‹ Observations Sur La Transpiration Des Plantes Pendant La NuitChapitre 4 sur 8 · SÉANCE DU 18 DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 18 DÉCEMBRE

dant les nuits sans rosée deviendra beaucoup plus faible encore lorsque la condensation de la vapeur atmosphérique amènera sur les feuilles le dépôt d’une couche de rosée, c’est-à-dire la formation d’un revêtement liquide. Aussi Haies affirmait-il avoir reconnu, dans ses expériences justement célèbres, que, « aussitôt qu’il y avait un tant soit peu de rosée, il ne se faisait plus de transpiration » ( loc . rit.). Je ne sache pas qu’un seul physiologiste ait mis en doute la justesse de cette assertion, et il est admis par tous les auteurs que la moindre formation de rosée sur les feuilles met fin à toute

transpiration de leur part. Cependant, grâce aux appareils et à la méthode dont j’ai fait usage pour mes recherches, j’ai pu reconnaître que ces idées, universellement admises, sont trop absolues et qu’en général la rosée, tout en diminuant la déperdition aqueuse d’autant plus qu’elle se dépose ellemême en plus grande quantité, ne l’anéantit pas entièrement. Voici quelques-uns des faits sur lesquels est basée mon opinion.

Rien n’est plus facile que de prouver que les plantes transpirent pendant la nuit, bien qu’une légère rosée se dépose à leur surface. En effet, toutes les fois que cette rosée produit sur elles l’effet d’une simple buée plus ou moins prononcée, il suffit de les peser de bon matin, encore couvertes de cette faible couche d’humidité, pour trouver un poids total plus ou moins inférieur à celui qu’elles avaient la veille à l'entrée de la nuit. Elles ont donc transpiré; même leur transpiration a été assez marquée pour que la diminution qui en a été la conséquence ne puisse être dissimulée par le poids de l’humidité superficielle qu’elles portent lorsqu’on les met, encore humides de rosée, sur le plateau de la balance. Ce fait est assez général pour que je l’aie constaté dans tous les cas où il y a eu peu de rosée. Je ne crois donc pas nécessaire d’en citer de nombreux exemples, et je me bornerai à en rapporter quelques-uns choisis de manière à montrer en même temps que la déperdition nocturne devient d’autant moindre que la rosée se condenso en plus grande quantité.

Le pied n° 3 de Veronica Lindleyana , dont il a été question plus haut, a transpiré, en moyenne, comme on l’a vu, l 8 ',3 pendant les nuits sans rosée de la fin du mois d’août. Le 28 du même mois, à sept heures du soir, il pesait 1863 s ‘,0, et le lendemain matin, à cinq heures et demie, malgré la présence d’une légère buée sur ses feuilles, j’ai constaté qu’il ne pesait plus que 1862 sr ,2. Il avait ainsi diminué de O 8 ',8. Or, comme j’ai reconnu que cette mince couche de rosée pesait 0 6r ,ô, il résulte de là que la déperdition réelle avait été de l s ',2, c’est-à-dire égale celte fois à celle de certaines nuits sans rosée. Après la nuit du 9-10 septembre, cette plante pesée, à six heures du matin, avec une buée un peu moins légère, n’a montré qu'une diminution de 0 |r ,2 sur le poids qu’elle avait eu la veille, à huit heures du soir. Mais si l’on déduit 0 gr ,6 pour le poids de cette faible rosée, on aura O 8 ',8 pour la diminution totale subie pendant cette nuit.

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