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Le mandement publié par Mgr. Briand à son retour démont ce fait, puisqu’il y prend le titre d’Evêque de Québec.
Tout en condamnant ‘ la méchanceté et la mauvaise foi protestantes des hommes du gouvernement, ” et de M. Smith en particulier, l’abbé Brasseur reproduit ici leurs méchancetés, et les emploie comme des documents historiques. Il est vrai qu’elles valent la plus grande partie des autorités dont il enrichit ses citations.
On ne saurait découvrir par quel procédé logique il est arrivé à reprocher aux évêques de Québec le titre de Superintendant of the Romish Church, one prétendait leur donner le gouvernement anglais. O.-rait-il faire un crime au Cardinal Wiseman du bill des titres ecclésiastiques ? Dans tous leurs mandements, dans toutes leurs lettres aux gouverneurs et aux ministres de la couronne, les évêques de Québec ont pris le titre de leur siége. L’administrateur Cramahé faisait remarquer à l’un de ces prélats, qu’ils étaient les seuls dans tout l’empire Britannique qui usassent d’une semblable liberté sans être inquiétés. Les gouverneurs du Canada ainsi que les officiers civils de la colonie leur donnaient invariablement le titre d’évêque, ou d’évêque catholique de Québec. Les archives de l’archevêché de Québec fournissent les preuves les plus abondantes de ce fait. Le duc de Kent, père de la Reine Victoria, dans ses lettres au gouverneur Prescott, ne désignait Mr. Hubert que sous le titre d’évêque de Québec. Les prélats
remplissaient un devoir en prenant publiquement et en
toute oceasion le titre de leur siége ; que leur importait ies précautions dont s’entouraient les ministres de la Grande-
| Bretagne pour ne pas s’exposer aux attaques violentes du
protestantisme en Angleterre ?
(P. 19, v. II.) Toutes les nominations, à peu d’exceptions près, eurent pour objet les membres de ce clergé les moins capables de soutenir le poids de l’épiscopat.??
Voilà une proposition bien insultante pour l’épiscopat E2
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Canadien. M. Brasseur a sans doute de puissantes preuves pour la soutenir. Toutefois celle qu’il donne ici est bien peu concluante, puisqu'elle est appuyée sur quelques expressions vagues, consignées par Lord Durham, dans son mémoire à la Reine. ““ L’heureuse influence de l’Eglise Catholique a été limitée et affaiblie. ?” Avec de telles preuves on tuerait la meilleure des causes. Elles tombent d’elles-mêmes devant le respect des Canadiens pour leurs évêques, et les éloges que leur ont donnés les Souverains Pontifes.
(P. 21, v. II.) En conséquence de cette résolution, le gouverneur fit valoir aux yeux de l’évêque Briand que le roi d'Angleterre ayant succédé à tous les droits du roi de France dans le Canada, il était juste que, comme lui, il eût à sa nomination le choix des évêques de Québec. ??
« Le Coadjuteur était proposé par l’évêque, agréé du représentant du Roi en cette province, admis au serment d’allégéance..….… confirmé par des Bulles de la cour de Rome sur la postulation de l’Evêque et sur le témoignage du clergé, consacré dans la province même, prêt à succéder à l’Evêque en cas de mort ou de résignation. ? Voilà ce que dans un mémoire présenté au gouverneur Prévost, rapporte Monseigneur Plessis, secrétaire des évêques Briand et D’Esgly, coadjuteur de l’évêque Denaut, et qui connaissait parfaitement tout ce qui avait eu lieu dans le choix des coadjuteurs. Informé de ces procédés, le Saint-Siége, loin de les condamner, les a approuvés à plusieurs reprises. D’ailleurs le récit de M. Brasseur manque d’exactitude. Dans une de ses lettres, Mgr. Briand rend compte d’un: entrevue qu’il avait eue avec le gouverneur Carleton, au sujet de la nomination d’un coadjuteur : “ M. Carleton vint hier me demander si ce n’était pas à moi, ou au chapitre à nommer, de l’agrément du gouvernement, le Coadjuteur ; et qu’il savait que du côté de Montréal on recueillait les voix de messieurs les curés. ”
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Le 16 mars 1768, le Cardinal Castelli, Préfet de la S. C. de la Propagande, écrivait à l’évêque : ‘ la volonté du Pape est que vous demandiez un coadjuteur, pourvu que les Anglais n’y mettent aucun empêchement. ” Il félicitait en même temps Mgr. Briand sur la manière honorable dont il avait été reçu en Canada par les administrateurs du gouvernement.
En 1770, l’évêque Briand priait le nonce du Pape, à Paris, de demander M. D’Esgly pour coadjuteur- de l’évêque de Québec ; et lui rapportait ce qui s’était passé dans ses rapports avec le chef de la colonie. La présentation ainsi faite fut acceptée par la cour de Rome ; le cardinal Castelli le lui annonçait peu de temps après, et ajoutait ces mots: ‘ quas tibi gratias non agam.………. cum nihil permiseris attentari, quod praæter jus esset, ac dignitatem Apostolicæ sedis. Quels remercîiments n’ai-je pas à vous faire de ce que vous avez empêché qu’on n’empiétât sur les droits et l’autorité du siége Apostolique.??
L’approbation de la conduite de Mgr. Briand, venant d’une autorité aussi respectable, peut contrebalancer la censure prononcée par l’auteur (p. 21, v. II.) : “ Mais Briand, intimidé déjà par tout ce qui s’était passé, n’ôsa pas répondre d’une manière énergique, et après une faible résistance, se laissa imposer toutes les conditions qu’on voulut bien lui imposer.
Intimider! M. Brasseur connaît bien peu l’homme qui disait à un gouverneur du Canada: “ Ma tête tombera avant que je vous accorde la permission de nommer à une seule cure ; ” qui, pendant sa dernière maladie, écrivait à Lord Dorchester : ‘“ De ma vie je n’ai craint homme ; je me reproche même à présent que je suis aux portes de la mort de ne pas assez craindre Dieu, mon redoutable juge ; je sais aimer, mais non craindre ; les bontés me rendent faible et mou ; les grossièretés et les duretés me trouvent homme et ferme. ?”
M. D’Esgly jouissait d’une réputation irréprochable ; il avait pendant plus de trente-cinq ans montré un grand zèle et une grande prudence, dans la conduite de sa paroisse. Il était surtout doué d’une fermeté remarquable. Malheureusement, lorsqu’il fut appelé à gouverner le diocèse, l’âge avait affaibli ses facultés intellectuelles, mais il eut le bon esprit de remettre la conduite des affaires à son coadjuteur. Les suppositions que fait l’écrivain par rapport à cette nomination, sont tout-à-fait gratuites, et injurieuses au noble caractère du général Carleton, ainsi qu’à Phonneur du clergé Canadien.
[P. 23.] “ Ce ne fut que deux ans après, qu’à la sollicitation du gouverneur, l’évêque Briand déclara l’abbé D’Esgly coadjuteur, ??
La sollicitation du gouverneur n’eut rien à faire dans cet acte. Des circonstances liées avec les prétentions qu’émettaient les marguilliers de Québec, élèves des parlementaires français, empêchèrent seules Mgr. Briand de présenter plus tôt son coadjuteur au clergé et au peuple du diocèse. Il voulait accomplir cette cérémonie dans sa cathédrale même, dont il n’avait pu encore prendre possession depuis qu’elle avait ‘été rétablie. L’obstination des marguilliers, parmi lesquels étaient de proches parents de l’évêque de Dorilée, ayant été vaincue par les murmures du peuple et par les représentations du gouverneur, Mgr. Briand fit sa première entrée dans son église cathédrale le 16 mars 1774, et, après la messe célébrée pontificalement, il proclama M. D’Esgly comme son coadjuteur. ‘ N’étant pas moi-même, disait le prélat, universellement reconnu selon tous mes droits et en possession de mon .siége, j'attendais avec confiance de la part de notre Dieu des jours plus calmes et plus sereins. Ils sont enfin arrivés ces jours heureux, je suis entré en Sion ; i’ai chanté les louanges du Seigneur dans l’église qu’il m’avait destinée ; j’y ai offert à sa gloire le sacrifice de son fils pour
irréprochable ; il nontré un grand iduite de sa paeté remarquable.
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mes chères ouailles..….
Voilà un nouveau pasteur que je vous donne, un autre moi-même... Plein de confiance en la miséricorde de mon Jésus, sans être arrêté par la multitude de mes péchés, je me présenterai devant son redouitable tribunal, en lui disant que je ne vous ai pas laissés
«orphelins, que je vous ai donné un zélé pasteur, un prudent
let vigilant évêque, qui réparera mes fautes et vous conduira plus sûrement au port du salut. ?
} Ce langage n’indique pas que Mgr. D’Esgly aurait été ! imposé par violence. Tout au contraire, il prouve que Mer. Briand avait confiance en lui ; à moins que l’on ne suppose que M. Briand était un franc hypocrite. Toute sa vie réclame contre cette supposition.
| (P. 43, v. II) “ Mais ‘2 courage failht trop souvent
‘au clergé lorsqu’il n’avait besoin que de se montrer et de
faire valoir ses droits, ainsi qu’il aurait dû le faire lors
de la suppression du chapitre et du collége des Jésuites
à Québec.
Le clergé pouvait attendre du succès lorsqu'il était soutenu par le gouvernement britannique contre le conseil colo-
inial ; il n’en pouvait espérer quand les autorités irapériales ‘let coloniales étaient opposées à ses demandes. En adres-
mi un grave reproche à une classe d’hommes qui, certes, nnaissaient leurs droits et leurs devoirs, M. Brasseur oubic une chose : c’est qu’à plusieurs reprises, et en parti- “eulier sous Mgr. Briand, les évêques, le clergé et tous les catholiques du Canada ont énergiquement demandé la restitution des biens des Jésuites. On leur répondait toujours que lu France avait cédé ces biens à la couronne d’Angleterre, par la capitulation et par le traité de paix de 1763. Les réclamations du clergé canadien étaient accueillies par ne cour protestante, comme de semblables demandes du plergé français ont été reçues par les divers gouvernements de la France catholique, depuis la première révolution juslauen l’année de grâce 1862.
hi
(P. 43, v. IL.) ‘ Le clergé... obtint de lui (Mgr. d’Esglyj donner pour coadjuteur le prêtre Jean-François Hubert, né en Canada aussi bien que lui. Ce choix n’était peutêtre pas beaucoup plus remarquable que ie précédent, si l’on considère les lumières et la fermeté si nécessaires dans un évêque. ??
D’après M. Brasseur lui-même, le clergé exerçait donc quelque influence dans l’élection des coadjuteurs. D’ailleurs les citoyens de Québec, réumis en assemblée, avaient hautement manifesté le désir qu’ils éprouvaient de voir M. Hubert élevé à l’épiscopat ; l’ancien évêque, Mgr. Briand, avait aussi fortement recommandé ce choix. Prédicateur remarquable par sa facilité et son onction, recommandable par la pureté de ses mœurs, et sa conduite vraiment ecclésiastique, M. Hubert, avant d’embrasser la vie de missionnaire, ce qu’il avait sollicité comme une faveur, avait été supérieur du Séminaire de Québec, et de l’Hôtel-Dieu, et secrétaire du Diocèse. Dans ces différents postes, il avait acquis l’estime et la confiance de ses supérieurs, de ses confrères et de ses concitoyens.
Son éloge a été tracé par un homme, dont M. Brasseur ne saurait infirmer le témoignage, le vénérable abbé Des. jardins, pendant bien des années vicaire-général de Paris. |
‘ Révéré au dehors par une grande réputation de piété; digne au dedans de la vénération de son troupeau par une s piété solide et véritable, tel fut jusqu’à la mort, Monseigneur l’Illustrissime et Révérendissime Jean-François Hubert, ancien évêque de Québec. . .….
‘ Dieu avait donné à son serviteur des talents prématurés et remarquables. Daus le cours de ses études profanes "et ecclésiastiques, il obtint constamment les plus brillants succès, et les dut moins aux efforts de l’application qu’à une singulière facilité.
‘ Oui, ce pontife fut un présent de la miséricorde divine,
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et pour le prouver, il suffira d’exposer quelles étaient les circonstances tant à l’intérieur qu’au dehors de l’église, et quel était l’homme qui fut mis en place.
‘ Au dehors l’église du Canada était en paix; la protection royale lui était acquise ; les bornes des {pouvoirs étaient à peu près fixées ; l’indépendance de la juridiction spirituelle, sinon expressément reconnue, était favorisée, respectés....
Au dedans, la religion florissait dans les villes et dans les campagnes ; le peuple était avide d'instructions; le clergé, formé par une éducation saine, édifiait et instruisait. -...En un mot, le régime intérieur exigeait du chef de l’6glise un esprit de modération et de régularité.
66 Tel était l’état des choses ; or, M. Hubert était un
ÿ des hommes les plus appropriés à de semblables circon-
RS gens RNA EU
slances. . ..
‘6 Je n’aurais garde de passer sous silence les douleurs
| amères que lui causaient les désastres d’une antique et il-
lustre portion de l’église, si je ne craignais de vous entretenir de nos malhewrs particuliers. J’aime mieux, quoiqu’il en coûte à la reconnaissance, supprimer le récit des
largesses que ce digne prélat a prodiguées pour recueillir . auprès de lui quelques faibles. débris d’un grand naufrage. “ Mais du moins, mon tendre père, ces traits de votre belle