‹ Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisonsChapitre 19 sur 117 · BSERYATIONS SUR LES RHUMES ET LA PHTHI- SIE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

BSERYATIONS SUR LES RHUMES ET LA PHTHI- SIE PULMONAIRE

On joint avec raison les rhumes et la hlhisie aux maladies inflammatoires, iar un rhume récent, qui provient du |roid, peut être regardé comme le prelier degré d’une péripneumonie ; et un hume ancien et négligé, comme le comicncement d’une consomption. — Aux

obstructions du poumon, succèdent de petites tumeurs et des ulcères. Dans différents cadavres de personnes mortes de la phthisie pulmonaire, j’ai trouvé, en les disséquant, les poumons adhérents à la plèvre, pleins de ces tumeurs et de ces ulcères. — On ne saurait, par celte raison, prendre trop de soin pour guérir un rhume dans son origine. Mais celte partie regarde le chirurgien du régiment à qui le soldat s’adresse d’abord , et l’on peut être assuré qu’il faut que la toux soit en effet fort mauvaise pour qu’il s’en plaigne. La maladie étant d’une nature inflammatoire, la saignée est le principal remède, et avec une diète tenue elle guérira souvent des rhumes fâcheux, tandis que tous les autres rcnièdes se trouvent sans eflèt, si on ne l’y joint pas. On adoucit les rhumes récents, après la saignée, par un mucilage de graine de lin, du blanc de baleine ou par quelque huile douce commune, surtout quand , à la quantité qu’on donne tous les jours, on ajoute un gros de sirop de pavot. Mais, lorsque le rhume subsiste depuis long-temps , les remèdes huileux font du mal, à cause de leur qualité relâchante.

Outre cela, si le malade était incommodé la nuit par la toux, je lui faisais prendre un opiat au commencement de la nuit; les pilules de Mathieu de l’ancienne pharmacopée étant un de nos remèdes, j’ordonnais ordinairement six ou sept grains de ces pilules, en se mettant au lit; mais depuis ce temps-là, j’ai préféré une potion avec quinze à vingt grains de teinture thébaïque, et un gros et demi ou deux gros d’oxymel scillilique, — Dans les rhumes anciens et plus opiniâtres, ou dans le premier période d’une consomption, lorsque le malades plaint de points de côté, de conslrictioii de la poitrine, de chaleur pendant la nuit, et de ne pouvoir reposer, j ai beaucoup de confiance en de petites saignées réitérées, en des sétons et une diète tenue et rafraîchissante. — J’ai trouvé que ces petites saignées étaient non-seulement èxcellentes dans des rhumes invétérés qui menacent de consomption , mais encore après que les symptômes de phthisie avaient commencé à paraître. La quantité de sang qu’on tirait était depuis quatre jusqu’à sept onces, une fois en huit ou dix jours, et quelquefois ou ouvrait la veine sans garder tant d’intervalle. On a remarqué que les malades se trouvent rarement autant soulagés la

première nuit que la seconde ou la troisième après la saignée. Le sang était constamment couenneux ; mais si jamais on l’eut aperçu dans un état de dismiut’on, il n’eùt pas été alors à propos d’en tirer davantage. Je ne voudrais pas recommander celte méthode, ni qu’elle devînt d’un usage ordinaire, à moins qu’on ne fît bien des restrictions suivant les cas , qu’on n’eût égard à la force des ma^ lades, et qu’on nc'proportionnàt la quantité de sang qu’on doit tirer à l’état de ceux qui sont plus faibles. Dans les tempéraments naturellement faibles ou scrofuleux, ou quand le malade dépérit depuis long- temps, les saignées, de même que tous les autres moyens, ne serviront pas.

Mais je puis plus sûrement recommander dans toutes sortes de tempéraments, d’après des expériences réitérées, l’usage d’un séton au côté sur la partie la plus atïectée. — Dans la soif, la chaleur et autres symptômes, signes de la pulridité des humeurs, il faut aciduler la tisane, et l’on doit choisir des aliments d’une nature acide. Dans cet état, il faut borner le malade, pour toute nourriture, au lait et aux végétaux. Je n’ai rien trouvé qui diminue tant les accès de fièvre hectique que de petites saignées, avec le régime ci-dessus. On réprimait quelquefois les sueurs trop abondantes avec de l’eau de chaux et quelquefois avec de l’élixir de vitriol. — On peut distinguer, lorsque la consomption est avancée, deux sortes de toux; l’une qui vient des poumons, et l’autre qui est causée par une Imnieur qui se jette sur le gosier et la trachée-artère, qui, étant alors privés de leur mucosité naturelle, deviennent extrêmement sensibles et s’irritent fort aisément. Cette dernière espèce est peutêtre la plus douloureuse et la plus incommode à un malade. Les mêmes remèdes ne conviennent point à toutes les deux.

Dans la première espèce, on se servait généralement des balsamiques , mais avec peu de succès, autant que je les ai essayés. La nature peut opérer quelquefois une cure dans cet état, mais nous n’avons point encore appris à l’imiter. Nous ne pouvons faire guère plus que de tâcher de tenir le malade sans fièvre, et de le rafraîchir, tandis qu’elle met en action toutes ses facultés. Mais à l’égard de l’autre espèce de toux, on peut du moins la pallier par des incrassaiits. Je donne communément dans ce dessein de la conserve de roses et de l’opium. — La con-

serve de roses ne peut faire aucun mal, mais sa vertu est faible. L’opium se trouve plus efficace, mais on ne doit le donner qu’avec précaulion, parce qu’il est sujet à affecter la tête, à resserrer et à empêcher l’expectoration. Cependant, comme on corrige en partie ses mauvaise? qualités avec la squille(l), aussitôt que le malade commence à se plaindre que la toux l’empêche de reposer pendant la nuit , je prescris communément des potions d’opiats et d’oxymel scillitique, comme on l’a vu plus haut, augmentant ou diminuant la dose de chaque ingrédient , lorsque l’occasion paraît l’exiger. — Je n'ai jamais donné à l’armée le quinquina dans aucun période de la consomption, à moins qu’on ne fût convalescent, et que les poumons ne parussent dégagés de toute obstruction. Mais depuis j’ai donné fréquemment, une ou deux fois pas jour, trois ou quatre cuillerées d’une décoction ou d’une infusion de quinquina, sans remarquer qu’il échautfàt ou qu’il embarrassât la respiration ; j’ai au contraire observé qu’il faisait un bon cfiTct, quand le malade se plaignait d’abattement et de faiblisse, pourvu qu’il ife fût pas dans le dernier période de la maladie. — L’exercice du cheval et le lait d’ânesse sont deux grandes ressources qui manquent dans les hôpitaux militaires ; mais ce qu’il y a de pis, c’est que l’air de ces endroits et des casernes trop pleines de monde se trouve contraire à la guéridon. Il arrive delà que, quoique celte méthode réussisse sou vent aux personnes qui ont toutes leurs aises, elle n’a pas généralement cet ef-' fet, à cause du mauvais air que respirenlî les soldats; et quand même ils échapperaient à son effet pernicieux, et qu’ils recouvreraient la santé, il est vraisemblable qu’étant exposés au froid, en remplis sant les devoirs de leur état, ils retomberaient malades. Telle est la manière don j’ai traité la ])hthisie pulmonaire. J a pareillement remarqué que dans la guérison des plaies, lorsque la matière trouvait absorbée, et qu’il en résulta!

une fièvre hectique , on retirait un gran( avantage de petites saignées souvent réi térées.

(1) Cela m’a été communiqué par 1< docteur Clerk.

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