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que j'avais recueilli des mouvemens de l’ennemi, et de rapporter promptement des ordres, S'il y en avait à me donner. 1°opinion d’un ancien militaire décoré de la légion d’honneur, chez lequel je m’arrèêtai à Sartavalin le tems nécessaire pour écrire cette lettre, et celle de toutes les personnes que j’avais interrogé etaient que les Prussiens se concentraient dans les plaines de Louvain. Je rejoignis le Gal. Excelmans qui, depuis le matin, tallonait les extrêmes arrières-gardes de cavalerie Prussienne ; et à onze heures et demie, et à une lieue et demie environ de Wavres, nous découvrimes enfin une arrière-garde d'infanterie, avec du canon. Aussitôt que je l’eus reconnu, la canonade s’engagea , et le Gal. Vendame arrivant, avec la tête de sa colonne nous marchämes aux Prussiens, qui avaient pris position au bois de Limelette, et furent immeédiatement attaqués et culbutés: la cavalerie du Gal Excelmans les tournant par la droite du bois, se porta sur le bas Wavres. Nous suivimes vivement l’ennemi, et entre une et deux heures. nous étions maîtres de la partie de cette ville, située sur la rive gauche de la Dyle.
Pendant qu’on tiraillait dans le bois de Limelette , le canon se fit entendre sur la gauche : je me portai, de ma personne , dans cette direction’, et me convainquis qu’un ergagement y avait lieu. Mais la nature de la canonade , peu nourrie alors, (il était environ midi , et elle ne Pa été fortement à Water- 1oo , que vers une heure.) La complette ignorance où j’etais que les Anglais recevraient la bataille de ce côte-ci de la forêt de Soignes , la probabilité que ce n’était qu’un engagement partiel du Mal. Ney avec larrière garde du Duc de Wellington , qu’on croyait généralement dans Parmée Francaise, en retraite sur Anvers, enfin lobéissance due à mes ordres qui me prescrivaient de poursuivre et de combattre les Prussiens , et de ne jamais les perdre de vue quand je les auvrais joint, me firent regarder comme mon devoir, non-seulement de ne pas les abandonner pour courir au bruit de cette canonade lointaine, mais encore de les attaquer le plus vivement possible à Wavres afin qu'en Îles occupant fortement, sur ce point , ils ne pussent rien entreprendre contre Napoléon, si,
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contre toutes probabilités, une bataille genérale se livrait entre les Quatre-Bras et Bruxelles. Je n'avais alors pas plus déviné que ne l'avait fait Napoléon à cette heure, le plan des Alliés, et je n’étais point informé que , dès le point du jour , deux des corps du Mal. Blucher avaient quitté Wavres pour se porter au soutien du Dac de Wellington. N’ayant d’ailleurs que trenfte-deux mille hommes, et étant autorisé par tous mes rapports à croire la totalité de l’armée Prussienne, forte de quatre-vingt-quinze mille réunie devant moi, j'étais trop faible pour pouvoir détacher une partie de mes troupes , sans courir la chance de faire écraser le reste,
Toute-fois lorsqu’un peu plus tard , le Gal. Pajol qui se trouvait fort en arrière par suite de la fausse direction dans laquelle il avait été envoyé la veille, m’eut rendu compte qu’il allait rentrer dans la route que j’avais suivi, Je lui donnai ordre de
sé porter au village de Limale, et du côté du canon qu’on entendait.
En possession d’une partie de Wavres, nous avions en face de nous, sur la rive opposée de Ja Dyle, une armée Prussienne , dont il était difficile , à raison de la nature du terrein : d'évaluer la force, Elle couronnait les hauteurs qui dominent Wavres, occupait le village de Bielge, et le moulin de ce nom placé au pied, et se prolongeait dans la direction du village de Limelette.. Il s’était ouvert d’une des rives de la rivière à l’autre , une forte canonade entre Fartillerie du Gal. Vendame, et les batteries ennemies, et notre infanterie fusillait vivement Pinfanterie Prussienne , sans franchir la rivière, dont le passage était défendu par le feu partant des maisons sur la rive occupée par l’ennemie, et par un grand nombre de bouches à feu, La tête de la colonne du Gal. Gérard arrivant sur ces entrefaites cut ordre d’attaquer le moulin de Bielge , et de passer la Dyle sur ce point, La cavalerie du Gal. Excelpans était sur le bas Wavres , et celle du Gal. Pajol avait éte dirigée ainsi que je l’ai déjà dit, sur le village de Limale , afin de me mettre en communication avec Napoléon , et de couper la retraite des Prussiens , s’ils se retiraient sur Bruxelles, quand
( je les aurais chassé de la position de Wavres. Le Gal. Pajol se serait trouvé ‘avant eux sur cette route + et les eût fortement géné dans leurs mouvemens. L'attaque du moulin de Bielge faite mollement ne réussit pas, et je me disposais à la renouveler , lorsqu'un officier envoyé par Napoléon me res mit vers les quatre heures , une dépêche du Major Gal, (Mal. Soult, ) dont voici la teneur : « Du champ de bataille de Water “ lo, le 18, à une heure après midi. Monsieur le Maréchal . ‘ vous avez écrit ce matin à deux heures, à V Empereur que ‘ vous marcheriez sur Sartavalin. Donc votre projet était de “ vous porter à Corbaix ou à Wavres. Ce mouvement est ‘ conforme aux dispositions de Sa Majesté , qui vous ont été ‘ communiquées. Cependant PEmpereur m’ordonne de vous ‘< dire, que vous devez toujours manœuvrer dans notre direction, c’est à vous à voir le point où nous sommes ; pour vous régler en conséquence , et pour lier nos communications » Ainsi que pour être toujours en mesure pour tomber sur quelques troupes ennemies qui chercheraient à inquièter notre droite, et les écraser. En ce moment la bataille est gagnée sur ‘ la ligne de Waterloo. Le centre de l’ennemi est à Mont-St- ‘ Jean, ainsi manœuvrez pour joindre notre droite.
‘Signé Le Duc ne DarMarire.”
‘“ P. S. Une lettre qui vient d’être interceptée porte, que le Gal. Bulow, doit attaquer notre flanc : nous croyons apper- ‘ cevoir ce corps sur les hauteurs de St. Lambert : ainsi ‘ ne perdez pas un instant pour vous rapprocher de nous ,
et nous joindre , pour écraser Bulow, que vous prendrez en ‘ flagrant délit, ”
Au moment de la reception de cette lettre, toutes les troupes que j’avais avec moi étaient engagées ; le corps du Gal. Vendame enfourné dans la partie de Wavres dont nous étions maitres, et n’ayant pas débouché ; ne pouvait être porté sur d’autres points, sans que l’on courût la chance que lPeénnemi ne repassät la rivière à sa suite et conséquemment n’empêchät , ou tout au moins ne retardàât son mouvement. Il en était de
même de celles des troupes du G:2l. Gérard qui attaquaient le moulin de Bielge : mais environ la moitie de son corps n’était point encore arrivée devant Wavres., Il était parti trop tard et décousu de Gembloux, la desorganisation partielle et limpression facheuse que lui avait fait éprouver la desértion à lennemi du Gal. Bourmont, et de quelqnes autres olliciers rendant ses mouvemens lents et sans précisions. Toutefois ce retard devenait heureux, puisque à quelque point de Ia route que pussent se trouver ces troupes , elles étaient plus près de St. Lambert que celles qui se battaient à w avres. Je crus devoir utiliser cette circonstance, en les dirigeant directement sur St. Lambert, et Waterloo, sans les Jaisser arriver à Wavres. Accompagne du Gal Gérard, je me portai à leur rencontre, Jjusques à une maisonnette, nommée la Baraque où j’espérais qu’elles seraient rendues en même tems que moi. Au lieu de cela, elles se firent long-tems attendre, et quand elles arrivèrent le manque de guides, la dificulté de découvrir les chemins, divers pretextes, et le peu d’empressement du
Aa aura | CAPES si à à r à où yo 2 C1 4 r 26 ’ general Gérard à exécuter mes ordres ralentirent ce mouve-
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ment qui, quoique bien trop tardif alors, pour pouvoir être dune con NbISte utilité, te peut-être contribue, s’il fait rapidement, à rendre Ja dernière attaque des Prussiens, à Waterloo, et la poursuite de larmée Française, moins decisives. De ma Pere je retournai à Wavres espérant que le Gal. Vendame aurait passé la Dyle, enfoncé l'ennemi et que je pourrais aussi diriger, par ln rive gaurhe, la plus grande partie de ses troupes vers St Lambert. Je trouvai les choses dans le même etat ; une canonade et une fusillade sans resultats, continuaient Fu rive à l’autre ; indigne, je me precipitai à-bas de cheval pour conduire moi-même une nouvelle att: aque au moulin de Bielge. Le Gal. Gérard fut alors blessé d’une balle dans la poitrine, et ce mouvement n’eut pas de succès. Voyant qu’on ne réussissait :
rien, nià Wavres ni à Bielge , et voulant , à tout prix, joindre Napoléon, jeme determinai alors quelqu’inconvénient qu’il pût y avoir à ne laisser que le corps du Gal. Vendame et la cavalerie
( 19 ) Æxcelmans devant une armée dont Îa force ne m'était qu’impar faitement connue , à faire filer celles des troupes du Gal Geérard que j’avais sur ce point, parallélement à la Dyle, vers Limelette , afin de les réunir à la portion qui avait eu ordre de s’y rendre de la Baraque, et de marcher avec la totalité de ce corps vers St. Lambert. Malheureusement la rive droite de la Dyle est accidentée , coupée de ruisseaux et de ravins profonds et la communication usitee entre Wavres et St. Lambert, est par la rive gauche , de sorte que le mouvement de ces troupes , demanda beaucoup de tems. Cependant la cavalerie du Gal. Pajol et une division d'infanterie franchirent la Dyle et à la nuit nous étions maîtres des hauteurs de lautre côté de Ia rivière: mais les Prussiens que nous en avions chassé avaient repris position à une portée de canon en arrière. Le chemin qui conduit du vallon où coule la Dyle au plateau qui domine les villages de Limale et Limelette , est roide et escarpé: lobscurité de la nuit en rendait la montée lente et dificile: l’encombrement y était extrême, le terrein manquait pour se développer sur la hauteur, et la proximité de Fennemi était telle que ses balles atteignaient la tête du défilé. Sentant tout le danger d’une telle position, je restai jusques à près de minuit sur ce point, occupé à faire les dispositions convenables et à placer moi-même, les soldats à mesure qu’ils gagnaient la partie du plateau dont nous nous étions emparé. La cavalerie du Gal-Pajol qui avait aussi passé la Dyle était sur la gauche ayant la rivière à dos, et sa situation était aussi mau- ” vaise que celle de l'infanterie et de Partillerie, Les Prussiens continuaient à occuper Bielge et se liaient par les bois, avec les troupes que javais en face de moi: il est probable que s’ils nous eussent vigoureusement ré-attaqué nous euséions été rejetes avec perte, de l’autre côte de la Dyle,
1 m’importait autant d’enfoncer l’ennemi sur ce point, qu’il me tardait d'opérer ma jonction avec Napoléon, dont Je n'étais pas inquiet, la lettre du Major général me fesant croire la bataille gagnée par nous, à Waterloo
2" © L 3 mais dont je commençais à m’étonner de n’avoir plus J "2 à
aucunes nouvelles, malgré l'envoi de trois de mes officiers, et de plusieurs partis. J'emploiai la majeure partie de la nuit à tout pure pour une ue au point du jour : cependant quoique J'eusse pu faire, javais peu de troupes et de moyens réunis , quand Paube parut : l’ennemi m’évita la peine de l’aller chercher et s’avança pour me combattre : je le repoussai et fis à mon tour attaquer et tourner le village de Bielge par la -division Teste. Ce mouvement força les Prussiens à l’évacuer, ainsi que la partie de Wavres qu’ils occupaient. Le Gal Vendame passa alors la Dyle sans obstacle: nous poursuivimes l'ennemi jusques à Roziernes, et on se persuadait que Napoléon, victorieux la veille, était cer maitre de Bruxelles , Ces illusions ne tardèrent pas à s’évanouir, Vers les onze heures, un officier envoyé ke ie Major général annonça les désastres de Waterloo. Son rapport n’était que verbal; ïl iguorait sur quels points s’était retiré Napoléon : et n’était porteur d’aucun ort mA 1 ii indiquât ceux sur lesquels je devais me diriger. Toutefois les détails qu’il donnait etaient si circonstanciés qu’il devenait impossible de revoquer en doute Îa fatalité des évenemens de la veille. Ma première pensée fut de marcher sur les derrières de l’armée ennemie: mais ayant trop peu de monde pourun tel mouvement dans lequel j’eusse bientôt été suivi par les
Prussiens que de avais en face de moi, je me déterminai à me
bord * Ja Meuse, et à prendre ensuite le parti orim pre que je recucillerais me feraient juger le plus utile.
)pérai mon mouvement sur deux colonnes , ] les direct:
dans les directi
ns de T'emploux et de Namur, ayant ma cavalerie légère à Marc-St-Denis, et mes dr: gons sur Ja droite. L’ennemi qui fuiait devant nous, ne nous inquiéta pas pendant la journée du 19, mais le 20 au matin, il attaqua simultanément les queues wi deux colonnes : celle de gauche que le Gal Vendame s’éta t permis de quitter pour prendre les devants et se rendre de sa personne à Namur, ayant opérée son mouvement rétrogade un peu trop-tôt, compromit pour quelques instans cel
e de droite avec laquelle je marchais, La division Teste que je reportai en avant, diver.