‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du Canada, etcChapitre 11 sur 14 · A PS DRE. = INA · texte numérisé non relu

A PS DRE. = INA

PRES AS et

ulier de voir le tant de fermeté devenu évêque.

lusieurs reprises son devoir. Sa idant qu’il était æ Edouard crut s une lettre en alors à Halifax.

coadjuteur, M.

e vous informer z peut-être qu’il iance. Je l’ai que Hubert ; et nce en Canada, > séminaire, et it incompatibles lans les affaires

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général Craig, l’homme le plus imperieux que le Canada lait jamais eu pour gouverneur, fera mieux comprendre le caractère et les principes de ce prélat. M. Brasseur a pu connaître ce document, qui n’entrait probablement pas assez dans ses idées, pour qu’il le citât.

‘ Vous êtes dans une situation désagréable ; ?” observa le gouverneur, ‘“ je désirerais qu’elle pût s’améliorer. Vous ne tenez pas le rang qui conviendrait à votre place, et je ne puis vous reconnaître en votre qualité d’évêque, mais il ne dépend que de vous d’être reconnu et autorisé dans vos fonctions extérieures par une commission du Roi. ??

Sur une observation faite par l’évêque :

66 Hé! à qui prétendez-vous que la nomination aux cures doive appartenir ? demanda Craig.

L’Eveque.—‘ A l’évêque. Il est le père de famille ; c’est à lui d'envoyer des ouvriers dans son champ. ”

* Lx Gouverneur. — 4 Oh ! voilà un point que le roi ne cèdera jamais, et si vous n’êtes point convaincu que c’est là une de ses prérogatives royales, je n’ai plus à discuter avec vous... Je ne vous conseillerais pas de refuser l’institution à celui que le gouverneur aurait appointé ‘au nom du roi, car il serait maintenu nonobstant cela. ” “ L’Eveque.—" Vous pourriez le maintenir en possession du temporel d’une cure ; mais ce n’est là que Paccessoire, vous ne pourriez lui danse le pouvoir d’en remplir les fonctions ! spirituelles...

LE GouverNeur.—“ Mais croyez-vous donc votre peuple canadien fort attaché à sa religion ? Une personne qui connaît très-bien et depuis longtemps le pays, m’assure que la religion s’y perd insensiblement. ”

L’Eveque.—‘ D’après mes connaissances, je crois le peuple très attaché à sa religion... il n°’y a point d’article dont il soit aussi jaloux. ”

Le GouverNeur.—‘ Ce qu’il y a de très certain, c’est que, jusqu’à présent, ce pays a été gouverné d’une manière bien op-

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posée à l’esprit de la constitution d’Angleterre. Nous laissons faire ici quantité de choses que l’on ne souffrirait dans au. cune autre partie des domaines britanniques. Le gouvernement pourrait me faire mon procès sur plusieurs articles, sur lesquels il est démontré que je ne remplis pas ses intentions. Tant que la province a été de peu de conséquence, on a laissé subsister tout cela. Mais enfin elle prend de l’importance.... Il est temps qu’elle soit mise sur le même pied que les autres parties de l’empire. ?”

L’Eveque.—‘ Votre Excellence croit-elle la gloire de l’empire concernée dans la nomination aux cures catholiques du Canada 7...

Le GouvEerneur.—ft Savez-vous bien que vous n’avez pas un seul curé dans tout votre diocèse qui a droit d’instituer une action pour le recouvrement de sa dîime? Et vous-même, quel maigre revenu avez-vous ? ?”

L’Eveque.— Les revenus sont la dernière chose qu’un ecclésiastique doive rechercher... Le clergé catholique a souvent prouvé qu’il savait faire des sacrifices en ce genre. ??

Le GouvERNEUR.—( Mais comment pouvez-vous être content d’une existence aussi triste, d’une situation aussi précaire que la vôtre ? ?”

L’Eveque.——“ À mon âge, au delà du méridien de la vie et dans mon état, on n’aspire pas au plaisir. Je ne prétends à aucun honneur. L’épiscopat dont l’église m’a revêtu est un honneur plus que suffisant pour moi. Enfin quelque maigre et précaire que ma situation semble à Votre Excellence, j’aime mieux m’en contenter ; j’aimerais mieux qu’elle fût encore plus maigre que de donner lieu à mes diocésains de dire que j’ai vendu mon épiscopat, réflexion qui ne manquerait pas d’être faite... Le gouvernement a laissé mes prédécesseurs depuis la conquête gouverner leur église en toute liberté. Ils ont trouvé dans cette conduite un motif de plus de se montrer zélés pour les intérêts du gouvernement.

J’ai suivi en cela leurs traces. Pour m’être prononcé haute-

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} ment, de vive voix et par écrit dans ie même sens, je me * suis mis à dos une partie de mes compatriotes. ??

Le GouverNeur.— Souvenez-vous que la religion catholique n’est point établie ici ; elle n’y est que tolérée aux termes de la capitulation de Montréal, et par les termes de cette

. capitulation, nous ne sommes pas obligés d’y admettre un

évêque. ”?

. L’Eveque.—" Sa Majesté n’a point en cette province un

“ sujet qui lui soit plus dévoué que moi. Cela va jusqu’à la

. conscience, mais non plus; in; quant à la suprématie spirituelle, je veux dire à la qualité de chef de l’église, qu’il a plu au parlement d'Angleterre d’attribuer au roi, il est trèscertain qu’aucun membre de l’église catholique ne la peut admettre. ??

Le GouvErNEuR.—‘ Nous ne reconnaissons point d'église

* catholique. ?”

“ L’Eveque.— C’est sur quoi il ne m’est pas permis d’être : de la même opinion que Votre Excellence. ??

Le GouverNEUR.—... Je ne puis déterminer le moment où la couronne commencera à exercer ses droits sur votre église ; mais je vous répète que ce moment ne saurait être éloigné. S’il arrive que la chose se fasse d’une manière dis-

“igracieuse pour l’évêque, vous vous souviendrez qu’il n’a pas

“dépendu de moi, qu’elle ne tournât à l’avantage de votre place. … Eh quoi! me laisserez-vous partir du Canada “sans me permettre de vous être utile comme je le désirerais ? ?? . L’Eveque.—“ Ce désir ajoute à ma reconnaissance ; mais je .conçois qu’il est difficile qu’il soit rempli, car les conditions malheureusement n’en sont pas admissibles. ?

Fermeté, loyauté fondée sur la conscience, mépris des avantages temporels, et désir de procurer le bien de son église : il nous semble que tous ces sentiments sont suff-

….samment exprimés par les paroles de l’évêque. Sans bra-

-. vades, il soutient son indépendance dans les matières reli- “| gieuses, tout en professant son obéissance aux autorités

constituées dans ce qui est de leur ressort. On ne voit pas qu’il use ici des plus humbles prières, comme le prétend M. Brasseur. Il n’y recourt pas davantage, dans son mémoire présenté au gouverneur Prévost, en 1812, mémoire que l’historien véridique appelle une pétition.

Sir George Prévost ayant prié Mgr. Plessis de lui faire connaître sur quel pied il serait convenable de mettre à l’avenir les évêques catholiques du Canada, le prélat prend occasion d’exposer au gouverneur : ce qu’étaient les évêques du Canada avant la conquête; ce qu’ils ont été depuis la conquête ; l’état où il serait à désirer qu’ils fussent à l’avenir.

En parlant, dans la seconde partie, de Mgr. Briand, il remarque qu’il exerça les fonctions de l’épiscopat, ‘ avec autant de liberté qu’il en aurait pu avoir sous l’ancien régime, et reçut constamment des différents gouverneurs des témoignages d’une considération distinguée. ??

Après avoir parcouru la liste des évêques et cité leur loyauté, il ajoute: ‘ Ils ont été récompensés par la pleine liberté dans laquelle ils ont été maintenus, et même encouragés par les gouverneurs de cette Province, pour l’exercice de leur autorité épiscopale. .

& On ne leur a contesté ni leur juridiction, ni leurs titres d’évêques de Québec, jusqu’à ces années dernières, où des insinuations artificieusement répandues dans les papiers publics, et quelques assertions avancées dans les cours de loi de cette province ont commencé à jeter sur l’exercice et même sur l’existence de l’épiscopat catholique certains nuages... 7

‘ II est d'autant plus désirable de voir l’église catholique du Canada et par conséquent ses premiers pasteurs solidement autorisés, que le peuple de cette communion y augmente dans une progression très-rapide ; que de tous les liens qui attachent là masse de ce peuple au gouvernement de S. M. B. celui de sa religion est incontestablement le

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Les pouvoirs spirituels que l’évêque exerce, ” continue le prélat dans la troisième partie de son mémoire, ‘ lui viennent de l’église par la voie du Souverain Pontife. Il

n’est laissé à son choix ni de s’en dépouiller en tout ou en fi partie, ni de les tirer d’une autre source. l'spirituelles ont certains effets extérieurs et civils; et c’est

Mais les fonctions

‘seulement par rapport à ces effets civils et extérieurs, qu’il sent le besoin d’être autorisé, non à faire plus que n’ont fait ‘ses prédécesseurs, avant ou depuis la conquête, mais à continuer leurs fonctions dans les mêmes principes et avec

la même déférence pour les autorités établies, de manière à

ne pas rencontrer d’entraves qui troubleraient la liberté dont ‘lui et ses dits prédécesseurs ont joui jusqu’à ce jour. ?? 1]

û Il demande ensuite : Lo. que lui et ses successeurs scient 'civilement reconnus comme évêques catholiques de Québec ;

. 2o. que son coadjuteur, M. B. C. Panet soit aussi reconnu civilement comme tel ;

30. que l’élection du coadjuteur ait lieu selon les formes jusqu’alors suivies ;

{ 40. que la propriété du palais épiscopal de Québec soit liconfirmée aux évêques, et qu’ils puissent transmettre à leurs . \successeurs évêques les acquisitions qu’ils feront en leur

Baualité.

Il termine par ces mots : ‘ Tout occupé du soin de son église, le soussigné croit devoir borner ici ses vœux. Quant à l’influence que pourrait donner à sa place une assignation de revenus. ...... ainsi qu’à l’avantage et à l’utilité qu’il pourrait y avoir dans un pays dont au moins les trente-neuf quarantièmes sont catholiques, que le clergé de cette com- .munion fût représenté par son chef dans les conseils exé-

4 |-cutif et législatif, ce sont des objets dont il sent tout le prix,

quil recevrait avec reconnaissance s'ils lui étaient offerts, c?2

et sur lesquels néanmoins il s’abstiendra de faire aucune demande particulière. ....... ?

C’est au lecteur à juger entre Mgr. J. O. Plessis, dont la mémoire est demeurée après plus de vingt ans, comme celle du plus grand homme qu’ait produit le Canada, et Phistorien, qui est forcé de faire l’aveu qui précède.

(P. 135, v. IL.) “ Le ministère britannique désirait lui accorder une pension qui l’aidât à soutenir son rang........ on engagea le prélat à présenter une supplique (le mémoire) et il eut la faiblesse de le faire, tant il trouvait douce la faveur de ce gouvernement perfide, lui qui pouvait alors tout demander... ..…. . mais tout ce qu’il en retira fut une pension de mille livres sterling, et l’autorisation d’ériger quelques nouvelles paroisses dans son diocèse, entre autres celle du faubourg Saint-Roch que le prélat détacha de celle de Québec. ?

La paroisse de Saint-Roch de Québec a été érigée, quatre ans après la mort de l’évêque Plessis, en 1829, et non en 1813. D’ailleurs ce que le prélat acquit fut la bienveillance des gouverneurs, qui protégèrent son église contre les attaques sourdes de la bureaucratie anti-catholique, lobtention de lettres-patentes pour le Séminaire de . Nicolet, le consentement de l’Angleterre à la nomination de quatre évêques suffragants de l’évêque de Québec ; ce sont d’assez beaux résultats quand on considère l’état de gêne où étaient alors tenus les catholiques, dans les autres parties de l’empire britannique. On en jugera par ce qui suit.

Pendant que le Séminaire de Nicolet était ainsi constitué légalement, en conséquence de la protection du gouvernement, un établissement du même genre était détruit dans une province voisine, où les catholiques ne jouissaient pas du même appui. “ M. Edmund Burke... ..... avait tenté d’établir un collége catholique à Halifax, et l’édifice était terminé, lorsque des ordres du gouvernement obtenus par

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l’intolérance protestante vinrent en empêcher l’ouverture et

l’admission des élèves. . . .… - 3 (P. 110, v. II.) (P. 117, v. II.) “ Depuis que l’évêque Hubert avait

fait parvenir à Rome la réponse au sujet de l’établissement

de plusieurs nouveaux siéges épiscopaux dans le Canada,

la Congrégation de la Propagande avait voulu sonder le terrain, en faisant connaître aux évêques de Québec le désir

qu’elle aurait eu de voir fleurir un certain nombre de nouveaux évêchés sur les vastes territoires soumis à leur juridiction, et en leur donnant à entendre que Québec pourrait dès lors être érigé en métropole. ?”

Voilà encore un grief fréquemment reproché aux évêques de Quebec par l’auteur : c’est celui qui semble affecter le plus péniblement ses nerfs. Selon lui, ces prélats auraient refusé d’engager le Saint Siége à multiplier les évêchés et Mes € évêques.

ÿ \:; v avaient cependant songé, et songé sérieusement ; et 8 ‘:. tardé à mettre leurs projets à exécution, ils ont agi avec prudence et en vue du p.18 grand avantage de la religion. Ils attendaient le moment favorable ; aussi ils ont réussi à obtenir le consentement du gouvernement à cette mesure, onze ans avant l’émancipation catholique.

# Sans qu'aucune ouverture lui eût été faite à ce sujet par

da S. C. de la Propagande, Mgr. Hubert avait conçu le projet de travailler à cette division ; et il en écrivait au

Cardinal Antoneili, le 24 octobre 1789 :

Avant de terminer cette lettre, il est de mon devoir d’exposer humblement à Votre Eminence un projet que j’ai conçu depuis le commencement de ma visite pastorale, et qui n’est encore aucunement divulgué. Le diocèse de Québec... est d’une étendue trés-considérable : ne pourraiton pas le diviser en deux parties, et ériger par exemple en évêché suffragant ou indépendant du siége de Québec, la Mville de Montréal ?..... Je ne demande point sur cette ques-

“tion une réponse définitive... Seulement, je désirerais sa-

voir si ce projet sera goûté de la cour de Rome... ; s’il est agréé, j’en poursuivrai l’exécution auprès du gouvernement Britannique... Un autre motif qui m’engage à poursuivre l’exécution de ce projet, c’est que le gouverneur actuel, Lord Dorchester, est un homme sans préjugés contre les catholiques, et plein de bontés pour les Canadiens... C’est une circonstance à ménager dans une affaire aussi délivate. ?

Ce que M. B. regarde comme une suggestion du cardinal Gerdil, n’est qu’une réponse à cette proposition de Mr. Hubert.

Des obstacles à cet arrangement, élevés par des catholiques mêmes, forcèrent l’évêque à différer la mise à exécution de son plan favori.

‘ Dans des circonstances aussi difficiles, je n’ai osé ouvrir le projet, que javais conçu et que la S. C. avait bien voulu approuver, d'établir en Canada un nouveau siége épiscopal. L’impiété s’étend ici comme en Europe. Peutêtre la divine Providence nous procurera-t-elle par la suite des temps moins orageux. ? La date de cette seconde lettre au cardinal Antonelli, 8 novembre 1790, fait connaître l’ère de troubles dans laquelle l’Europe venait d’entrer, et les tempêtes qui allaient assaillir le siége de Pierre. Les communications entre le Canada et Rome étaient devenues hasardeuses et difficiles: les sujets de la Grande- Bretagne ne pouvaient traverser en sûreté le sol agité de la France. Et ce ne fut qu’après la conclusion de la paix, en 1815, que l’évêque Plessis put songer à aller luimême traiter cette affaire avec les cours de Rome et de Londres. Un voyage qui le mettrait personnellement en rapport, avec les autorités de la cour pontificale et avec les ministres du roi d'Angleterre, lui semblait préférable aux lenteurs d’une correspondance épistolaire. Ayant mûr ses plans et pourvu aux besoins de son diocèse pendant son absence, l’évêque Plessis partit pour l’Europe en 1819.

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Dans un mandement du 5 décembre 1822, il annonce à ses

’diocésains les motifs et le résultat de son voyage.

“ Notre principal objet était d’obtenir une division de ce diocèse, beaucoup trop vaste pour qu’un seul évêque pût le gouverner avec la santé la plus robuste, même assisté d’un ‘coadjuteur aussi édifiant et aussi laborieux que celui que

Dieu nous 2 donné dans sa miséricorde. ... grâce à notre

jeunesse et à une santé longtemps soutenue, nous avions parcouru plus de cinq cents lieues de territoire de l’Est à POuest. ... Ce fut ce qui nous engagea à solliciter, en 1819, üne division du tout en cinq diocèses...

Ce plan, extrêmement goûté, suggéré même en partie par la cour de Rome n’entra point dans les idées de celle de Londres, qui consentait bien que l’autorité ecclé- Siastique fût partagée entre plusieurs, mais voulait que ie Sum n’eût affaire qu’à un seul. Le $. Siége cédant Aux circonstances crut devoir mettre ce diocèse sur le même Pied que celui de Wilna en Lithuanie, dont l’évêque a sous Jui quatre suffragants.... qui se partagent quatre différents districts de son diocèse, et y exercent sous sa dépendance toute la juridiction épiscopale. ?”?

M. B. remarque (p. 223, v. IL) que si l’on contesta

Plus tard à M. Lartigue la juridiction incertaine qu’il Woulait établir comme évêque auxiliaire suffragant de Québec, ‘ la faute principale devait en revenir à celui qui ävait cru pouvoir ai:si jeter les bases de l’épiscopat à Montréal. ?” Se croirait-il donc plus catholique que le Pape, et voudrait-il condamner ce que, pour le plus grand bien de l’église du Canada, le successeur de Pierre crut devoir établir, lorsque les circonstances ne lui permettaient pas de faire davantage? Nous ne serions pas surpris que la cour de Rome fût aussi accusée de timidité, pour n’avoir pas suivi les plans hardis, que trace dans son cabinet

istorien du Canada. Les évêques de Québec pourraient bon droit se réjouir d’être condamnés en aussi bonne com-

(P. 117, v. IL.) ‘ Quelque attrait qu’il eût pour les distinctions, l’évêque Plessis... répondit à la Propagande... que l’état de l’église catholique en Canada était encore trop précaire et offrait trop de motifs de défiance aux Anglais... pour qu’ils ne vissent pas de mauvais œil cette église changée en métropole. ?

Il nous semble que l’évêque Plessis, en refusant le titre d’archevêque, parce que son église serait exposée à én souffrir, ne montre pas un attrait bien vif pour les distinctions. Si, comme le dit l’auteur, il s’est trouvé en position d'en tout ce qu’il aurait voulu du gouvernement, pourquoi aurait-il laissé échapper une si belle occasion de satisfaire ses désirs ambitieux, s’il en avait eus ? Mais non ! l’âme de Plessis était trop grande et trop chrétienne pour s’occuper de frivoles distinctions. Modèle de son clergé, il sut pratiquer lui-même l’humilité qu’il recommandait si souvent et si fortement à ses prêtres. Pour l’honneur et la paix de son église, il aurait gaiement sacrifié tous ses titres et sa vie même.

(P. 147, v. II.) “ Partout où Plessis avait porté ses pas, il avait entendu les cris et les plaintes de ces malheureux : il avait sans doute promis de les soulager; mais le fit-il ? Et d’ailleurs le pouvait-il ? ?”

L’écrivain fait ici allusion aux habitants des villages acadiens du Nouveau-Brunswick, de l’Ile du Prince Edouard et de la Nouvelle-Ecosse. Dans un temps où les prêtres étaient si rares en Canada, que plusieurs desservaient deux et trois paroisses renfermant 3 ou 4 mille catholiques, 1l était impossible à l’évêque de multiplier les missionnaires, dans les parties de son diocèse où une faible population était éparse sur un immense territoire. Le missionnaire visitait régulièrement, deux fois par année, les différents petits postes qui lui étaient confiés, et qui s’échelonnaient sur une côte de 100 à 150 lieues d’étendue, La création d’un ou de plusieurs évêques, dans ces temps et dans ces lieux n’aurait pas

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amélioré la position des catholiques, parce qua les nouveaux prélats auraient été, plus que les évêques de Québec, dépourvus de prêtres, et de secours pour subvenir amplement aux besoins des missions. Après la division des diocèses opérée en 1819, le Canada a longtemps fourni, malgré sa pauvreté, des missionnaires aux provinces du golfe Saint Laurent. A plusieurs reprises, Mgr. Plessis et ses prédécesseurs avaient essayé d’attirer des prêtres dans leur diocèse, pour le service des missions ; c’est ainsi que Mer. Hubert appelait auprès de lui quelques-uns de ces ecclésiastiques estimables que la révolution française avait forcés de s’expatrier. Une vingtaine d’entre eux s'étaient fixés dans notre pays, qu’ils ont édifié, pendant :. iyues années, par leurs vertus et leurs travaux apostoliques. (1)

Vingt prêtres de plus ne pouvaient suffire aux nécessités croissantes d’un diocèse qui aurait pu en employer une centaine. En 1806, Mgr. Plessis s’adressait au général des Jésuites, à Saint-Petersbourg, pour le prier d’envoyer quelques membres de la compagnie au secours des missions de la Nouvelle-Ecosse et du Haut-Canada ; et il n’en put obtenir un seul. Avec la meilleure volonté, pouvait-il faire davantage ? Les nouveaux évêques ont-ils trouvé les moyens de secourir plus efficacement les Acadiens ?

(P. 138, v. II.) ‘ L’évêque visita tous ces débris (à Louisbourg). Malgré lui, il sentit qu’il avait encore quelque chose de : -ais dans le cœur ; et avant de quitter cette triste plage, 1 se mit à genoux avec les prêtres qui l’accompagnaient. ??

L’évêque Plessis s’est toujours fait gloire de descendre de ces aventureux enfants de la Normandie et de la Bretagne, qui s’étaient créé une nouvelle patrie au sem des

(1) Le dernier de ces vétérans de la foi, le vénérable J. D. Daulé, vient de descendre dans la tombe, comblé d’années et de

mérites, après avoir passé près de 60 ans au milieu des Canadiens, H

forêts de la Nouvelle-France, sans renoncer aux souvenirs de la vieille France, leur mère-patrie. Mais il ne regrettait pas que la providence, en séparant la colonie de la métropole, eût mis la première à l’abri des idées philosophiques du 18e siècle, ainsi que des bouleversements causés par la révolution française. Le Canada, qui sous le règne de la terreur aurait vu ses prêtres forcés de s’expatrier, eut le bonheur de servir d’asile à quelques-uns de ceux que la France avait expulsés, et il put conserver en paix sa foi et ses mœurs antiques.

(P. 149, v. Il.) ‘ Un nouveau collége s’était ouvert dans le district de Montréal, dont il devint bientôt la principale ressource : c’était celui de Saint-Hyacinthe d’Yamaska. ?” | |

Nous aimons à reconnaître le: services importants que le collége de Saint-Hyacinthe a rendus à la religion, à la patrie et aux lettres; mais nous ne consentirons pas, comme l’auteur, à oublier la part distinguée que le collége de Messieurs de Saint-Sulpice a prise à l’avancement des études classiques et théologiques dans toute la province.

Au moment où un violent incendie consumait l’église de Saint-Roch, ‘ l’évêque était accouru sur le lieu du désastre ; son cœur souffrait, mais son œil restait impassible. —Quel malheur ! s’écriait l’un des marguilliers en se tournant vers lui.—C’eût été un bien plus grand mal si vous aviez commis un péché mortel, répondit-il aussitôt. ? (P. 150, v. II.)

Voilà un de ces mots profondément chrétiens devant lesquels on doit se taire, quand on ne sait point les apprécier convenablement. L’auteur n’a sû faire ni l’un, ni l’autre. Il a voulu ajouter un commentaire, qui est bien propre à refroidir l’admiration. ‘%“ Ce trait, dit-il, peint la tournure de lesprit de M. Plessis, et ce qui faisait le fond de son caractère. ” M. B. n’a pas cru à propos d’expliquer ce qu’il entend par cette phrase.

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(P. 171, 172, v. IL.) “ L’évêque Lartigue espérait qu’il pourrait continuer, après son sacre, à résider, comme auparavant, au milieu des prêtres de cette communauté (Saint Sulpice), à laquelle il avait si longtemps été attaché... Les directeurs et le supérieur de Saint Sulpice lui firent observer..….que la résidence parmi eux d’un prélat, supérieur par sa dignité au supérieur lui-même, était non-seulement incompatible avec les règles de la communauté... mais encore qu’elle était de nature à menacer l’existence même de la communauté dans l’avenir.….. C’était là une conséquence trop visible de cette situation, si elle avait dû exister, et chacun comprenait fort bien que le séminaire de Saint Sulpice aurait été promptement changé en une collégiale, dont les chanoines auraient été les membres de la communauté, ou en une espèce d’abbaye en commande, dont l’évêque aurait été l’abbé commendataire.

Que l’on compare cette dernière réflexion, avec celle que l’auteur fait touchant un cas analogue (P. 11, v. II,) : ‘ Aussi est-ce à dater de l’évêque Briand que les évêques ont commencé à demeurer généralement au séminaire de Québec.....coutûme louable qui exista jusqu’en 1847. °?

Nous ne suivrons pas M. B. dans le détail des contradictions qui furent suscitées à l’évêque de Telmesse après son sacre ; nous nous contenterons de faire remarquer qu’elles s’appuyaient, non pas sur le droit canon tel qu’il est entendu à Rome, mais sur les interprétations qu’en ont données les parlementaires de France. L’opposition ne renfermait dans son sein que peu de prêtres des campagnes, et ne présentait rien de bien formidable hors de la ville de Montréal.

& La mort inattendue de Piessis plongea dans un deuil général les villes et les campagnes. Malgré lui quelquefois, mai$ néanmoins toujours avec son concours, de grandes choses s’étaient opérées durant son épiscopat, à

l’avantage de l’église en Canada. ?? (P. 179, v. IL.) H2?

Ne pouvant louer sincèrement un évêqué de Québec, l’historien trouve à chaque instant le moyen de contredire, lorsqu'il revient à lui-même, les aveux favorables que la force des choses lui a arrachés. Que signifie cette observation: ‘ malgré lui, mais toujours avec son concours ; ” comment expliquer ces contradictions manifestes dans la description du caractère de l’évêque Plessis ? Tantôt c’est un homme qui se fait connaître par sa raideur et son inflexibilité, qui fait devant son regard trembler tous ses subordonnés, qui prend d’une main ferme la conduite de l’6glise du Canada, qui fait plier toutes les volontés devant la sienne, qui déploie une louable énergie dans des circonstances où il pouvait croire son église menacée ; tantôt il a besoin de s’entourer d’hommes qui le poussent et le secondent, il est plein de souplesse, de préjugés timides ; et il n’a manqué d’être un grand homme que parce qu’il n’a pas eu assez d’énergie et qu’il s’est laissé dominer par des craintes serviles. L’auteur semble porté tour-à-tour à le louer ou à le blâmer, suivant que la vérité ou les préventions prennent le dessus dans son esprit.

Qu’on: lise la page 193, v. II, dictée dans un bon moment, et l’on se convaincra que peu d’hommes ont été plus dignes que Plessis de remplir les sublimes fonctions de l’épiscopat, et que les Canadiens peuvent à bon droit le proclamer le premier homme de leur pays. En quelque partie de la chrétienté que la providence eût voulu lui assigner un siége épiscopal, il aurait été un grand et illustre évêque.

L’historien a fait un mauvais choix des conseillers étrangers dont il l’entoure, et à qui il attribue une partie de sa renommée. “ Tels furent, dit-il, p. 179, v. II, Edmund Burke, de la Nouvelle-Ecosse, M. MacDonell, de Kingston, Pabbé Lejamtel, les deux frères Desjardins, MM. Robert, Maguire, etc 7 Plessis devint évêque de Québec en 1806 ; et Edmond Burke, était passé en 1801 dans la Nouvelle-Ecoste, où il est demeuré jusqu’à sa mort ; M. Mac-

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Donell résidait à 240 milles de Québec; M. Desjardins, l'aîné, était parti pour la France en 1802; M. Lejamtel, missionnaire au Cap-Breton, ne vint résider en Canada que dans l’année 1817, époque à laquelle 1l fut nommé curé de Bécancour, à 90 milles de la ville épiscopale ; ce vénérable missionnaire d’aiileurs n’était pas homme à conduire un diocèse ; M. Robert, comme nous l’avons dit, était canadien. Sur la liste des conseillers de l’évêque, telle que présentée par l’auteur, il ne reste que M. Desjardins, le jeune, et M. Maguire, qui tous deux étaient dignes de la plus grande confiance, mais qui n’ont jamais prétendu partager la renommée de Mgr. Plessis. Le prélat aimait à les admettre dans ses conseils avec quelques autres prêtres estimables, MM. Turgeon, Demers, Parant, etc... ; mais il n’acceptait d’eux que des avis ; les décisions étaient réservées au jugement de l’évêque, et étaient mises à exécution par la force de cette volonté qui faisait plier toutes les autres.

(P. 182, v. II.) ‘“ A peine l’archevêque Plessis eût-il rendu le dernier soupir qu’un courrier portant la nouvelle de sa mort fut expédié à l’évêque de Saldes, son coadjuteur...… Le clergé se réunit et trois noms furent présentés au gouverneur, selon la coutume adoptée auparavant ; celui de M. Demers... de M. Turgeon..…… et de M. Signay, curé de Québec... Il fallait trouver le moyen d’imposer au Canada un évêque qui n’eût pas, lorsque l’occasion s’en présenterait, toute la force d’âme nécessaire pour réclamer les siens et ceux de son peuple... En présence du refus de M. Demers, le gouverneur-général n’eut donc autre chose à faire qu’à écarter M. Turgeon, que l’on pouvait redouter comme ayant encore trop de caractère ; et le lendemain de linstallation de M. Panet comme archevêque de Québec, celui-ci présenta M. Joseph Signay, pour son futur coadjuteur. ??

M. Brasseur cherche toujours à ramener sa thèse favorite : que les évêques étaient imposés au diocèse de Québec par le

gouvernement. Or cette élection est la meilleure preuve du contraire. Voici les faits tels qu ils se sont passés ; on pourra les comparer avec le récit de l’auteur.

Au moment où Mgr. Plessis mourut, l’évêque de Saldes était à Québec depuis plusieurs jours, travaillant à déposer sa charge de coadjuteur sur des épaules plus jeunes. Les deux prélats avaient déjà proposé deux noms, ceux de M. Jérôme Demers et de M. Turgeon, qui avaient été agréés par le gouverneur lorsque le décès inattendu de Mgr. Plessis força l’évêque de Saldes à monter sur le siége de Québec.

Un troisième nom fut alors ajouté par Mgr. Panet, aux deux premiers déjà désignés pour la coadjutorerie ; ce fut celui de M. Signay. M. Demers refusa péremptoirement ; M. Turgeon fut ensuite vivement pressé d’accepter la mitre et par l’évêque et par le gouverneur, qui lui adressa à ce sujet une lettre extrêmement flatteuse. Un second refus aussi formel que le premier vint encore briser les espérances du clergé. Enfin, M. Signay, troisième sur la liste, se décida à ne pas refuser, après avoir montré beaucoup d’hésitation. Cette exposition réelle des faits prouve bien que le choix de l’évêque était admis sans difficulté par le gouverneur.

L’auteur avoue lui-même (p. 116, v. II.) que le choix de* M. Panet avait été fait non par un gouverneur, mais par Mgr. Plessis. On voit que la proposition générale (p. 19, v. IL.) que tous les évêques et archevêques de Québec depuis l’abbé Briand ont été choisis par les gouverneurs du Canada, ”” éprouve une exception, toutes les fois qu’une nomination a lieu. Il est étonnant que les archives de l’évéché de Québec contredisent aujourd’hui ce qu’elles ont appris à M. Brasseur. En consultant les documents officiels, en effet, voici ce que l’on découvre :—M. Briand fut choisi pour évêque le 11 septembre 1764, par le chapitre de Québec. ” Le ? janvier 1785, Mgr Desgly annonçant l’élection de M. Hubert, écrit au Souverain Pontife, que le choix qu’il a fait “de ce prêtre pour son coadjuteur a été reçu aux

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