‹ Observations sur la relation de la campagne de 1815, publie?e par le ge?ne?ral Gourgaud; et re?futation de quelques-unes des assertions d'autres e?crits relatifs a? la bataille de WaterlooChapitre 7 sur 17 · RE EE ED TE IE · texte numérisé non relu

RE EE ED TE IE

*Cette circonstance m’a encore été répétée à Philadelphie, par un témoin auriculaire, le Colonel Latapie.

m'attaque avec aussi peu de justesse que de mesure, qu’une discussion calme et raisonnée , et le lar gage de la vérité ne sauraient être entendus de leurs auteurs , dont la plûpart ont unintérêt personnel à proclamer Pinfaillibilité de AN Napoleon , et à ne Sa admettre qu’il aît pu se tromper dans le choix des dispo-

tions, ou des hommes qu’il a adoptée. Puisque d’ailleurs, " n’exista Jamais ni rapports affectueux, ni d’autres liens que ceux dune confraternité forcée, entre moi et ceux de ces hommes du régime Impérial qui dürent leur rapide elevation, à une flexibilité de caractére qui Îles rendaient de précieux instrumens pour le despotisme, et dont l’étonnante fortune fut le résultat de leur soudaine aptitude à confondre la patrie et le chef du gouvernement, et à croire servir lune, en se dévoüant aveuglement , aux passions, ef aux vues ambiicuses de l’autre, assurément je ne devais attendre d’eux, ni impartialité, ni justice, aux rives étrangères où m’ont poussé les orages qu’ils ont fait éclater sur la France, par Paveuglement, et les fatales déterminations dans lesquelles de pernicieux conseils, et un culte idolâtre, ont entrainé son dernier chef. Mais, sileur inimitié dont je fus si souvent l’objet dans ma patrie, m’y servit de titres à l’estime publique, elle n’a pas lus le droit de m’affecter aux Etats-Unis , que n’ont le pouvoir de m'atteindre les attaques de ces individus qui se persuadent que lauréole de gloire d’un grand-homme, en les éclairant un moment, les a transformé en d’irrecusables autorités, et ne voyent pas qu’un éclat d'emprunt qui ne se refléchit sur aucuns faits-d’armes connus, sur aucuns services

papa

éminens , ne sert qu’a mieux faire ressortir la présomptueuse impéritie des jugemens qu’ils prononcent. Je dédaïgnerais donc de m’occupér d’écrits presque tous émânés de pareilles sources , il + EG de prémunir contre leurs imputations, car quoique basées sur des faits, des calculs et des raisonnemens faux NO pourraient paraître spécieuses à raison de la peride adresse onu de l’extrême assurance avec laquelle elles sont présentées. J’habite d’ailleurs un pays où, depuis trois ans j’ai reçu tant de marques d'intérêt que j’éprouve le bésoin de légitimer honorable bienveillance dont j’ai été l’objet, ep justifiant

(as) aux yeux des citoyens de ma patrie adoptive de tous les actes d’une vie qui, consacrée pendant vingt cinq ans au service du pays qui m’a vu naître, n’a pu échapper en des tems de dissentions civiles, ni aux préventions haineuses des uns, ni à la jalouse malveillance des autres. Quand en outre la fortune ne sourit plus aux entreprises dans lesquelles vous êtes engage, de toute-part le blâme vient vous assaillir. ‘Foute-fois pour qu’il soit mérite, il faudrait avoir brigué les emplois qui vous ont été confiés, vous être offert aux événemens comme doué de talens qui commandent les succès , et avoir méconnu la religion de vos devoirs : mais si loin de solliciter aucunes fonctions, on s’est plus d’une-fois , refusé à occuper les postes élevés qui vous étaient assignés ( * ), si prodigue de son sang pour la défense de son pays, on a fait tout ce qui etait en soi pour le bien servir, si toutes les actions de sa vie ont été basées sur des motifs désintéressés et patriotiques , on se doit de dissiper les nuages dont on cherche à obscurcir une carrière, si-non brillante, et heureuse , du moins honorable et pure. (f)

Dans la critique d’un écrit explicatif de quelques-unes des eauses de la perte de la bataille de Waterloo, publié aux Etats- Unis, on se plaint de voir justifier ma conduite le jour de cette bataille, conduite qui n’a ete, dit on, que légèrement blâmée, tandis qu’on garde le silence sur celle antérieure, qui Pest, Pa éte, etle sera toujours, universellement, unanimement, dc.

Il suffirait, pour démentir cette prétendu unanimite de citer les titres de nombre de relations Anglaises, Françaises et Allemandes que j’ai sous les yeux , et qui ne renferment aucune

* En 1795, j'ai refusé le commandement en chef de l’armée des côtes de Brest, avant la campagne de Leipsick, celui de la cavalerie, et en 1814, l’armée qui devaitse rassembler en Piémont.

(FT) Ayant à repousser dans la suite de cet écrit, les attaques de quelques personnes qui ont emploié des argumens à-peu-près semblables, il est bien difficile que la patience du public ne soit pas fatiguée par les fréquentes répétitions qu’il m’est impossible d’éviter. J’ose cependant la réclamer, dans la persuasion que le désir de connaître toute la vérité relativement à des événemens décris jusques-à-présent par des écrivains plus ou moins igtéressés à en taire les réels mobiles , et sur lesquels deux des principaux co-opérateurs n’ont point été entendus, les encouragera à en poursuivre la lecture.

chargé contre moi, Quand au prétendu blâme que j'aurais mérité antérieurement au 18 Juin. je ne saurais croire qu’on

essaie d’en déverser sur mes Operations le 15 et le 16: Le

succès du combat près Charleroy et de la bataille de Ligny ,

auxquels la cavalerie que je commandais en chef a eu quelque part, repousse Cette pensée. (C’est donc ma conduite | 17 Juin qu’on censure. Mais en quoi est- elle répréhensible

Est-ce de n’avoir donné qu’à midi des ordres de mouvement ,

aux Gaux. Vendame et Gérard ? Ona déjà vu que Napoléon

ne m'en donna lui-même, qu’à cette heure : immédiatement

te après les avoir recu , je les ai transmis. Est-ce de ce que les troupes ne se sont ébranlées que deux ou trois heures après ? Ayant prescrit qu’on se mît en marche , aussitôt qu’il m’a été enjoint de poursuivre les Prussiens et ayant fait usage de tous les moyens en mon pouvoir pour stimuler et faire agir les géné- , r'aux employés sous moi, je ne suis pas plus coupable de leur lenteur le 17, que Napoléon ne Pest de l'arrivée du Gal. Vendame, à Charleroy quatre heures trop tard le 15 et de celle du Gal. Gérard sur le champ de bataille de Fleurus le 16 à midi, au lieu d’y étre rendu à huit heures du matin. Puisque d’ailleurs les calomnics dont je suis l’objet me forcent à ne taire aucunes vérités je dirai que des heures s’écoulèrent avant que je pusse arracher le Gal. Gérard de son quartier genéral de Ligny le 17, qw’il partit trop tard le 18 de Gembloux, ne conduisit point lui même Pattaque du moulin de Bielge, mit peu de zéle à faire executer le mouvement qui avait pour objet de porter ses troupes de la Baraque sur St. Lambert : et montra autant d’apathie, que de répugnance à exécuter les dispositions que je croyais devoir prescrire J’ai non moins à me plaindre du Gal Vendame dont le peu de volonté à me seconder se manifesta dés le 15 au soir, lorsqu’ayant avec ma cavalerie repousse le corps du Gal. Ziethen jusque sous Fleurus, et voulant chasser les Prussiens de cette ville par un mouvement combiné de ses troupes, et des iniennes, il me refusa de co-opérer avec son Corps à cette attaque qui n’eut pas lieu attendu qu’il fut trop tard pour l’exécuter quand les ordres de Napoléon que, j’avais fait prier d’en donner au Gal.

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endame arrivèrent. Le 17 l’Empereur dès qu'il fut sur le champ de bataille l’envoia chercher, mais inutilement, et quand J'eus vers les midi des ordres à lui transmettre , un tems precieux se perdit avaut qu'on parvint à le découvrir, Sa conduite devant Wavres, ne m’affecta pas moins que la lenteur des troupes à 5e mettre en marche. Au lieu d'attaquer vigoureusesment lennemi et de passer de vive force la Dryle, il se borna à faire canoner et fusiller d’une des rives de la rivière à l’autre. Enfin le mécontentement manifeste qu’a-

vait fait naître dans cel officier général , aussi bien que dans le

Gal Gérard, leur mutuelle jalousie du commandement qui m’é6tait confié, la tardive et incomplète obéissance de l’un et de l’autre, et leurs prétentions que ne purent désarmer une inaltèrable patience et des ménagemens sans bornes , si peu appréciés qu’ils les ont transformés depuis en faiblesse, m’abreuvèrent d’amertume et de dégoûts, et nuisirent essentiellement au succès de mes opérations. |

On m’improuve de m'être porté sur Gembloux, et cependant c’est par cette route que s’était retiré le Mal. Blucher, que Napoléon m’ordonnait de poursuivre, sans me prescrire ainsi que voudrait le faire croire le Combattant de Waterloo signataire de l’écrit dont je m’occupe, de couvrir le flanc droit de l’armée en prenant une position, où en marchant parallélement à elle. Un tel ordre eut été absurde , au moment où on 5e portait en avant sans savoir si les Anglais recevraient la bataille, où elle aurait lieu, et sur quels points marchaïent les Prussiens, car on ne peut à-la-fois prendre une position, couvrir le flanc d’une armée et en poursuivre une autre. Supposant cependant pour un instant, que Napoléon l’ait donné, pourquoi ne Paurais-je pas exécuté cet ordre si come mode pour un homme qu’on accuse d’indecision et de manque d'énergie militaire ? Quels motifs m’eussont porté à préferer de m’attacher à la piste du Mal. Blucher, et à courir les chances d’an combat inégal? Enfin comme on croyait le matin du 17, l’armée Prussienne en retraite sur Namur, c’est dans Ja direction de cette ville que je me suis d’abord porté: elle était à peu-près opposée. à celle que prenait D

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Napoléon, et avant de me séparer de lui, je Pai pré. venu que j'allais la suivre. Si alors sa pensée, ou ses orüres eussent été que J'en prisse une differente, et paralléle à Ia sienne, certes il m’eut fait quitter celle dans laquelle j’annonçais devoir me diriger.

Suis-je coupable de ce que mon infanterie n’est arrivée à Gembloux qu’a la nuit ? mais puisque je n’ai pu la faire partir des plaines de Fleurus avant trois heures, et qu’elle a marché, sans s'arrêter du champ de bataille de Ligny jusques à Gembloux , sa tardive arrivée sur ce point ne saurait m'être imputée : les généraux sous moi en sont seuls responsables.

M'inculpe-t-on parce que cette infanterie n’a pas dépasse Gembloux le 17? La tête de la colonne m'y est arrivée qu'à la nuit, et les derniers bataillons y étaient à peine rendus à dix heures du soir : l’obscurité etait telle qu’on ne pouvait rien distinguer { vovez l'ouvrage du Gei. Gourgaud )et là pluie qui tombait par torrens, avait rendu les chemins presques impra-

. ticables ; je n’avais d’ailleurs alors aucune donnée positive

quant aux points sur lesquels avait été dirigée la marche en retraite de la masse de l’armée Prussienne, Il n’y avait donc pas moyen que je portasse immédiatement cette infanterie plus loin, La nuit, le tems et l’appréhension de FPembarquer dans une direction fausse, le rendaient impossible,

Mais répête sans cesse, ce Combattant de Waterloo, pourquoi le Mal. Grouchy, ne publie-t-il pas textuellement les ordres qu’il a reçu ? La raison en est simple. C’est qu'ils ne furent transmis que verbalement. Ceux qui ont servi sous Napoléon, savent que rarement il les donnait par écrit, et au moment où il commencait à s’appercevoir de la perte d’un tems précieux, (la matinée du 17 , )moins que jamais il eut la pensée de faire minuter des instructions. Il est commode ct facile je le sais, de rejeter sur la non compréhension d'ordres verbaux les mouvemens faux qui ont été le résultat de leur exécution fidèle, et de bazer des accusations utiles à ses vues, sur des instructions imaginaires.

Gr.)

Mais si les diverses dispositions dont, se composent ces or-

dres supposés , ne sont point en harmonie entre-elles, et emportent contradiction, on est à même de juger du degré de foi que mérite la teneur qu’on leur prête aujourd’hui, Le Gal Gour-

gaud n’etablit, au reste, nulle part, qu’ils aient été don-nés par écrit, et s’il était d’un réel intérêt de montrer qu'ils ne furent que verbaux, j’en trouverais si-non une preuve ,

du moins une forte indication daus la lettre du Major Gal. (Mal. Soult), rapportée page 15 ; en parlant de ma marche sur Sartavalin, il s’exprime en ces termes, ‘6 Ce mouvement s< est conforme aux dispositions qui vous ont été communiquées.” M n'eut pas manqué de dire aux instructions ou aux ordres que je vous ai transmis et dont vous êtes porteur, si j’en eusse reçu d’autres que de verbaux.

Ce Combattant de Waterloo , si bien informé de ce qui se passait à Gembloux , et a Wavres où il n’était point , reproche à l’auteur de Pécrit qu’il attaque, d’avoir avancé que l’armée sous mes ordres, se composait de trente et quelques mille hommes ; il affirme que j'étais a la tête de quarante-cinq mille, dont dix mille de cavalerie, et prétend que Parmée Prussienne a ête représentée dans le morceau qu’il réfute , comme double de ce qu’elle était réellement : que sa force, au lieu d’être de quatre-vingt-dix mille hommes, nombre approximatif auquel elle y a ête portée, n’était que de cinquante-cinq mille hommes : qu’il ne peut admettre ce calcul de quatre-vingt-dix mille, parce qu’il est inexact, et n’a été admis par aucuns des auteurs qui ont publié des rélations de la bataille de Waterloo, qu’il ait lu ,ou dont ii ait entendu parler.

De telles assertions montrent à quel point la passion peut faire errer dans les calculs, et rendre fautifs les souvenirs les plus récens. L’état de situation de mon armée, rapporté page 7 de cet écrit, tiré de documens ofliciels que je possède maintenañt, ct qui sont semblables à ceux dont s’appuie le Gal. Gourgaud, constate qu’elle ne s’élevait le 17 Juin, qu’à trente-deux mille hommes, dont quatre mille huit cent soixante et dix de cavalerie. Si la mémoire de ce Combattant de Waterloo, eût été

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plus heureuse , il se serait rappelé de cette phrase du bulletin officicl Français de la bataille de Ligny : « ennemi montra qua-

tre-vingt, à quatre-vingt-dix mille hommes ; ?? et il n'eut point oublié quele Mal. Blucher, ainsi que le Duc de Wellington Ctablissent dans leurs rapports que l’armée Prüssienne formée de quatre corps , ne combattit à Ligny ,. qu’avec trois, dont le total s’élevait a quatre-vingt mille hommes, et que le quatrième fort de trente mille, ct commandé par le Gal Bulow ne rejoignit l’armée que le lendemain de Paffaire : les pertes des

Prussiens Le 16, sont évaluées dans la rélation oMcielle Francaise

insérée au Moniteur en Juin 1815, à quinze mille hommes, et dans les relations Ailemandes., et Anglaises, à beaucoup moins, où il résulte qu'après avoir rallié le corps du Gal Bulow, et concentré son armee aux environs de Wavres, le Mal. Blucherse trouvait à la tête d'environ cent mille combattans. L'évaluation des forces Prussiennes contre lesquelles j’avais à agir, et qu’on attaque pour avoir été portée à quatre-vingt-dix mille hommes , était donc au-dessous de la réalité,

Certainement il est vrai de dire que la victoire serait demeurée à Pré Française si les Prussicns n’eussent pas pris part à Ja bataille de Waterloo: mais pour me mettre à même de les en empêcher, il eut fallu, ainsi que je lai déjà fait voir, que Napoléon préjugeant leur plan, lançat mes trente-deux mille hemmes à leur poursuite le 17 au point du j qi , Ctqu'il wattendit pas pour prendre un parti, fa rentrée d’une reconnaissance envoyée dans fa matinée aux Quatrc-Bras dont eile n’est revenue qu'à midi, tandis que si cile y eût été dirigée pendant la nuit, son rapport ‘aurait éte reçu au lever du soleil, etle plan d'opérations adopté en conséquence, CÙt pu étre mis à exécution sept à huit heures us tôt : J'aurais alors été en mesure de retarder la retraite du ial. Bluc her, qui ne at it l'être par le Gal. Pajol, envoyé dans une fausse diroction, (celle de Namur,) avec onze cents et quelques hussards ct une faible division d'infanteriez j’eusse contrecarre Îe général en chef Prussien dans l’accomplissement de ses projets ; il n'eut pas eu le tems de prendre avantage

24) A CS Re d'une position fotte ct étudiée

forte 2, ©ct n'aurait probablement

pas ose détacher dès le point du jour le 18, de Wavres sur Waterloo deux de ses corps: s’il l’eût fait, lorsque la force de mes troupes lui-aurait été connue, c’eût été trop tard, pour qu’avant leur arrivée sur le ‘flanc et la ligne dopération de l’armée Française le sort de la bataille n’eût été décidé en notre faveur. Mais quand Napoléon n'ordonnait le 17 à midi, de poursuivre Pennemi, et que par suite des lenteurs des généraux .Sous mes ordres, leurs troupes ne s’ébranlaient des plaines de Fleurus que le 17 à près de trois heures de laprès midi, l’armée Prussienne était réunie près de Wavres. Lorsque j’arrivais à Wavres, entre une et deux heures le 18, les colonnes Prussiennes étaient déjà sur les hauteurs de St. Lambert, et en vue des armées qui combattaient à Waterloo. Toutefois si lheure tardive de l'arrivée de mes troupes à Gembloux, et le tems, plus que mon peu de données sur les mouvemens réels des Prussiens m'ont empêché pendant a nuit du 17, de porter mon infanterie au-de-là de cette ville, le 18 au lever du soleil, elle était dejà en mouvement, se dirigeant sur Sartavalin et Wavres où, la tête de la colonne n’a pu parvenir qu’entre une et deux heures quoiqu’elle ne se soit pas arrêtée un instant pendant sa marché. Avancer qu’alors j'étais à tems de paraliser par un mouvement de flanc, que ma proximité de l’ennemi ne me permettait plus de faire, l’attaque de Gal Bulow sur l'aile droite des Français près de Waterloo, c’est méconnaître la position de l’armée Prussienne qui se trouvait en échelons entre Napoléon et moi; ct ne compter pour rien les distances, l’état des chemins, et la nature Gu pays : c’est oublier que ceux des corps Prussiens qui décidèrent le sort de Ia bataille, s’étaient ébranlés de Wavres dès Ile point du jour, et furent en marche depuis quatre heures du matin jusques à une heure après midi, avant d’atteindre la tête du défilé de St. Lambert. { voyez le rapport du Mal. Blucher.,) Ainsi donc, à moins que je m’eusse eu Îa faculté de donner des ailes à mes soldats, il était impossible qu’ils arrivassent à tems utile à Waterloa.

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Tenir en échec, ainsi qu’on établit que j'aurais dû le faire avec un corps de trente-deux mille hommes , une armée forte de quatre-vingt-quinze mille, était une tâche fort difficile ,-et on émet une opinion erronée en avanñçant que j'aurais pu la remplir; car pour paraliser les mouvemens de son ennemi en pays ouvert, il ne faut pas en être à plusieurs lieues. Le 17 au soir, mes troupes étaient à pcine rendues à Gembloux. Le 17, dans la soirée, le Mal. Blucher avait toute son armée, à l’exception d’une arrière garde , réunie près Wavres. Le 18 au lever du soleil, le Mal. Blucher détachait de Wavres une portion de ses troupes à leffet d’opérer sa jonction avec le Duc de Wellington : le 18 au lever du soleil, j'étais à sept heures de marche de là. Comment pouvais-je empécher ce détachement et prévenir cette jonction ?

On ne saurait dire avec plus de justesse, que ce soit moi que le Mal. Blucher ait trompé, et qu’il m'’ait dérobé le mouvement d’une partie de son armée, attendu que Je ne Commandais pas en chef, et que je n’étais pas en position devant fui lorsqu'il a commencé son mouvement vers la gauche de l’armée Anglaise à dessein de tourner la droite des Français à Waterloo, que mes troupes étaient à une grande distance quand cette disposition s’est exécutée, et que je nai pu atteindre Parrière garde des Frussiens, que le 18 vers les midi, à environ unc lieue et demie de Wavres, qu’avaient occupé pendant la nuit, ceux des corps ennemis qui effectuèrent au point du jour le mouvement en question. La vérité est, que profitant de Ia faute que nous avons commis de ne prendre, aussitôt après Îa bataille de Ligny , aucunes des mesures propres à retarder la retraite des Prussiens et à découvrir la direction qu’ils suivaient, le Mal Blucher a su tirer tout le parti possible de sa supériorité numérique, du répit que Jui a laissé le généralissime Français durant Ja matinée du 17, enfin de Fheure tardive de Îa bataille de Waterloo, que Napoléon avait dessein de commencer dès six heures du matin, mais

‘ex Ta qu'il a été oblige de différer jusques à midi, attendu qu’il n’avait de munitions que pour huit heures de combat.

En réponse au grief allégué contre moi, par le Combattant de Waterloo , que “Pattaque de Wavres, par le 1 6 Gal. Vendame aurait reussi, si elle eut été soutenue comme s elle devait l'être.” Je demanderai au gens du métier, comment on pouvait plus efficacement l’appuier que par l’attaque simultance du Moulin de Bielge, des démonstrations au-dessous ! de Wavres, et un passage de Ja Dyle au village de Limale. Je Li laisserai au même écrivain à expliquer pourquoi le Gal. Ven- ! dame qui, en tant de circonstances a développé vigueur et ! talens militaires, qu’on peut supposer avoir été aussi désireux 7 qu’un autre, d’arriver le premier a Bruxelles, et auquel j’avais donné la plus complète latitude quant aux dispositions particulières d'attaque, n’a pas culbutté les dix à douze mille Prussiens, qu’il affirme , dans cet écrit avoir été les seules troupes laissées par le Mal Blucher devant moi.

Mais c’est m’occuper trop long-tems de bien faibles attaques, et j’aime mieux repousser celles d’un écrivain militaire qui, dans des considérations sur Part de la guerre, établit, ( page 336, ) «° Que les commandañs des corps d’armées ne doivent pas attendre les ordres du généralissime 6 pour marcher au secours de leurs voisins ; que dès qu’ils ‘ entendent une canonade un peu vive, sur la colonne prin- ‘ cipale, ils doivent se diriger vers ce bruit, afin de prendre | ‘6 part au combat qu’il annonce, sans perdre un tems pré- | | ‘ cieux et souvent irréparable, à attendre des ordres qui ni: ‘ peuvent être retardés par divers accidens...….. que la trop ! | ‘ célèbre campagne de Waterloo est un exemple mémorable | “ des revers que peut causer l’oubli de ces principes. dc. ” | Si l’on admettait leur justesse, il s’ensuivrait que , lorsque jentendis tirer le canon vers Waterloo, j'aurais dü quitter la poursuite du Mal Blucher, dont je venais d’atteindre l'arrière garde, pour me porter immédiatement dece côté. Mon opinion est différente, et je ne sau- | rais croire qu’il appartienne a un général subordonné de

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probabilités recevaient

je fusse à

conduite du

fa bataille battre l'armée Prussienne trouvais alors placé,

conformement aux manière de voir se fortifiait d’ailleurs à mes yeux, par Pimprobation qu'avait témoigné devant moi Napoléon , de Ia Je l'avais entendu le blämer d’avoir suspendu le mouvement de ses troupes le 15, au bruit de la canonade qui avait lieu entre Gilly et Fleurus , d’avoir fait faire halte aux corps du Gal. Reille entre Grosselies et Frasnes, et d’avoir envoyé une division vers Fleurus où l’on se battait, au lieu de s’en tenir à l’exécution pure et simple de ses ordres, qui lui prescrivaient de se porter aux Quatre-Bras. (Cette improbation est également mentionnée dans l'ouvrage du Gal. Gourgaud, page 50.) D'où il résulte que le Mal. Ney est blämé pour ne s’en être pas tenu à la littérale exécution de ses ordres, pour avoir arrêté son mouvement, et porté une portion de .ses troupes vers la canonade qu’il entendait sur sa droite, et que je suis censuré pour avoir dans des cir-

avec son

m’étaient faits,

que

s’écarter des ordres qu’il a reçu du chef suprême, quand les circonstances qui les demment changées.

ont

Napoléon

motivé

tous les

le secret lui-même

en

ne sont point evi- Mes ordres étaient de poursuivre le Mal Blucher, de ne point le perdre de vue, de Pattaquer quand je Paurais joint. Je venais de Patteindre, j'étais’ arrière garde, me barrer le chemin de Wavres, où, d’après tous les raprenseignemens que pPavais pu recueillir, je devais croire lParmée Prassienne réunie; je n'étais point dans de Waterloo

position pour

de a bataille n’avait pas de-

m'avait détaché : enfin les considérations qui

et opinion

de

méme

Mal. Ney.

de queue de Je crois de 1]

les

avaient déterminé l'envoi de mon armée à la poursuite

- des Prussiens ne perdaïent rien de leur force d’une canonade qui pouvait n’être que le résultat d’une affaire d’arrière garde à laquelle on s’attendait et qui avait lieu à une distance de plusieurs fieues. D’ailleurs si, contre toutes les prévalante, ce côte-ci en était opérer la seule diversion que d’effectuer.

règles de l'art

par le bruit

Anglo-Belges Bruxelles, comlaquelle je me

donc avoir agi a guerre. Cette

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constances semblables à celles dans lesquelles il se trouvait, agi d’une manière contraire : c’est-à-dire pour ne m’être pas porté avec tout ou partie de mon corps, au point où une canonade avait lieu sur ma gauche, et pour avoir religieusement exécut mes ordres qui me prescrivaient de poursuivre les Prussiens , d’attaquer leur arrière garde et de toujours me tenir si près d’eux que je ne les perdisse jamais de vue.

Quelque disposé que je sois à rendre justice aux opinions militaires du Gal Rogniat, quoiqu'il les énonce: de Ia manière la plus deésobligeante pour moi, je ne saurais les regarder comme décisives, lorsqu’elles sont en opposition avec celles d’un des plus grands capitaines de ce siècle , et alors que j'ai agi le 18 Juin conformement aux principes qu’il consacrait lui-même le 17. Quant au reproche d’être reste à Wavres , “dans une stupide immobilité ,’et à l’assertion mise en avant 5 que l’aile droite de l’armée est démeurée inactive et indécise, tandis qu’un mouvement rapide eût empêché les Prussiens de se réunir aux Anglais, ” elles offrent seulement la preuve de l'étonnante légèreté avec laquelle le Gal. Rogniat s’est permi d’écrire et de juger des opérations sur lesquelles il n’avait que des notions incomplètes ou des documens infidèles.

Enfin si ce n’était m’abaisser que de répondre à ceux qui attribuent la perte de la bataille de Waterloo, à mon manque de fermeté, et de moyens, je leur rappellerais les nombreuses cicatrices, dont je suis couvert, et l’opinion qu’ont bien voulu avoir de moi les divers gouvernemens qui ont regi la France, depuis 1792. Dix-sept blessures reçues au champ d’honneur démentent la première de leurs assertions, et on a la mesure de la seconde, en se rappelant que pendant vingttrois ans j’ai éte constamment investi de commandemens aussi difficiles qu’importans, et qu’on est toujours venu m’arracher, malgré ma répugnance à en sortir, à la modeste retraite , dans laquelle je m’empressais de rentrer dès que les circonstances pouvaient le permettre.

Obligé de terminer cet Fi par diverses réflexions cri-

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