‹ Observations sur les terrains anciens du Katanga faites au cours de lChapitre 27 sur 51 · LIÈGE · texte numérisé non relu

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Des portions de ces régions sont occupées par des terrains rattachés à l' Archéen, accompagnés de massifs granitiques parfois très étendus. Sur des espaces considérables, surtout dans les parties périphériques du bassin du Congo, règne un ensemble de formations primaires divisible en plusieurs systèmes en discordance entre eux et d'autant plus fortement plissés qu'ils sont plus anciens. Vers le haut de cette série, les plissements s'atténuent et le Primaire se termine par des grès et des schistes rouges, avec des conglomérats et des calcaires, en épaisses assises relativement peu dérangées. Ce sont mes Couches du Kundelungu.

Les massifs primaires, qui ont dû constituer autrefois des reliefs prononcés, ont été réduits, oommd les régions archéennes et granitiques, à des plateaux surbaissés, œuvre de longues érosions continentales.

En discordance sur tous les terrains plus anciens, depuis l'Archéen jusqu'aux Couches du Kundelungu, s'étend une formation puissante de grès peu cohérents, accompagnés, dans certaines régions, de schistes argileux, tendres. Ces assises, que je considère comme d'origine continentale et dont j'ai fait mon Système du Lubilache, occupent d'immenses étendues dans le bassin du Congo et présentent une allure relativement très régulière.

Les formations secondaires et tertiaires d'origine marine font, dans l'état actuel de nos connaissances, absolument défaut dans l'Afrique équatoriale et australe, en dehors de la région côtière, où elles sont représentées par des dépôts jurasiques, crétaciques et tertiaires. Ces couches ne s'étendent pas, du côté occidental, au-delà de la bordure basse péricontinentale, mais elles pénètrent assez loin dans l'intérieur de l'Afrique orientale.

A cette absence de bassins de sédimentation marine d'âge secondaire ou tertiaire, correspond, dans toute cette partie de l'Afrique, une absence pour ainsi dire absolue de plissements post-primaires.

Depuis les mouvements orogéniques qui ont, au sud du Sahara, disloqué les terrains primaires les plus récents, le sol de l'Afrique

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n'a plus subi de plissements proprement dits f 1 ). Ha résisté aux tensions tangentielles de l'époque tertiaire qui, dans l'Eurasie et les Amériques, se sont traduites par l'érection d'énormes bourrelets montagneux.

Par contre, les déplacements verticaux se sont manifestés en Afrique, avec une puissance remarquable, depuis l'époque secondaire jusqu'à des temps très rapprochés de nous.

Les plus importants de ces mouvements sont ceux qui ont isolé l'Afrique dans ses contours actuels. Le continent montre, en maints endroits du pourtour, les cicatrices laissées par l'effondrement de la plus grande partie de l'ancien Continent austral. Ces phénomènes se sont répartis sur une période très longue. Aux latitudes de la Colonie du Cap, ils ont eu lieu après le dépôt des Couches de Stormberg, et des dépôts marins néo-jurassiques sont connus le long de la côte orientale, depuis la Colonie du Cap (Couches de Sunday River à Trigonia ventricosa) jusqu'en Abyssinie. D'autre part, la mer secondaire n'est arrivée sur le littoral du Gabon qu'à l'époque de Schlœnbachia inflata.

Sur la surface même du plateau africain, de vastes régions se sont affaissées, amenant la formation de dépressions destinées à devenir les grands bassins hydrographiques de l'intérieur.

Une troisième catégorie de dislocations é dues aux tensions radiales consiste dans la production de gigantesques fractures, orientées dans des directions voisines du méridien et délimitant des zones allongées qui sont descendues entre les lèvres de failles sensiblement verticales. Les unes se rapprochent de la forme schématique du « Graben » simple; les autres sont plus compliquées, tout en ne cessant pas d'affecter une disposition en zone et une direction méridienne.

En 1891, M. E. Suess, utilisant les résultats acquis à cette époque et particulièrement les documents rapportés par M. L. von Hôhnel de l'expédition du comte S. Toleki, a donné, de ces dislocations dans l'Afrique orientale, une admirable description et une synthèse

\ f ) Dans la Colonie du Cap, les Couches de Beaufort, rapportées au Trias, sont intéressées par les plissements du Système du Cap, antérieurs, en tous cas, aux Couches de Stormberg, qui sont liasiques (Voir S. Passarge. Die Kalahari,pp. 5? et suiv.).

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lumineuse (M- Les explorations plus récentes et des levés détaillés, tel que celui du chemin de fer de l'Uganda, ont confirmé d'une façon éclatante les vues d'ensemble de l'illustre géologue de Vienne et ont montré leur application intégrale au grand Graben de l'Afrique centrale, où s'alignent les lacs Tanganyika, Kivu, Albert-Edouard et Albert (*). On sait aujourd'hui que, du voisinage de la région côtière jusqu'au Tanganyika, le sol du vieux plateau africain est traversé dans le sens nord-sud par une série de dislocations grandioses dont les plus importantes sont précisément celles du Graben central ou du Tanganyika et le grand Graben est-africain que la mer rouge, le golfe d'Akaba, la vallée du Jourdain, etc. prolongent vers le Nord jusqu'au contact des premiers plis tertiaires du système eurasiatique.

Il semblerait donc, d'après ce qui précède, que le morcellement méridien du sol de l'Afrique se soit arrêté au Tanganyika et que la région qui s'étend à l'Ouest, c'est-à-dire le bassin du Congo, ait été exempte de ces dislocations qui ont découpé toute la partie orientale du continent.

Nous allons montrer, au contraire, que Ton trouve dans l'intérieur du bassin du Congo, à l'ouest du Tanganyika, des dislocations du type des Graben qui le cèdent à peine en importance transversale, sinon en extension nord-sud, aux accidents analogues situés sous les longitudes plus orientales.

Si l'on jette les yeux sur une carte du bassin du Congo et que l'on examine la direction générale des cours d'eau, on ne peut manquer d'être frappé par l'orientation que présentent les rivières dépendant du bassin hydrographique du Kassai, depuis leKwango à l'Ouest jusqu'au Luembe à l'Est. Sur une étendue de 75o kilomètres en longitude et une distance de 65o kilomètres du Sud au Nord, on voit douze ou quinze rivières importantes, dont plusieurs

(*) E. Suess. Die Bruche des ostlichen Afrika. Denks. d. k. k. Ak. d. W. Wien, 1891.

( 2 ; M. L. Zels publiera prochainement une étude sur les progrès qu'ont faits nos connaissances sur les dislocations de l'Afrique orientale, depuis l'apparition du célèbre travail de M. E. Suess.

27 octobre 1905.

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n'ont que peu de rivaux parmi les fleuves d'Europe, couler vers le Nord, en présentant dans l'ensemble un remarquable parallélisme, puis tomber dans un tronc de direction générale est-ouest, qui mène leurs eaux vers le Congo.

Ce riche faisceau des tributaires du Kassai est sensiblement parallèle aux dislocations du Tanganyika et de l'Afrique orientale; il est aussi, grosso modo, parallèle à la côte orientale du continent. Si l'on se bornait à l'examen des cartes ('), on serait tenté de considérer l'orientation de ces rivières comme étant en rapport avec un système de fractures disposées dans le même sens, système qui continuerait, vers l'Ouest, la série des grandes failles de l'Afrique orientale et du Tanganyika.

On se tromperait étrangement.

Les études géologiques que j'ai eu l'occasion de faire le long des rives du Luembe, de la source au confluent, de celles du Lubichi et du Lubilache, de même que les renseignements que j'ai pu rassembler sur la région qui s'étend plus à l'Ouest, jusqu'au Koango, ne confirment pas cette hypothèse, si séduisante a priori.

La plupart de ces rivières coulent dans des vallées d'érosion bien accusées, parfois assez fortement encaissées, ouvertes dans un plateau légèrement incliné au Nord, formé par les couches régulières du Système du Lubilache. Les vallées arrivent parfois jusqu'au substratum ancien, le plus souvent granitique, d'autres fois constitué par les Couches du Kundelungu ou les terrains paléozoïques. Nulle part, nous ne trouvons d'indices de dislocations du substratum ni du revêtement discordant, pouvant être mises en rapport avec l'emplacement des vallées.

On ne doit voir, dans l'orientation uniforme de ces rivières, qu'un effet de la pente du terrain sur lequel elles ont pris naissance à mesure du retrait vers le Nord des eaux du bassin *où se sont déposées les Couches du Lubilache. En d'autres termes, les affluents du Kassai et le Kassai lui-même sont des rivières conséquentes qui doivent leur orientation identique à des conditions communes, dans lesquelles les fractures du sol n'interviennent pas.

(*) Dont, d'ailleurs, les levers de l'avenir modifieront peut-être beaucoup l'aspect, en ce qui concerne le parallélisme des rivières du Kassai.

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