EXPERIENCE X
I. Je passai de là aux résines et aux gommes, et je commençai par la myrrhe.
Comme une partie de cette substance se dissout dans l’eau, de huit grains on en fit une émulsion. Mais, comme la plus grande partie alla au fond, je ne pu^ compter que sur la dissolution d’un ou deux grains ; elle conserva cependant la viande plus long- temps que l’étalon; de sorte qu’on peut regarder la partie dissoluble de la myrrhe comme trente fois ou environ plus forte que le sel marin.
sel qui, bien loin d’être un acide, est ne plutôt un alcali, si nous en pouvons juger j par son goût urineux. Un grain d’alun se f, trouva plus faible que soixante grains de sel marin, mais deux grains étaient plus ï' forts; la vertu de l’alun est par conséquent entre trente et soixante, plus près cependant du premier nombre, comme * on l'a vu par l'expérience. ^
(1) On compare l’esprit de Mindererux et la mixture saline qui sont liquides avec des sels secs, sur la quantité de sels al- l" çalis qu'ils renferment.
SUR LES SUBSTANCES SEPTIQUES ET ANÏI-SEPTIQUES.
II. L’aloës, l’assa-fœtida elle cachou, dissous de la même manière que la myrrhe, allèrent pareillement au fond , et montrèrent une égale vertu anti-septique ; mais la gomme ammoniaque et le sagapenum en firent voir fort peu ; soit qu’ils s’opposassent plus faiblement à la putréfaction, ou que le principe le plus anti-septique fût tombé au fond avec les parties les plus grossières. Trois grains d’opium dissous dans l’eau ne se précipitèrent point, et résistèrent mieux à la putréfaction que la mesure commune ; mais je remarquai qu’il s’y engendrait plus d’air qu’à l’ordinaire , et que la viande devenait plus tendre qu'avec tout autre anti-septique des plus effi- , caces.
I III. De toutes les substances résineuj ses le camphre résista davantage. Deux I grains dissous dans une goutte d’esprit de vin, cinq g^rains de sucre et deux onces d’eau surpassèrent l’étalon, quoique, pendant l’infusion, la plus grande partie du camphre se fût évaporée, eût surnagé, ou se fût attachée aux parois de la fiole. Si no^^ supposons qu’il n'y en eut que la moitié de perdue, le restant se trouvera au moins soixante fois plus fort que le sel marin; mais si, comme je Je pense, il n’y en resta que la dixième partie, le camphre sera alors trois cents fois plus anti-septique que le même sel. Afin qu’on ne pût rien attribuer à la pe- 1 tite quantité d’esprit dont on avait fait j usage dans l’expérience précédente, je [ fis une autre dissolution de camphre dans [une goutte ou deux d’huile ; ce mélange cse trouva en effet moins parfait , mais I cependant supérieur à l’étalon.
I expérience XI.
I. Je fis une forte infusion de fleurs de camomille et de serpentaire de Virginie, et remarquant qu’elles surpassaient de beaucoup en efficacité celle dont je me servais pour mesure commune, j’en diminuai peu à peu la dose, et je trouvai que cinq grains de l’une ou de l’autre donnaient encore à l’eau bouillante une vertu supérieure à l’étallon. Or, comme nous ne pouvons supjposer que ces infusions contiennent un lemi-grain des parties balsamiques de :es végétaux, il s’ensuit que cette subr.lance doit être au moins cent vingt ois plus anti-septique que le sel commun.