‹ Observations sur la relation de la campagne de 1815, publie?e par le ge?ne?ral Gourgaud; et re?futation de quelques-unes des assertions d'autres e?crits relatifs a? la bataille de WaterlooChapitre 4 sur 17 · CA (D · texte numérisé non relu

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en faire connaître les auteurs à la France , et à PEurope , ses relations officielles ne continrent de reproches contre aucun d'eux. Je savais en outre de la bouche des personnes qui ont vécu dans son intimité depuis la bataille de Waterloo, jusques au moment de son départ de Rochefort, qu’il n’avait jamais articulé un mot d’improbation à mon égard.

Mais lorsque plus de trois ans après les événemens , un officier général , renvoyé de Ste.-Hélène, se permet de publier comme avouée de Napoléon, une rélation apologétique de cette campagne, où à l’aide d’instructions et d'ordres supposés, de mouvemens imaginaires , et de calomnies artificieusement tissues , il prétend expliquer pourquoi a échouéun plan de campagne dont l’insuccès a éte l’inévitable conséquence de la non solution du problème des projets des Alliés après la bataille de Ligny, etdes fautes qui en sont résultées, telles que l’inaction de l’armée, pendant la nuit du 16 et la matinée du 17 , P’intempestivité des dispositions subséquentes , loubli des distances et du tems nécessaire pour les parcourir, enfin, la détermination de combattre à Waterloo, sans savoir où étaient les Prussiens et sans être hé de manière à pouvoir en être soutenu avec un corps envoye à leur poursuitte trop tard, pour pouvoir les joindre à tems utile et trop faible, pour être à même de paraliser les mouvemens de la totalité de leur armée, je ne balancerai pas à signaler comme l’œuvre de la flatterie et de la déception un tel pamphlet , dont les assertions erronnées , les suppositions gratuites , les hypothèses faites après coup, ne doivent point être confondues avec ce qu’écrirait Napoléon, s’il retraçait lui-même un de ces événemens malheureux que Ja fortune reserve quelquefois aux plus grands capitaines, sans que l’âclat de leur brillante carrière puisse en être obscurci.

L'intérêt attaché à tout ce qui emâne de Ste. Helene, et Fimportance que lon pourrait prêter au roman militaire du A

(*) Parmi piusieurs individus d’un témoignage irrécusable que j'aurais à citer, je ne nommerai que le Général Bernard. À New-York, en Octobre, 1818, il me confirmait encore cette assertion, ajoutant seulement, que Napoléon avait demandé si j'étais arrivé jusques au défilé de 84 Lambert.

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Gal. Gourgaud s'il n’était réfuté, fixent le moment où les considérations secondaires et les ménagemens individuels ne peuvent plus empêcher ceux qui ont été investis de commandemens éminens durant [a campagne de 1815, de fournir à l’histoire des documens que leur scrupuleuse fidélité rendent dignes d'en devenir le patrimoine, et qu'eux seuls possédent, Puisque d’ailleurs la connaissance du vrai ne saurait être acquise que par un examen comparatif des differentes assertions rélatives à cette sanglante tragedie , et que deux des principaux acteurs qui y ont figuré , n’ont point été entendus, ou ne l'ont été que d’une manière incomplette , 1 convient de mettre en regard leurs moyens de défense et les inputations dont ils sont l’objet dans un ouvrage qui, quoique fictivement revêtu de la sanction de Napoleon, offre cependant, divers documens officiels. Quelque pénible qu’it me soit donc de contribuer à soulever le voile qui couvre encore Les reels mobiles de nos revers, et quelque répugnance que j’aie à occuper lattention publique, ces sentimens douloureux s’atténuent par la pensée que le jour de la vérité finit toujours par éclairer les événemens les plus artificieusement denaturés, et par la conviction que les défenseurs naturels du Maréchal Ney ne souffriront pas que le même génie malfesant qui présidait à la rédaction de bulletins oflicieux où l’on rejetaitsur des causes imaginaires , et des officiers particuliers les fautes des chefs , (*) tourmente ses mânes sanglantes ct flétrisse les lauriers qui ombragent sa tombe , en F’accusant d’impéritie , et d’affaiblissement moral et intellectuel. Car quelque soit le jugement que l’on porte de sa conduite politique , sa vie militaire se compose de tant d’opé-

(*) On voudrait pouvoir oublier le bulletin qui aprés la bataille de Leipzic, traduisait au tribunal de lopinion, en attendant qu’il le fût devant une commission militaire, le Colonel du Génie Monfort, gratuitement accusé de la rupture du pont sur la Saai dont les fatales conséquences avaient été la prise du Général Lauriston, la mort du Prince Poniatowski, et la destruction d’une grande partie du corps Polonais. On sait également à quoi s’en tenir maintenant sur les torts supposès du Général Marescot. Les revers des troupes françaises près Séville, furent le résultat d’ordres donnés, et de l’occupation de positions prescrittes par le Grand Duc de Berg. (Murat.) Et néanmoins le Général Marescot fut mis en jugement et privé de son état, et de ses honneurs.

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rations fortement conbinées et de si éclatans faits-d’arme, qu’elle passera à la postérité resplendissante d’une impérissable gloire. Déjà les véridiques crayons de Phistoire ont fait justice des trompeuses assertions qu’inventa l’adulation , durant les campagnes précédentes : de même aussi, ils ne retraceront la plüpart des imputations dirigées contre le Mal. Ney , que pour les faire envisager comme un nouvel attentat à l’opinion, non moins odieux que ceiui d'attribuer les désastres de Waterloo à une pretendue terreur panique dont aurait été saisie l’armée Française , lors de 14 dernière attaque des Prussiens , sur son flanc , et ses derrières.( Bulletin de la bataille de Waterloo , publié au moniteur en Juin 1815. )

Toutefois si amitié qui m’unissait au Mal. Ney, me rend impossible de dissimuler le douloureux étonnement dont j'ai eté saisi en voyant un aide-de-camp de Napoléon, traiter d’une manière aussi injustement sévère l’homme qui paya de sa tête son dévoñment à sa cause, je laisserai à des mains plus habiles à le complettement défendre, et je consacrerai principalement cet écrit à la réfutation des imputations qui me sont personnelles. Leur attentif examen et le simple narré de ce qui s’est passé aux corps-d’armée sous mes ordres depuis le 17 , jusques au 19 Juin, sufüiront pour les faire apprécier , et au flambeau d’une discussion impartiale, les illusions qu’essaie d’accréditer la malveillance, s’évanouiront,

Si Pon devait en croire le Gal. Gourgaud, la perte de la bataille de Waterloo, devraiten partie être attribuée : 1°. À l’incertitude du Maréchal Grouchy le 17, rélativement aux mouvemens de ennemi; s’il avait été à Warvres, le 17 au soir, en communication avec la gauche de l’armée, Blucher n'aurait pas osé se diviser devant lui, et méme en supposant qu’il l’eût fuit, Grouchy l'aurait poursuivi.

Cette incertitude a , sans doute, fortement contribué à nos revers ; mais peut-elle m'être reprochée? Non: car lorsqu'un genéral en chef confie une mission, il doit accompagner ses ordres de données qui mettent à même de les remplir et, c'était à Napoléon à m'indiquer dans quelle direction se retiraient le:

Prussiens , surtout m’envoyant à leur poursuitte, quinze heures après qu’ils avaient commencé leur retraite. Puisqu’il ne Pa pas fait, et que ni le rapport de ses espions, ni les reconnaissances des troupes à cheval; ni les lumières de son propre génie, n’avaient pu léclairer sur leurs projets et sur leur marche, comment pouvais-je, ne l’ayant pas quitté depuis l’aube du jour, soudainement les découvrir? Nilui ni qui que ce soit dans Parmée française, na déviné durant la journée du 17, et la matinée du 18, le plan d'opération adopté par les alliés après la perte de la bataille de Ligny ; le Mal. Blucher avait alors deux partis à prendre : ou de se retirer sur la Meuse , entre Liége et Namur , ou de se réunir à l’armée Anglo-Belge : Pun et Pautre avaient leurs avantages et leurs inconvéniens : le second adopté par le général Prussien ne lui a que trop bien réussi: mais s’il eut préféré le premier , et que le Duc de Wellington se fût porté sur Anvers, dans quel embarras ne se serait pas trouve le général en chef Français? Il était donc extrêmement difficile qu’il préjugeât la détermination des Alliés, et puisqu’elle a échappé à un aussi grand capitaine, qui à droit de me jeter la pierre , pour ne pas avoir eu des vues plus perçantes, et des inspirations plus heureuses que les siennes ? La marche des Prussiens durant la nuit du 16, et la matinée du 17 , et le mouvement de deux de leurs corps, dirigés le 18, dès quatre heures du matin, de Wavres sur Waterloo, sont aujourd’hui le secret de tout le monde; jusques au 18, après midi, il n’a appartenu qu’au Mal. Blucher et au Duc de Wellington , et il est facile, mais injuste aux critiques d’etablir qu’il devait être immédiatement déviné sur le terrein où la question était à resoudre et où on manquait de toutes les données dont ils sont munis aujourd’hui. Toutefois , pour peu qu’on se rappelle le tems affreux qu’il fesait, et qu’on suive sur Ja carte, les mouvemens de l’armée Prussienne et les miens, qu’on mesure les distances entre Fleurus, Gembloux " Sartavalin et Wavres, enfin, qu’on sache l’heure à laquelle mes troupes se sont ébranlées , et ont attaqué l’arrière garde du Mal. Blucher , et on se convaincra que j’ai su démèêler et suivre sa piste sans avoir été effectivement retardé par l'incertitude dans laquelle je me trouvais.

L’assertion que si j'avais été le 17 au soir À Wurvres, en comcamunition avec la gauche de l’armée, le Mal. Blucher n'aurait pas osé se rompre devant moi, et qu'en supposant qu'il leût fait, je Pauruis poursuivi, manque de justesse, attendu l’impossibilité que je fusse le 17, au soir à Wavres et la supériorité numérique du Mal. Blucher. Cettesupériorité le mettait à même de détacher, dans toute espèce d’hypothése , la moitié de son armée au soutien du Auc de Wellington, et de laisser devant moi l’autre moitié, qui, plus forte de quinze mille hommes, que les troupes que j'avais , pouvait les tenir en échec, et les combattre avec l’avantage du nombre, et de la position. On ne saurait d’ailleurs nier que quelque soient les talens d’un général , et Pexaltation du moral de ses soldats , il ne soit difficile à trente deux mille hommes d’en paraliser quatre-vingt-quinze mille,

et telle était la disproportion existante entre l’armée du Mal. Blu-

cher etlamienne. On trouvera la force, et la composition de l’une et de l'autre, dans les tableaux ci annexés.(*) Enfin pour

(*) Tableau de la composition de l'Armée du Ml. Grouchy, tiré de l'ouvrage du G4l. Gourgaud,

page 85.

2me Corps d’armée, Division d’infanterie du Gén Girard, ; . 3060 Artillerie, : : : 160 3me Corps d’armée, cemmandé par le Gén. Hate nee 11,336 Artlieré, + ‘ : : + ? 660 4me, Corps d’armée commandé par le Gén Gérard, n Sr 10,130 Artillerie, : ; : 4 : 600 Division de Cavalerie, - À - 1,380 6me. Corps d’armée, division du Gén T este, : , 4,006 Artilleurs, : ‘ ; : = : : 160 Cavalerie legère du Gén. Pajol, une division, ; , 1,150 Dragons du Gén Excelmans, deux divisions, È : ; 2,390 Artilleurs attachés à ces deux corps, ‘ ‘ k , 200

Total 35,226

Mais la division du Gén. Girard n’a pas fait partie des troupes qui m'ont été confiés, elle est restée à Fleurus, pour garder ce point, et faire enlever les blessés (voyez les ordres de Napoléon rélatifs à cette division, Gén. FSAEUE page 78, ligne 8.)

Ainsi, il y a à defalquer, . 3,220 Partant, la force du corps envoyé à la poursuitte des Prussiens, le 17 Juin, était de . « ; : + 32,000

dont 4,870 de cavaleri

(RUE ) que je pusse arriver le 17 au soir, il fallait que Napoléon me prescrivit de marcher sur Wavres, ou du-moins me mit à méme de juger que c'était vers cette ville que je devais me diriger. ( Ses ordres qui seront incessamment rapportés, montrent qu’il ne l’a pas fait.) Qu'il n’eût pas attendu jusqu’à midi à m'envoyer à la poursuitte des Prussiens , et que les corps des Généraux Vendame et Gérard n'aient pas ete des heures à se mettre en marche. ( Des milliers de témoins peuvent attester que malgré mes injonctions réitérées , ils étaient encore sur le champ de bataille de Ligny , le 17, à trois heures après midi. } Que la distance de Fleurus à Wavres, en passant par Gembloux ot Sartavalin , ne füt point de huit à neuf licues. ( L’inspection de la carte montre qu’elle est telle. ) Enfin que la pluie qui tombait par torrens et la difficulté des routes » h’accrussent pas encore la longueur du tems nécessaire pour la franchir, Ces diverses considérations démontrent qu'il m'était physiquement impossible d'arriver le 17 au soir, devant Wavres,

La seconde cause assignée à nos revers par le Gal, Gourgaud est le mal-entendu rélativement aux instructions données

au Mal. Grouchy, et la non reception des ordres que l’Empereur lui a envoyé, dans la nuit du 17 »+ elle matin du 18.

A en er nm Force de l'Armée Prussienne en entrant en campagne, (Gal. Gourgaud, page 39. )

Infanterie, ; , ) : ; . 102,000 Cavalerie, ‘ , x ; $ : + 18,000 Total 120,000

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Pertes des Prussiens à la bataille de Ligny, le 16, en tués et blessés,

Rapport officiel français (inséré au Moniteur er 1815), F L 15,000 Rélation du Général Gourgaud, N 3 : ; . + 25,000

Quelque bizarre qu’il puisse paraître que depuis le séjour de cet officier Général à Ste Hélène, le nombre'des tués de l’armée Prussienne se soit accru de dix mille en admettant cette évaluation, il en résulte, Que l Armée du Mal, Blucher élait, le 17 Juin, de . 95,000 B

pis

(40 9 Un document officiel, la lettre que le Mal-Soult, major général de l’armée , m’a écrit le 18 Juin, à une heure après midi, (lettre qu’on trouvera textuellement rapportée page-15;) dément cette assertion, lorsqu'en parlant de ma marche sur Sartavalin , elle s’exprime en ces termes : ce mouvement esl conforme aux dispositions de sa majesté, qui vous ont été commumniquées. &c. Certes, un tel assentiment n’aurait pas été donné à mes opérations , si j'avais mal saisi les intentions de Napoléon, et si je n’eusse pas agi conformement à ses vues. Quant à la non exécution des ordres qui m’auraient été envoyés dans la nuit du 17 au 18, et la matinée du 18, je n’ai point à en justifier, puisque ceux qui m’attaquent établissent eux-mêmes qu’ils ne me sont pas parvenus. Je suis d’ailleurs tenté de croire qu’ils ne furent jamais donnés: s’ils l’eussent été, la lettre du Major Gal. ferait mention de leur envoi; elle exprimerait étonnement et mécontentement de leur non exécution ; elle repêterait les dispositions qu’ils prescrivaient. Cette lettre n’en dit pas un mot, et accuse reception de mes depêches datées du 18, à deux heures du matin et parvenues à cinq heures , ( voyez lPouvrage du Gal. Gourgaud, page 87 , ) d’ou lon peut inférer qu’il ne avait point été écrit du grand quartier général, depuis que ces dépêches y étaient arrivées. La lecture du récit détaillé de mes opérations, le 17, et le 18, et le dévelopement des motifs qui les ont basé, ajouteront une nouvelle force à ces observations. À La bataille de Ligny , livrée le 16 Juin , n’a fini que vers les neuf heures du soir: seulement alors, Îa retraite des Prussiens a été présumée : je me sers de cette expression , car l'obscurité de la nuit rendait à peu-près impossible de distinguer leurs mouyemens, et quoique les pertes que nous leur avions fait essuyer, fussent telles qu’ils crussent devoir nous abandonner le champ de bataille, ils se retiraient assez en ordre cependant, pour pouvoir masquer au besoin leur retraite par de nouvelles attaques : la preuve en est que lorsque dans l'espoir de les entamer , vers les neuf heures du soir , je laneaï sur eux, la cavalerie légère du Gal Valin, elle fut si vigoureusement reçue que sa charge n'eut aucun résultat et fut pres-

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qu’immédiatement suivie d’un hourra général de leur part, N’avant pendant la journée du 16, que les troupes à cheval sous mes ordres et jugeant que de l'infanterie m’était nécessaire pour rendre fructueuse la poursuitte de nuit d’une armée aussi peu desorganisée, je cherchai vers les neuf heures et demie à joindre Napoléon, pour le prier de mettre à ma disposition quelques divisions de cette arme. Il venait de quitter le champ de bataille pour se rendre à Fleurus, et Je ne pus le joindre que comme il était prêt d’y arriver : sa réponse à ma demande lut qu’il me donnerait des ordres le lendemain matin. L’extrèême fatigue des troupes qui, après des marches forcées, s’étaient battues le 15 et le 16, rendait sans doute difficile et pénible de vivement poursuivre l’armée Prussienne pendant la nuit; mais il n’en est pas moins à regretter qu’une telle considération ait prévalu sur l’importance dont il était de ne point lui laisser le tems de se reconnaître et de se rallier. J’en étais si convaincu que je me rendis le 17 avant le jour , chez Napoléon ; quelques instances que je fisse pour le voir, il me fut impossible d'y parveuir , et ce ne fut que vers les sept heures et demie qu’il 1! me fit dire par le Major Gal. Mal. Soult, qu’il se proposait d’aller = incessamment visiter le champ de bataille et que je l’y suivrais. Dans les premières heures de la matinée du 17, le Gal.

Pajol avec ses hussards et quelqu’infanterie avaient eu or-

dre de suivre les Prussiens : et plusieurs piéces de canons

prises par ses troupes sur la route de Namur ayant été envoyées

vers les nuit heures , au grand quartier général, on en induisit

, que c’était sur cette ville que se retirait le Mal. Blucher.

Entre huit et neuf heures , Napoléon partit de Fleurus en voiture, pour se rendre sur le champ de bataille. La difficulté À du chemin qu’on lui fit prendre à travers des champs coupés de le fossés et de sillons profonds, le retardait tellement qu’il se | j détermina à monter à cheval: arrivé à St. Amand, il se fit conduire aux diverses avenues par Icsquelles ce village avait | été attaqué la veille, se promena sur le champ de bataille, fit relever et interroger quelques officiers blessés , qui s’y trouvaient encore, et passant devant le front des régimens qui le saluaient de leurs acclamations , il parla à presque tous les COrps » |

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avec intérêt et satisfaction de leur conduite de la veille : enfin après une longue tournée il descendit de cheval et se mit à causer avec le Gal Gérard etavec moi, de l’état de l’opinion à Paris, du corps législatif, des Jacobins et de divers autres objets, étrangers à ceux qui semblaient devoir exclusivement Poccuper dans un pareil moment, J’entre dans ces détails, quelque minutieux qu’ils paraissent, attendu qu’ils servent à faire voir comment s’écoulèrent des heures précieuses, dont la perte devait avoir des conséquences si funestes , et parce qu’ils prouvent que Napoléon n’a eu durant la matinée du 17, aucune opinion arrêtée quant au plan du Mal. Blucher, quoique les mouvemens qui en étaient le résultat se fussent exécutés pendant la nuit du 16,et depuis le point du jour du 17, ainsi que le constatent les rapports des généraux en chef Anglais et Prussiens : de sorte que, pendant que Napoléon délibérait avec luimème sur ce qu’il avait à faire, l’armée Prussienne était déjà concentrée près Wavres, et avait gagné une avance de huit à neuf lieues, sur les corps qui allaient être envoyés à sa poursuitte, Ayant reçu vers midi, le rapport d’une reconnaissance dirigée le matin aux Quatre-Bras, Napoléon prit enfin une détermination quant à ses opérations ultérieures auxquelles une plus prompte exécution eut été assurée si, dès le matin, les troupes avaient été prévénues qu’elles auraient à marcher pendant la journée. El fit d’abord diriger sur la route des Quatre-bras, les corps d’infanterie et de cavalerie, qu’il voulait emmener avec lui, et m’ordonna ensuite de prendre le commandement des corps des Gaux. Vendame et Gérard , et de la cavalerie des Gaux. Pa- Jol et Excelmans, et de me mettre à la poursuitte du Mal. Blucher.

Je me permis de lui faire observer que les Prussiens avaient commence leur retraite la veille , à dix heures du soir : que du tems ne manquerait pas de s’écouler avant que les troupes qui etaient fort disséminées dans la plaine, qui avaient démonté leurs armes pour Îles nétoyer, qui fesaient la soupe et ne s’attendaient pas à faire de mouvemens ce jour là , pussent s’ébranler: qu’ainsi Pennemi aurait dix-sept à dix-huit heures d’a-

( 18 ) vance sur les corps qu’il envoyait après lui; j’ajoutai que quoique les rapports de la cavalerie n’apprissent rien de précis sur la direction suivie par la masse de l’armée Prussienne, cependant il paraissait que c’était sur Namur que s’opérait la retraite du Mal. Blucher ; qu’ainsi en le poursuivant j'allais me trouver isolé, séparé de la grande armée, et hors

: # È À ‘ du cercle de ses operations. Ces observations furent” mal accueillies ; il me repêta l’ordre qu’il m’avait donné, ajoutant

que c'était à mai à découvrir la route prise par les Prussiens , que je devais completter leur défaite en les attaquant aussitôt que je les aurais joint, et que je correspondrais avec lui , par la route pavée qui conduit de Namur aux Quatre-Bras. Une conversation de quelques secondes que j’eus ensuite avec le Major général w’eurent trait qu’à la distraction de troupes que je devais tirer des corps sous mes ordres, pour les réunir à celles qu’allait emmener Napoléon. ‘Telles sont les seules dispositions qui m’aient été communiquées , les seuls ordres que j’aie reçu. Certes il était aussi aisé de les comprendre , que difficile de leur assurer d’utiles resultats en dévinant immédiatement dans quelle direction je devais marcher. Je me hâtai de donner aux Généraux Vendame et Gérard, l’injonction de faire prendre les armes à leurs troupes. N’ayant alors d’autres notions sur les mouvemens des Prussiens que l'envoi par le Gal. Pajol, d'artillerie prise sur la route de Namur, mais les traces de l’ennemi se trouvant également sur celle de Gembloux, la cavalerie du Gal. Excelmans fut portée dans cette direction , et l’infanterie à l’embranchement des chemins de Namur, et de Gembloux, Comme j'y arrivais, je sûs que celles des colonnes Prusiennes qui avaient pris d’abord Ia route de Namur, lavaient quitté pour en suivre une paralléle à celle qui conduit à Gembloux , et qu’il n’y avait guère que des parcs qui eussent filé vers Ia première de ces villes : j’en inférai que le Mal. Blucher se retirait sur Bruxelles ou Louvain, et Je dirigeai toute mon infanterie sur Gembloux. Ainsi que je l’avais présumé, beaucoup de tems s’était écoulé , avant que les corps des Généraux Vendame et Gérard, et surtout, ce-

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lui de ce dernier, se fussent mis en mouvement ; impatient de leurs lenteurs , je pris les devants et me rendis de ma personne à Gembloux , afin d’en interroger les principaux habitans. Je ne pus apprendre autre chose, si-non, que pendant la nuit du 16, plusieurs colonnes Prussiennes y avaient passé, ainsi que nombre de généraux : mais on ignorait la direction ultérieure que pouvait avoir pris l'ennemi: je recueillais ces insuffisantes notions, lorsque les premières troupes du Gal. Vendame arrivèrent. La nuit tombait, et le corps du Gal. Gévard était encore bien en arrière. (il ne fat rendu en totalite à Gembloux aue vers dix heures du soir.) Cependant le Gal. Excelmans qui avait depasse cette ville, m’informant qu’il avait devant lui quelque cavalerie Prussienne , je lui preserivis quoique la nuit fût arrivée, et le tems affreux, de suivre l'ennemi, de tout faire pour ne le point perdre de vue, et Je portai le corps du G:2l Vendame, de l’autre côté de Gembioux , afin de soutenir, au besoin la cavalerie Excelmans : Les troupes du Gal Gérard furent stationées à Gembloux même, à mesure qu’elles arrivaient. Le Gal Pajol, qui avait quitié la route de Namur , pour marcher parallélement au chemin de Fleurus à Gembloux, m’ayant rendu compte vers les neuf heures du soir qu’ilavait pris position à deux lieues sur la droite de cette ville, j’écrivis à Napoleon une première lettre pour l’informer du point où j'étais, et ayant reçu pendant la nuit, quelques rensejgnemens sur la marche des Prussiens, je lui addressai une seconde lettre à deux heures du matin, pour le prévenir que je me remettrais en marche avant le jour, et me porterais sur Sartavalin. Au lever du soleil, le corps du Gal. Vendame s’ébranla dans cette direction, marchant sur les traces de la cavalerie du Gal. Excelmans, et le Gal Gérard eut ordre de suivre ce mouvement. Des rapports successifs annonçant que plusieures colonnes Prussiennes avaient passé, tant à Sartavalin que dans les environs, j’écrivis à dix heures et demie une troisième lettre à Napoléon, pour lui annoncer que je mecroyais au moment de joindre l’arrière-garde Prussienne, et j’expédiai cette nouvelle dépêche par le Major La Frénaie, autrefois son page, oflicier egalement capable de bien rendre compte de ce

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