‹ Observations sur le fluide organo-électrique et sur les mouvements électro-métriques des baguettes et des pendulesChapitre 92 sur 121 · SR · texte numérisé non relu

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rapprochement des muscles et des nerfs d’une grenouille, 1l faut qu’elle soit bien vive et promptement préparée ? Il est évident que si cette contraction ne dépendait que de l’hétérogénéité des muscles et des nerfs, cette précaution ne devrait pas être nécessaire. Cependant, d’après Volta et tous les physiciens, elle est reconnue indispensable à l’accomplissement des phénomènes galvaniques. On doit donc admettre dans la contraction musculaire des causes dépendantes de la vie, et reconnaître qu’elle n’a lieu, dans le rapprochement de ces deux substances animales, qu'autant que des fluides contraires, qui leur sont propres, s’y trouvent en présence.

J’admets en principe, comme Volta, qu'un ou plusieurs métaux, mis en contact avec les muscles et les nerfs, suffisent pour donner naïssance aux effets galvaniques ; mais je ne puis admettre que le fluide électrique du métal, seul, puisse les développer. Je ferai observer à ce sujet que, si le contact des métaux suffisait pour déterminer les contractions, les convulsions ne devraient pas s’affaiblir assez promptement après la mort. Cependant il est démontré, qu'après vingt ou trente minutes d’expériences faites sur un même sujet, il ne se produit plus que de légères palpitations dans la fibre musculaire.

Le fluide, développé au point de contact dans

les plaques métalliques, jouit d’une puissance constante et continue , qui ne saurait s’affaiblir par un laps de temps aussi court que celui de vingt ou trente minutes. Le temps ne saurait en rien affaiblir leur puissance électrique, qui ne cesse que lorsque le contact des corps hétérogènes n'existe plus. Les nerfs, vingt-quatre heures après la mort , ne sont généralement pas encore désorganisés ; ces derniers , comme les muscles, peuvent se conserver plus longtemps et cependant, après cet espace de temps, les contractions musculaires sont ordinaiment presque nulles. Ce point de fait prouve évidemment qu’un fluide nécessaire à l’accomplissement des phénomènes galvaniques, abandonne lentement et dans un temps donné plus ou moins long le corps privé de vie. L’action à lieu très puissamment sur l'être animé, surtout s’il ne comprime pas son fluide ; plus elle est rapprochée du moment où il cesse de vivre, plus les convulsions sont vives, plus la mort est ancienne , moins elles sont sensibles , et quelques heures suffisent souvent pour qu'il ne puisse plus se reproduire de mouvements. [1 faut donc déduire et conclure, des expériences galvaniques mêmes, que l’action du contact des corps hétérogènes entre eux , de même que l’action métallique, sont incapables de déter-

miner la contraction musculaire, lorsque les fluides

organiques du corps inanimé l’ont abandonné. En

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effet, si l’action galvanique était due seulement à l'électricité métallique, lorsque le contact a lieu | avec l'organisme , les contractions continueraient In tant que les muscles et les nerfs n'auraient pas ( éprouvé de décomposition, et qu’ils auraient conservé un degré d'humidité suffisant pour communiquer l'électricité qu'ils en reçoivent. Mais l’expérience prouvant qu'il n’en est pas ainsi, 1l faut en chercher la cause dans l’organisme et l'attribuer aux différents fluides qui s’y trouvent développés.

Les faits galvaniques que je viens de citer sont restés tout aussi inexplicables, jusqu'à ce jour, que le mouvement des baguettes et des pendules ; de même que les contractions et les douleurs ressenties par certains individus sur les mines et les courants. Les lois qui président aux uns sont applicables aux autres, puisque dans l’un et l’autre cas l’action métallique , suivant qu’elle a lieu sur

telle ou telle partie de l’organisme, en modifie toujours les effets. Dans le galvanisme, l’arc métallique , suivant des circonstances données, détermine les contractions ou éveille la douleur ; en organo-électricité , le contact métallique détermine également, suivant des circonstances, dans un cas, le mouvement des instruments organo-électriques, en éveillant la contraction musculaire , et dans l’autre cas seulement, la douleur. Si donc l’on

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L'instrument le plus sensible employé par Matteucci, dans les expériences galvaniques, pour prouver l'existence du fluide animal, est un instrument organique. C’est par l'intermédiaire du nerf de la grenouille galvanoscopique, qu'il reconnaît la moindre trace des courants propres, musculaires ou nerveux , des animaux soumis à l'expérience. C’est avec cet instrument qu’il a reconnu que, dans l’action galvanique, il fallait admettre différents courants. C’est ainsi qu’il a constaté dans la grenouille le courant qui lui est propre, et qu'il a pu distinguer tous ceux développés en elle par le contact de différents métaux, ou par l'action de la pile agissant sur les nerfs et les muscles.

L’instrument que j'emploie pour reconnaître les effets organo-électriques , est la susceptibilité nerveuse de l’homme vivant, muni de la baguette ou du pendule, bien mieux que la grenouille galvanoscopique ; l’homme, par l'intermédiaire de ses propres fluides , peut, à l’aide de ces instruments,

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