‹ Observations sur un ouvrage intitulé Histoire du CanadaChapitre 9 sur 19 · OS · texte numérisé non relu

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sède d'erceptionnel, porte la même empreinte, dans les sables du Sahara, dans les prairies du Missouri, dans les passes des Montagnes Rocheuses ; que partout elle montre des arbres, des montagnes, etc., etun ciel d'azur ; et qu’elle n’ait d'autre bruit pour frapper les oreilles que le grondement lointain des torrents, et le frôlement des serpents? Nos pauvres petites couleuvres du Canada n'auraient jamais cru qu’en se glissant dans la fourrée, elles dussent éveiller les échos du romantisme.

… La passion de faire de belles phrases a joué de mauvais tours à l'écrivain. En traçant un tableau d’un autre genre, à propos de la tenue du premier Concile Provincial de Québec, il est emporté par la fougue de son imagination, et se lance en plein paganisme : « Sans doute, » dit-il, « ombre sacrée du premier évêque de Québec à dû tressaillir de joie au fond de son tombeau, et du haut du eiel où il jouit du bonheur des justes il a jeté un regard de gloricuse béatitude sur cette assemblée et sur celui qui la présidait, »

Quant aux erreurs de dates et de noms, aux bévues historiques ct géographiques, aux autres fautes de tout genre qui se rencontrent dans l'ouvrage de M. Brasseur, elles sont si nombreuses que pour les corriger il faudrait ajouter un ample supplément à ses deux volumes. Aussi nous contenterons-nous de signaler une partie seulement de ses inadvertances, pour n'avoir pas à rendre notre critique aussi volumineuse que le livre dont nous nous occupons.

(Vol. [,p. 15). « Une partie des Hurons descendit le Saint-Laurent, et nous avons vu encore cette peuplade au Sault-Saint-Louis. » — L'auteur n’a pu voir les

Hurons au Sault-Saint-Louis, car ectle mission n’a ja-

mais été composée que d’Iroquois. Elle ne fut établie que vingt ans après la défaite et la dispersion des Hurons. Les détails donnés dans cette page et les suivantes sur les mœurs des nations sauvages fourmillent d’inexactitudes, et sont à tort représentés comme étant communs à tous ces peuples.

(P. 28.) Une note placée au bas de cette page esl extraite d’un Guide des Voyageurs publié par Hawkins, sous le titre de Picture of Quebec. On y fait une inutile parade d’érudition, pour prouver que le nom de Québec est d’origine normande. Lescarbot, avocat de Paris, qui se rendit au Port-Royal en 1606, et qui y vécut avec Poutrincourt et Champlain, dit positivement que ce mot. est sauvage : « Car nos mariniers se servent le plus souvent des noms de l'imposition des sauvages, comm. Jadoussac, Gachepé, Kébec, Batiscan, Saguenay, Mananne. » (Histoire de la Nouvelle-France, liv. HE.) Le mot kebbek, en langue mikmake, signifie passage ferme ou détroit. En effet, le Saint-Laurent paraît être fermé par le promontoire de Québec, lorsqu'en remontant le fleuve on dédouble la Pointe-Lévi. I est à remarquer que les premiers missionnaires éerivaient presque toujours kebec.

(P. 29.) « Les Récollets fondèrent à Québec une chapelle sur l'emplacement occupé par la cathédrale actuelle. » La chapelle bâtie par les Récollets était à plus d’un mille de l’emplacement qu’occupe la cathédrale. Dans la même page, l’auteur avance à tort que le P. Lecaron pénétra au sein même de la terre des Mohawks. Il n’entra pas sur le territoire des Iroquois ; bien moins encore sur celui des Mohawks, qui était pour lui le plus éloigné des einq cantons Jroquois.

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Les Landesdes Wyandots n'existent que dans l’imagination de l’auteur; les landes sont inconnues au Canada.

(P. 38). M. Brasseur place la ville des Irois-Rivières près d’une rivière du même nom, à soixante lieues de Québec, tandis qu’elle est située au confluent du Saint- Maurice et du Saint-Laurent, à trente lieues de la capilale. On croirait qu'il n’a pas vu les lieux par lesquels il est passé.

(P. 69.) Les Hurons ne demandèrent jamais d’être recus à Sillery, qui était une mission Algonquine. Ils furent placés à l'ile d'Orléans, puis à Notre-Dame-de- Foye, et enfin à Lorette.

(P. 72.) Le P. Chaumonot n'était pas Italien, mais Françaiset natif de Bourgogne. Il existe de lui à Québec une longue biographie écrite par lui-même.

(P. 88.) « La rivière Saint-Charles se jette dans le fleuve à côté de Québec, dont elle forme le port. » — Le port de Québec, que l’auteur a pu voir de sa fenêtre pendant six mois, n’est pas formé par la rivière Saint- Charles, mais par le Saint-Laurent.

(P, 89.) « En 1662 vinrent se joindre à Mgr de Laval les abbés Dédouit et Henri de Bernières, autre neveu du trésorier général. » — Le premier des deux abbés se nommait Dudouyt; le second, Henri de Bernières, était venu de France avec Mgr de Laval, comme le prouve un estat des cures et curés en 1683, fait par ordre de l'évêque.

(P. 122.) L'auteur place les Hurons fugitifs au nord du lac Supérieur. Pour être exact, lisez au sud.

(P. 133.) La mission du Sault-Sainte-Marie n'a pas

été fondée par les PP. Dablon et Marquette, mais par le P. Allouez.

(P. 144.) Les sauvages de Sillery n’ont jamais été appelés à former le village de Lorette. Lorette renfermait dés Hürons, et Siliery des Algonquins. Le P. Chaumonot n’a pas été missionnaire des premiers.

(P. 154.) — Rivière des Moines. Avec un peu plus de recherche oude connaissance locale, l’auteur aurail encore évité d’être ici un servile copiste. Il aurait corrigé cette erreur très-commune chez les modernes, ct nommé cette rivière, rivière des Moins, comme lappelaient les traiteurs canadiens. [ls entendaïient par moins les pelleteries moins précieuses, par opposition à celles du castor et autres qu'ils appelaient des plus.

(P, 159.) « D’après un manuscrit d’un compagnon du P. Marquette, découvert il y a peu de temps, ie corps du P. Marquette fut enlevé par son compagnon, deux jours après sa mort, du lieu où il avait été enterré, et transporté en grande pompe dans l’église de Mackinaco.…, »

Voilà donc enfin un manuscrit, récernraent découvert, qui est passé sous les yeux de l’auteur. On le croirait, après avoir lu la note ci-dessus, et cependant ou il n’en est rien, ou il n’a pas compris ce qu'il a lu dans ce document qui dit iout le contraire. Jacques ct Pierre Porteret, compagnons du P. Marquette, après avoir reçu son dernier soupir et arrosé son corps de leurs larmes, déposèrent les restes du zélé missionnaire dans une fosse, en observant les directions qu’ils leur avaient données. Ils élevèrentune grande croix pour désigner le lieu de sa sépulture. Deux ans après sa mort, les Kiskakons que Marquette avait évangélisés, revenant de leurs chasses d'hiver, voulurent visiter le tombeau de leur père bien-aimé; et Dieu leur inspira la pensée d'apporter ses restes à la chapelle de la Mission

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4Ù — de Saint-Ignace, à Missilimakinac. Après avoir respeclueusement placé les ossements dans une boîte d’écorce de bouleau, ils partirent pour l'habitation de Saint- Ignace. Le convoi était formé de près de trente canots s'avançant en bon ordre. Comme ils approchaient de la mäison des jésuites, le P. Nouvel et le P. Pierson allérent à leur rencontre; et au chant du De Profundis le corps fut porte à la chapelle. Ces détails sont donnés dans une relalion manuscrite, préparée en 1678, par le P, Claude Dablon. Conservé par les Dames religieuses de l'Hôtel-Dieu, après Ia mort du dernier des anciens jésuites en Canada, ee document fut remis en 1844, au R. P, Martin, et étaitentre ses mains à Montréal, lorsque M. Brasseur passa par cette ville. Il a depuis été publié à New-York, par M. John G. Shea.

. (P. 163.) L'auteur répète, d’après l'Histoire de l'Hotel-Dieu, que M. C. À. Martin fut le premier prêtre canadien. I se trompe : le premier prêtre canadien fut M. Germain Morin, né à Québec, qui, suivant le journal des Jésuites, chanta sa première messe le 29 septembre 1665. |

(P, 166.) « I paraitrait, par des manuscrits récemment découverts, que cet abbé de Salignac-Fénelon était le même que le grand archevêque de Cambrai. »

LL est impossible que cet abbé de Fénelon venu en Canada soit le même que Pillustre aréhevèque de Cambrai. Celui-ci naquit en 1651, et fut ordonné prêtre à Paris en 1675, par Mgr de Harlay. L'abbé de Fénelon qui visita le Canada, arriva à Québec le 27 juin 1667, recul le sous-dianocat le 7 août de la même année, et fut ordonné prêtre par Mgr de Laval, le 11 juin 1668. (Registre de l'évêché de Québec.)

Dans une lettre écrite en celte dernière année, par Mgr de Laval à M. Poitevin de Paris, l'évêque dit : « Jai envoyé deux ouvriers pieux et capables à l’élablissement d'une tribu iroquoise sur le bord du grand lac Ontario, l’un desquels est M. de Fénelon, dont le nom est bien connu à Paris, ct l’autre M. Trouvé. » A cette époque le grand Fénelon n'avait encore que 17 aus, ét conséquemment n'avait pu être admis aux ordres sacrés.

(P. 182.) « L'évêque de Québec partit enfin pour la France, dans les derniers mois de l’année 16814, avec le dessein de demander un successeur plus jeune et plus capable que lui de travailler à l'extension de l'Église du Canada, etc... »

Mgr de Laval nattendit pas d’être rendu en France pour chercher un successeur. Depuis longtemps il avait chargé M. Dudouyt, son procureur à Paris, de faire sans bruit quelques recherches sur un sujet propre à le remplacer, Ce qui détermina Mgr de Laval à passer en France, à la fin de l’année 1684, fut une lettre du 28 mars de Ja même année, où M. Dudouyt lui annonce qu’il a consulté le P, Le Valois et M. Tronson, et qu'il croit avoir trouvé dans l’abbé de Saint-Valier l’homme qu’il lui faut. Cette lettre renferme un portrait de l’ecclésiastique qui est proposé pour l’épiscopat, et détaille les raisons pour et contre son élection. Mgr. de Laval crut qu'on ne pouvait faire un meilleur choix et alla lui-même presser cette affaire auprès du roi.

(P. 205.) « Voici ce que l'abbé de Brisacier, prêtre du séminaire de Québec, écrivait au P. de la Chaise... »

L'abbé de Brisacier n’est jamais venu en Canada. Il a été, pendant plus d’un demi-siècle, supérieur des Mis-

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sions Élrangères de Paris, et c'est en celte qualité qu'il Gerivit la lettre citée dans cette page.

(P. 224.) « La cour avant abandonné, anelque temps après, le projet de peupler l'Acadie, les .aoses y restérent pour le spirituel et le temporel sur le mème pied qu'auparavant. »

L’Acadie n'était pas dépourvue de secours spirituels. Le séminaire de Québec v avait envoyé M. Petit en 1677, M. Thury en 1584, ct plus tard M. Geoffroy. M. Brasseur est sujet à oublier les services rendus par le séminaire de Québec.

(P. 245.) « Mais ceux qui excreèrent la plus heureuse el la plus sage influence dans l’île du Cap Breton furent les missionnaires, que la maison des Missions Étrangéres de Paris y envoya pour la conversion des sauvages. »

Les missionnaires envoyés de Paris par les Missions

. Étrangères étaient censés appartenir au séminaire de

Québec qui leur fournissait des secours. L'auteur à encore oublié de parler de la mission que le séminaire de Québec fonda chez les Illinois en 1698, et qu'il y mainlint malgré ses deux incendies, jusqu'en 1789. MM. Fousault et de Saint-Côme, tous deux Canadiens, y furent lués sur les bords du Mississipi par les sauvages.

(P.263.) « Les tracasseries que suscitèrent injuslement à Mgr Dosquet les prêtres des Missions Étrangères... »

Avant d’être évêque, M. Dosquet avait été directeur de ce séminaire; lorsqu'il devint titulaire de Québec, en vertu d’une des règles fondamentales de la maison, il dut renoncer à son agrégation, puisqu'il acceptait un bénéfice non canoniquement uni au séminaire. Lors-

qu'il renonça à son évêché, il prétendit avoir droit de demeurer dans la maison de Paris, d'y être logé, nourri, entretenu avec ses quatre domestiques, aux frais de la communauté, On refusa d'accéder à ses dernandes exorbitantes. De là surgit un procès, dans lequel il publia plusieurs mémoires imprimés, que M. Brasseur à consultés sans se donner la peine de lire ceux de Pautre partie. L'évêque finit par renoncer à ses prétentions après avoir reconnu qu’elles ne pourraient se soutenir.

(P. 263.) « François-Louis de Pourroy de l'Auberivière, né à Attigny en Champagne. »

Les directeurs du séminaire des Missions Étrangères de Paris, dans une lettre de 1739 à ceux de Québec, disent que le nouvel évêque de Québec “tait d'une famille distinguée de Grenoble.

(Vol. IE, p. 34.) « En arrivant sous la porte de Prescolt, ete... » L'attaque contre la porte Prescott décrite dans cette page est une œuvre d'imagination. Rien de semblable n’a eu lieu. Montgomery, qui s'avançait avec ses soldats au pied du Cap-E:mant, fut aperçu par les miliciens d’un poste placé à peu près à un quart de lieuc de la porte Prescott. » Cette barrière, « dit Garnecau (Histoire du Canada, Vol. UP, » était défendue par unc batterie de 7 pièces de canon, et une garde de 50 hommes, dont 31 Canadiens... Montgomery fut surpris en voyant ce poste si bien préparé à le recevoir. I sarrêla un instant, à cinquante verges de la batterie, comme pour se consulter avee eeux qui le suivaient; puis tous ensemble ils s'élancèrent vers la barricade. Lorsqu'ils

n'en furent qu'à quelques pas, le capitaine Chabot (commandant du détachement) donna l’ordre de mettre feu aux piècés chargées à mitraille. Des cris et des gé-

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EE des missements suivirent cette décharge... Le séméral Montuomery, ses deux aides-de-camp, plusieurs officiers e1 soldats étaient tombés sous ce feu d’enfilade. »

(P,. 109.) « Nicolet, agréablement situé à l'embouchure de la rivière Saint-François. » Nicolet est situé sut la rivière Nicolet, à 21 milles de celle de Saint- Francois.

(P.187.) « Celle maison (le séminaire de Montréal) possédait, comme celle possède encore aujourd'hui la seigneurie de l'île de Montréal, ainsi que l'île Jésus. » L'auteur à donc oublié que la seigneurie de l'ile de Jésus appartient au séminaire de Québec et non à eclui de Montréal?

(P. 156.) « Rhésine ou plutôt Kingston; ces noms sighifient également la Ville royale où du Roi. M. Brasseur ne parait pas fort en grec. Parce que Mgr AI. Mac Donnell a été évêque de Rhésine in partibus infidelium avant d’être nommé évêque de Régiopolis ou de Kingston, M. B. s'imagine que le premier de ces noms doil avoir Ja mème signification que les deux autres.

(P. 197.) « A l’époque où j'habitais Québec, on ne lrouvait, dans cette ville, que très-peu de Canadiens qui parlassent l'anglais, ete... » Quel que soit le motif qui à porté l’auteur, Français de la vieille France, à insérer cette note, le contenu en est faux. Car les trois quarts des Canadiens qui habitent Québec, surtout parmi ceux qui. ont reçu de l'instruction, parlent facilement l'anglais. En général, les prêtres de la ville de Québec sont en état de se servir de la langue anglaise dans l'exercice du saint ministère. Les avocats franco-canadiens plaident aussi volontiers leurs causes en anglais qu'en français. Voilà où en était déjà la langue anglaise

—. 28 — à Québec, pendant que M. Brasseur résidait au séminaire de cette ville.

(P, 201.) « Mais depuis lors (1833), jusqu'au moment où j'écrivais ces lignes en Canada, M. Signay n'avait pas daigné encore honorer une seule fois cette église (Saint-Patrice) de sa paroisse. Et cependant le 15 octobre 1837, Mgr. Signay y a donné la consécration épiscopale à Mgr. B. D. Mac-Donald, et cela pour faire plaisir aux frlandais catholiques de Québec. Il a aussi, à plusieurs reprises, donné la confirmation dans la même église,

(P, 201.) « Québec surtout fut frappé sans ménagement par le choléra, et pendant plusieurs mois ou n’enlendit que le triste bourdonnement des cloches sonnant le glas des funérailles. A deux reprises, en 1831 et 1833, ce redoutable fléau apparut à Québec. » Tableau d’imaaination. Le triste bourdonnement des cloches sonnant le glas des funérailles fut entendu moins souvent qu'à l'ordinaire durant le règne du choléra à Québec; car les autorités civiles avaien‘ défendu toute manifestation publique qui pourrait répandre l'alarme parmi les citoyens. Ce fut, non en 1831 et 1833, mais en 32 ct 34 que ce fléau se répandit dans le Canada.

(P. 232, v. II.) « La dernière et la plus sanglante aclion de cette triste campagne fut celle qu’on appela depuis la bataille de Saint-Denis... ce fut aussi la plus funeste pour les Canadiens , etc... »

C’est vraiment montrer une ignorance admirable des faits les plus récents et les mieux connus de l’histoire du Canada. Tous les journaux du temps ont été remplis des détails des événements arrivés dans l'insurrection de "37. Il n’est pas un enfant dans les écoles du Canada,

— 2) — qui ne sache que les « habitants » (est le mot qui dans nos campagnes remplace celui de « paysans » ont battu les troupes anglaises à Saint-Denis; mais que, trahis par quelques misérables, ils ont été défaits et massacrés à Saint-Charles. Montgomery Martin, que l'historien Waduit si fidèlement, lus aurait fait connaitre les faits suivants :

« À Saint-Denis, les insurgés, postés dans une grande maison de pierre à l'entrée du village, trèrent sur les lroupesbritanniques,qui essayèrentinutilementd'abattre la maison avec des boulets. Le capitaine Markham fut blessé en s'avançant à la tèle des assaillants; et le colonel Gore, voyant diminuer ses * :umtions, et s'apercevant que ses hommes tombaient de lassitude... abaudonna ses canons sur le chemin, et se retira à Moutréai.

« Le 26, le colonel Wetherall s'avança vers le village de Saint-Charles pour attaquer une bande de 1,000 à 1,500 insurgés, protégés par des maisons fortiliées el des palissades. Au bout d’une heure les troupes s'étaient renducs maîtresses de la ville, 300 insurgés avaient été lués, et les chefs s’enfuirent aux États-Unis. »

(P. 245.) Installés à Saint-Hilaire le 8 décembre 1841, les Pères Oblats commencèrent leur première mission le 12, Peudant quelques années la maison de Longueuil envoya deux Pères pour visiter les catholiques dispersés dans lies Townships de l'Est. La définition des Townships, telle que donnée par l'historien, est un peu large; tous les Townships ne sont pas des terres à défricher. Ge mot, en anglais, représente une division territoriale.

(P. 245.) Bytown n’est pas au confluent de la Galineau et de POttawa. Celle ville est sur la rive droite de

l'Otlowa, la Gatineau sur la rive gauche, à une demilieue au-dessous.

(P. 256.) « Le P. Paymant et ensuite les PP. Maraud et Bourassa furent chargés les premiers de visiter les peuplades de langue abénaquise, appelées Têtesde-Boule, des bourgades de Warmantashing. »

Il a fallu à l’auteur un talent bien remarquable, pour réunir autant d'erreurs dans un si petit espace. MM. Payment et Maurault (et non pas Marault, comme M. B. a la courtoisie de nommeèér ce brave missionnaire) n’ont appartenu à aucune congrégation religieuse. Canadiens et prètres séculiers, ils avaient commencé à faire des missions chez les Têtes-de-Boule, bien avant que les Jésuites et les Oblats fussent venus en Canada. Tis ne furent cependant pas les premiers à visiter cette mission, car pendant plusieurs années elle l'avait été par M. Dumoulin, curé de Yamachiche, et par M. Harper, vicaire de Saint-Grégoire. En 1839, M. Harper, jeune encore et plein de vigueur, se noya dans un rapide du Saint-Maurice, en allant faire sa mission annuelle chez les Têtes-de-Boule. Pour ignorer ces faits, il faut être bien étranger à l’histoire des missions du Canada.

[l n’a jamais existé de bourgades à Warmontashinguc. La Compagnie de la baie d'Hudson entretient un magasin dans ce lieu, et un autre à Kikendache. Pendant la plus grande partie de l’année, les seuls habitants de ces postes sont quatre ou cinq employés de la Compagnie. Dans les mois de juin et de juillet, les sauvages s’y rendent pour faire la traite des pelleteries , et y rencontrer des missionnaires. é

La tribu des Têtes-de-Boule, la sevie qui occupe les sources et une partie du cours du Saint-Maurice, ne ren-

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ferme qu'environ deux cents âmes. Elle n'appartient pas à la langue abnakise, mais elle est algonquine. Le pays des Abnakis était silué au nord de la Nouvelle- Angleterre, c’est-à dire à 900 milles de celui qu’occupent les Têtes-de-Boule.

(P. 262.) « Le lac Supérieur a cinq cent quarante-un milles de longueur. » — C’est presque le double de sa longueur réelle, que Montgomery Martin estime à 360 milles, et les géographes américains à 380 milles.

(P. 270.) Les Oblats envoyés au Saguenay fixèrent leur résidence, non au lac Saint-Jean, mais à la Grande Baie, qui en est éloignée de 45 milles. Lorsqu'eut lieu l'incendie de la Grande Baie, le P. Guigues, alors résidant à Longueuil et non à Bytown, n'était pas au Saguenay. Ce fut le P. Honorat qui vint à Québec chercher des secours pour les incendiés. Que penser d’un historien qui ne peul pas même rendre un compte fidèle de ce qu'il prétend avoir vu se passer sous ses yeux ?

(P,272.) « J'étais à Québec lorsque cet incendie eut lieu. Quoique éloigné de plus de trente lieues du théàtre de ce désastre, je voyais de ma fenêtre les flammes aussi distinclement que si c'eût été d’un village voisin. » — Îl s’agitici de la des‘ruction des établissements de la baie des Haha sur le Saguenay. Or, de Québec à Ja baie des Haha, il y a 34 lieues en droite ligne, une chaîne de montagnes, qui s'élève à près de trois mille pieds, commence à deux lieues de Québec et s'étend jusqu’au Saguenay. Aussi parmi tous ceux quihabitaient alors le séminaire de Québec, M. Brasseur est le seul qui ait vu l’incendie de la baie des Haha. Vers le même temps le feu prit à quelques broussailles, sur un coteau de Saint-Joachim à dix lieues de Québee. C'est là pro-

bablement ce qu'il aura confondu dans ses souvenirs avec l'incendie du Saguenay. |

(P. 275.) Les Jésuites, revenus en Canada, n'ont jamais occupé l’église des Récollets, à Montréal.

(P. 279.) Nonobstantlassertion contraire de l'auteur, il y a plus de 180 ans que les sauvages n’habitent plus la Prairie.

(P. 281.) « Les Hurons, dont les restes habitent l'Archipel des Manitoulines, parlent un des dialectes de la langue algonquine. »

L'auteur dit (p. 14, v. D) : « Parmi les sauvages avec . qui les Français eurent de plus fréquentes relations durant Ja colonisation du Canada, on voit se dessiner en première ligne ceux qui parlaient les dialectes huroniroquois, appelés Hurons ou Wyandots. »

Il est assez difficile de concilier ces deux passages ; mais l’histoire de M. Brasseur nous à accoutumé à le voir contredire dans une page ec qui a été avancé dans l'autre. Charlevoix (Voyage del’Amérique) nous apprend que les Hurons et les Iroquois parlaient deux dialectes d’une même langue-mère. « Les langues algonquine et huronne, » dit-il, « partagent toutes les nations du Canada, avec lesquelles nous sommes en ecommerce, Il s’en faut bien que la langue huronne s’étende aussi loin que l’Algonquine.… Je dis la langue huronne, pour me conformer au sentiment le plus communément reçu ; car quelques-uns soutiennent que c’est l'iroquoise qui estla matrice. Les dialectes s'en sont extrêmement multipliés ; el il y en a presque aulant que de bourgades. Les einq cantons qui composent la république iroquoise ont chacun le sien, ete. »

Nous ferons remarquer qu'aueune tribu huronne ne

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