‹ Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisonsChapitre 24 sur 117 · SUR LES · texte numérisé non relu

SUR LES

îphthes ni hoquet , et que le malade ne je plaint ni d’un grand abattement, ni l’oppression de poitrine. Ce cas est véritablement fâcheux, et n’admet qu’à peine les palliatifs, vu que les opiats •éussissent si peu à soulager les douleurs,

5U à réprimer la fréquence des selles.

Cette maladie se trouve quelquefois îompliquée avec la fièvre d’hôpital; peu le personnes alors en réchappent. Mais, quand il y a encore delà ressource dans es remèdes, je fais communément usage l'une décoction de quinquina et de serpentaire, dont on trouvera la descripion dans le chapitre suivant, à quoi j’aoute quelques gouttes de laudanum.

D’autres fois, et surtout quand le pouls était abattu , j’ai éprouvé de bons effets le la décoction suivante, dont je donnais quatre cuillerées toutes les quatre ou ;inq heures.

Pr. Radicis serpeniarice Virginianæ '.onlusœ 3 drach. coque ex aquœ purce 2 une. ad 8 une. adjecta suh fmem \'.oclionis theriaeœ andromachi 1 drach.

'■o/rt.

I Voici ce que m’écrivit à ce sujet le ilocteur Whytt en 1760. « Dans ce dani» gereux état de la dysenterie, lorsque la bouche et le canal, par où passent les j» aliments, sont menacés d’aphthes, quel-^' }) quefois même après qu’elles ont paru,

I' j’ai donné avec succès le quinquina.

!» Je faisais auparavant les évacuations i> nécessaires, suivant l’exigence des cas,*

I' ou celles que le malade pouvait sup- I» porter, en le saignant, en le faisant 1) vomir avec l’ipécacuanha et en le pur-

> géant avec la rhubarbe. J’ajoutais , à 1' une chopine d’une forte décoction de |> quinquina , trois gros ou une demi- I» once de confection de cachou. Ce re- ) mède se donne dans la même intention • que le diascordium , mais il est plus

> simple. On le trouve dans la pharma- I» copée d’Edimbourg. J’ordonnais deux

; i> cuillerées de ce remède de quatre heu- I) res en quatre heures, sans y joindre !» autre chose qu’un peu de laudanum à '» l’heure du coucher. Lorsque l’usage

> continu de ce remède resserre, je » donne alors l.i rhubarbe , et ensuite la ') décoction de quinquina, je diminue la J dose de la confection de cachou , ou

> même je la discontinue tout-à-fait. »

Comme je suppose qu’en ce temps-là

'irritation occasionnée par les mouve-' nents fréquents tend à mortifier le recum, je tâche d’apaiser les spasmes par

des clystères anodins, souvent réitérés, où il n’entre aucun ingrédient anti-septique. Cependant quelques personnes en ont essayé de cette espèce ; car M. Hunier, un des maîtres chirurgiens de l’expédition de Portugal, m’a dit qu’il avait fréquemment fait usage avec succès des clystères anti-septiques, lorsque le malade était extrêmement abattu par les mouvements continuels et par le ténesme. Son premier essai fut de quatre onces d’une forte décoction de quinquina, dans laquelle on avait dissous quelques grains d’opium. Il trouva dans la suite qu’une décoction de racine de tormentille ou d’écorce de chêne, avec l’opium, répondait au même but. Il m’ajouta qu’on réitérait souvent ce^ clystères, et surtout si on les rendait d’abord, avant qu’ils eussent fait l’effet qu’on en attendait.

Jusqu’à présent je n’ai rien dit de la diète , parce qu’elle est à peu près la même dans ces deux périodes delà maladie.

Elle consiste principalement en gruau de riz ou d’orge, sagou, panade, et l’on permettait du bouillon de mouton à ceux qui avaient peu de fièvre*, mais je cessai par la suite ce dernier aliment, parce que je remarquai qu’en général la nourriture animale ne convenait pas. Je donnais pour boisson de l’eau de riz ou d’orge, de l'eau panée , ou une décoction de corne de cerf calcinée. Dans la première

guerre , on n’a point fait usage de salep dans les hôpitaux. Quoiqu’on regarde cette racine comme un spécifique dans cette maladie, cependant, d’après mon expérience , je ne puis rien dire à sa louange. M. Triquet, chirurgien-major du second régiment des gardes, me dit que dans l’hôpital de ce corps il n’y avait point d’aliment qui parut mieux convenir aux personnes attaquées de la dysenterie, que de la bouillie au lait faite avec de la fleur de farine et un peu de sucre, pour le déjeûner et le souper. Quoique ces substances soient de tous les aliments les plus doux et les moins échauffants, cependant j’ai remarqué que la plupart du temps le malade n’en pouvait point manger, ni avaler aucune des boissons dont on a parlé ci-dessus , ni même aucune autre, excepté de l’eau tiède toute simple, sans en être incommodé, ou sans éprouver des tranchées immédiatement après. Il était donc naturel de conclure qu’il ne fallait donner que de l’eau, jusqu’à ce que l’estomac et les intestins pussent supporter une nourriture plus

forte , sans douleur. Je me suis confirmé dans ce sentiment par les observations sur la dysenterie, que me communiqua M. Senac, il y a environ dix ans. Pendant que je servais dans les Pays Bas, il était médecin général de l’armée française, et par ce moyen il eut occasion de bien connaître cette maladie. Ce savant médecin m’apprit qu'ayant eu de bonnes preuves que plusieurs personnes avaient été guéries en ne buvant qu’une grande quantité d’eau chaude pendant cinq à six jours, il en avait fait l’épreuve sur luimême avec succès, et sur quatorze personnes qui se soumirent à ce régime. Il m’ajouta qu’après avoir essayé différentes méthodes, sans être satisfait d’aucune, il en avait enfin trouvé une qui avait répondu à ses désirs, et par laquelle il avait fait des cures sans nombre. Après avoir évacué par la saignée et un vomitif de tartre émétique , il donnait un grain de cette préparation antimoniale dissous dans une chopine de petit-lait commun, ou d’eau de poulet qu’il faisait prendre tous les jours à différentes fois, pour toute nourriture, boisson, médecine, jusqu’au rétablissement du malade. Son but était de tenir libre le passage de l’estomac au rectum, par les laxatifs les plus doux, et celte faible dose d’émétique lui parut y répondre le mieux (1). Si, malgré les évacuations , les tranchées s’obstinaient à rester, il tâchait de les apaiser, en faisant prendre le soir, à l'heure du coucher, quelque sirop de pavot blanc.

Quoique cette méthode, par rapport au régime, s’accorde non-seulement avec mon sentiment sur la nature de cette maladie , mais encore qu’elle m’a été recommandée par une personne dont le jugement et la droiture me sont connus, je n’ai jamais pu cependant profiter de cette ouverture, h cause de la difficulté , ' pour ne pas dire l’impossibilité d’engager les gens de ce pays-ci à se soumettre à une diète si rigoureuse , même pour quelques jours. — En parlant du régime, il est à propos de dire deux mots de la batterie de cuisine dont on se sert dans les hôpitaux. Elle est toute de cuivre étamé. Mais, commel’étains’useen peu de temps, ce q ni est salé ou acide corrode le métal, et l’on peut bien s'imaginer que les gardes laissent ces choses long-temps dans ces va-

(1) Comme le tartre émétique n’est point partout le même, il faut varier la dose, suivant la manière dont il est préparé.

ses, et qu’elles négligent souvent de les nettoyer avant de s’en servir de nouveau.

Il est à présumer que cela produit souvent des malheurs, surtout dans la saison où la dysenterie domine, quand l’estomac et les intestins sont d’ailleurs affectés. Il serait par conséquent à propos qu’il y eut tou- ( jours un chaudronnier à la suite des hôpitaux militaires. J

III. Je viens maintenant au troisième j période de la maladie , dans lequel le I malade, quoique se rétablissant en appa- ' rence, se trouve abattu par un ténesme, qui est presque la seule chose dont il se plaigne, ou par de fréquents retours de flux de ventre, occasionnés par la faiblesse des intestiuF, — Il y a souvent plusieurs causes du ténesme. Je l’ai va quelquefois occasionné par ces scybala dont j’ai parlé plus haut , qui venant à sortir en petite quantité pendant plusieursjours de suite, causent une irritation constante. J’en ai hâté l’évacuation, en faisant prendre une once de sel de Glauber, dissous dans un demi-septier d’eau qu’on boit en différentes fois dans la matinée. Si une ou deux doses ne font point d’effet, il faut attribuer la continuation du ténesme à une excoriation , ou à quelque ulcère du rectum, qui reniflent cette partie si sensible qu’elle est irritée par les humeurs des intestins , quoiqu'elles ne soient peut-être pas plus âcres que dans leur état naturel. Si le ténesme est considérable et les mouvements fréquents, il faut avoir recours aux opkts, et surtout aux clystères anodins, dont on a parlé plus haut ( I ). Dans tous les cas de grande irritation dans ce période, j’avais autrefois coutume de donner une décoction d'amidon et de gomme arabique , telle qu’on l’a vu plus haut (2); mais depuis peu, j’ordonne plus souvent du suif de mouton préparé de la manière suivante, dont on s’est servi quelque temps ici : « Prenez deux onces » de suif frais et une chopine de lait non- » velleraent tiré , meltez-les sur un feu » lent, et remuez -les jusqu’à ce qu’ils » bouillent ; ajoutez ensuite une cuille- » rée bien entassée d’amidon réduit en » poudre fine ; mêlez bien avec le reste.

» et qu’il bouille un peu ensemble. > On peut y joindre un peu de sucre si or le veut, cela dépend du goût. On prené celle quantité en un jouç, ou même h Rouble si l’estomac le peut supporter

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SUR LES MALADIES DES ARMEtS.

d’effet en sera nieillcnr si le malade ne rend point d’autre aliment. J'ai qucluefois essayé ce remède dans le premier : le second période de la maladie , mais ms succès; l’estomac était alors trop déluge pour pouvoir le supporter. Sydenim a dit que le ténesme, à la fin d'une ysenterie, n’était jainais occasionné par n ulcère au rectum. Morgagni le cor- ,ge en cela, en rapportant un cascontraidont il avait été témoin (1). Mais il irait que Morgagni, en ne citant que îs cas, ne connaissait que peu d’excepons à la règle de Sydenham , que je aurrais regarder comme assez générale, après mes propres observations. — A égard des selles fréquentes, nous ne deons point, comme je l’ai observé aupaivant, les considérer comme des rechu- ,s, mais comme une diarrhée occasionne par la faiblesse des intestins. — C’est mrquoi toutes les fois que le malade se jouve en cet état, je commence par lui pnner un scrupule d’ipécacuanha, et le ;ur suivant je lui fais prendre les remè- ;s qui arrêtent le cours de ventre , et ,ie Ton appelle par cette raison astrinj;nts. Dans la première guerre , j’emloyais à cet effet la mixture suivante :

Pr. Exlracti ligni Campechensis , ic. iij ; solide ex aquœ ciimamomi \ntituosœ, sesqui une. ; admisce aquœ nianœ une. vij , et iincturœ Japoni- B, dracli. iij; misçe.

! Le malade en prenait deux cuillerées }ie fois en quatre ou cinq heures , et lelquefois aussi un opiat à l’heure i coucher. J'apprends que dans un des ^pitaux de celte ville , où cette recette (t en usage pour les diarrhées ancienps et invétérées, et pour les dysenteries iii résistent aux méthodes ordinaires, on )nne en même temps un bol tous les irs , composé d'un scrupule de Philojbm Loudinertse (2), avec deux grains ipécacuanha , et que ces deux remèdes assissent en général. — Ayant lu delis la première guerre que Degner I d’autres auteurs ont écrit sur les ver-

(1) De sedihu^ et causis morb. , epit.

XI, sect. XXVII, XXVIII.

1(2) Le Plülonîum Londinense est une imposilion de la meme espèce que le \iilomum romnnum du Cod,\x, mais plus une, comme le sont la plupart des reèdes composés de la Pharmacopée de >ndres.

Pringle,

tus du simarouba, j'ai fait quelques essais avec ce remède, qui m’ont réussi pour la plupart. Degner le recommande nonseulement comme un astringent doux , mais aussi pour corriger la bile; car, suivant sa théorie, la dépravation de celle humeur était la cause du flux épidémique dont il traite. Il le donnait par celle raison de bonne heure dans la maladie , tandis que les tranchées et le ténesme subsistaient , et qu’il y avait encore du sang dans les selles. Mais, d’après mon expérience , je n’ai pu découvrir aucun effet salutaire au simarouba, avant le troisième période. Le docteur Huck , qui s’en était souvent servi dans l’Amérique septentrionale , m’a dit qu’il ne l’avait jamais vu réussir au commencement de la maladie, ni même dans son état avancé, jusqu’à ce que les tranchées et le ténesme eussent cessé pour la plus grande partie , et que le sang eût disparu des • selles; mais que lorsqu’il ne restait plus qu’une diarrhée, il s’en était servi avcc^ succès. Yoici sa formule ;

Pr. Corlicis radicis simaruhœ dvdicXi, ij vel iij ; coque ex aquœ fontanœ sesquilibra ad Uhram^ et cola.

On donnait cette dose tous les jours à différentes reprises. Il commençait par la plus faible, et quand l’estomac la pouvait supporter aisément, il ordonnait la plus forte. Le docteur Huck remarqua qu’à moins que le malade ne se trouvât sensiblement mieux, dans h“s trois jours depuis qu’il avait commencé à faire’usage de ce remède , il en était rarement soulagé par la suite. Le docteur Mitchel, qui exerçait autrefois la médecine à la Virginie, où la dysenterie est frequente, m’a appris aussi qu’il avait fait usage de cette plante sans aucun succès, excepté lorsque le malade rendait une quantité extraordinaire de sang dans le fort de la maladie, ou bien lorsqu’il lui survenait une diarrhée après que l’état inflammatoire avait cessé. Il ajouta qu’il en faisait prendre ordinairement une décoction plus forte que celle de Degner, qui probablement donnait le simarouba avec d’autant plus de réserve , que les intestins étaient beaucoup enflammés lorsqu’il commençait à le donner. J’ai remarqué aussi de bons effets de petites doses d’ipécacuanha, jointes à un opiat, tel que deux grains de cette poudre avec quinze de Philonîitm Londinense , pris deux fois par jour. D’autres ont reçu du soulagement de l’ipécacuanha seul. Le

«locleur Iluck remarqua qu’un soldat, après que l’état inflammatoire fut passé, était réduit bien bas par une diarrhée d’une espèce lienlérique’, et qu’après lui avoir donné plusieurs astringents sans efl'et , il avait enfin réussi en lui faisant prendre six grains d’ipécacuanha en poudre tous les matins à jeun. Ce remède le fit vomir les trois ou quatre premiers jours seulement, mais ensuite il le prenait sans se sentir mal. — Pendant que les malades sont aux astringents, ils doivent être attentifs au régime, s’abstenir d’herbages, de fruits, de boissons où il y a de la drêche, et des acides. Je leur permettais en cet état un peu de viande , et pour boisson , de l’eau où l’on avait mis un peu de rhum ou d’eau-de-vie j je donnais aux officiers un peu de vin , quand ils en avaient envie. Mais je me suis convaincu par un plus grand nombre d’expériences, que les cures seraient plus fréquentes et plus promptes, si l’on pouvait engager les malades à s'abstenir tout-à-ftit de nourriture animale et de liqueurs vineuses et spiritueuses ; car dans les cas où les astringents ne réussissaient point, j’ai vu souvent guérir en ne prenant que du lait avec des farineux.

C’est pourquoi lorsque les astringents ne réussissent point, surtout si le pouls est vif et si le malade se plaint de chaleur interne, je commence par lui donner un vomitif d’ipécacuanha, et je le mets à ce régime jusqu'à ce que tous les symptômes aient cessé, et que les intestins aient repris leur ton. Pendant ce nouveau régime, je fais rarement usage de remèdes, excepté du julep de craie, dont on a parié plus haut ; je m’en sers pour corriger l’acide considérable, si ordinaire aux estomacs relâchés. Quelquefois j’ajoute un opiat , afin de procurer du repos pendant la nuit , mais quelques jours après je cesse l’un et l’autre, et .je me borne à faire observer le régime avec l’exactitude la plus rigoureuse. Je donne cependant de temps en temps le vomilif, s’il survient quelque nouveau dérangement d’estomac, ou si les intestins deviennent plus relâchés. — Tant que le malade continue en cet état. Je lui interdis toute nourriture animale , et ne lui permets que le lait avec le sagou et le salep. Dans les grands hôpitaux , on ne saurait donner aux soldats du lait en assez grande quantité , mais ils doivent se contenter d’une plus petite, et des choses qu’on vient de prescrire, sans manger ni

fromage, ni œufs, ni aulres choses pesantes qui peuvent échauffer dans la position où ils se trouvent. Si le lait vient à s’aigrir dans l’estornac, il faut y ajouter un tiers d’eau de chaux. Quoiqu’il paraisse que les herbages et les fruits répondent assez bien au but , qui est de rafraîchir, cependant comme la plupart j relâchent, j’ai cru qu’il n'élait point à propos de s’en servir alors. Mais il est possible qu’en faisant un plus grand nombre d’expériences, on trouve quelque espèce de l’un et de l’autre qui contribue à la guérison. Je suis d’autant plus porté à adopter ce sentiment, que j’ai remarqué qu’un de mes derniers malades se trouva mieux en buvant du lait de beurre , qui n’était pas, il est vrai, des plus acides, qu’on n’aurait pu s’y attendre s’il eût pris du lait ; quoiqu’on eût pu supposer que le lait de beurre aurait été contraire à cette maladie , à cause de son acidité qui ressemble à celle de quelques fruits.

Je ne permets dans ce régime ni liqueurs fermentées , ni liqueurs spiritueuses. La principale boisson consiste en décoction d'orge, de riz, ou de corne ' de cerf calcinée, de l’eau panée, ou du lait coupé avec de l’eau. Ayant remar- ; qué dans mes visites particulières que | quelques personnes s’étaient trouvées mieux pour avoir pris des eaux de Bristol, non-seulement à la source, mais encore à une distance considérable , j'engageai un de mes malades qui ne faisait que d’arriver de la Havane, à observer s’il trouverait quelque différence entre j l’eau de la Tamise et l’eau de puits de | Londres. Il m’assura, après quelques i essais , que son flux était moins sujet à | retour, lorsqu’il faisait usage delà der- | nière. Or, l’eau de Bristol et la plupart ! des eaux de puits à Londres s’accordent I à ne point dissoudre parfaitement le savon, c’est-à-dire qu’elles sont parfaitement dures , quoique au goût elles paraissent douces. Je ne voudrais pas conclure de cela que cette eau minérale n’a d’autre avantage que sa dureté , quand on la boit chaude à sa source, vu qu’elle ' est en vogue depuis très- long - temps pour son efficacité dans les cas de cette espèce , et principalement quand il s’y joint des chaleurs hectiques. — La salubrité de l’air étant d’une si grande con- i séquence dans celte maladie, un médecin ne peut guère se promettre de succès dans des hôpitaux trop pleins , à moins que les salles ne soient ordinaire-

SUR LES afALADlES DES ARMEES,

lent Mcn aérées. Le meilleur expédient, ans la saison où les dysenteries domient , est de partag^er les malades , et de îs mettre dans des églises, dans des ranges et dans des maisons ruinées où on ne peut tenir l’air renfermé. Ce l’est pas que le froid ne soit nuisible, et u’une transpiration libre et insensible e contribue beaucoup à la guérison ; jais, lorsque la chaleur se trouve incomatible avec la pureté de l’air, on doit lutôt avoir égard à ce dernier point. Il nit avoir soin de faire couvrir tous les )urs les privés d’une couche de terre , on-seulement dans le camp, mais aussi ans les hôpitaux , et il faut avoir allenon, surtout en ce temps-là, de purifier air des salles avec des fumigations, et le les tenir propres. Des hommes qui vaient langui long -temps à l’hôpital ’une fièvre hectique et d’un relâche- ,ientdes intestins, se sont rétablis d’une 'tanière surprenante , lorsqu’on les eut lintonnés à la campagne, pour y prenre le lait et y respirer un air pur. — • iofin, il faut donner aux convalescents jes camisoles , surtout quand le temps Dmmence à devenir froid. Cela contrilaeàla guérison, et e’est un préservatif mtre des rechutes. Quelques ofiieiers, ijets à des rechutes, m’ont appris qu’ils l/aient trouvé beaucoup d’avantage à jrter une camisole de flanelle sur la ,;au (1).

i (1) Je crois devoir apprendre à mes cleurs que M. Sniall , chirurgien de 'ain, dans l’île de Minorque, observa- !ur exact et judicieux, m’a écrit une iüre datée du 50 octobre 1778, dans laiiclle on lit ce qui suit : « J'ai eu le alheur d’avoir cet automne plusieurs lalados affectés de diarrhées, surtout i.rnii les nouvelles recrues qui étaient nues nous joindre au printemps. Nos jldats distinguent avec raison les diarlécs en blanches et en sanglantes ; je me is dirigé dans le traitement d’après les gles que vous avez données dans vos oservaiions sur les maladies dos ar- |6es; j’ai tenté l’ipécacuanha à petites i'ses; mais il a produit des nausées ligues et incommodes, et je pense que h effets sont fort inférieurs à ceux qui isultent d’une forte dose, donnée en une iiile fois, et mêlée avec le tartre émé- ,[ue : je me suis servi avec avantage ji calomel avec la rhubarbe , et du sel }3psom avec l’huile. Mes malades ailioiit beaucoup l'émulsion cirée ; j’en

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