‹ Observations sur les maladies des armées dans les camps et dans les garnisonsChapitre 64 sur 117 · EXPÉRIENCE XLVII · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE XLVII

On regarde communément la moelle comme la substance qui affecte le plus l’odorat quand elle est corrompue ; peutêtre par la seule raison que les os cariés sont pins fétides que les autres ulcères. Mais, quoi qu’il en soit , je suis porté à croire par l’expérience suivante , que la moelle en général doit se putréfier trèslentement. Je mis une égale, mais petite quantité de moelle de bœuf dans deux grandes fioles ; j'ajoutai à l’une des yeux d’écrevisses préparés. Ces fioles étant bien bouchées, je les plaçai auprès d’un feu entretenu pendant tout le jour dans une chaleur suffisante pour fondre la moelle, c’est-à-dire au-dessus de cent degrés du thermomètre de Fahrenheit , et je les y laissai près de cinq semaines. Cependant, au bout de ce temps , je ne m’aperçus d’aucune odeur désagréable dans la fiole où il n’y avait que de la moelle, et l’autre avait une légère odeur

rance ■— Je conjecture, d’après cette expérience, qu’on ne doit point attribuer à la moelle l’odeur fétide d’un os carié , puisque la corruption de cette substance tend plutôt à une odeur rance qu’à une odeur cadavéreuse. Je suis , par cette raison , tenté de rapporter cette odeur forte à l’une des deux causes suivantes, ou à leur combinaison. La première peut venir de la porosité de l’os qui retient la matière corrompue plus long-temps qu’un ulcère ordinaire ; la seconde vient de l’écoulement constant des vaisseaux, qui portent la partie rouge du sang, qui, une fois rompus dans une substance osseuse, ne se resserrent pas aussi aisément que dans un ulcère ordinaire , et nous avons vu que la partie rouge du sang est susceptible d’un degré de corruption plus fort que la séreuse.

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