IX. - Itinéraire de Ntenké au Mont Kambobé
Nous suivons d'abord la route qui mène à Katanga (voir pp. 61 et suiv.) puis, avant le village de Kapélembé, nous prenons un chemin qui nous conduit vers le nord. Sur les collines de la rive droite du Dichimfu, se montrent des schistes altérés, jaunes et des schistes bréchiformes. avec beaucoup de quartz blanc, puis des grès rouges, imprégnés de magnétite et des schistes gris, tendres. Toutes ces roches rappellent beaucoup celles des collines de Difcakata (v. pp. 100 et suiv.).
Nous traversons le Dichimfu, en amont de Kapélembé; il coule sur des schistes argileux, durs, gris, en bancs épais. Au-delà, le lit d'un ruisseau montre des schistes gris, peu durs, orientés N.-65°-W. ; les même roches se représentent, de nouveau, un peu plus loin. On trouve de gros blocs de quartz blanc à la surface du sol.
Nous arrivons au village de Mutoalé, sur le ruisseau Konkiléka.
Dans le lit du ruisseau, se montrent des alternances de schistes argileux, gris bleu, assez durs,et de grès gris bleu, à grain fin, durs, finement micacés ; les couches sont orientées N.-35°-W. et inclinées de 45° vers l'E.
En amont, on trouve quelques blocs de grès rouge, qui parait être le précédent à l'état d'altération.
A environ deux kilomètres au nord du ruisseau Konkiléka, on rencontre, sur le sol, des blocs de grès à gros grains quartzeux, unis par un ciment de kaolin ; c'est une sorte d'arkose altérée.
Un peu plus loin, on trouve des blocs peu volumineux de grès blanc ou rougeâtre, paraissant être des quartzites altérés, en même temps que des blocs de schistes rouges et de schistes gris noirâtre.
Les blocs de quartzites altérés, analogues à ceux du Lufubo, sont probablement les galets d'un poudingue.
Nous traversons la rivière Mussénia; sur la rive droite, on trouve des blocs d'oligiste lamellaire, accompagnée de quartz blanc.
A quatre kilomètres au nord, on voit affleurer des schistes argileux, rouges, dirigés N.-80°-E. A deux kilomètres et demi au-delà, se montrent, dans le lit du ruisseau Musolu, des schistes argileux, gris et, quatre kilomètres et demi plus loin, on rencontre, sur le sol, de gros blocs de quartzite gris, très dur et des fragments d'oligiste lamellaire. A trois kilomètres plus au nord, on voit de nouveau des schistes rouges, puis, sur le flanc de la profonde vallée de la rivière Kamuchi, affleurent des schistes argileux et des grès rouges, dirigés N.-60-W. Un peu au-delà, on arrive à la vallée de la Panda; la rivière roule des galets de quartz, de grès et de schistes divers. Des grès et des schistes altérés se montrent sur le flanc nord de la vallée.
A un kilomètre au nord de la Panda, on rencontre un bel affleurement de schistes plus ou moins siliceux, durs, généralement brun jaunâtre, ou zones de gris et de rouge foncé; ils rappellent beaucoup certains schistes de la colline de Ditakata, près de Ntenké. Les couches sont verticales et orientées N.-60°-W. Je les rapporte au système de Moachia.
Après avoir traversé le ruisseau Kitulu, nous cheminons vers l'ouest, en marchant sur un plateau allongé, qui sépare sa vallée de celles de la Mbulissa et de la Lumigina. On y rencontre des blocs de schistes rouges, tendres, fissiles, puis de schistes noirâtres, moins fissiles, altérés en jaunâtre ou rougeâtre. Ces dernières roches rappellent beaucoup les schistes du système de Katété.
Bientôt, se montre, vers la gauche, une colline conique isolée, le Mont Kitulu ; nous retraversons la vallée du ruisseau Kitulu et nous arrivons au pied de la colline, en marchant sur les schistes noirâtres, que je viens de signaler.
Le Mont Kitulu renferme un important gisement de malachite, qui a été l'objet d'une exploitation importante. Malheureusement, je n'ai pu en faire qu'une étude très rapide.
Les roches de la colline sont des schistes durs, siliceux, blanchâtres et des quartzites gris, vers l'ouest; vers l'est, des quartzites blancs, tantôt compactes, tantôt caverneux. La malachite se rencontre, dans ces roches, en imprégnations, enduits, remplissages de fissures et de cavités. Les quartzites cuprifères ont pris un aspect bréchiforme. Les couches du Kitulu sont à peu près verticales et dirigées N.-70°-W. Ces schistes siliceux et ces quartzites caverneux sont identiques aux roches du Mont Kambobé; je les rapporte au système de Moachia.
Du sommet du mont Kitulu, en jetant un coup d'œil
sur le pays qui l'entoure, on constate que cette colline fait partie d'une rangée de hauteurs isolées, alignées N.-80°-E.,dont les sommets dénudés tranchent nettement sur l'océan de feuillage qui, vu de cette hauteur, semble couvrir tout le pays. D'après ce que nous ont affirmé nos guides, toutes ces collines renferment des gisements de malachite.
Dans la direction N.-40°-E., on aperçoit, du haut du Kitulu, une haute colline conique, semblant faire partie d'une rangée parallèle à la précédente. C'est le Mont Kalabi, visité en 1884 par Capello, et renfermant aussi des gisements de malachite exploités. D'après le voyageur portugais, la malachite s'y trouve u imprégnant des schistes et empâtée dans du quartz. ., A côté, on trouve u de la limonite, des quartzites ferrugineux, des (juartzites gris, etc. Du jaspe rouge se trouve aussi dans les environs ('). „ Ces indications permettent de conclure que le gîte du Kalabi est de même nature que celui du Kambobé et du Kitulu; il est dans les couches du système de Moachia.
Du Mont Kitulu, nous rejoignons notre route d'arrivée, puis nous poursuivons notre marche, en nous avançant d'abord vers le sud-ouest et recoupant ainsi les couches qui passent par le Kitulu. On rencontre, d'abord, des quartzites caverneux , avec oligiste et magnétite, puis des schistes siliceux, durs, phtani tiques, puis des schistes gris bleu, ensuite des schistes durs, gris jaunâtre et,plus loin, des schistes rouges, tendres. Aux endroits où la position des couches est visible, je relève la direction N.-70°-E. et une inclinaison de 25 à 35" vers le sud-ouest. La plupart de ces roches se rencontrent dans les couches du système de Moachia.
(*) CAPtLLO et (VENS. De Angola a contra-coxta, t. II, p. «9.
Puis, la route change de direction et l'on marche à peu près vers l'ouest, dans une large vallée évasée, sur des schistes très feuilletés, noir bleuâtre ou verdâtre, en couches verticales et dirigées à peu près est-ouest. La vallée est bordée, au sud, par une longue crête continue, terminée, du côté du nord, par un haut escarpement, constitué par des bancs, paraissant verticaux, d'un calcaire bleu foncé, siliceux et légèrement argileux (fig. 19).
Fig. 49.
Coupe prise entre le Kitulu el le Kambobë.
Nous côtoyons, sur quinze cents mètres environ, cette falaise calcaire, puis nous prenons la direction nordnord-ouest, vers le Mont Kambobé. Au bout de cinq kilomètres, on traverse le ruisseau Kambobé; sur la rive droite, se montrent des schistes gris, fortement altérés, puis, après une longue marche sur un plateau régulier, ne présentant aucun affleurement, on rencontre des blocs de schistes rouge brun, analogues à ceux du système de Katété. On arrive bientôt devant le versant sud-est du Mont Kambobé.
Le lit d'un ruisseau, qui coule dans un petit ravin, au pied de ce versant, montre une coupe fort intéressante. D'abord, sur le flanc gauche du ravin, se trouvent des affleurements peu visibles et des blocs isolés de schistes siliceux, durs, blancs, de quartzites caverneux, criblés de petites cavités octaédriques, d'oolithe siliceuse, etc.
Dans le lit même du ruisseau, affleurent une série de
couches, dirigées N.-50°-W.. inclinées de 45° vers le S. et présentant, d'amont en aval, la succession suivante :