REA
CTIONS i/ISUELLES
(6 séries)
ATTEiNTIOxN
VM
vm
VM
vm
Sensorielle..
Motrice
it7.e
+ 2.8 (vm: 11.2)
séries où la différence S — M a été légèrement positive (valeur moyenne + 11,9), et de 7 séries où elle a été négative (moyenne — 10,1). De même, les 6 séries visuelles sont un mélange de 3 séries positives (valeur moyenne de S — M = + 18,3) et de 3 négatives ( — \0), — L'opposition introspective des deux genres d'attention se résume de la façon suivante :
RÉACTIONS AUDITIVES. — Attention sensorielle. Le signal d^clanche une réaction automatique, sans aucun acte de volonté, et sans secousse; le doigt part de lui-même, et M. G., ignorant sa main, s'aperçoit qu'il a réagi au petit bruit sec que fait le manipulateur. Pendant l'attente du signal il y a presaue toujours sensation de tension auriculaire ; image visuelle du marteau de Verdin qui donnera le signal ; image auditive du signal attendu, et parfois aussi du petit bruit que fera le manipulateur, ces deux sons étant alors représentés sous forme spatiale, comme étages à une petite distance l'un au-dessus de l'autre. — Attention motrice. Avant le signal, aucune sensation auriculaire, aucune image auditive ; image visuelle plus ou moins nette et étendue de Pindex, de la main, de l'avantbras, et en môme temps sensations kinesthésiques intenses dans ces mêmes régions, s' étendant parfois au bras et à l épaule. Au moment du signal, la réaction est exécutée par un acte de volonté, avec le sentiment d'un effort, et s'accompagne d'une secousse fortement ressentie (et bien visible au dehors) dans l' avant-bras^ parfois jusqu'à l'épaule et dans le tronc.
Réactions visuelles. — Attention sensorielle. M. G. est tout entier
absorbé par la perception visuelle de l'aiguille, et il ne voit ni ne sent son doigt qui part absolument tout seul et sans effort. Dans Vattention motrice au contraire, il sent son doigt tendu et contracté d'avance, et en a la perception visuelle très distinc e : il se le représente en imagination et cette image vient s'ajouter à ce qu'il en aperçoit réellement à la vision indirecte. Quand l'aiguille part, le doigt ne se meut pas de lui-même, il le contracte toujours volontairement, mais il n'y a pas ici la secousse qui se produit dans les réactions auditives.
Langage intérieur. — Auditif presque pur.
A ne considérer que le signe + de S— M, on pourrait être tenté de classer M. G. dans le type de Lange (spécialement dans sa seconde forme, le type moteur forcé, à cause de la nature volontaire et difficile de sa réaction motrice comparée à sa réaction sensorielle aisée et tout à fait automatique). Mais plusieui-s circonstances s'y opposent, notamment : 1° la faiblesse extrême de cette diftérence S — M, dont la moyenne totale n'atteint pas V200 de seconde, c'est-à-dire reste bien inférieure à la limite d'inexactitude du chronomètre ; 2^ le fait que, suivant les jours ou les séries, elle est tantôt positive, tantôt négative, oscillant ainsi, sans cause assignable, autour d'une valeur nulle dont elle ne s'écarte guère en moyenne que de Vioo de seconde ; 3° l'absence de toute difierence dans la moyenne (vm) des variations moyennes, entre les deux modes d'attention.
Il y a en résumé un contraste frappant, inconciliable avec le type de Lange, entre l'insiguitiance des diftérences chronométriques et le relief des diftérences introspectives dues au changement du procédé de réaction. On remarquera en ettet que les deux modes d'attention sont nettement caractérisés et diflérenciés l'un de l'autre dans la conscience du sujet; au dehors ils se traduisent également par certaines différences d'attitude corporelle, et de secousse à l'instant de la réaction ; on ne peut donc assimiler ce cas à ceux où la nullité de la diftérence S— M tient simplement à ce que le sujet, sous l'influence de l'ennui ou de la distraction (ou peut-être d'une incapacité de nature, bien que je n'aie pas encore rencontré ce fait), n'a pas eftectué le changement d'attention qu'on lui a prescrit, et a conservé la même attitude mentale en dépit de la consigne. Il n'en est point ainsi chez M. G. et il en faut conclure que, selon que grâce à la direction de son attention il innerve l'arc occipito ou tempororolandique par un bout ou par l'autre, cela produit des modifications partielles qui se reflètent dans le jeu différent des ima-
ges mentales, mais que ces modifications se compensent de telle sorte que la perméabilité totale de tout le système n'eu est pas modifiée.
On peut se demander si un exercice beaucoup plus prolongé ne ferait pas rentrer franchement M. G. dans le type de Lange, en amenant une prédominance de plus en plus marquée des séries positives sur les négatives. Mais rien, dans les données présentes, ne le fait prévoir, et il pourrait tout aussi bien arriver que l'habitude fit progresser également les deux sortes de réaction en rapidité et régularité, de façon à rendre le cas de M. G. de plus en plus semblable à ceux de Cattell.