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2 janvier 1785, Mgr Desgly, annonçant l'élection de M. Hubert, écrit au souverain pontife que le choix qu'il a fait « de ce prêtre pour son coadjuteur à 616 recu aux applaudissements du clergé et de toutle peuple, etavee l'agrément du gouvernement, » Mgr Hubert, le 19 juin 1788, informe le cardinal Antonelli « qu'ayant jeté les veux sur M. C.-F, Bailly de Messein, prètre canadien, qui depuis vingt-deux ans a servi dans le diocèse et dans les missions sauvages en qualité de grand-vicaire, il a eu la satisfaction de voir lord Dorchester entrer dans ses vues, » Après la mort de M. Bailly, le même prélat, dans une lettre au cardinal Antonelli, en date du 13 juin 1794, déclare que lord Dorchester lui a laissé toute liberté de choisir M. Pierre Denaut pour son coadjuteur. Une influence puissante, celle du prince Édouard, était exercée pour empêcher que le nom de M. Plessis ne fñt présenté à l'approbation du Saint-Siége pour la coadjulorerie de Québec. Malgré cette opposition, Mgr benaul faisait agréer au gouvernement l'homme que la voix publique désignait comme le plus digne de l'épiscopal; et le 20 septembre 1797, il informait le cardinal Gerdil de son heureux sueeës : « La Providence a eu soin de l'Église du Canada ; j'ai obtenu pour coadjuteur un sujet versé dans les affaires ecelésiastiques, connaissant bien le diocèse... et possédant d'ailleurs la confiance de la plus saine partie du elergé et l'estime des peuples. [est prêtre-curé de la paroisse de Québec..." et se nomme Joseph-Octave Plessis, » M. Turgeon a été proclamé coadjuteur élu par Mer Signav, au momentoù ee prélat prenait possession du siége épiscopal de Qué-
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lion, d'un bout à l'autre de la province le clergé s'empressa de signer une requête au souverain pontife, demandant que ce choix fût confirmé, M. Turgeon était done l'élu du clergé. Nous avons pareouru. la liste des évêques qui ont gouverné le diocèse de Québec ; nous avons examiné les documents relatifs à leur élection et à leur administration ; et sauf un ou deux cas douteux, nous ne trouvons rien qui vienne à l’appui de cette proposilion de l’auteur : « Plusieurs de ces choix furent forcément imposés au clergé, et toutes les nominations, à peu d'exceptions près, eurent pour objet les membres de ee clergé les moins capables de soutenir le poids de l'épiscopat, et faits plutôt pour en déconsidérer le caractère auguste aux veux des catholiques aussi bien que des protestants. »
(P. 183, v. IL.) « Aussi vit-on que le clergé dans le diocèse de Québec, depuis la mort de l'archevêque Plessis, se laissa vivre sans oser faire le moindre mouvement qui pût le réveiller de cet engourdissement mortel. — (P. 236, v. IL.) Le diocèse de Québec se laissail vivre et végétait comme une plante sans séve depuis la mort de Plessis. »
Et pourquoi le clergé canadien ne se serait-il pas laissé vivre ? Il fait bon jouir de la vie lorsqu'elle est forte et vigoureuse, comme celle que l'évêque Plessis avait soufflée au sein de son Église. Le puissant balancier mis en mouvement par son génie catholique a continué sa marche; il suffisait à ses successeurs d’empèêcher qu’une main ennemie ou malhabile n’arrétät des rouages si sagement combinés. C’est ce que comprirent MM. Panet et Signay ; et les résultats ont prouvé leur prudence et leur discernement, Is n'eurent qu'à donner (n
#6 des conseils dictés par leur vicille expérience, et à laisser faire les agents actifs et intelligents qui étaient déjà à l'œuvre. Par ce moyen, le bien s’est opéré, sous le protection de Dieu, dans le silence et dans la paix. Pendant l’épiscopat de ces deux prélats, des œuvres nombreuses ont été exécutées et menées à bonne fin. Le nouveau séminaire de Nicolet a été élevé ; bâti presqu'entièrement à leurs frais, cet édifice est peut-être le plus grand qu’il y ait dans le Bas-Canada. Le collége de Sainte-Anne a été fondé et a prospéré rapidement ; des écoles confiées aux soins des frères des Écoles chrétiennes ont été établies à Québec et aux Trois-Rivières ; plusieurs couvents ont été bâtis et ouverts pour l'éducation des filles à la baie Saint-Paul, à Sainte-Croix, à Saint-Roch de Québee, ete; plus de cinquante paroisses nouvelles ont été érigées, chacune desquelles possède aujourd’hui son église et son presbytère ; plusieurs missions ont été instituées, soit pour les sauvages, soit pour les Canadiens employés à la coupe des bois; des retraites paroissiales ont été données dans toutes les parties du diocèse, par le clergé des campagnes, qui trouvait, malgré son engourdissement mortel, assez de force dans son zèle pour unir aux fonctions pastorales les travaux pénibles des retraites; l’association de la Propagation de la foi a été introduite et recueillie, chaque année, pour les missions, une somme de près de 45,000 mille francs. Dans le but d'empêcher les jeunes gens d’émigrer aux États-Unis, où parmi les protestants ils auraient été exposés à perdre leur foi, le clergé a organisé trois compagnies de colonisation, qui fournissent à la population surabondante des anciennes paroisses les moyens d'acquérir des terres et de les dé-
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fricher ; ces compagnies ont eu le plus grand succès, et ont servi à améliorer le sort de beaucoup de familles. Enfin, la société de tempérance a été fondée et compte, dans les seuls districts de Québec et des Trois-Rivières, environ 200,000 membres. Les bons effets produits par celte institution sont si remarquables, que dernièrement un journal protestant avouait que les délits se multipliaient dans une proportion effrayante dans le Haut-Canada protestant, tandis que le nombre en diminuait considérablement dans le Bas-Canada, malgré l'accroissement rapide de la population.
Aussi cet engour paraît si plein de :
dans leur langage
ent mortel du clergé de Québec habitants des campagnes, que
li, mais plus vrai que celui de M. Brasseur, ils répètent souvent : « On ne sait pas où ils s’arrêteront; mais, depuis vingt ans, les curés se donnent terriblement de la peine. »
(P.191, 192, v. LE.) « Comme le clergé n’avait jamais osé faire de réclamations directes à l'égard des biens des récollets et des jésuites, il était bien aise de s’opposer maintenant à ce qu'il croyait être une ruse du gouvernement pour spolier le séminaire de Saint-Sulpice. Quelques motifs de jalousie, et le désir de contrecarrer les sulpiciens dans les plans qu'ils avaient eru devoir adopter prudemment, entrèrent peut-être bien aussi pour quelque chose dans les démarches du clergé. En conséquence, un mémoire vigoureux, composé par l’évêque de Telmesse et signé par tous Îles membres du clergé canadien, fut présenté à Londres par M. Maguire.…. qui fit surtout ressortir aux yeux du ministère anglais toute l’impopularité de cette transaclion. »