EXPÉRIENCE XV
On empêcha pendant quelque temps du fiel de bœuf de se putréfier, en y mettant de petites doses de lessive de tartre, d’esprit de corne de cerf, de sel ammoniac et de la mixture saline; on l’en empêcha encore beaucoup plus long-temps au moyen d’une décoction d’absinthe, d'une infusion de fleurs de camomille et de serpentaire, par des dissolutions de myrrhe, de camphre et de sel de succin. On mêla toutes ces substances à part avec le fiel , et elles se trouvèrent plus antiseptiques que le sel marin, et en apparence proportionnellement à leurs effets sur la chair. Le nitre seul ne réussit point, et, quoique quatre fois plus efficace que le sel marin pour conserver la chair, il lui est cependant inférieur lorsqu’il s’agit du fiel, et beaucoup plus faible que le sel ammoniac, qui n’a pas tout-à-fait autant de vertu que le nitre pour conserver la chair. Le nitre fut bientôt dissous par le fiel , et il en sortit une grande quantité d’air, comme d'une liqueur en fermentation , et lorsque cela arriva , le fiel avait commencé à se putréfier (1). Mais la mixture saline n’engendra point d'air, et s’opposa davantage à la putréfaction du fiel qu’elle ne fit à celle de la chair.