‹ Obstétrique journalièreChapitre 107 sur 157 · CAS DE HOFF ET LEVY · texte numérisé non relu

CAS DE HOFF ET LEVY

lochies utérines, du sang de lavant-bras, et de la sueur de la région sternale recueillie à l'aide d'une ventouse après administration de un gramme de phénacétine.

Le tout fut ensemencé sur agar-agar.

Les cultures des lochies et du sang donnèrent à l'état de pureté le staphylococcus pyogenes a/bus ;t démontré parles caractères des cultures, le microscope et l'action sur les animaux. »

Pour la sueur, le développement des colonies fut plus rapide. L'examen microscopique montra qu'elles étaient celles d'un gros coccus groupé à la manière des sarcines et semblable à un diplocoque décrit par Bizzozero, Bordoni - Uffreduzi et Unna-Tommasoli comme bote constant de la peau.

Parpiqùres dans la gélatine on put, au bout de 'i jours, constater, outre le gros coccus flavus précédent, des staphylocoques blancs pathogènes pour les lapins.

Dès lors se posait la question suivante : La présence du diplocoque hôte constant de la peau prouvant que celle-ci n'a pas été suffisamment désinfectée, ne doit-on pas attribuer à une contamination expérimentale la présence du staphylocoque blanc et dans la sueur, et dans le sang recueilli par piqûre de lavant-bras ?

Gartner conclut par la négative et à l'efficacité du traitement par la phénacétine, pour faire passer les staphylocoques du sang dans les glandes de la peau qui les éliminent.

Mais Mixius persiste à croire à l'origine cutanée du staphylocoque ainsi recueilli.

Et j'avoue qu'entre les deux je reste perplexe et frappé de l'insuffisance de la preuve.

Voyons si les cas mortels seront plus probants.

2e Catégorie : 11 observations.

Dans deux cas, observés à la clinique de Strasbourg en 1800, Hoff et E. Lévy auraient trouvé, pendant la vie, le staphylocoque blanc dans le sang recueilli à l'aide d'une lancette à la pulpe de l'index et ensemencé sur gélatine et agar. Ils l'auraient retrouvé à l'autopsie dans le pus des métastases. Injecté dans l'œil des lapins, ce staphylocoque y produisit de ririclo-cyclite suppurée, la suppuration du corps vitré, une panophtalmie.

Voici les renseignements cliniques et anatomo-pathologiques fournis sur ces 2 cas.

I. Femme de 32 ans, IX pare. Rupture prématurée des membranes, sentiment de malaise, borripilations pendant le travail qui se termine spontanément. Délivrance rapide.

Laie heure après l'accouchement 40°. Puis fièvre intermittente avec '2 frissons par jour ; douleurs de ventre, point de côté à droite, gonflement et douleurs dans le membre inférieur droit.

Admise le 4° jour à la Clinique elle y a chaque jour de 2 à 4 frissons d'une heure chacun, accompagnés de sueurs, suivis d'apyrexie et au cours desquels la température atteint 40 à 41°3.

Dans les poumons se multiplient et s'étendent des foyers de broncho-pneumonie.

Le 7e jour une rénitence se montre au dessus du ligament de Poupart.

Mort le 12e jour.

Aitlopsie : Nombreux foyers pulmonaires nécrosés, foyers de broncho-pneumonie. Pleurésie purulente à droite. Endocardite aiguë verruqueuse. Infarctus de la rate. Phlébite de la veine utéro-ovarienne droite, de la veine cave, des veines iliaques et fémorales. Abcès dans le bord supérieur du ligament large et dans la paroi pelvienne postérieure au dessus du muscle piriforme ayant pour point de départ (?) une profonde déchirure du col à droite.

II. Femme de 29 ans, IVpare. Trois jours après l'accouchement s'établit, sans frisson prémonitoire, une forte fièvre, en même temps que surviennent des douleurs dans le côté droit de l'abdomen. L'état s'aggrave : fièvre élevée, cyanose, délire.

Admise à la Clinique le '.1 mars avec 40°2, 160 pulsations et 40 respirations, elle est prise de délire le 11 et meurt à 9 heures du matin le 12 après deux attaques de eollapsus.

Autopsie : Hypérémie cérébrale. Nombreux foyers de broncho-pneumonie dans le lobe supérieur du poumon droit. Œdème pulmonaire. Cœur normal. Pas de péritonite. Thrombose de la veine utéro-ovarienne droite. Grosse rate. Vagin sain. Cavité utérine large. A gauche un fragment de placenta verdâtre adhérent. A gauche de l'utérus, entre lui et la vessie, foyer purulent du volume d'une noix. Dans les parties supérieures du ligament large caillots dons les veines. Dans les vaisseaux lymphatiques, sérosité sale. Le tissu conjonctif environnant est infiltré.

Le même staphylocoque blanc ayant été constaté dans 4 autres cas de septicémie et de pyémie non puerpérales, Hoff se croit autorisé à conc hue que « le staphylocoque blanc est aussi dangereux que le streptocoque » ! !

Dans les cas de Hoff, l'étude bactériologique a été faite par le D'E. Lévy (assistant à la Clinique médicale et chirurgicale de Strasbourg) qui, deux ans plus tard, publiant le résultat de 200 examens bactériologiques de suppurations diverses, dit avoir sur 4 cas de pyémie et 4 cas de fièvre puerpérale avec métastases rencontré 7 fois et uniquement le staphylocoque blanc. Il lui attribue donc la propriété de se généraliser « aussi souvent que le streptocoque dans la fièvre puerpérale. »

SI WIIVLOCOCCIE l'I I l.l'l l: Ml

Remarquez que nous avons déjà plus haut trouvé, dans un mémoire el dans une thèse de Strasbourg de L892 ri L895, deux cas d'infection à métastases due au staphylocoque blanc. Vous serez sans doute, comme moi, frappés : I de [a fréquence en ce pays d'une variété d'infection puerpérale considérée partout ailleurs comme rare ; 2° du rôle prépondérant >\w j"i"\ -tu lieu et place du staphylocoque doré pathogène par exi ellence, Valbus qu'on ne savait pas si méchant.

S agit-il d'une endémie spéciale ou d une technique locale défectueuse .'

A l'appui il'1 cette dernière hypothèse je ferai remarquer combien lâche est la méthode.

Pourquoi, dans une question à ce point controversée, avoir borné l'examenbaelériologiquepost mortem au pus des métastases ? Pourquoi n'avoir pas fait, et par culture cl par roupie ronvenableniini colorées, l'étude bactériologique de la caduque et des agglomérations bactériennes de l'endocarde par exemple .' Pourquoi n'avoir pas cherché à se rendre compte et de la porte d'entrée du microbe incriminé, et de ses voies de pénétration . Pourquoi en un mot ne l'avoir pas suivi à la piste comme a iait Widal pour le -i reptocoque ?

Il semble vraiment que les auteurs 'qui ont ri vendiqué pour le staphylocoque un rôle égal .1 celui du streptocoque, aient négligé comme à plaisir les éléments de démonstration, et voulu justifier une fois de plus les critiques de Pasteur sur les défectuosités des expériences de médecins, l'insuffisance de leurs méthodes et l'absence de rigueur de leurs preuvi s.

Lisez maintenant l'une des deux observations publiées parBabèscn 1888-89 à l'appui de celle thèse que < tandis qu'on trouve toujours, dans la fièvre puerpérale, surtout dans les organes internes, le streptococcus du pus qui possède souvent dans les premii res cultures une virulence exceptionnelle, il n'en est pas de même dans les cas d'infection mortelle après l'avortement. maladie qui n'a pas encore été étudiée au point de vue de l'analyse bactériologique.

■ J'ai eu, dil Babès, l'occasion de faire dernièrement deux autopsies de femmes mortes avec des symptômes pyémiques ou typhiques :

Le 1" de ces cas a été observé dans le Bervice 'lu Dr Theodorescu,

I ne femme de 24 ans qui prétend avoir accouché 9 mois auparavant est reçue dans le service avec des symptômes typhiques, une température constante de 40*5 à 41", et des douleurs dans les membres Quelques jours après il se développa une paroti,lc avec infiltration du tissu profond de la peau et un phlegmon du 1 il moyen iln bras gauche.

La malade mourut le 19 mai et le 20 je trouvai à l'autopsie une infiltration produite par un liquide trouble du tissu cellulaire dans \<-< régions parotidiennes avei hypertrophie et injection des glandes salivaires, un phlegmon au commencement «lu tissu cellulaire du bras gauche, «lu lait jaunâtre dans les mamelles.

Le corps thyroïde est très hypertrophié, les poumons œdématiés et hypérémiques s. .ni «ouverts d'ecchymoses, «le petits aines ,t d,. nodules jaunâtres sales, pulpeux, avec une tendance à la gangrène etentourés «Tune zone infiltrée de pus. Le foie est très flasque, ramolli, jaunâtre, mou : la rate tuméfiée est rouge brunâtre : la pulpe est ramollie.

A la périphérie il j a «!<■> parties confluentes pins résistantes, grenues, «lune couleur rouge noirâtre. Dans la muqueuse de l'estomac on trouve des ecchymoses et des érosions hémorrhagiques. Les reins sont augmentés de volume, la capsule se détache facilement : la surfact présente un réseau veineux sur un fond gris jaunâtre parsemé d'ecchymoses et de petits foyers dont le centre ■ si suppuré et la périphérie très injectée. La substance corticale esl plus large, friable, avec un dessin plus prononce; les pyramides sont d'un rouge violacé.

Les veines utérines et la veine hypogastrique sont extrêmement dilatées et remplies d'un caillot noir rougeatre, adhérent. Ce caillot se prolonge dans la veine sacrée droite, mais ici le caillot est encore plus adhérent, plus friable, d'une couleur gris jaune sale, en voie de dissolution purulente.

La paroi de la veine est épaissie, jaunâtre, friable : la tunique interne inégale, infiltrée d'un liquide purulent el de sang, tandis que la tunique externe passe inaperçue dans le tissu cellulaire voisin, infiltré «le pus. Kn général les veines obturées mentionnées sont entourées d'un tissu infiltré d'un liquide trouble.

La vessie contient peu d'urine trouble. La muqueuse vaginale esl très injectée.

L'utérus esl plus grand, sa cavité ouverte et arrondie. d un diamètre transversal de i centimètres et d une largeur de 3 centimètres.

La paroi a un centimètre d'épaisseur, plus molle.

La muqueuse «'st tuméfiée, fortement injectée, «l'une couleur rouge sale. A la partie antéro supérieure, il y a une partie ronde plus élevée, couverte «le psevnlo-in. m

bn mes diffluentes, adhérentes, d'une couleur jauni' sale. el a laquelle est attaché un caillot sanguin pulpeux. d'une couleur rouge foncé, Baie, ayant la forme '1 un polype.

Le col utérin assez long est dilate. et il présente quelques ruptures superficielles, longitudinales, couvertes d uni' Baleté ichoreuse

Les ovaires Boni infiltrés d'un liquide purulent, el à droite il j a un grand corps jauni', dont le centre est gélatineux et de couleur rougcàtre.

I n examinant au microscope ces substances icho-

CAS DE BABES, HAHX, CANON

reuses, qui se trouvent au milieu d'une substance grenue ou fibreuse avec de rares cellules grandes et pâles, on y trouve quelques diplococci et des bacilles courts, entourés d'une zone pùle, qui sont identiques avec ceux dont j'avais constaté la présence dans les cultures et dans les coupes de l'utérus et du poumon.

En taisant des cultures sur agar, gélatine, pomme de terre et sérum de bœuf, d'après notre métbode d'isolation, j'avais constaté que la muqueuse diphtérique de l'utérus renferme très peu de staphylococci aurei et beaucoup de bacilles saprogènes qui forment sur l'agaragar, le long de la strie d'inoculation, une bande abondante, élevée, un peu transparente, lisse, humide, blanchâtre, bien limitée sur laquelle la substance nutritive montre des bulles de gaz.

Le même microbe se trouve encore, en même temps que le staphylococcus aureus, dans la phlébite de la veine sacrée.

Dans la circulation générale, il n'y a que le staphylocoque aureus caractérisé dans ses cultures non seulement par ses plaques jaune d'or lisses et précises sur agar, mais aussi par la liquéfaction de la gélatine qui montre une couche superficielle trouble, une couche moyenne claire, et un précipité dense, blanc jaunâtre, et enfin par un caractère des préparations microscopiques, inconnu jusqu'à présent, c'est-à-dire parce que la plupart des membres ne se colorent pas par le violet de méthyl B qui colore toutes les autres bactéries.

Ce microbe se trouve encore en culture pure, dans la glande parotide, dans les abcès pulmonaires, le foie, la rate, les reins et l'urine, tandis que les méninges, la peau et le lait sont libres de bactéries .

Dans un 2e cas. il s'agit d'une femme de 26 ans, entrée à l'hôpital avec une grande fièvre continue, 40° 2 à 40°6, délire, asthénie, dilatation des pupilles, symptômes de pyémie et oreillons.

En touchant l'utérus, on ne trouvait pas le col ouvert (c'est tout).

A l'autopsie faite le 9 juin : phlegmon à la région parotidienne et cervicale droite : colostrum dans les mamelles tuméfiées. L'abdomen peu gonflé présente une ligne médiane brune et quelques cicatrices de gravidité, etc.

Mêmes constatations que ci-dessus.

Vous serez, sans doute, comme moi, frappés 1° de la multiplicité des germes trouvés dans ces cas et de l'insuffisance de leur signalement ; 2° de la présence dans les deux cas d'une complication parotidienne qui n'est pas dans les métastases ordinaires de l'infection puerpérale. La parotidite est en général d'origine buccale ; elle est souvent due au staphylocoque. Rien ne prouve que là n'a pas été la porte d'entrée du staphylocoque.

Netter qui m'a signalé ces cas de Babès dit, (communication orale), qu'il a constaté lui aussi des infections à staphylocoques dans Yavorlement (non publiées).

Sabrazès et Faguet ont rapporté en 1894, dans la Gazette des Hôpitaux n° 112, une observation intitulée : Infection puerpérale staphylococcique; pelvi-péritonite ; endocardite ulcéro-végélante ; parotidite suppurée d'origine embolique.

Il s'agissait également d'un avortement.

Pas d'examen des débris du curettage.

Après la mort aucun détail histologique ni bactériologique sur l'utérus.

Aux deux observations de Babès viennent, en 1891 et 1893, s'en ajouter d'autres de Hahn et de Canon, de valeur très inégale.

Hahn a fait, à l'Institut pathologique de Berlin, l'examen cadavérique de 9 cas de pyémie et de septicémie puerpérales.

4 de ces cas ont présenté des abcès multiples et des infarctus ; ce sont des pyémies caractérisées.

3 fois le streptocoque fut rencontré dans presque toutes les métastases et tous les organes.

Une fois il n'y avait que du staphylocoque doré.

Il s'agit d une femme de 31 ans, dont X observation clinique manque.

Diagnostic anatomique :

Etat puerpéral. Endométrite placentaire diphtéroïde. Néphrite. Hépatite. Gastroadénite parenchymateuse. Hyperplasie et infarctus de la rate. Pneumonie lobulaire et métastatique multiple. Hypertrophie du cœur et atrophie jaune du myocarde. Endaortite chronique. Aorte rétrécie. Néphrite multiple interstitielle récente.

Rupture du vagin.

Nulle part on n'a trouvé de streptocoques. Dans tous les organes et en grandes masses du staphylocoque doré (culture sur agar glycérine et en bouillon peptonisé) en culture pure dont l'inoculation sous-cutanée à l'oreille du lapin a donné des résultats positifs.

Les coupes de tous les organes ont été traitées par le Gram ou colorées par le bleu de méthylène alcalin de Lôffler ; partout on a trouvé le staphylocoque.

Les 5 observations de Canon, assistant de Sonnenburg à l'hôpital Moabit de Berlin, sont moins complètes.

Il ne fait qu'en mentionner 3 où une infection puerpérale mortelle ayant succédé à Yavortement provoqué, le sang du cadavre contenait du staphylocoque doré.

Voici quelques détails sur les 2 autres.

I. Femme de 30 ans, morte aussitôt après son arrivée à la clinique. Température 41°6.

Autopsie : Pleurésie séro-fibrineuse double. Infarctus suppures, ayant jusqu'aux dimensions d'une noisette, dans les poumons, les reins, la rate.

STAPIIYL0C0CCIF. PUERPERALE

I i peu i"- renfermant un caillot sanguin, parsemé de n breux points purulents jaunâtres

Dans la musculature de l'utérus et dans les ovaires, une série d abcès lenticulaires.

Dans le sang du cadavre c me dans 1rs abcès du

poumon, se trouve du staphylocoque doré en culture pure.

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