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Pratique antiseptique

De l'exposé qui précède (p. 328 à 416), il ressort que l'accoucheur, la sage-femme, la garde, en présence d'une parturiente ou nouvelle accouchée, doivent avoir deux préoccupations d inégale importance :

1° avant tout ne pas leur apporter des microbes exogènes (prophylaxie de î' hétéro-infection) ;

2° détruire ou paralyser les microbes endogènes (prophylaxie de V auto-infection) .

Examinons successivement les moyens dont dispose l'accoucheur pour défendre la parturiente contre ces sources d'infection, et assurer ainsi l'asepsie des suites de couches.

a. Contre lhétéro-infection

L'infection peut être apportée par les mains, les instruments, les liquides de lavage, les objets de pansement.

Comment assurer l'asepsie de ces différents porteurs de contagium vivum ?

Antisepsie des mains

Pour ne pas apporter de microbes exogènes il y aurait un moyen, « ne pas toucher les femmes en travail » .

Personne, que je sache, n'a élé jusqu'à proposer le renoncement absolu à ce précieux moyen d'exploration : le toucher. C'est Léopold qui a fait le plaidoyer le plus chaud en faveur de l'emploi de l'exploration externe, pendant le travail.de préférence à l'exploration interne.

Or, que dit-il ?

Etant donné que la parturiente peut être infectée par une exploration interne, jamais par une exploration externe (abdominale) ; que les mains du médecin praticien, conduit par le hasard des jours et la diversité de sa besogne auprès de sources multiples d'infection, doivent être tenues pour septiques, qu'elles exigent une désinfection particulièrement laborieuse et qui ne saurait être absolue, Léopold recommande d'éviter toute exploration interne « pour peu que la chose soit possible. Il faut, dit-il, que le médecin soit bien convaincu qu'il peut, en cas de nécessité, diviser un accouchement normal avec le seul secours

de l'exploration externe». Mais il s'empresse d'ajouter que «l'exploration interne ne doit être négligée ni dans l'enseignement, ni dans la pratique ; qu'il ne faut pas la supprimer systématiquement dans l'accouchement normal ». Le livre d'enseignement — signé Léopold — qui a cours dans la Saxe royale, exige des sages-femmes au moins un examen interne, même dans les cas normaux, et toujours après la rupture de la poche des eaux.

Ce que l'accoucheur de Dresde désire c est restreindre le plus possible l'exploration interne, c'est attirer l'attention sur la nécessité de mettre fin aux examens internes inutilement répétés ou faits sans méthode, sur les inconvénients de l'abus du toucher, sur la possibilité, le cas échéant, de conduire un accouchement par la seule exploration externe.

« Dans tout accouchement s'écartant des conditions normales, bassin rétréci, éclampsie, présentation vicieuse, affaiblissement des doubles battements fœtaux, hémorrhagie, etc., il faut procéder aussi bien à l'exploration externe qu'à l'exploration interne. A défaut de quoi celui qui dirige l'accouchement risquerait de méconnaître des particularités multiples, desquelles il doit pourtant déduire les indications et le moment propice pour telle ou telle intervention. »

C'est la même argumentation que développe Pinard, lorsqu'il dit :

« Je suis, je puis le dire sans crainte d'être

PRATIQUE ANTISEPTIQUE

démenti, aussi partisan que qui que ce soit du palper abdominal, el c'esl pour cela que je ne

veux pas le compro ttre en lui demandam ce

qu'il ne peul nous donner.

antisepsie et exploration interne, pratiquées judicieusement, donneront de meilleurs résultats que l'exploration interne appliquée systématiquement seule pendant l'accouchement.

« L'abandon systématique du toucher serait fatal à nombre d'enfants. »

Uti non abuli. voilà donc la formule. Tout le inonde est d'accord sur ce point.

Je pense que tout le monde aussi le sera sur cel autre que, le cas échéant, on peut s'abstenir de toucher.

Supposez ceci :

Un praticien qui vient de faire, il y a quelques heures, un accouchement ou une délivrance dans un cas de putréfaction fœtale intra-utérine est appelé auprès d'une autre parturiente. Il ne peut sr faire remplacer.

Le travail ne fait pas de doute. 11 y a des contractions douloureuses, intermittentes, efficaces, car la femme marque.

Le palper permet de constater que la présentation est longitudinale, que la région foetale est engagée. Il ne révèle rien (l'anormal.

L'auscultation dit que l'enfant ne souffre pas.

Le praticien peut-il s'abstenir de pratiquer une exploration interne qu'il juge périlleuse pour la femme? Non seulement il le peut, mais il le doit .

Dans les délais légaux, les battements du cœur

fœtal restant lions, voici que surviennent à chaque douleur des envies de pousse]'. La dilatation est c plète ou va l'être. Si vous ne

sortiez pas VOS mains d'un foyer d'infection, le moment serait venu de vous assurer que la dilatation est complète et de rompre les membranes.

Pouvez-vous, dans les conditions envisagées vous abstenir de cette exploration el de cette intervention ?

Non seulement vous le pouvez, mais vous le devez. Evidemment il va quelqu'inconvénient, au cas où la poche ne se ronipi p.is spontanément, à la laissée venir à la vulve. Mais que sont ces inconvénients au regard du danger d'infection ?

Les battements du cœur restent lions. Le périnée bombe, la vulve s'entrouvre. Tout marche • souhait. Abstenez-vous !

La poche à la vulve résiste encore. De vos mains suspectes vous pouvez, sans danger pour la femme, prendre les anneaux de ciseaux aseptiques ou l'extrémité de voire perforateur pour la crever. Au besoin quelqu'un de l'entourage le ferait à votre place, sous votre direction.

Voici la circonférence sous-occipito bregmatique à la vulve. Il faudrait maintenir la tête pour éviter une déchirure possible. Vous avez à vous demander si la déchirure possible du périnée vaut que vous fassiez courir à la patiente les risques d une infection. C est le moment de vous rappeler combien grand par années est le nombre de femmes qui accouchent sans assistance. Abstenez-vous !

L'enfant expulsé, le cordon lié et coupé sous votre direction par la matrone du voisinage, il n'y a pas d'hémorrhagie.

Le palper vous fait sentir à l'ombilic le fond de l'utérus bien rétracté.

Une demi-heure plus tard le fond de l'utérus est à quatre travers de doigt au dessus de l'ombilic. Il y a donc lieu de penser que le placenta est décollé'. Attendez 1 Voici que le fond s'abaisse, que réapparaissent les efforts expulsifs.

Réprimez-les et de votre main gauche, appliquée à l'hypogastre, poussez, à votre volonté, doucement, petit à petit, le placenta dehors.

Tout est terminé sans (pie vous avez eu à aucun moment à intervenir par le toucher. Qui pourrait vous blâmer de cette abstention voulue et raisonnée ?

Mais la présentation est mauvaise et vous ne pouvez la rendre bonne par manœuvres externes; le travail traîne en longueur et vous soupçonnez un obstacle cervical ou pelvien ; les battements du cœur fléchissent et le liquide est vert ; il y a une hémorrhagie : une complication se produit qui menace la vie de la mère el de l'enfant, etc. Bref vous êtes en présence d'un cas de force majeure. Qui pourrait vous blâmer, après avoir fait tout ce qu'il vous esi actuellement possible de faire pour désinfecter vos mains, d intervenir puisque vous êtes seul à le pouvoir faire '.'

C'est le cas de nous demander ce que vaut en obstétrique l'usage des gants aseptiques?

\ ons verrez tOUt à l'heure que les meilleurs

procédés connus de désinfection des mains ne sauraient en réaliser l'asepsie absolue. Ils ne présentent pas la même garantie que les procédés de stérilisation des instruments, etc.

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