SOCIÉTÉ BOTANIQUE I)E FRANCE
Le premier formait un petit arbusie rameux, ramassé, chargé d’un assez grand nombre de feuilles de grandeur moyenne ou même un peu petites. Dans la nuit du 17-18 août, qui a été sèche, chaude et sans rosée (tempér.
minimum = 16°), cet arbuste, placé sous une grande vitre suspendue horizontalement au-dessus de lui, a perdu 2e r ,2, entre 8 heures du soir et 6 heures du lendemain matin (1539* r ,0 à 1536 gr ,8). Cette déperdition est la plus forte que j’aie constatée pour lui ; en effet, placé de même pendant les nuits des 26-27, 27-28 du même mois (tempér. minimum = 15°,4 et 15°,2), il n’a perdu que l 8r ,6 et l gr ,8 (1622* r ,8 à 1621 er ,2 pour la première nuit, 1598 8 ‘,0 à 1596 s ‘,2 pour la seconde). Pour donner un terme de comparaison, je dirai que, dans la journée du 27 août, qui a été belle, calme et pendant laquelle un thermomètre à réservoir nu marquait au soleil 28 degrés dès 9 heures du matin, la même plante a perdu 37 grammes, entre 6 heures du matin et 7 heures et demie du soir, placée en plein air de manière cà recevoir le soleil de 7 heures et demie du matin jusqu’à 3 heures du soir. Ainsi sa transpiration la plus forte, pendant une nuit très chaude et
sèche, n’a pas même été 1/17 de celle qu’elle a subie pendant une belle
journée d’été. Si l’on veut une comparaison entre des époques aussi rapprochées que possible, sa transpiration pendant les deux nuits qui ont précédé et suivi la journée du 27 août n’a été, pour l’une que 1/23, pour l’autre que 1/21 environ de celle qui a eu lieu pendant cette journée.
Les résultats fournis par les deux autres pieds de Veronica Lindleyana concordent avec ceux qu’on vient de voir.
Le second ne portait pas moins de 49 feuilles bien développées, dont ta longueur moyenne était de 6-7 cent., et dont les plus grandes étaient longues de 8-9 cent. Pendant la nuit du 20-21 septembre, qui a été belle et calme, mais fraîche (tempér. minimum 6°,5), et après laquelle dépendant, laissé à découvert au milieu du jardin, il n’a pas présenté de rosée visible, sa transpiration a été de 2® r ,6, entre 8 heures du soir et 6 heures du lendemain matin (1809* r ,6 à 1807* r ,0). Pendant la journée suivante du 21, qui a été belle, mais où le maximum observé au soleil, sur le thermomètre à réservoir nu, n’a été que 22°,5, la même plante a perdu par transpiration 43 gr ,8, de 9 heures du matin à 7 heures du soir. Il est évident que ce nombre se serait élevé au moins à 50 grammes, si une circonstance particulière n’avait pas empêché de commencer l’observation dès 6 heures du matin. Ainsi la transpiration de la nuita été avec celle du jour suivant dans le même rapport que pour le pied n° 1.
Le troisième pied de Veronica lindleyana avait une surface foliaire notablement moindre que celle des deux premiers; il consistait en un jet simple, chargé d’une vingtaine de feuilles bien développées. Aussi, observé pendant les mêmes nuits que le n°l, mais a découvert, a-t-il donné constamment des chiffres plus faibles pour sa transpiration» Ces chiffres ont
SÉANCE DU 18 DÉCEMBHK 1857.
été 1 b',( 5, 1 ,0, l* r ,û pour ces trois nuits du 17-18 août, des 25-26, 27-28
septembre (1842« r ,0 a 18ûÜ*',û; 1877«',0 à 1876*',0; 1868* r ,0 à 1866*',6).
Quant à la transpiration diurne de cet arbuste, pendant la journée du
27 août, qui m’a servi d'exemple pour le pied n° 1, elle a été de 28* r , 2,
entre 6 heures du matin et 7 heures et demie du soir. Ainsi sa transpiration
nocturne moyenne a été un peu au-dessous de 1/21 de cette transpiration diurne.
Je crois qu’il serait difficile de trouver des résultats plus concordants
entre eux que ceux qui ont été donnés par ces trois plantes.
2° reine - marguerite .
J’ai mis en observation deux pieds de Heine-Marguerite rameux et bien feuillés, que j’avais choisis aussi semblables entre eux que possible.
Le n“ 1, placé sous une grande vitre suspendue horizontalement, pen¬
dant la nuit chaude et calme du 25-26 août (tempér. minimum
a subi une transpiration de 3 S ',2 (2181 6 ',8 a 2178*',6), maximum qui n’a jamais été atteint ensuite, a 1 gramme près au moins de différence. Pendant la même nuit, le n° 2, ayant été laissé à découvert au milieu du jardin, et bien que n’ayant pas reçu la moindre rosée, eomme le premier, n’a perdu que 2* r ,2 (2185*',0 à 2182* r ,8) pendant le même espace de temps, ou entre 7 heures du soir et 6 heures du lendemain matin. Quant au n°l, étant resté
à découvert pendant la nuit suivante, 26-27 août, il n’a pas montré de rosée le lendemain matin ; et cependant il n’avait transpiré que 1*",6 (2138 * r ,h à 2136* r ,8). Les résultats ont été ou identiques ou presque identiques pendant quelques autres nuits sans rosée du mois de septembre, pendant lesquelles la plante a été laissée également a découvert au milieu du jardin. Je citerai notamment celles du 18-19 (temper. minimum = 10°,5) et du 21-22 (tempér. minimum = 9 ,0), pendant lesquelles sa transpiration a été
de l s ',8 et 1*',6 (2215*',8 à 221û* r ,0 ; 2221 *',U à 2219« r ,8).
Pour le n° 2, pendant les nuits sans rosée de la même époque qu’il a passées à découvert, sa transpiration a varié de 1*',8 à 2*',6, terme le plus élevé que j’aie observé pour lui.
Le 27 août, eulre 6 heures du matin et 7 heures et demie du soir, mes deux Keines-Marguerites ont été placées à découvert et ont reçu le soleil pendant 7 heures et demie. Le n° 1 a perdu par transpiration 66* r ,6, len° 2, £w* r ,0, résultats remarquables par leur concordance. Si nous cherchons le rapport qui existe entre les transpirations nocturnes et diurnes de ces deux plantes, nous verrons que, la moyenne de la nuit étant de 2* r ,û pour len° 1, de 2* ,2 pour le n° 2, le rapport dont il s’agit est, à fort peu de chose près,
1/20 pour le premier, 1/21 pour le second.
Il est curieux et instructif en même temps de comparer la quantité d eau
que ces plantes ont transpirée pendant la nuit, dans les conditions les plus favorables a cette déperdition, avec le poids de celle qui a pu se condenser