‹ Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisonsChapitre 46 sur 117 · EXPÉRIENCE XXII · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE XXII

J’examinai les mouches cantharides, les vipères desséchées, et le castoreum de Russie réduits en poudre, qui sont des substances animales, et que je m’at-

(1) On a conservé ce même morceau de viande plus d’un an et demi après la lecture de ce mémoire, sans qu’il se soit corrompu. On ne l'a pas examiné depuis ce temps-Ià.

(2) On doit remarquer qu’en faisant cette expérience, je ne fis point alors attention à une fermentation qui suivit cl qui fut la cause de l’acidité. Cette espèce de fermentation entre les substances animales et les végétales, qu’on a jusqu’à présent négligée, fera le sujet du mémoire suivant.

tendais par celle raison à trouver septiques. J’éprouvai d’abord les mouches avec du bœuf frais et de la sérosité de sang humain, les vipères avec du bœuf seulement, mais ni l’une ni l’autre de ces substances ne hâta la putréfaction.

Quant au castoreum, bien loin de l’exciter, douze grains seulement en infusion y résistèrent plus que l’étalon.

EXPÉRIENCE XXIll.

N’ayant trouvé aucunes substances septiques où l’on devait principalement s’attendre à en trouver, j’en découvris quelques-unes qui ne paraissaient pas devoir l’être, telles que la craie, les testacées, et le sel commun. — On mêla vingt grains d’yeux d’écrevisses préparés avec six gros de fiel de bœuf et autant d’eau, et l’on mit seulement dans une autre fiole même quantité de fiel et d’eau. Les deux fioles ayant été placées au fourneau, la putréfaction parut beaucoup plus tôt dans celle où était la poudre absorbante que dans l’autre. Je mis aussi infuser trente grains de craie préparée , que je plaçai au même fourneau, avec la quantité ordinaire de viande et d’eau (1), et ayant secoué la fiole de temps en temps, je remarquai que ce mélange non-seulementse trouva plus tôt corrompu, maisencoreque cette putridité fut plusforlequ’à l’ordinaire ; et, ce qui n’était jamais arrivé auparavant, cette viande fut dissoute en quelques jours en un parfait mucilage. Je réitérai cette expérience, et elle fut suivie du même efï’et, ce qui me parut si extraordinaire, que je soupçonnai que quelque substance corrosive s’élait trouvée mêlée avec la poudre. Pour en avoir la preuve, je fis piler un morceau de craie, j’en essayai trente grains, qui parurent aussi septiques que les premiers. Je comparai la même poudre avec une quantité égale de sel d’absinthe, et l’on prit soin de les mêler également.

Mais, après trois jours d’une digestion chaude, le sel n’avait ni gâté, ni amolli la viande, tandis q?;e la craie l’avait pourrie et consumée. Les effets des teslacées en poudre de la pharmacopée ne furent pas moindres. Mais les coques d’œuf parurent résister dans l’eau à la putréfaction, et conserver la viande plus

(1) Savoir de viande deux gros, et d’eau deux onces.

TRAITÉ

long-temps que l’eau seule ne le faisait (1).

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