CHAPITRE III
1ELATION GÉNÉRALE DES MALADIES AUX- QUELLES LES TROUPES FURENT SUJETTES PENDANT LA CAMPAGNE DE 1743, EN ALLEMAGNE, ET L'HIVER SUIVANT, EN I FLANDRE.
Le terrain, quoique naturellement •on , n’était pas encore parfaitement sec. lalgré la chaleur des jours, les nuits e laissaient pas d’être froides, et conensaient les vapeurs. Ces vicissitudes e chaud et de froid , jointes à l’hiuniité inséparable des tentes, ne pouvaient u'aftècter la santé des troupes qui failient leur première campagne. Ainsi, y eut beaucoup de maladies inflammaûres. — On ouvrit \' hôpital volant à ied, village dans le voisinage du camp ;
1 trois semaines, on y reçut environ 3UX cent cinquante malades. Lorsqu’ils • irentélé réduits à deux cent vingt, on '■ ngea les maladies par classes, delà ‘ anière suivante : pleurésies et périleumonies, soixante et onze; rhumatisl'i es avec plus ou moins de fièvre, cin- J lante et un; fièvres inflammatoires, ns douleur de rhumatisme ou pfeuréc*!iues, vingt-cinq; fièvres inlermittens, trente; toux violentes sans fièvre.
(l)Petiie villedel’élecioraideMiij^eaçe.
neuf ; rhumes anciens et consomptions, sept. Les autres avaient un flux de ventre, ou quelques symptômes inflammatoires, dilïérents de ceux dont on vient de parler ; et quelques personnes, légèrement incommodées, restèrent dans le camp. Les fièvres intermittentes et les flux de ventre furent aussi accompagnés de quelque peu d’inflammation. — Tel fut à peu près le premier état des maladies du camp. Car les nuits étant encore froides et la terre humide, il est aisé de concevoir que des hommes qui couchent sous des tentes, sans rien avoir pour se couvrir, ont beaucoup à souffrir. Les soldats d’ailleurs sont souvent exposés à la pluie, et ne peuvent faire sécher leurs habits; d’autrefois, ils se couchent sur l’herbe faute d’occupation, et dorment au soleil dans la saison la plus chaude. — De là vient que les maladies , depuis que l’on commença à camper jusqu’après le solstice d’été, ont été presque toujours inflammatoires. Les flux de venire, les fièvres rémittentes et intermittentes n’ont jamais été générales durant ce période, et celles qui se rencontrèrent ont été rarement sans quelque inflammation. — La cavalerie n’eut pas, à beaucoup prè*s. autant de malades, et l’on remarque que dans les camps, elle en a toujours moins à proportion; car le soin des chevaux donne aux cavaliers un emploi aisé, mais continuel; leurs manteaux les garantissent de la pluie, et leur servent de couvertures pendant la nuit. Pour les officiers, ilsjouissaient tous d’une sauté parfaite, comme c’est assez l’ordinaire dans
la première partie d'une campagne.
Le 22 juin, l’armée marcha à (1) Aschafïembourg, où elle campa dans un endroit sec et aéré. On laissa cinq cents hommes à l’Iiopilal, de sorte qu’en cinq semaines, la proportion des malades, au, total , fut d’environ un à vingt-neuf.
Avant ce mouvement des troupes, la maladie avait diminué sensiblement, et elle continua toujours à baisser dans le nouveau camp ; car les plus faibles étaient déjà dans l’hôpital, et le reste commençait à s’accoutumer aux fatigues de la campagne. Ajoutez à cela qu’il faisait alors chaud pendant la nuit, et qu’il n’était point tombé de pluie qui pût mouiller les habits des soldats, ou rendre humide la terre sur laquelle ils couchaient.
(1) Ville d’Allemagne sur le Mein, appartenant à i'éleçteur de Mayence.
Le 2G, sur le soir , on plia les tentes ; rariiiée marcha toute la nuit, et le lendemain matin se donna la bataille de Dettingen. La nuit suivante, les troupes couchèrent sur le champ de bataille sans tentes, exposées à une grande pluie. Le lendemain, elles marchèrent à Hanau, où elles campèrent dans une campagne ouverte et sur un bon terrain , mais alors mouillé ; et elles n’eurent point de paille la première nuit et peut-être même la seconde aussi. Ces accidents occasionnèrent un changement subit dans la santé des soldats. Car l’été avait commencé de bonne heure, et les chaleurs jusqu’alors avaient été grandes et continuelles ; mais il paraît que la transpiration libre et non interrompue avait empêché qu’elles ne produisissent quelque maladie générale. Les pores s’étant ensuite subitement bouchés, le corps se refroidit, et les humeurs tendant à la dissolution, à cause des chaleurs précédentes, se jetèrent en cet état dans les intestins, et occasionnèrent une dysenterie qui continua une grande partie de la saison. Dans l’espace de huit jours après la bataille, il y eut cinq cents personnes attaquées de cette maladie, et en quelques semaines , près de la moitié des troupes l’avait ou venait d’en relever. Elle n’épargna point les officiers, mais elle ne lut pas aussi commune parmi eux. Elle se fit d’abord sentir à tous <^eux qui se couchèrent tout mouillés à Dettingen, et les autres la gagnèrent par contagion. — La dysenterie, celle maladie épidémique qui arrive si fréquemment dans les camps, et qui leur est si funeste , commença plus tôt cette campagne que dans aucune des suivantes. Comme elle ne paraît guère avant la lia de l’été ou le commencement de l’automne,, on en attribue ordinairement la cause à des excès de fruits. Les eirconstances suivantes contredisent celte opinion; la dysenterie commença, et fit le plus de ravage avant la saison des fruits, si l’on en excepte les fraises , dont les soldats ne goûtèrent pas à cause de leur cherté, et elle finit vers le temps que le raisin est mûr, quoique chacun en mangeât tant qu’il voulut, les vignobles étant ouverts de tous côtés.
Ajoutons à cette observation l’évéqement dont voici les détails. Trois com^iagnies du régiment d’Howard , qui b’avaient point joint l’armée, marchèrent, avec le bagage du roi , depuis Ostende jusqu’à Hanau; elles y arrivèrent une
nuit ou deux avant la bataille , et ayant ' reçu ordre de s’arrêter, elles campèrent, ’ pour la première fois , à une petite dis- ! tance du terrain qu’occupa depuis l’ar- 1 mée. Ces soldats n’avaient point été ^ exposés à la pluie et ne s’étaient point ^ couchés mouillés. Par cette séparation * des lignes, ils se trouvèrent pareillement éloignés de la contagion des privés, et J ayant établi leur camp sur le bord de la ^ rivière, ils jouirent d’un courant d’air continuel. Au moyen de ces circonstances favorables, on remarqua que, tandis que l’armée souffrait le plus, ce petit * camp échappa presque entièrement à la ^ maladie (1), quoique la nourriture fût la ^ même, qu’il bût de la même eau, et qu’il ^ respirât le même air, si l’on en excepte ^ la portion infectée. H continua à en être “ exempt pendant six semaines , jusqu’à ce que les troupes étant décampées de Haiiau, il se joignit au gros de l’armée , et I campa dans les lignes. Il fut alors attaqué de cette maladie; mais comme elle. ^ était sur son déclin, il en souffrit peu. — La dysenterie continua tout le mois de juillet et partie du mois d’août ; elle fut ^ entretenue par la chaleur du temps et le mauvais air du camp. Les chaleurs revinrent bientôt après les pluies donl j’ai parlé plus haut, qui avaient rafraî- ^ chi l’air, et elles furent si considérables ^ pendant quelques semaines , que les hu i ^ meurs qui n’étaient déjà que trop disposées à recevoir l’infection, le furent en-: ® core davantage. Il paraît que la mauvaist ^ paille et les privés servirent surtout à , c*
entretenir le mal, puisque aussitôt qui nous eûmes quitté ce terrain , il diminua sensiblement. — Le nombre dei maladies ne fit qu’aggraver les symptô< mes, comme c’est l’ordinaire dans la pe tite vérole, la peste, et dans toute autn maladie putride et contagieuse. Mais l dysenterie est surtout funeste dans le hôpitaux trop remplis, où les exhalaison corrompues, étant resserrées etaccumu lées, sont portées à' un grand degré d malignité. Cette même maladie en fourni un exemple fatal. — On choisi, pour servir d’hôpital le village de Fecr kenheim, environ à une lieue du campjifiJ On y envoya du camp, pendant le séjou que l’armée fit à Hanau, autour de quir ze cents malades, sans compter les blés
(1) Je n’ai entendu parler que d’u seul homme qui ait été attaqué d'un flu " de §ang.
SUR LES maladies
, isës, et de ce nombre, la plus grande par- : tie avait la dysenterie. Au moyen de . quoi Tair se corrompit à un tel point ,
. que non-seulement le reste des malades itJjeul la dysenterie, mais encore lesapotliiifiicaires, les garde-malades , et autres perfj! sonnes employées dans les hôpitaux , en il jfurent pareillement attaqués avec la plus grande partie des habitants du village.
1, ill s’y joignit encore une maladie beauijjjcoup plus formidable, je veux dire la )U\fièvre d’hôpital ou de prison, suite oruiidinaire d’un air infecté parla corruption ^animale et par une trop grande quantité Jde personnes resserrées dans un même ■endroit. Ces deux maladies combinées '|;occasionnèrent une grande mortalité Jjdans ce village parmi les habitants , de Jraême que parmi les soldats ; tandis que Jd’un autre côté , ceux d’entre nous qui j^leurent la dysenterie, et qu’on ne transe^lporta pas hors du camp, quoique dépouri.'jvus d’ailleurs de toutes les commodités Mdont jouissaient ceux qui étaient dans .lies hôpitaux, se virent exempts de ceti| te fièvre et recouvrèrent la plupart la \ santé.
( Le 16 d’août nous décampâmes de Hau nau , et nous allâmes à Wisbaden, où ,g nous fûmes joints par quatre bataillons 4 nouvellement arrivés d’Angleterre. Le It 23 , nous traversâmes le Rhin , et le 30 jdu même mois, nous campâmes à Worms,
IJ lie long de la rivière , et nous y séjourj Inâmes jusqu’au 25 septembre. Tous ces i campements se firent sur un terrain sec ( et dans un pays ouvert. — Le mois d’août iiijfut toujours chaud , sec et sans brouil-
Î lards ; le beau temps continua le reste de l’automne. La chaleur seule diminua, et il y eut des rosées abondantes, comme il est ordinaire dans cette saison. Sur la fin d’août, quoique les jours fussent tou- ;|ljours chauds , les nuits devinrent froi- [(îdes, et au commencement d’octobre, le jijfroid fit de si grands progrès , que les jjf^campagncs étaient, le matin, quelquefois ijCouvertes de gelée blanche. — Depuis i^le temps qu’on décampa de Hanau, la Jdysenterie diminua d’une manière si sen- Jsible, qu’on ne peut en attribuer la cause jijqu’au changement d’un camp devenu fort Jmalsain par l’infection des privés , la «putréfaction de la paille , et toutes les Jlautres ordures qu’un long séjour ne Tmanque jamais d’y occasionner. Lorsque -«'îl’armée traversa le Rhin , les soldats atillaqués de la dysenterie ne composaient I guère que le tiers des malades , quoique ûlpeii de temps auparavant cette maladie
fût presque la seule. Un mois après, elle se fit à peine remarquer, si ce n’est dans un petit nombre qui , n’ayant point été guéri parfaitement, ou ayant pris du froid, ou enfin faute de régime , éprouva une rechute.
Vers le milieu du mois d’août, lorsque la dysenterie était sur son déclin, il parut une nouvelle maladie qui augmenta tous les jours, tant que les troupes restèrent en campagne. C’était une fièvre rémittente ; les paroxysmes revenaient tous les soirs, accompagnés d’une grande chaleur, d’une soif ardente, d’un mal de tête violent, et souvent d’un délire. Ces symptômes duraient la plus grande partie de la nuit, mais ils diminuaient le matin avec une sueur imparfaite , quel- • quefois avec une hémorrhagie de nez, ou avec un cours de ventre. L’estomac était fort incommodé, dèsles commencements , par des nausées , des oppressions , et de fréquents vomissements bilieux et putrides. Si l’on manquait à évacuer , ou qu’on ne le fît pas abondamment, le malade tombait dans une fièvre continue , et quelquefois il devenait jaune, comme dans la jaunisse. Lorsque la saison fut bien avancée, et les froids plus fréquents, cette fièvre fut accompagnée de toux, de douleurs de rhumatisme et d’un sang couenneux. Les officiers s’en sentirent moins que les soldats , parce qu’ils n’étaient pas si exposés au froid , et, par la même raison, la cavalerie qui avait des manteaux pour s’en garantir pendant la nuit fut moins incommodée. Des gens qui étaient aussi de l’armée, mais qui se trouvaient en quartiers, en furent d’autant moins attaqués , qu’ils avaient été fort peu exposés aux chaleurs, aux vapeurs nocturnes et aux autres fatigues inséparables du service. Je distinguerai dorénavant cette autre maladie épidémique , commune dans les armées, par le nom de fièvre rémittente d^ automne , et de fièvre intermittente des camps. — Dans le cours de la dysenterie et de cette fièvre, plusieurs rendirent des vers ronds , et ce même symptôme s’est rencontré chaque campagne dans ces deux maladies. Mais on ne doit pas pour cela s’imaginer que les vers soient la cause de la fièvre ou de la dysenterie (1); tout ce qu’on peut penser est qu’étant joints à l’une ou à l’autre, ils la rendent plus dangereuse. — Le 25 septembre, l’armée
(1) Voyez chap. premier, p. 7.
rnarclia à Spire. Il ne s’y trouvait plus, il est vrai , de dysenterie , mais les fièvres rémiltejites faisaient tous les jours «le nouveaux progrès. Les troupes retournèrent le 13 octobre; le temps avait changé; il fit froid et il plut beaucoup pendant la marche : cela causa tant de maladies dans ce peu de temps, qu’à leur retour on envoya plus de huit cents hommes à l’hdpital, la plus grande partie malades de cette fièvre.
Trois jours après l’armée gagna Biberio, et, rompant son cagip, elle retourna dans le Pays-bas, en difféientcs divisions. Le temps fut extrêmement favojable pendant la marche , et il continua ainsi pendant un mois. Le’s soldats ayant toutes les nuits de bons logements, il en tomba si peu de malades, que nos Irou- ])es arrivèient à leurs garnisons respectives sans presque perdre un seul homme. — Mais on laissa trois mille malades en Allemagne, partie à Feckenlieim près de Hanau , et partie à Osthoven et à Becblheim , deux villages dans le voisimage de Worms. On a déjà fait meulion (t) de l’état où se trouvaient ceux de Feckenlieim : la fièvre d’hôpital et la dysenterie y continuèrent avec violence, peu de per.somies en échappèrent.
Car, quehfue favorable ou quelque maligne que fut la dysenterie, pour la guérison de laquelle on envoyait quelqu’un h l’hôpital , cetle fièvre survenait presque toujours. Les taches pétéchiales, les pustules, les parotides, les fréquentes mortifications , sa qualité contagieuse et la grande mortalité, firent voir qu’elle était de la nature de la peste. De quatorze aides employés auprès des malades, on cil perdit cinq, et si l’on en excepte un ou deux , les autres avaient été fort mal et en danger. Près de la moitié des malades mourut dans riiôpital ; les habitants du village ayant gagné d’abord la dysenterie, et la fièvre ensuite par contagion, ils périrent presque entièrement.
— Les deux hôpitaux près de Worms étaient dans un meilleur état. Les malades s’y trouvaient plus au large; ils y avaient été envoyés dans une saison plus fraîche, et les maladies étaient plu.s bénignes. Mais un hôpital général ayant été établi à IXexvied, et les malades y ayant été transportés de leurs quartiers différents, en leur faisant descendre le Khin, le changement d’air soulagea d’a-
(1) Cliap. III, p. 20.
bord , il est vrai , ceux de l’hôpital de j Feckenlieim; niais les autres, qui avaient ÿ été mêlés avec eux , gagnèrent l’infec- ijri tûin , et la circonstance suivante ne fit ’C' que la rendre plus générale et plus fu- ^ neste. Car, des ordres étant venus peu Æ de temps après pour transférer tous les y malades d’Allemagne en Flandre, on les Ift embarqua dans des belandes (1), et on les transporta par eau à Gand, où ils n’arri- k vèrent que vers le milieu de décembre, |ii Dans ce voyage ennuyeux, la fièvre ayant !]) pris de nouvelles forces, ]>ar l’air enfermé | et resserré des belandes, par les niorlifi- ffi cations et autres émanations putrides, elle parvint à un tel degré de virulence h et de malignité, qu’il en périt plus de la moitié dans les bateaux et plusieurs au- |si très peu de temps après leur arrivée. On |1) peut encore démontrer davantage la res- . ir semblance de celte maladie avec une vé- . p rilable peste, par l’événement suivant.* c On mit à bord des mêmes vaisseaux qui i portaient les malades, un paquet de vieil- . s les tentes, qui leur servirent de couver- I turcs de lit. Ces tentes ayant besoin de 1 réparation, on les mit entre les mains y d’un ouvrier de Gand. Il employa vingttrois compagnons pour les mettre en état. Mais ces infortunés se virent bientôt saisis de la maladie, qui en enleva dix-sept, quoiqu’ils n’eussent communi- ^ qué d’aucune autre manière avec les per- ji sonnes qui en étaient attaquées. , 1
Le.s hommes qu’on laissa dans les bô-< f pitaux, à la fin de la campagne, étaient, 'j à ceux qui parvinrent sains et saufs à leur i garnison, comme trois à treize. — On as-i I signa aux troupes, pour quartiers d’hiver, ' Gand, Bruges, Ostende et Bruxelles;,] celte dernière ville est la plus élevée et, | la mieux aérée. Mais en hiver, comme il | y a fort peu d’exhalaisons, et par conséquent nulle humidité dangereuse répan- p, due dans l’air, la situation de la ville im-, h porte peu. La seule attention est d’avoir L des casernes chaudes et sèches, et du feu ;jj suffisamment. Les meilleurs quartiers .Kj étaient à Bruxelles, et en conséquence la maladie n’y fit pas, à beaucoup près, ijj tant de ravage qu’à Gand et à Bruges, i[|, oii riiumidilé des casernes, jointe à quelques restes des indispositions de la cam- | pagne précédente, occasionna defré-Jj| queutes maladies au commencement de^j l’biver. Quoique les troupes retournas- |
(1) Belande ou bilande, sorte de petit vaisseau flamand.
SLR LES MALADIES DES ARMEES* 28
►lent en Flandre en apparence en bonne lianlé, cepemlaiiit, bientôt après leur ar- Ijivée, plusieurs soldats se sentirent inlioinmodés de fièvres rémillenles, accom- ^jiagnées de symptômes inflammatoires.
i|)n vit par là que le germe de cette fièrre pouvait se tenir quelque temps reniiermé dans le corps, et se montrer ensuite J ont à-coup, suivant les occasions , avant :,[ue les gelées eussent rétabli le ton des îinlestins , qu’elles eussent fortifié le tem- )érament et purifié la masse du sang.
,1 C’est pourquoi ces fièvres rémittentes ’urent, au commencement de l’hiver, la Jjnaladie dominante des garnisons, et en- Jf.uite les jaunisses sans fièvre. A Bruxel- ;cs. où les casernes étaient chaudes et ! èches, les fièvres furent en petit nomi>re et la jaunisse rare ; mais elles devini|-ent toutes les deux fort nombreuses à 4jand et à Bruges. La fièvre ne continua üî’.epcndant que fort peu de temps, car elle | lisparut au mois de décembre, et ne fut Imivie que par des toux et des inflammai-ions provenant du froid, de meme que ’hiver précédent. — Il ne parut aucune naladic épidémique au printemps. A l’exception des rhumes, il n’y eut d’au- Ire maladie que la fièvre contagieuse qui vint d’ Allemagne, et qui continua dans i’hôpital de Gand. Elle se fit sentir plus l’aibiement à Bruges dans les infirmeries I les régiments, qui étaient trop remplies uliorsque les troupes entrèrent dans leurs quartiers d’hiver.