhumatisme et de goutte que la précédente, et en effet elle passa plus d'un an sans en ressentir de bien vioî(^\es j elle ne recouvra cependant pas un état de santé assez stable pour pouvoir compter sur sa durée. Divers remèdes lui furent prescrits dans cet intervalle , mais inutilement. La tumeur de la région iliaque droite fit des progrès, les extrémités inférieures s'œdématièrent , le bas -ventre se ballona , il parut s'y former une infiltration et enfin une nouvelle

hydropisie ascite , malgré les diurétiques les mieux éprouvés qu'on avait conseillés cl que Ton

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conseilla encore , en les Variant de diverses manières , et en les prescrivant à plus grande do9e# M. Halle, mon très-savant confrère , que nous venons malheureusement de perdre dans un âge peu avance y voyait alors la malade avec moi^ Ne comptant plus sur l'efficacité des remèdes internes , nous conseillâmes Topéraiion de la paracenthèse^ désirée par la malade elle-^méme* On oWint plus de vingt pintes d'eau. On re-»^ connut y après celte opération , qui fut faite par M. J. P. Boyer, une intumescence beaucoup plus considérable qu'on ne l'avait estimée dans la région iliaque droite y laquelle me parut être une tumeur enkystée formée par l'ovaire ^ ce qui fut pour nous unç ultérieure raison de craindre la récidive prochaine de l'hydropisiQ asciie ; en effet , malgré les diurétiques dont on fit usage, elle eut lieu environ deux mois après.. Une seconde ponction fut faite, en deux en-* droits du bas -ventre , d'abord dans le lieu d'élébtion , et ensuite sur la tuiueur même f. formée par l'ovaire : la première fournit plusieurs pintes d'eau assez claire ; la seconde donna lieu à l'issue d'une matière glutineu&e jaunâtre > un peu épaisse, d'environ un demi-setier..

Cette double ponction soulagea singulièrement la malade. Le cours dés urines fut même ré* tabli pendant long- temps. Cependant il fallu.^

Dt l'hybropisie en cmiiHAh. my

encore recourir à la paracenthése plusieurs mois après. Madame D. vécut encore quelque temps, mais en s'affaiblissant de plus en plus, ayant de l'eau dans le bas -ventre, tant dans sa cavité que dans celle du kyste , et ayant déplus uiîé hydropisie externe générale ou anàrsaque ; la tuméfaction de l'extrémité inférieure droite était surtout très-considérable. Enfin la fl^lade succomba à tous ces maux.

On voit par ces observations cotnbien il est nécessaire de recourir promptement aux remèdes indiqués et relatifs aux causes de ces hydropîsies , pour les prévenir; car une fois que la collection est bien confirmée , elles sont ordinairement incurables.

On pourrait rapporter çn preuve de ce qui vîebt d'être dit des exemples nombreux d'hydropîsie générale externe, ou interne avec épancbcment dans le cerveau , dans la poitrinç , dans le bas-venire , tirés des auteurs et de ma propre clinique.

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