ES SES
: âme resteront à jamais gravés dans notre mémoire ; et, si la
divine providence renvoie des étrangers sur les ruines de leur patrie, ils y porteront le souvenir de vos vertus, ils y
Ps
raconteront vos bienfaits. ??
Que deviennent les appréciations de M. Brasseur, en présence du témoignage si favorable rendu à l’église du Canada et à son chef par M. Desjardins, homme qui sut mériter estime de tout l’épiscopat français par son noble caractère. Pendant son séjour en Canada, il avait appris à aimer le peuple canadien, si fortement attaché à la foi catholique, et si fidèle à remplir ses devoirs religieux ; il avait connu
le clergé qu’il représente comme étant si digne de sa haute mission ; il avait joui de la confiance des pasteurs qui veillaient avec tant de sollicitude sur cette portion intéressante de l’héritage du Seigneur et, pendant tout le cours de sa vie, il se plaisait à rappeler les jours heureux qu’il avait passés au milieu de ses frères de la Nouvelle-France.
M. Brasseur a jugé bien différemment les hommes et la situation. (P. 97, v. II.) Il gémit en racontant les choses déplorables qu’il a apprisess M. B., ordinairement prodigue de renvois aux sources où il prétend avoir puisé, ne dit rien de l’autorité qui appuie cette chronique. Sur le témoignage de plusieurs prêtres et de plusieurs laïcs respectables, nous sommes autorisé à la mettre au même rang que taüt d’autres histoires invraisemblables que l’on invente chaque jour contre le clergé catholique. La prétendue histoire du Canada, par M. Smith, en renferme plusieurs de ce genre ; et, s’il s’agissait ici d’en prouver la fausseté, nous pourrions démontrer, l’histoire en main, que ces faits sont entièrement supposés.
(P. 56, v. Il.) ‘ En 1789, le gouvernement avait conçu la pensée de fonder dans la province de Québec une université mixte, c’est-à-dire, à la fois protestante et catholique. ??
Proposé, non pas par le gouverneur, maïs par quelquesuns de ces émigrés loyalistes de la Nouvelle-Angleterre, qui, après avoir causé tant de troubles aux Etats-Unis par leur bigoterie religieuse et politique, travaillaient dans le même sens en Canada, ce plan était habilement combiné pour mettre l’instruction supérieure dans des mains protestantes, et appliquer les revenus des biens des jésuites à décatholiciser les Canadiens. Lord Dorchester et l’évêque de Capse étaient tombés dans le piége et favorisaient puissamment l’institution projetée. L’évêque Hubert fit preuve en cette occasion d’une sagesse et d’une fermeté remarquables. Il écrivit forteraent contre la mesure mise en
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naissance. Dans son mémoire, il demandait que le gouvernement prit ‘“ des mesures pour assurer le collége des jésuites ainsi que leurs autres biens, au peuple canadien, sous l’autorité de l’évêque de Québec. ??
Aux p. 56, 57, 58, où M. B. rapporte les détails de cette affaire, il renverse, involontairement il est vrai, tout l’échaffaudage d’incriminations qu’il a si péniblement élevé contre les évêques canadiens, et particulièrement contre Mgr. Hubert. (On y trouve, en effet: fermeté et sagesse dans l’évêque ; demande des biens des jésuites pour des fins catholiques, sous l’autorité, non pas d’un surintendant de l’église romains, mais de l’é-
… vêque de Québec ; conseil de prêtres canadiens réunis autour de l’évêque, et tenant lieu du chapitre, que les cir- - constances l’empêchaient de pouvoir rétablir.
Nous aurions :ougi d’ajouter la qualification de cana-
diens dans la phrase précédente, sans les reproches de lâ-
cheté si souvent adressés au clergé canadien par le généreux abbé Brasseur, qui a encore ici heureuse idée de les mettre sous la protection de deux prêtres français, MM.
Robert et Gravé. M. Gravé, quoique né en France, était canadien de cœur; M. Robert, n’en déplaise à l’auteur, était canadien de naissance, et appartenait à une famille létablie en Canada depuis un siècle et demi.
teur du mémoire, le jeune secrétaire était aussi un canadien qui a fait honneur à sa patrie.
Le rédac-
Nous le répétons ; nous aurions honte de faire une telle remarque, si nous n’y étions forcé; car de quelque pays qu’ils soient, des prétres catholiques sont enfants de la même famille, et soldats sous le même drapeau.
Quelques pages plus loin, M. B. ramène encore contre
les évêques, les accusations qu’il vient de détruire sans s’en apercevoir.
| (Note p. 69.) 4 Cette tactique du ministère Britannique,
qui profita si longtemps de la faiblesse des évêques de Québec pour les empêcher de prendre le titre de leur siége... *” Dussions-nous nous exposer à lire notre vie écrite par M. B., nous devons encore déclarer que cette assertion n’est pas soutenue par les documents qu’il prétend avoir eus entre les mains.
(P. 66, v. IL.) L’évêque est vertement repris pour avoir aboli certaines fêtes chômées sur semaine, avant d’avoir obtenu le consentement de la cour de Rome. La plus grande partie du clergé demandait cette abolition, et appuyait la demande de fortes raisons. Les fêtes étaient trèsnombreuses ; il arrivait quelquefois que, sur huit jours, cinq étdient fériés, et cela dans un pays où la longueur des hivers abrège le temps qui peut être consacré aux travaux de la campagne. Le mélange des protestants avec les catholiques engageait souvent ceux-ci à négliger l’observation des fêtes ; les abus à ce sujet devenaient de plus en plus fréquents ; les maîtres protestants renvoyaient les employés catholiques qui refusaient de travailler en ces jours ; on citait aussi l’exemple de Mgr. de Pontbriand, qui avait déjà aboli certaines fêtes. Les réclamations devenaient urgentes. Les communications avec Rome étaient alors très-difficiles par suite des troubles de la révolution française ; dans ces temps, des lettres adressées du Canada à la cour pontificale ne sont parvenues à leur destination que quatre ans après l’envoi. L’évêque se crut autorisé par les circonstances, à agir avant d’avoir obtenu le consentement du Souverain Pontife. Il s’appuyait sur la nécessité, et peut-être aussi, un peu sur les principes du gallicanisme, qui n’était pas encore tout-à-fait mort dans le Canada. Le i8e siècle l’avait vu fleurir en France, où beauconp d’évêques s’arrogeaient le droit de bouleverser la litvrgie romaine ; les évêques français du Canada n’avaient pu 4ecouer entièrement son influence. Du moins, Mgr. Hubert eut le bon esprit de soumettre son mandement au jugement
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du Saint Siége, et le courage de se conformer aux instructions paternelles qu’il en reçut. Car son respect pour l’autorité du successeur de Pierre était profond et sincère ; il le prouvait par le soin qu’il mettait à informer souvent le Pape de toutes ses dém’.-hes, et à lui faire connaître l’état | de son diocèse.
Mgr. Pierre Denaut semble avoir échappé à la haute justice de M. Brasseur ; on ne sait trop pourquoi il n’a pas été traîné aux gémonies, puisqu’il était Canadien. M. B. sentait peut-être le besoin de ménager ses forces, pour rencontrer le jeune secrétaire qui apparaît dans la lice comme coadjuteur de l’évêque de Québec.
(P. 113, v. IL.) « Dix jours après, Joseph-Octave Plessis se mit solennellement en possession du siége de Québec,
et prit d’une main ferme la conduite de l’église du Ca-
nada... Il parvint à force de persévérance et d’énergie, | d’un côté, de souplesse et d’habileté, de l’autre, à maintenir son clergé dans les bornes de l’obéissance la plus respectueuse, et à fortifier à la fois la position qu’il avait su prendre dans la faveur du gouvernement... En retour de ses soumissions, il ne reçut que des politesses affectées, et Itrop souvent encore des dédains ; ... il n’usa jamais que des plus humbles prières et se vit presque toujours écon-
duit. Témoin la pétition qu’il adressa en 1812... pour ob-
Mtonir Pautorisation de prendre officiellement le titre d’é-
‘4 vêque catholique de Québec, titre qu’il aurait dû avoir le
courage de mettre à son nom sans autorisation préalable, ce qui lui fut, comme à son prédécesseur, dédaigneusement refusé. Avec l’inflexibilité qui faisait le fond de son caractère. ...il fit plier toutes les volontés devant la sienne. ”
M. B. commence son attaque avec un peu de maladresse. (Cet évêque qui prend d’une main fe:me la con- « duite de son église, qui possède un caractére inflexible, qui fait plier toutes les volontés devant la sienne, ne doit
! pas être trés-souple, ni très-disposé à faire des soumissions ns
Aus LL i AU
et les plus humbles prières. I] est singulier de voir le ‘eune sous-diacre inspirer à Mgr. Hubert tant de fermeté et être lui-même si rampant lorsqu’il est devenu évêque. Comprenne qui pourra.
Le gouvernement, en effet, s’aperçut à plusieurs reprises qu’il n’était pas homme à reculer devant son devoir. Sa fermeté avait été tellement remarquée pendant qu’il était secrétaire de l’évêque Hubert, que le prince Edouard crut devoir en avertir le général Prescott, dans une lettre en date du 16 octobre 1797. Le prince était alors à Halifax. Voici ce qu’il en pensait: % Mais quant au coadjuteur, M. Plessis, je crois qu’il est de mon devoir de vous informer que c’est un homme en qui vous trouverez peut-être qu’il n’est pas prudent de reposer trop de confiance. Je lai connu pendant qu’il était secrétaire de l’évêque Hubert ; et l’on savait parfaitement, pendant ma résidence en Canada, qu’il gouvernait entièrement l’évêque et le séminaire, et les portait à adopter des opinions qui étaient incompatibles avec nos opinions sur la suprématie du Roi dans les affaires ecclésiastiques. ?
Le 5 février suivant, il revenait sur ce sujet. Le gouverneur du Canada lui cvait annoncé, comme une importante nouvelle que Mgr. Denaut avait consenti à lui remettre une liste des nominations faites aux cures.
‘ Je sais, écrivait le prince, que, pendant que je résidais en Canada, feu l’évêque Hubert se refusa fortement à cette mesure, et comme ce prélat,..…. était supposé entièrement guidé par le”coadjuteur actuel, ce refus était regardé par les plus zélés sujets de Sa Majesté en Canada, comme ure des nombreuses raisons pour lesquelles M. Plessis, dans ce temps, ne pouvait être considéré autrement que dans une position douteuse sous le rapport de sa loyauté à la Grande-Bretagne. ”?
La conversation suivante, jetée sur le papier immédiatement après une entrevue entre l’évêque Plessis et le