I MÉMOIRE II (I
\uites des expériences efdes remar- ! ques sur les substances anti-septU ' ques. Table des vertus comparées des sels pour résister à la putréfaction.
Ve la qualité antiseptique de diverses résines^ gommes , fleurs ^ racines et feuilles de végétaux ^ comparées avec le sel commun. Tentatives pour corriger^ par le moyen des fleurs de camomille et du quinquina, la corruptiondes substances animales. Conjectures sur la cause des fièvres intermittentes el sur L'action du quinquina dans leur cuie.
^’’ayant fait qu’indiquer dans mon ernier mémoire les propriétés relatives e quelques sels et substances qui résisml à la putréfaction, je vais présenter la société une relation particulière de es expériences et de quelques autres ue j’ai faites depuis sur le même sujet.
EXPJÉRlfiKCH VIll.
Je plaçai séparément, dans des fioles ont l’embouchure était large , trois
(1) Le 21 novembre 1750.
morceaux de bœuf frais et maigre, chacun du poids de deux gros. Je versai sur chacun deux onces d’eau de citerne. Je fis dissoudre, dans l’une des fioles , trente grains de sel marin ( 1 ) ; dans une autre soixante; mais la troisième ne contenait que la viande et l’eau. Ces bouteilles n’étaient guère plus pleines qu'à la moitié, et étant bien bouchées, on les plaça au fourneau de lampe, à la chaleur du corps humain, ou de cent degrés du thermomètre de Fahrenheit. — Environ dix ou douze heures après, la viande de la fiole où il n’y avait point de sel contracta une odeur faible, et trois ou quatre heures après elle se trouva putride La fiole avec les trente grains de sel donna des signes de corruption une heure ou deux plus tard; mais celle qui en avait soixante conserva la viande en bon état pendant plus de trente heures. J’ai souvent réitéré cette expérience , et elle a toujours été suivie du même effet, à quelques variations près, occasionnées par le degré de chaleur. — La grande utilité de cette expérience vient de ce qu’on a un terme de comparaison, suivant lequel on peut juger des vertus septiques et anti-septiques des diverses substances.
Ainsi, si l’eau avec quelque ingrédient conserve la viande mieux que lorsqu’il n’y en a point, ou que lorsqu’on y ajoute du sel, alors on peut dire que cet ingrédient résiste davantage à la putréfaction que l’eau seule, ou que trente ou soixante grains de sel marin. Mais si, d’un autre côté, l’eau , en y mêlant quelque chose, amène plus tôt la corruption que lorsqu’elle est sans mélange, on doit regarder la substance qu’on y a ajoutée comme septique et comme produisant la putréfaction.
On a fait, par celte raison, les expériences suivantes avec le même degré de chaleur et sur la même quantité de viande , d’eau et d’air qu’on a spécifiée cidessus. et avec les substances septiques et anti-sepliques dont on parlera dans la suite, et qui ont été comparées avec ces étalons. Mais, comme la plus petite
(1) Toutes ces expériences ont été faîtes avec du sel blanc ou bouilli, dont on se sert communément en Angleterre.
(2) Ces morceaux de viande étaient entiers; mais lorsqu’on les broie, si l’on y met la môme quantité d’eau, la putréfaction commence en moins que la moi* lié de ce lemps-là.
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quantité de sel ne conserva la viande guère plus de temps que l’eau seule, je comparai toujours les différentes substances anti-septiques avec la plus grande quantité : de sorte que, lorsque je dis qu’une substance s’oppose à la putréfaction plus que le mélange qui sert de terme de comparaison, j’entends plus que soixante grains de sel marin dissous dans deux onces d’eau.