EXPÉRIENCE IX
J’examinai ensuite d’autres sels, et je les comparai en même quantité avec la dissolution de soixante grains de sel qui servait d’étalon. Celle dissolution étant la plus faible, je la suppose égale à l’unité, et j’exprime la vertu proportionnelle des autres sels en nombres plus grands, comme dans la table suivante :
Table des vertus relatives des sels pour résister à la putréfaction.
Sel marin 1.
Sel gemme. ...... 1. f
Tartre vitriolé .2.
Spiritus Mindereri. ... 2.
Tartre soluble 2.
Sel diurétique 2. .f
Sel ammoniac 3.
Mixture saline 3.
INitre 4. f
Sel de corne de cerf. . . . 4. f
Sel d’absinthe 4. f
Borax 12. f
Sel de succin 20. f
Alun, 30. f
J’ai marqué dans celte table les proportions en nombres entiers, étant difficile et peut-être même utile d’y apporter plus d’exactitude. Je me suis contenté d’ajouter ce signe f à quelquesuns , pour faire voir que ces sels sont plus forts, de quelques fractions , que les nombres entiers de la table , excepté dans les trois derniers exemples où le même signe signifie que le sel peut être plus fort de quelques unités (1). Le tar-
(1) On a comparé cinq grains de borax avec les soixante grains de sel marin ; mais, comme il conserva la viande beaucoup plus long-temps, je pense que trois grains auraient pu suffire. On aurait dû, èn ce cas, estimer la force de ce sel à vingt. Exemple singulier de la force d’un
tre vitriolé est marqué 2, quoiqu’il fallût un peu plus de trente grains poui qu’il égalât l’étalon; mais, m’étantaperçu que tout n’était pas dissous, j’ai fait en conséquence une déduction. D’un au tre côté, comme il s’évapore une partû de la corne de cerf, sa vertu réelle doi être plus grande qu'elle ne le paraît pai la table. Le sel de succin est peu volatil et comme trois grains de ce sel se son trouvés conserver davantage la viandt que soixante grains de sel marin , il doi par conséquent être estimé vingt fois plus fort. Ce sel est, à la vérité, acide mais, comme la partie acide est fort peu de chose, on doit, à ce qui semble, attribuer à quelque autre principe sa grandt qualité anti-septique. Le Spiritus Mindereri était fait avec du vinaigre commun et du sel de corne de cerf; et k mixture saline avec du sel d’absinthe saoulé de suc de limon (1). La partie alcaline de l’un ou de l’autre de ces mélanges avec de l’eau seule, aurait résisté avec une puisance de 4 , de sorte que
l’addition de l’acide rendait ces sels moins anti-septiques, savoir : le Spiritus Min^ dereri de la moitié, et la jnixture saline d’un quatrième ; circonstance à laquelle on n’avait pas lieu de s’attendre.