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L'auteur, ayant fait annoncer par d’autres, et ayant lui-même annoncé que son Histoire était écrite sur des documents inédits, nons nous attendions que, tout en se servant des recherches de ses devanciers, il s'était imposé la tâche de ne les point suivre servilement; nous espérions qu'au moyen de ses précieux manuscrits il avait découvert des faits oubliés, et qu'il avait réussi à répandre des lumières sur quelques parties obscures de nos chroniques.
Si le second volume nous a révélé des mystères inconnus et incroyables, le premier nous a complétement
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RU désillusionné sur le prix que nous attachions aux découvertes de M. Brasseur. A la suite de trois pages de réflexions banales, sur le passé et sur l'avenir du Canada et de son Église, l’auteur, à notre grande surprise, s'empare de l'histoire des États-Unis par Bancroft, et en donne libéralement la traduction à seslecteurs, suivant cet écrivain dans ses idées, dans ses sentiments, dans | ses phrases, dans ses expressions, et reproduisant même avec une scrupuleuse exaclitude l'indication de toutes les sources désignées en note. Il est prêt à toul accepter de la main de son guide ct à le suivre partout avec fidélité. Si Bancroft cite le jésuite Du Creux sous le nom de Creuxius, l'abbé cite Creuxius; si Bancroft attribue une des relations des missionnaires à Lequien, l'abbé mentionne Lequien, sans se douter qu’elle est due au P. Dequen; pour M. Brasseur comme pour Bancroft, les Iroquois connus parmi les Français, sous le nom d’Agniers, de Goiogoens, d'Onelouts, de Ysonnontouans d'Onnontaqués, deviennent les Mohacoks, les Cayugas, les Onéidas, les Senécas et les Onondagas des Anglais. Le prêtre catholique a même la complaisance d'adopter les réflexions religieuses que suggère le zèle des missionnaires à l'écrivain protestant. Bancroft décrit avec admiration les heureux effets produits par notre sainte religion, au milieu des enfants de la forêt (vol. I,
ch. 20). « Une petite chapelle, construite à coups de
hache, fut dédiée à saint Joseph. Bientôt la peuplade s’y réunit; les prières du soir et celles du matin y étaient chantées, le pain mystique v était consacré, aux regards étonnés des gardiens héréditaires des feyx sacrés des tribus huronnes. Touchant témoignage de l'égalité de la race humaine ! l’hostie sainte, emblème de la di-
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vinité dans l’homme, don le plus prévieux que l'Église puisse offrir aux princes et aux grands de la vieille Europe, étail distribuée aux plus humbles des néophytes sauvages. Le chasseur, au retour de ses courses vagabondes, apprenait à espérer l’avénement d'un éternel repos. Les guerriers, revenant du combat, étaient averlis de la colère céleste, qui allume contre les pécheurs un feu toujours ardent, et plus puissant que les feux des Mohacoks. Aux fainéants des villages, on faisait le récit touchant des souffrances d’un Dieu mort pour leur rédemption.
Ce passage, si remarquable sous la plume d’un descendant des puritains, est reproduit, presque mot pour mot, à la page 44, vol. 1‘ de l'Histoire du Canada et de son Église, ete., etc.
Lorsque Bancroft manque à M. Brasseur, il traduit Smith, Montgomery Martin; ou, ce qui rend sa tâche encore plus facile, il copie Charlevoix. Ainsi porté par l'un ou par l’autre de ces écrivains, suivant que les circonslances l’exigent, il arrive à la fin de son premier volume, sans avoir fait part à ses lecteurs de ses importantes découvertes, et sans leur avoir fait connaître les sources où il puise si abondamment.
M. de Laroche-Héron à publié dans le Correspondant un article très-remarquable, sur l’Histoire de M. Brasseur. Le spirituel écrivain fait ressortir, avec beaucoup de talent, les bévues continuelles de Phistorien, à qui il reproche surtout de nombreux emprunts. « Nous avons eu la patience, dit-il, de comparer les cent premières pages du livre de M. Brasseur avec les textes . de Charlevoix et de Bancroft, et nous avons été confus d’en reconnaître environ quatre-vingt-dix, copiées dans
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