ATTENTION PRESCRITE
vm
Sensorielle
Motrice
Onlrale
trée et pure comme dans les séries habituelles, mais distraite et en quelque sorte inconsciente. Dans une dernière séance, où le sujet fait un effort pour sortir de son laisser-aller et spécialiser de nouveau ses trois modes d'attention, on voit reparaître les clifférences de durée caractéristiques.
RÉACTIONS VISUELLES. — Lcs trois sortes d'attention se retrouvent ici comme dans les réactions auditives, mais elles tendent davantage h se mélanger, et M. E. éprouve plus de d fficulté pour les séparer et les maintenir pures. — Dans ^attention sensorielle, il faut un ordre exprès de la volonté pour faire bouger le doigt. On remarquera dans le tableau IH que la réaction sensorielle est beaucoup plus rapide pour la vue que pour 1 ouïe; cela s'explique parce que le mouvement de l'aiguille, en se prolongeant, rappelle à M. E. au'il doit l'arrêter et hâte ain^i sa volition, tandis €ue dans tes réactions auaitives, cette incitation extérieure faisant défaut, I acte volitionnel tarde davantage. — Dans V attention motrice, M. E. éprouve de fortes sensations kinesthésiques préalables dans la main, le poignet, parfois l'avant-bras, et il sent son index crispé et vibrant ; il lui est arrivé quelquefois de regarder directement son doigt et de ne surveiller l'aiguille qu'à la vision indirecte. La réaction se fait d'elle-même, sans acte de volonté notable, à l'instant où partraiguille. — Dans \ attention centrale^ le doigt est encore senti, mais plus laiblement; il fixe touiours l'aiguille, et il a le sentiment d'une a synthèse » entre l'aiguille et le doigt.
Langage intérieur. — Pas verbo-visuel. Auditivo-moteur, et, à ce qu'il paraît, plus nettement auditif que moteur. Imagination visuelle bonne ; elle semble cependant avoir subi un affaiblissement dans Tintervalle de huit mois qui a séparé les deux périodes d'expériences.
On voit que ratteution centrale occupe chez M. E. la place de la réaction musculaire dans le type de Lange pur : elle constitue l'attitude favorite et la moins fatigante, et donne une réaction parfaitement automatique, rapide, précise, avec variation moyenne faible. Au contraire la concentration exclusive de l'attention soit sur le signal, soit sur le mouvement, apparaît au sujet comme quelque chose de factice et de forcé, qui lui est
désagréable et rend la réaction très longue et irrégulière. De ces deux attentions spéciales d'ailleurs, c'est la motrice qui est de beaucoup la plus rapide, comme dans le type moteur, grâce à la préparation musculaire qu'elle engendre ; tandis que l'attention dirigée sur le signal, par l'acte de volonté qu'elle réclame pour l'exécution du mouvement, ainsi que par l'extrême lenteur de ce dernier et sa variation moyenne considérable, correspond fidèlement au portrait classique de l'attention sensorielle poussée à l'extrême. On peut donc dire que M. E. rentrerait franchement dans le type de Lange, n'était précisément cette existence d'un troisième genre d'attention, absolument distinct, qui l'emporte haut la main sur les deux autres au point de vue du naturel et de la rapidité, et qui justifie ainsi la reconnaissance d'un type réactif à part.
Le fondement physiologique de ce type est sans doute l'existence d'un robinet spécial placé au milieu de l'arc cérébral sensorio-moteur ; si les esprits-animaux pénètrent dans le système par un des deux bouts comme chez le commun des mortels, il& se distribuent inégalement dans le siphon organo-neuro-musculaire et tout va mal ; mais s'ils arrivent par ce robinet central privilégié, ils se répandent régulièrement dans les deux directions, et en évitant en chaque point le double excès du trop ou du trop peu, ils assurent le meilleur fonctionnement possible de tout l'appareil. Rien de plus simple, et au fond l'on ne comprend pas que nous ne soyons pas tous construits sur ce modèle-là.
IIL — Type Indifférent ou Type de Cattell.
On peut désigner ainsi le cas, illustré par M. Cattell \ où le temps de réaction reste le même, que l'attention soit portée sur le mouvement ou sur le signal sensoriel. Je n'en ai pas rencontré d'exemples aussi frappants que ceux de Cattell, qui se distinguent par la rapidité et la régularité exceptionnelles des réactions, deux caractères dont il rapproche cette absence de toute différence due à la direction de l'attention. Mais ces caractères ne sont peut-être pas indispensables à la définition de ce type, et il ne manque pas de sujets qui, sans les présenter au même degré, font preuve d'une complète indifférence à la loi
* J.-M. Cattell. Aufmerksamkeit und Reaction. PhW. Stud. VIII, p. 405,
de Lange et méritent par là de foimer un groupe à part. En voici un échantillon.
M. G. (Genevois), étudiant en droit, a fourni, en deux mois, environ 800 réactions au nombre desquelles 23 séries comparalives(i7 auditives, 6 visuelles). Dès le début, la distinction entre l'attention sensorielle et raltenlion motrice se présente à lui avec une grande netteté subjective, qui ne fait que s'accentuer avec l'exercice, bien que les deux sortes de réactions ne manifestent au'une différence de durée minime et tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre. En effet, les 17 séries auditives condensées dans le tableau V forment un entrecroisement irrégulier de 10