‹ Observations sur quelques types de réaction simpleChapitre 4 sur 12 · VISUELLES · texte numérisé non relu

VISUELLES

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Sensorielle..

Motrice

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Réactions visuelles. — Dans les deux genres d'attenlion , M. B. fixe la pointe de l'aiguille et n'a aucune vision indirecte de sa main. — L'attention motrice engendre une contraction préalable sentie dans tout le bras et jusque dans les parois de Tabdomen ; la respiration se rythme sur les réactions successives, il y a avant le signal arrêt en inspiration, auquel Texspiration succède comme une brusque détente en même temps que s'effectue la réaction qui est toujours volontaire» intense, et accompagnée d'une secousse généralisée dans tout le corps. — Uattention sensorielle n'est pas désagréable comme la motrice ; pas de sensations k nesthésiques préalables ; réaction sans secousse, et tendant à l'automatisme bien qu elle ne perde jamais le caractère volontaire aussi complètement que dans les réactions auditives.

RÉACTIONS TACTILES. — Ici encore V attention motrice engendre de fortes sensations kinesthésiques préalables, et une réaction volontaire, violente, qui secoue tout l'organisme, tandis que Vattentwn sensorielle donne une réaction calme et à peu prés automatique. Aucune image visuelle.

Langage intérieur — Pas verbo-visuel (sauf exceptionnellement, lorsqu'il réfléchit à un travail de rédaction projeté). Auditive-moteur; quand il pense, il éprouve des sensations dans la gorge en même temps qu'il s'entend mentalement. L'élément moteur est toutefois très prédominant et comprend parfois, outre les images motrices d'articulation, des images motrices graphiques et sténographiques (tendance à des mouvements digitaux pendant la conversation, etc.).

On voit que ce cas est en quelque sorte l'inverse du précédent sous le rapport de l'aisance et du naturel des deux genres de réactions. Le sentiment d'eft'ort et de tension fatigante, l'adaptation imparfaite du mouvement, la secousse inutile et désagréable qui chez M"® M. étaient l'apanage de la réaction sensorielle, résultent chez M. B. de l'attention motrice, sans compromettre d'ailleurs le raccourcissement que celle-ci produit dans la réaction.

Lange, qui a fort bien observé la tendance des commençants, non prévenus, à manifester l'un des deux mçdes de réaction de préférence à l'autre, et qui attribue ce choix instinctif au tempérament particulier de l'individu, énergique ou réfléchi, estime qu'avec la pratique, le désir de réagir le plus vite possible doit finir par amener inconsciemment la plupart des sujets à adopter la réaction motrice qui remplit mieux ce but '. Dans un sens cela est vrai, mais il ne faut pas confondre deux choses. Il est certain que les sujets sentent très vite (la conscience ne s'y trompe guère, indépendamment de tout renseignement chrono-

1 Loc. cit., p. 496.

métrique) que la réaction motrice est plus rapide, quoiqu'elle leur coûte davantage (plusieurs pensent même que c'est à cause de cela) ; aussi y recourent-ils volontairement quand ils veulent aiTiver à leur maximum de vitesse. Quant à savoir si l'exercice peut assouplir le mécanisme neuro-musculaire, ou plutôt le transformer, au point que la réaction motrice devienne plus aisée que la sensorielle, de plus diflScile qu'elle était au début, si, en d'autres termes, l'exercice peut faire passer un individu de ce que j'ai appelé le type moteur /orcé au type moteur naturel — c'est une tout autre question, et rien dans ce que j'ai vu ne me permet d'y répondre affirmativement. Chez la plupart des personnes, il est vrai, le type de Lange ne se révèle pas immédiatement et quelques groupes d'essais sont nécessaires à son éclosion ; le nombre des sujets qui, désorientés par la demande de porter a'avance leur attention sur le mouvement au lieu du signal, commencent par donner une valeur S— M négative et n'arrivent à une valeur positive qu'au bout d'un certain exercice (ou n'y arrivent jamais), se trouve dans mes documents une fois et demie plus grand, et même davantage (34 cas contre 21), que le nombre de ceux qui d'emblée, dès la première série comparative, donnent S— M positif. Mais, une fois ce stade des tâtonnements initiaux traversé, et le type de Lange déclaré dans l'une de ses formes, j'ai toujours vu cette forme se maintenir en dépit de tout exercice subséquent, et en particulier l'attention motrice rester plus difficile et fatigante que la sensorielle lorsqu'elle l'était au début.

La fréquence relative des deux formes du type de Lange m'a jusqu'ici paru être à peu près la même.

[IL — Type Central.

Le terme d'attention centrale a été employé par M. Martius, à propos des réactions compliquées, pour désigner le cas où la pensée, au lieu de porter exclusivement sur l'idée des signaux sensoriels ou sur celle des mouvements de réponse convenus, se concentre sur la liaison associative de ces deux choses, sur la coordination du signal avec le mouvement correspondant *. On comprend que le même fait puisse se présenter dans les réactions simples. — Peut-être objectera-t-on qu'une telle attitude

» Phil. Studien» VI, p. 189.

mentale n'est au fond qu'une dispersion ou un partage de l'attention entre le signal et le mouvement, en d'autres termes qu'il s'agit là d'un de ces états intermédiaires, déjà signalés par Lange \ oîi il y a simplement mélange d'attention sensorielle et motrice plutôt que d'un troisième genre d'attention pure. Cette objection se heurte toutefois à une double considération.

En principe d'abord, si l'idée de l'union de deux faits implique évidemment les représentations de ces deux faits, elle est pourtant autre chose que leur simultanéité ou leur somme toute nue. Chacun sait que deux impressions qui surgissent ensemble ou peu s'en faut, ne nous paraissent pas toujours simplement contemporaines ou en rapide succession, mais qu'elles nous donnent volontiers la sensation très particulière d'une connexion intime, d'une relation causale entre elles. Si le tube de votre lampe éclate au moment oii un coup de sonnette retentit au dehors, la réflexion logique a beau vous convaincre qu'il n'y a eu là qu'une pure coïncidence, vous n'en avez pas moins éprouvé au premier instant l'impression psychologique d'un lien entre ces événements, comme si c'était le coup de sonnette qui avait fait sauter le tube. Les expériences concrètes de ce genre sont l'une des sources vives d'où jaillissent nos idées de causalité, avec beaucoup de sophismes connus ; elles font en même temps toucher au doigt que le sentiment de la liaison, connexion, synthèse, de deux choses, quels que soient d'ailleurs ses fondements physiologiques, est une donnée stii generis de la conscience, une sorte de sensation apte à laisser dans la mémoire une image qui peut ensuite servir de point de mire à l'attention. Rien d'absurde par conséquent à ce qu'un sujet qui, dans les expériences de réaction, a éprouvé une fois le sentiment d'une connexion entre l'arrivée tiu signal et l'exécution du mouvement, en conserve le souvenir et puisse ensuite y appliquer sa pensée.

Une seconde raison, pratiquement plus puissante que ces considérations générales, c'est qu'en fait on rencontre des individus dont l'introspection, aussi bien que la durée objective des réactions, ne cadre pas avec l'hypothèse d'un simple mélange d'attention sensorielle et motrice. J'ai pris sur la plupart de mes sujets quelques séries de réactions en leur demandant de penser à la fois au signal et au mouvement, et si possible à la liaison des

^ Loc. cit., p. 490.

deux. Dans la grande majorité des cas, cet essai n'a conduit

qu'à un résultat intermédiaire, comme durée, entre ceux des deux attentions exclusives, et se rapprochant beaucoup de l'une ou de l'autre; l'impression subjective allait de pair avec ce résultat, les sujets déclarant n'avoir eu qu'une attention mixte, partagée ou oscillant entre le signal et le mouvement. Mais il s'en trouve qui font une autre réponse. Ils déclarent que leur attention n'est pas un simple mélange, et qu'en embi-assant à la fois le signal et le mouvement elle porte sur leur union, leur synthèse ; et lorsque, dans ce cas, le témoignage du chronomètre vient confirmer d'une manière éclatante celui de de la conscience du patient, il n'y a aucune raison de récuser ce dernier et d'hésiter à reconnaître l'existence d'une forme centrale de réaction, distincte des formes motrice et sensorielle. Le cas suivant est assez caractéristique à cet égard. (Tableau III).

M. E. (Français), étudiant en théologie, a fourni, en deux périodes séparées par huit mois d'intervalle, environ 1150 réactions, comprenant 26 séries cora aratives (20 auditives, 6 visuelles). Dès le début, il manifeste une tendance instmctive à porter son attention sur l'union du signal et du mouvement de ri'ponse, et réagit dans ce cas d'une façon beaucoup plus aisée et rapide. Voi i le résumé de ses impressions :

RÉACTIONS AUDITIVES. — Attention sensorielle. Avant le signal, M. Ë. se sent absolument « passif », quelquefois a mou », quoique pas distrait ; il est tout entier absorbé par l'image auditive du son qu'il attend

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