DISCUSSION DES OBSERVATIONS IN VIVO
(91), Doyen, etc., à y être cause d'ehdométrite et de fièvre de résorption ? Ou bien, comme le streptocoque, nepeut-ilpas franchir la prétendue barrière muqueuse et se généraliser?
A cette question Kronig ne répond ni oui, ni non.
« Il n'est pas démontré, dit-il, que le staphylocoque doré puisse donner naissance à la fièvre puerpérale proprement dite. »
Il n'en a pas de cas personnel; il suspecte les cas publiés et il en donne les raisons que voici :
« Il n'existe pas de coupes montrant d'une façon indiscutable le staphylocoque en route dans la paroi utérine.
« Il est faux que le staphylocoque au sein des tissus ait, comme le croient quelques observateurs (entre autres Gartner), des formes assez caractéristiques pour en permettre le diagnostic.
« Lorsqu'on a fait une coloration bactérienne très réussie d'une coupe de tissus, on distingue nettement les streptocoques des autres microorganismes lorsqu'ils ne sont pas trop massés, par chaînettes de 5 à 7.
« Mais dès qu'ils s'amassent, il arrive que certaines rangées de cocci ne sont plus reconnaissablés, et qu'unbactériologiste de moyenne force peut les confondre avec des staphylocoques.
« C'est donc à tort que l'on prétendrait diagnostiquer, par l'emploi du microscope seul, grâce à la méthode de coloration Gram-Gùnther, une symbiose strepto-staphylococcique (Gartner).
« Certes, dit Kronig, la méthode en question permet de distinguer les streptocoques et les staphylocoques d'autres germes qui, par le traitement avec la solution de Lugol, perdent leurs couleurs d'aniline. Mais c'est tout. Il reste à distinguer les streptocoques des staphylocoques et des bactéries de la putréfaction.
« Le seul moyen de se prononcer sur la nature des bactéries qui ont pénétré les tissus, c'est l'excision et l'étude bactériologique par culture de fragments de tissus frais.
« La preuve reste donc à faire. Jusqu'à présent ce n'est que par analogie avec l'infection chirurgicale que l'on peut soupçonner le rôle pathogène éventuel du staphylocoque dans la genèse de l'infection puerpérale mortelle. »
En présence de ces conclusions de l'homme
qui a fait, sur la microbiologie de la fièvre puerpérale, les seules recherches que l'on puisse assimiler à celles de Widal et de Bumm, j'estime qu'il y faut regarder à deux fois avant de croire Striinckmann. Celui-ci tente en effet de prouver, par sa propre expérience et la bibliographie, que l'infection staphylococcique est plus fréquente qu'on ne le suppose habituellement, et qu'elle produit souvent des maladies graves et même mortelles.
Pour étayer cette proposition Strûnckman, faisant flèche de tout bois, n'a pu réunir au cours de ses recherches bibliographiques, portant sur les 12 dernières années (depuis Brieger) que 16 observations.
Voyons ce que valent ces observations.
Je les diviserai en deux catégories :
1° Celles dans lesquelles le diagnostic d'infection généralisée s'appuie exclusivement a) sur l'examen du pus retiré de foyers péri-utérins ; b) sur l'examen du sang ; c) sur l'examen des lochies, du sang, de la sueur — les malades ayant guéri.
2° Celles dans lesquelles le diagnostic d'infection généralisée s'appuie a) sur l'examen du sang;
b) sur l'examen du pus des foyers métastatiques ;
c) sur l'étude par culture et coloration des organes — du cadavre.
lre Catégorie : 5 observations.
a. Foyers para et périmétriques.
Rubeska (91) se borne à dire qu'il a, dans les exsudats purulents para et périmétriques, rencontré « le plus souvent le streptocoque et rarement le staphylocoque. »
Kleinknecht, de Strasbourg (95), donne sur deux cas semblables, un peu plus de détails :
Chez une VIII pare de 34 ans, malade depuis quatre semaines à la suite d'un avortement, et qui guérit, il a isolé du pus d'une paramétrite et d'une périmétrite bilatérales un staphylococcus pyogenes albus et un staphylococcus cereus albus non pathogènes pour les animaux.
Chez une primipare de 22 ans, accouchée depuis 16 jours, et qui guérit, il a pu retirer d'une infiltration très dure du Douglas, ayant le volume d'un œuf, quelques gouttes de sérosité
sTAl'HYLOCOCCIE PUERPERALE
trouble. Cultivées sur plaques il agar et mit gélatine elles ont donné un staphylocoque blanc identique au précédent et mm pathogène pour ùmaux, et un staphylocoque doré pathogène pour les lapins. 20 heures ! après l'inoculation les rein-, les poumons, le foie de ces animaux étaient parsemés d'abcès miliaires d'où l'on retira, comme du sang du cœur, du staphylocoque dur. en culture pure).
Ajoutons que dans les deux cas le pus a été aspiré à l'aide d'une seringue de Pravaz, guidée par le doigt, dans le vagin.
11 vous paraîtra sans doute que ces deux laits sont insuffisants à étayer la conclusion de Kleinknecht : « Les maladies graves des suites de couches ne sont pas dues seulement au streptocoque ; tous les pyig'-ni-- vraisemblablement pourront causer la septicémie et la pyémie puerpérales. »
Poursuivons.
b. Sang.
Burguburu. élève de E. Lévv de Strasbourg 92 ,se borne à dire, sans plus de détails sur sa méthode de recherches, que « dans un cas mortel de pyémie puerpérale, il a trouvé, dans le sang circulant de la patiente, le staphylococcus pyogenes allais. »
Petruschky (04) est moins concis.
Le cas par lui rapporté fait partie d'une série de 14 cas d infections puerpérales (dont 4 mortelles) au cours desquelles il a, à I Institut Koch de Berlin. fait l'étude du sang extrait par saio-née.
Voici comment il procédait :
Après désinfection de la peau et traitement à l'alcool et à l'éther, il enlevait à l'aide d'un scalpel stérilisé la couche squameuse de l'épiderme.
Le sang, recueilli à l'aide d'une ventouse scarifiée ventouse et scarificateur stérilisés), était égoutté sur une plaque d'agar.
Dan- 8 cas [dont 3 mortels il ne poussa que du streptocoque . dans ô cas dont un mortel le résultat fui négatif : dans un seul cas qui se termina par la guérison) les plaques ensemenavec le sang, recueilli les 2e, 4e et 0,J jours du puerperium, donnèrenl constamment du staphylocoque doré- pur.
Il s'agissait d'une femme malade depuis le I ;' février, et accouchée spontanément le 16,
amenée aussitôt après à la clinique. L'utérus mou renfermait encore desdébrisde membranes qui lurent extraits manuellement et non étudiés au point de vue bactériologique.
Souffle systolique à la pointe. Température oscillant entre 38°2 el 40 '2.
< in soupçonne nue septicémie puerpérale; c est alors que l'examen du sang lui pratiqué et donna le résultat signalé plus haut.
26 souris furent inoculées avec le sang de 5 saignée- (du 17 février au 8 mars).
La plupart ont suce bé le jour même ou le
lendemain. Dans tous les cas, à l'autopsie, résultat bactériologique négatif.
Ce que voyant mi essaya, sans y pouvoir arriver, il isoler de la peau de la malade le staphylocoque doré-.
S'agissait-il ici d une contamination du sang au cours de la saignée et par des staphylocoques de la peau ? Petruschky ne le croit pas « car, dans ses 58 autres cas, ce qu'il a rencontré comme impureté c'est non pas le staphylocoque doré, mais le staphylocoque blanc. »
De celte même cause d'erreur (contamination par les staphylocoques de la peau), sont passibles les deux observations dans lesquelles Gartner appuie son diagnostic de pyémie à staphylocoques sur des :
c. Examens du sang, de la sueur et des lochies.
On sait que Drimner de Zurich el v.Eiselsberg
[de Vienne) ont publié en 1891 des recherches
sur l'excrétion des microorganismes pathogènes
par la sueur.
L'idée devait naturellement venir à quelque clinicien, en songe. ml aux crises sudorales, d'utiliser ce rôle d'émonctoire de la peau au cours des infections puerpérale-.
C'est ce que tenta, des l'apparition des recherches de Brûnner, Gartner à la clinique d'Heidelberg.
De se- 2 cas, identiques, je ne rapporterai qu'un :
Il -';i j^-i t d'une septicémie grave, après versi lans
un cas de placenta prœvia, survenue chez une femme apportée de la ville après avoir été ■■ maintes reprises touchée par an médecin et une sage-femme. Il j déjà de l.i lièvre.
Dès le 3' jour après l'ac chement, la température
qui auparavant était > 38'3, monte à 39*9 le matin, et à Vu le soir avec on Frisson prolongé.
L'écoulement lochial est brun sale et d'une odeur fétide.
Vii"itol Gartner fait 1 examen buetériologique des