‹ Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisonsChapitre 21 sur 117 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

OBSERVATIONS SUR LES OBSTRUCTIONS QUI SUIVENT LES FIEVRES h’aUTOMNE REMIT- TENTES ET INTERMITTENTES , LES FIE- VRES DES CAMPS , ET CELLES DES PAYS MARÉCAGEUX.

La longue durée de ces fièvres, ou les rech|^es fréquenle.s, causent des obstructions dans les viscères qui se terminent par une hydropisie ou la jaunisse. — L’hydropisie est particulièrement causée par des obstructions du foie et de la rate; et , dans ce cas , celle tumeur aqueuse commence communément par les pieds, et monte peu à peu jusqu’au ventre. — Mais quand il n’y a que le ventre d’enflé, et que cela est arrivé tout-à-coup , pour

s’être servi mal à propos d’opiats dans la dysenterie , ou de quinquina dans les fièvres intermittentes , le colon eit alors tendu par l’air, et la maladie est une véritable tympanile. Ces cas n’arrivaient pas fréquemment ; mais quand ils se présentaient et qu’ils étaient récents, comme la plupart l’étaient , ils cédaient aux remèdes suivants. S’il y avait peu de fièvre, je commençids par faire tirer du sang , et je donnais du sel d’absinthe rassasié avec du jus de citron, et j’y ajoutais un peu de rhubarbe pour tenir le ventre libre. S’il n’y avait point de fièvre , j’ordonnais quelques grains des espèces aromatiques , et le malade buvait une infusion de fleurs de camomille. Je faisais prendre tous les soirs à l’heure du coucher, jusqu’à ce que la tumeur vînt à disparaître , quinze grains de rhubarbe , ou autant qu’il en fallait pour procurer une ou deux selles le jour suivant. Lorsque la tumeur cédait , si le pouls était lent , et que le malade ne fût pas altéré , je tâchais , sans omettre la rhubarbe, de fortifier les intestins avec un électuaire de fleurs de camomille et de gingembre , et une faible dose de limaille d’acier. — Tous les remèdes violents et les carminalifs qui ne relâchent pas sont pernicieux. — Un homme qui avait été incommodé pendant quelques semaines d’une tympanile, avec un peu de fièvre, mourut subitement la nuit, la tumeur étant venue à s’affaisser tout-à-coup , après trois ou quatre selles 'abondantes , occasionnées par quelques pilules composées d’aromatiques et de squille. A l’ouverture du corps, on ne trouva point d’air ni d’eau dans la cavité de l’abdomen ; mais le colon était si grand et si relâché , qu’il paraissait avoir renfermé assez de vents pour causer la tumeur.

Cet événement montra la nécessité de se servir de bandages dans la tympanile , au moyen de quoi le malade peut toujours faire une compression proportionnée à la diminution de i’air renfermé dans les inteslbis.

\J ascite vient plus lentement; elle est communément accompagnée d’un%anasarque; l’urine est fort épaisse et trèspeu abondante. Quelquefois la fièvre intermittente se dissipe lorsque la tumeur commence; d’autres fois elle continue, ou bien elle s’en va et revient d’une manière irrégulière. J’ai observé qu’on ne pouvait guérir ces hydropisies par des purgations seulement ni par les mercuriels , mais principalement par des sels

lixiviels , comme cendres de genêt, sel d’absinthe ou de tartre. Yoici la méthode ordinaire de s’en servir. On faisait dissoudre environ quarante grains de sel de tartre ou d’absinthe dans environ dix onces d’une infusion d’absinthe, à laquelle on ajoutait environ deux onces d’esprit de genièvre hollandais; de cette mixture on faisait trois doses qu’on réitérait tous les jours. On ne donnait point d’autre remède au malade, excepté qu’on i lui faisait prendre une fois en quatre ou i cinq jours , pour le purger, un demi- ii gros de pilules de coloquinte avec l’a- i locs, et, sur le déclin de la maladie, quel- I que préparation d’acier. Quelquefois on provoque l’urine en faisant avaler de l’ail | ou de la graine de moutarde. Quand même l’ascitc était accompagnée d’une m tumeur dure, comme on l’a dit un peu plus haut (1), on ne faisait rien de plus, sinon qu’on fomentait quelquefois la I partie, ou qu’on la couvrait d’un emplâ- i tre chaud. On a souvent guéri , par les i mêmes remèdes , quelques fièvres inter- : mittentes irrégulières et opiniâtres ; ou si ' elles revenaient après la cure de l’hy- j dropisie, on les traitait avec beaucoup de i] succès avec le quinquina (2). — La jau- J nisse sans fièvre se guérit pareillement q avec les sels lixiviels et la même purga- i tion ; et j’ai remarqué que , dans cette i maladie cl dans l’hydropisie, les vomitifs antimoniaux faisaient un très-bon effetï

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