‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du Canada, etcChapitre 13 sur 14 · PRE TT TRE SRE MT D · texte numérisé non relu

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été érigées, chacune desquelles possède aujourd’hui son église et son presbytère ; plusieurs missions ont été instituées soit pour les sa. vages, soit pour les canadiens employés à la coupe des bois. Des retraites paroissiales ont été données dans toutes les parties du diocèse, par le clergé des campagnes, qui trouvait

malgré son engourdissement mortel, assez de force dans son

zèle, pour unir aux fonctions pastorales les travaux pénibles des retraites ; l’association de la propagation de la foi a été introduite et recueille, chaque année, pour les missions, une somme de près de quarante-cinq mille francs. Dans le but d’empêcher les jeunes gens d’émigrer aux Etats-Unis, où parmi les protestants ils auraient été exposés à perdre leur foi, le clergé a organisé trois compagnies de colonisation, qui fournis-

sent à la population surabondante des anciennes paroisses

les moyens d’acquérir des terres et de les défricher ; ces compagnies ont eu le plus grand succès, et ont servi à améliorer le sort de beaucoup de familles. Enfin, la société de tempérance a été fondée et compte, dans les seuls districts de Québec et des Trois-Rivières, environ 200,000 membres. Les bons effets produits par cette institution sont si remarquables que, dernièrement, un journal protestant avouait que les délits se multipliaient dans une proportion effrayante dans le Haut-Canada protestant, tandis que le nombre en diminuait considérablement dans le Bas-Canada, malgré l’accroissement rapide de la population.

Aussi cet engourdissement mortel du clergé de Québec paraît si plein de vie aux habitants des campagnes que dans leur langage moins poli, mais plus vrai que celui de M. Brasseur, ils répétent souvent : ‘“ on ne sait pas où ils s’arrêteront ; mais depuis vingt ans les curés se donnent terriblement de la peine, ??

(P. 191, 192, v. II) ‘“ Comme le clergé n’avait jamais osé faire de réclamations directes à l’égard des biens des récollets et des jésuites, il était bien aise de s’opposer

maintenant à ce qu’il croyait être une ruse du gouverne-

ment pour spolier le séminaire de Saint Sulpice. Quelques motifs de jalousie, et le désir de contrecarrer les Sulpiciens, dans les plans qu’ils avaient cru devoir adopter prudemment, entrèrent peut-être bien aussi pour quelque chose dans les démarches du clergé.... En conséquence un mémoire vigoureux, composé par l’évêque de Telmesse, et signé par tous les membres du clergé canadien, fut présenté à Londres par M. Maguire.... qui fit surtout ressortir aux yeux du ministère anglais toute l’impopularité de cette transaction. ”

Depuis long-temps les biens considérables du séminaire de Montréal excitaient la convoitise de quelques-uns de leurs censitaires protestants, qui auraient aimé à partager les dépouilles de cette institution catholique. Ces projets de spoliation avaient été déconcertés par un mémoire que Pévêque Plessis présenta à la cour de Saint-James, en 1819, et qui avait produit le meilleur effet. L’agitation de cette mesure s’était renouvelée après la mort de l’illustre prélat. A la vue de l’opposition qui se manifestait contre eux et qui les accusait de posséder trop de richesses, messieurs de Saint Sulpice envoyèrent à Londres deux des membres les plus distingués de leur communauté, chargés de proposer au ministère un arrangement pour la cession de leurs seigneuries, en retour desquelles le gouvernement britannique consentirait à leur payer une rente annuelle. Toutefois avant de conclure définitivement ce compromis avec le ministère, les deux mandataires du séminaire voulurent avoir le consentement du Saint Siége, pour un acte qui était regardé comme une aliénation de biens ecclésiastiques. Pendant qu’ils étaient à Rome, la nouvelle des négociations alors pendantes à Londres, et entamées à l’insu des évêques du Canada, transpira dans la province, où elle causa beaucoup d’alarmes aux catholiques. C'était, en eflet, reconnaître tacitement que les droits du Séminaire de Montréal à la jouissance de ses propriétés n’étaient

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point clairement établis, puisqu’on recourait à un compromis. L’une après l’autre, les institutions religieuses pouvaient être attaquées dans la possession de leurs biens, si un précédent aussi déplorable avait lieu. Des rentes fournies par l’état auraient assujetti les communautés aux caprices du gouvernement civil, qui dans l’occasion aurait trouvé le moyen de satisfaire sa mauvaise humeur en différant les paiements, ou même en en retranchant une partie. On citait plusieurs pays où le clergé, après avoir été forcé d’échanger ses possessions territoriales contre des rentes sur l’état, avait été réduit à la misère par le meuvais vouloir des gouvernants, ou par suite d’embarras dans les finances publiques. D’ailleurs, le séminaire de Montréal avait rendu trop de services à la province, pour qu’on lui permît de se sacrifier ainsi, dans la vue d’obtenir de ses ennemis une paix qui ne lui aurait pas été accordée ; car une fois la spoliation commencée, on ne se serait pas arrêté en si beau chemin.

Tout le clergé catholique du Canada, ayant à sa tête les évêques de la province, adressa donc une requête au gouvernement impérial, pour réclamer contre cette transaction forcée et injuste. En 1829, deux délégués, MM. Maguire et Tabeau, se rendirent à Rome et à Londres, pour soutenir les représentations du clergé. Eclairée sur le caractère de cette cession, la cour pontificale refusa de la sanctionner. Le ministère anglais ne se rendit pas aussi facilement, quoiqu’une requête, remarquable par la largeur des vues et la noblesse des sentiments, lui eût été présentée en 1830, par la chambre d’assemblée du Bas-Canada, au soutien des protestations du clergé. L’affaire traîna encore pendant quelque temps. L’évêque Panet, dont la fer- ‘meté était inébranlable lorsqu’il avait une fois pris son parti, adressa en 1832 à lord Aylmer un mémoire, dans le. quel il soutenait la justice de laisser le séminaire de Mont-

réal dans la jouissance de toutes ses seigneuries.

“ Intéressé comme je le suis, ” disait le prélat, ‘“ à la conservation des biens ecclésiastiques de mon diocèse, je croirais manquer aux devoirs de ma charge, si je ne faisais mes efforts pour les conserver à ceux que je ne puis m’empêcher de regarder comme leurs légitimes possesseurs. . ..

‘6 V. E. me permettra de lui faire passer une copie d’un mémoire que mon digne prédécesseur, Mgr. J. O. Plessis, présenta en 1819 à lord Bathurst, sur l’affaire qui fait l’objet de ma présente lettre. Ce prélat, dont la mémoire sera toujours chère aux Canadiens, prévoyait dès cette époque les maux qui résulteraient pour la province, de la mesure qu’on désire amener aujourd’hui à conclusion. À son exemple, je prie Dieu qu’il termine ma carrière, avant d’avoir à déplorer les suites d’une transaction qui, si elle a lieu, ne pourra qu’être funeste à la religion, et desavantageuse à la province, et à laquelle ma conscience ne peut me permettre de prêter jamais les mains. ??

Devant cette formidable opposiik . de toute la province, le projet fut enfin abandonné et le séminaire de Montréal demeura en possession de ses biens.

On comprendra par l’énergie déployée dans cette lutte, que le sommeil de l’église du Canada ne la dépouillait pas de sa force vitale. Depuis long-temps, l’historien accuse les Canadiens d’apathie et d’une soumission trop humble aux ordres du gouvernement ; ii prétend que le clergé n’a pas su réclamer les biens des religieux. Eh bien! voici une réclamation de biens ecclésiastiques, faite en bonne forme, et couronnée de succès parce qu’elle était appuyée sur les traités. Qu’en pensera M. D. ? On ne le devinerait jamais. Si le clergé canadien a maintenu le séminaire de Saint Sulpice dans la possession de ses biens, c’est qu’il ÿ était peut-être porté par quelque motif de jalousie et par le désir de contrecarrer les Sulpiciens dans leurs plans. Ï1 faut avouer que les membres du clergé canadien s’y. pre-

naient fort mal pour satisfaire leur jalousie, puisqu’ils travaillaient à maintenir le séminaire de Saint-Sulpice dans la possession de ses biens.

Tout en portant ce jugement, l’auteur continue d’accuser le même clergé de n’avoir jamais osé faire de réclamations directes à l’égard des biens des jésuites. Cependant des documents, déposés aux archives de l’archevêché de Québec, prouvent que depuis 1762, le peuple et les prêtres du Canada ont présenté au gouvernement sept ou huit requêtes, pour obtenir que ces biens fussent rendus à leur destination primitive, le soutien de l’éducation et Pentretien des missions. Nous citerons celles que nous avons trouvées. En 1764, requête des Canadiens au gouverneur Murray ; en 1765, requête de M. Briand à George III ; en 1767, représentations de Mgr. Briand au gouverneur ; mémoire présenté, en 1787, à Lord Dorchester ; requête de l’6vêque au gouverneur en 1790 ; requête des évêques au gouverneur le 20 octobre 1838 ; une autre le 12 juin 1843 ; requête des évêques et du clergé au parlement provincial, 12 juin 1846.

(P. 275, v. II.) “ Tandis que Québec cherchait à se faire oublier par sa timidité et par son inaction dans le mouvement religieux que l’évêque de Montréal imprimait au Canada, avec le spectacle des grandes choses que ce prélat zélé entreprenait dans l’esprit du développement intellectuel qui est la sève véritable du catholicisme, le vicariat apostolique du Haut-Canaca, érigé en siége épiscopal, étendait de plus en plus sa vivifiante influence. *?

Nous avons inutilement essayé de comprendre, ce mouvement que l’évêque de Montréal imprime avec le spertacle des grandes choses que ce prélat entreprend dans L'esprit du déselnopement intellectuel qui est la sève véritable du christianisme.

On demandait à un individu, connu à Québec sous le nom de philosophe Gosselin, s’il pouvait expliquer les

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