‹ Observations sur le fluide organo-électrique et sur les mouvements électro-métriques des baguettes et des pendulesChapitre 93 sur 121 · FRE · texte numérisé non relu

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( 204 ) apprécier les moindres effets électriques, même ceux qui échappent sans cesse aux meilleurs galvanomètres. Mais ce qu’il y a de plus remarquable, c'est que tous les hommes, comme toutes les grenouilles, ne peuvent être employés indistinctement à remplir les fonctions de galyanomètre:; des causes essentielles doivent être observées pour les uns comme pour les autres.

Pour l'homme, comme nous lavons vu. il ne peut y parvenir qu'autant que ses propres fluides se polarisent à la surface des différentes parties de son Corps, soit naturellement, soit par une action mécanique quelconque.

Pour la grenouille, la première condition est qu’elle soit bien vivace et promptement préparée. Cette condition essentielle, recommandée dans toutes les expériences galvaniques, tient à des causes encore peu connues, c'est-à-dire à une sorte de polarisation magnétique de l’animal.

La science jusqu'à ce jour se refuse à reconnaître les effets organo-électriques, parce qu’ils n’agissent pas indistinctement et invariablement sur tous les hommes. Ceite raison nous semble on ne peut plus mauvaise, car si nous considérons nos sens en général, nous reconnaîtrons combien ils sont loin de produire les mêmes effets pour tous ceux qui les exercent. Ainsi, la vue pour certains individus rend les couleurs différemment de ce

qu’elles sont généralement appréciées. Il en est de même du goût qui varie à l'infini d'un individu à l’autre. C’est ce qui a fait dire avec raison que du goût et des couleurs il ne fallait jamais disputer. Si l’on examine maintenant la sensation du tact, nous y reconnaîtrons qu’elle change et varie à l'infini suivant les personnes qui la reçoivent. Dans cette circonstance, une même action produit sur des personnes différentes des effets quelquefois analogues, mais parfois aussi des sensations complètement opposées. Malgré ces différences notables , la science a généralisé les faits, et après les avoir groupés , a posé des bases qu’elle considère comme immuables et que tout le monde admet, quoique certains individus disgraciés de la nature se trouvent exclus de la règle commune.

Lorsqu'on examine ce qu'on appelle la science, l’on y remarque un assemblage de faits, constatés vrais avec le temps, mais dont la cause primitive nous reste inconnue. Tout est mystère dans la nature, et le faible génie de l’homme échoue 1ici-bas lors même qu’il croit tout expliquer. C’est ainsi que tous les systèmes admis par les savants se renversent les uns les autres, et vont se perdre au fond de l’abîme de ce sable mouvant sur lequel ils sont fondés. En géologie, en chimie, comme en physique, tout a changé avec le temps, et l’on ne peut pas plus dire aujourd’hui qu’on avait le droit de le

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