‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du CanadaChapitre 14 sur 19 · CA · texte numérisé non relu

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pour assurer le collége des jésuites, ainsi que les autres biens, au peuple eamadien, sous l'autorité de l'évêque de Québec. »

Aux p. 56, 57, 58, où M. B. rapporte les détails de celte affaire, il renverse, involontairement il est vrai, tout l'échafaudage d'incriminations qu'il à si péniblement élevé contre les évêques canadiens, et particulièrement contre Mgr Hubert, On y trouve en effet : fermeté el sagesse dans l'évêque ; demande des biens des jésuites pour des fins catholiques, sous l'autorité, non pas d'un surintendant de l'Église romaine, mais de l'évéque de Québec ; conseil de prêtres canadiens réunis autour de l'vêque, et tenant lieu du chapitre, que les circonstances l'empèchaient de pouvoir rétablir.

Nous aurions rougi d'ajouter la qualification de een diens dans la phrase précédente, sans les reproches de lâcheté si souvent adressés au clergé canadien par le généreux abbé Brasseur, qui a encor: iei l'heureuscidte de les mettre sous la protection de d'ux prêtres français, MM. Robert et Gravé. M. Gravé, quoique né en France, élait Canadien de cœur, M. Robert, n’en déplaise à l'auleur, était Canadien de naissance, et appartenait à une famille établie en Canada depuis un siècle et demi. Le récacteur du mémoire, le jeune secrétaire, élait aussi un Canadien qui a fait honneur à sa patrie. Nous le répé tons, nous aurions honte de faire une telle remarque, si nous ny étions forcé, car, de quelque pays qu'ils soient, des prêtres catholiques sont enfants de la même famille,: et soldats sous le mème drapeau.

Quelques pages plus loin, M. B. ramène encore contre

les évêques les accusations qu'il vient de détruire sans

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(Note p. 69.) « Cette tactique du ministère britannique, qui profita si longtemps de la faiblesse des évèques de Québec pour les empêcher de prendre le titre de leur siége..... » Dussions-nous nous exposer à lire notre vie écrite par M. B., nous devons encore déclarer que cette assertion n’est pas soutenue par les documents qu'il prétend avoir eus entre les mains.

(P. 66, v. IL.) L’évêque est vertement repris pour avoir aboli certaines fètes chômées sur semaine, avant d’avoir obtenu le consentement de la cour de Rome. La plus grande partie du clergé demandait cette abolition, et appuyait la demande de fortes raisons. Les fêtes étaient très-nombreuses : il arrivait quelquefois que, sur huit jours, cinq étaient fériés, et cela dans un pays où la longueur des hivers abrége le temps qui peut être consacré aux travaux de la campagne. Le mélange des protestants avec les catholiques engageait souvent ceuxci à négliger observation des fêtes ; Les abus à ce sujet devenaient de plus en plus fréquents; les maîtres protestants renvoyaient les employés catholiques qui refusaient de travailler en ces jours ; on citait aussi l’exem- - ple de Mgr de Pontbriand, qui avait déjà aboli certaines fêtes. Les réclamations devenaient urgentes. Les communications avec Rome étaient alors très-difficiles par suite des troubles de la révolution française; dans ces temps, des lettres adressées du Canada à la cour pontilicale ne sont parvenues à leur destination que quatre ans après l'envoi. L’évêque se crut autorisé par les circonstances à agir avant d’avoir obtenu le consentement du souverain pontife. [l s’appuyait sur la nécessiié , et

peut-être aussi-un peu sur les principes du gallica-

nisme, qui n’était pas encore tout à fait mort dans le Ca-

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Mgr Pierre Denaut semble avoir échappé à la haute justice de M. Brasseur; on ne sait trop pourquoi il n’a pas été traîné aux gémonies, puisqu'il était Canadien. M. B. sentait peut-être le besoin de ménager ses forces; pour rencontrer le jeune secrétaire qui apparaît dans la lice comme coadjuteur de l’évêque de Québec.

(P. 113, v. IL.) « Dix jours après, Joseph-Octave Plessis se mit solennellement en possession du siége de Québec, et prit d’une main ferme la conduite de l'Église du Canada... Il parvint à force de persévérance et d’énergie, d'un côté, de souplesse et d’habileté, de l’autre, à maintenir son clergé dans les bornes de l’obéissance la plus respectueuse, et à fortifier à Ja fois la position qu’il avait su prendre dans la faveur du gouvernement... En retour de ses soumissions, il ne reçut que des politesses affectées, et trop souvent encore des dédans; il n’usa jamais que des plus humbles prières et se vit presque toujours éconduit. Témoin la pétition qu'il adressa en 1812... pour obtenir l’autorisation de prendre officiellement le titre d’évêque catholique de Québec, litre qu’il aurait dû avoir le courage de mettre

à son nom sans autorisation préalable, ee qui lai fut, comme à son prédécesseur, dédaigneusement refusé. Avec l'inflexibilité qui faisait le fond de son caracière.…. il fit plier toutes les volontés devant la sienne. »

M. B. commence son attaque avec un peu de maladresse. Cet évêque qui prend d'une main ferme la con duite de son Église, qui possède un caractère inflexible, qui fait plier toutes les volontés devant la sienne, ne doit pas être très-souple, ni très-disposé à faire des soumissions et les plus humbles prières. I est singulier de

voir le jeune sous-diacre inspirer à Mgr Hubert tant de |

fermeté et être lui-même si rampant lorsqu'il est devenu évêque. Comprenne qui pourra.

Le gouvernement, en effet, s’aperçut à plusieurs re- prises qu’il n’était pas homme à reculer devant son devoir, Sa fermeté avait été tellement remarquée pendant qu'il était secrétaire de l'évêque Hubert, que le prince Édouard crut devoir en avertir le général Prescott, dans une lettre en date du 16 octobre 1797, Le prince était alors à Halifax. Voici ce qu'il en pensait : « Mais quant au coadjuteur, M. Plessis, je crois qu’il est de mon devoir de vous informer que c’est un homme en qui vous trouverez peut-être qu'il n’est pas prudent de reposer trop de confiance. Je l'ai connu pendant qu'il était secrétaire de l'évêque Hubert; et l’on savait parfaitement, pendant ma résidence au Canada, qu'il gouvernait enlièrement l'évêque et le séminaire, et les portait à adopter des opinions qui étaient incompatibles avec nos opinions sur la suprématie du roi dans les affaires ecclésiastiques. »

Le 5 février suivant, il revenait sur ce sujet. Le gouverneur du Canada lui avait annoncé, comme une im-

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« de sais, écrivait le prince, que, pendant que je résidais en Canada, feu l’évêque Hubert se refusa fortement « à cette mesure, et comme ce prélat..…. était supposé eulièrement guidé par le coadjuteur actuel, ce refus était regardé par les plus zélés sujets de Sa Majesté en Canada, comme une des nombreuses raisons pour lesquelles M. Plessis, dans ce temps, ne pouvait être considéré autrement que dans une position douteuse sous le rapport de sa loyauté à ia Grande-Bretagne. »

La conversation suivante, jetée sur le papier immédiatement après une entrevue entre l'évêque Plessis el le général Craig, homme le plus impérieux que le Cahada ail jamais eu pour gouverneur, fera mieux comprendre le caractère et les principes de ce prélat, M. Brasseur à pu connaître ce document, qui n’entrait probablement pas assez dans ses idées, pour qu'il le cit. |

« Vous êtes dans une situation désagréable, » observa le gouverneur, «je désirerais qu'elle püût s’améliorer. Vous ne tenez pas le rang qui conviendrait à votre place, el je ne puis vous reconnaître en votre qualité d'évêque, mais il ne dépend que de vous d’être reconnu et autorisé dans vos fonctions extérieures par une commission du roi. »

Sur une observation faite par l'évèque :

« Eh! à qui prétendez-vous que la nomination aux cures doive appartenir? demanda Craig.

L'ÉVÊÈQUE. — « À l'évêque. Il est le père de famille : c’est à lui d'envoyer des ouvriers dans son champ, »

LE GOUVERNEUR. — ( Oh! voilà un point que le roi

ne cédera Jamais, et si vous n'êtes point convaincu que c’est là une de ses prérogatives royales, je n’ai plus à discuter avec vous... Je ne vous conseillerai pas de refuser l'institution à celui que le gouverneur aurail appointé au rom du roi, car il serait maintenu nonobstant cela. »

L'ÉVÊQUE. — « Vous pourriez le maintenir en possession du temporel d'une cure; mais ce n’est là que l’accessoire, vous ne pourriez lui donner le pouvoir d’en remplir les ’onctions spirituelles... »

LE GOUVERNEUR. — « Mais croyez-vous donc volre peuple canadien fort attaché à sa religion”? Une personne qui connaît très-bien et depuis longtemps le pays m’assure que la religion s’y perd insensiblement. »

L'ÉVÈQUE. —— « D’après mes connaissances, je crois le peuple très-attaché à sa religion... il n’y a point darticle dont il soit aussi jaloux. »

LE GOUVERNEUR. — « Ce qu’il y a de très-certain,

est que, jusqu’à présent, ce päys a été gouverné d’une manière bien opposée à l'esprit de la constitution d’Angleterre. Nous laissons faire ici quantité de choses que l’on ne souffrirait dans aucune autre partie des domaines britanniques. Le gouvernement pourrait me faire mon procès sur plusieurs articles, sur lesquels il est démontré que je ne remplis pas ses intentions. Tant que la province a été de peu de conséquence, on a laissé subsister tout cela. Mais enfin elle prend de l'importance... Il est temps qu’elle soit mise sur le même pied que les autres parties de l'empire. »

L’ÉVÊQUE. — « Votre Excellence croit-elle la gloire de l'empire concernée dans la nomination aux cures catholiques du Canada? »

LE GOUVERNEUR. — « Savez-vous bien que vous n'avez pas un seul curé dans tout votre diocèse qui à droit d’instituer une action pour le recouvrement de sa dîme ? Et vous-même, quel maigre revenu avez-vous? »

L’ÉvÊQuE. — Les revenus sont la dernière chose qu'un ecclésiastique doive rechercher... Le clergé catholique a souvent prouvé qu’il savait faire des sacrifices en ce genre. »

LE GOUVERNEUR. — « Mais comment pouvez-vous être content d’une existence aussi triste, d'une situation aussi précaire que la vôtre? »

L'ÉVÈQUE. — « À mon âge, au delà du méridien de la vie et dans mon état, on n'aspire pas au plaisir. Je ne prétends à aucun honneur. L'épiscopat dont l'Église m'a revêtu est un honneur plus que suffisant pour moi. Enfin quelque maigre et précaire que ma situation semble à Votre Excellence, j'aime mieux m’en contenter; j'aimerais mieux qu’elle fût encore plus maigre que de donner lieu à mes diocésains de dire que j'ai vendu mon épiscopal, réflexion qui ne manquerait pas d’être faite... Le gouvernement a laissé mes prédéecsseurs depuis la conquête gouverner leur Église en toute liberté. Ils ont trouvé dans cette conduite un motif de plus de se montrer zélés pour les intérêts du gouvernement, J'ai suivi en cela leurs traces. Pour t’être prononcé hautement, de vive voix et par écrit dans le même sens, je me suis mis à dos une partie de mes compatrioles. »

LE GOUVERNEUR. — « Souvenez-vous que la religion catholique n’est point établie ici; elle n’y est que tolérée aux termes de la capitulation de Montréal, et par les termes de cette capitulation, nous ne sommes pas obligés d'y admettre un évêque. »

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L'ÉVÊÈQUE. — « Sa Majesté n’a point en celle province un sujet qui lui soit plus dévoué que moi ; cela va jusqu'à la conscience, mais non plus loin. Quant à la suprématie spirituelle, je veux dire à la qualité de chef de l'Église, qu'il a plu au parlement d'Angleterre d'attribuer au roi, il est très-certain qu'aucun membre de l'Église catholique ne la peut admettre. »

LE GOUVERNEUR, — € Nous ne reconnaissons point d'Église catholique. »

L'ÉVÈQUE, — «€ C'est sur quoi ne m'est pas permis d'être de la même opinion que Votre Excellence. »

LE GOUVERNEUR, —- «€... Je ne puis déterminer le moment où la couronne commencera à exercer ses droits sur votre Église, mais je vous répète que ce moment ne saurait être éloigné, S'ilarrive que la chose se | fasse d’une manière disgracieuse pour l’évêque, vous vous souviendrez qu'il n’a pas dépendu de moi qu’elle ne lournât à l'avantage de votre place. Eh quoi! me | laisserez-vous partir du Canada sans me permettre de | vous être utile comme je le désirerais? »

L'ÉVÊQUE. — « Ce désir ajoute à ma reconnaissance ; mais je conçois qu'il est difficile qu'il soit rempli, car les conditions, malheureusement, n’en sont pas a1dmissibles. » .

Fermeté, loyauté fondée sur la conscience, mépris des | avantages temporels, et désir de procurer le bien de son Église : il nous semble que tous ces sentiments sont suffisamment exprimés par les paroles de l'évêque. Sans bravaes, il soutient son indépendance dans les matières religieuses, tout en professant son obéissance aux autorités constituées, dans ce qui est de leur ressort. On ne voit pas qu'il use ici des plus humbles

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prières, comme Je prétend M. Brasseur. In’ recourt pas davantage dans son mémoire présenté au gouverneur Prévost, en 1812, mémoire que l'historien véridique appelle une pétition.

Sir George Prévost avantprié Mgr Plessis de lui faire connaître sur quel pied il serait convenable de mettre à l'avenir les évêques catholiques du Canada, le prélat prend oecasion d'exposer au gouverneur : ee qu'étaient les évêques du Canada avant la conquête ; ee qu'ils ont été depuis la conquête ; l'état où il serait à désirer qu'ils fussent à lavenir,

En parlant, dans la seconde partie, de Mgr Briand, il remarque qu'il exerça les fonetions de lépiscopat « avee autant de liberté qu'il en aurait pu avoir sous l'ancien régime, et reçut constamment des différents gouverneurs des témoignages d'une considération dislinguée. »

Après avoir parcouru la liste des évêques et cité leur: lavauté, il ajoute : «Is ont été récompensés par la pleine liberté dans laquelle ils ont été maintenus, et même encouragés par les gouverneurs de eelle provinee, pour l'exercice de leur autorité épiscopale...

« On ne leur à contesté ni leur juridietion, ni leur titre d'évèque de Québee, jusqu'à ces années dernières, où des insinualions artificieusement répandues dans les papiers publies, et quelques assertions avan-eées dans les cours de loi de cette provinee ont eommencé à jeter sur l'exereiee et même sur l'existence de l'épiscopat catholique certains nuages... »

& Iest d'autant plus désirable de voir l'Église eatholique du Canada et par conséquent ses premiers pasteurs solidement autorisés, que le peuple de cette com-

munion y augmente dans une progression très-rapide ; que de tous les liens qui attachent la masse de ce peuple au gouvernement de S, M, B., celui de sa religion est incontestablement le plus fort, et qu'il est extrêmement jaloux de la conserver telle qu'il la reçue de ses pères, sans altérations. » |

« Les pouvoirs spirituels que l'évêque exerce, » continue le prélat dans Ja troisième partie de son mémoire, « lui viennent de l'Église par la voie du souverain pontife. Il n’est laissé à son choix ni de s’en dépouiller en tout ou en partie, ni de les tirer d’une autre source. Mais les fonctions spirituelles ont certains effets extérieurs et civils; et c'est seulement par rapport à ces effets civils et extérieurs qu'il sent le besoin d'être autorisé, non à faire plus que n’ont fait ses prédécesseurs, avant ou depuis la conquête, mais à continuer leurs fonelions dans les mêmes principes et avec la même déférenée pour les autorités établies, de manière à ne pas rencontrer d'entraves qui lroubleraient la liberté dont lui et ses dits prédécesseurs ont joui jusqu'à ce jour. »

Il demande ensuite : 1° Que lui et ses successeurs soient civilement reconnus comme évêques catholiques de Québec ;

2" Que son coadjuteur, M. B.-C. Panet soit aussi reconnu civilement comme tel;

3° Que l'élection du coadjuteur ait lieu selon les formes jusqu'alors suivies ;

4° Que la propriété du palais épiscopal de Québec soit confirmée aux évêques, et qu'ils puissent transmettre à leurs successeurs évêques les acquisitions qu'ils feront en leur qualité. |

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apide ; Il termine par ces mols : « Tout occupé du soin de peuple | son Église, le soussigné croit devoir borner ici ses vœux. on est | Quant à l'influence que pourrait donner à sa place une ement | assignation de revenus... ainsi qu’à l'avantage et à l’upères, | ülité qu'il pourrait y avoir dans un pays dont au moins

les trente-neuf quarantièmes sont catholiques, que le clergé de cette communion fût représenté par son chef

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