‹ Obstétrique journalièreChapitre 136 sur 157 · ANTISEPSIE POST PARTUM · texte numérisé non relu

ANTISEPSIE POST PARTUM

lerjourdessuitesde couches une prise de lochies vaginales et de lochies utérines.

Ensemencées sur plaques d'agar à réaction faiblement alcaline :

(a) les lochies utérines se montrent vierges de germes;

(b) les lochies vaginales donnent d'innombrables colonies de streptococcus pyogenes.

Le 4e jour, la température étant toujours normale,une seconde prise est faite; et cette fois on constate que les lochies utérines renferment également du streptocoque.

IL Chez une autre accouchée qui pendant et après le travail n'a été touchée qu'extérieurement, une double prise est faite le 2e jour.

Les lochies vaginales donnent de nombreuses colonies de streptocoques ; les lochies utérines ne cultivent pas.

Le 3e jour les lochies utérines donnent comme les vaginales des colonies nombreuses de streptocoques.

Au 6e et au 9e jour tout est redevenu stérile.

III. Chez une secondipare, accouchée spontanément, non touchée sinon extérieurement, et dont les suites de couches sont apyrétiques, on prend le 2e jour des lochies vaginales et utérines .

Ensemencées sur deux plaques d'agar, les lochies vaginales donnent environ 200 colonies de streptocoques pyogenes. Les lochies utérines restent stériles.

Le 3e jour, id.

Le 6e jour, ni les vaginales ni les utérines ne cultivent.

La sécrétion vaginale examinée 1"2 jours avant l'accouchement n'avait rien donné par culture sur plaques d'agar; on n'y avait vu au microscope que des bâtonnets moyens.

Dans 3 autres cas semblables les lochies renfermaient deux fois le staphylocoque doré, une fois le bacterium coli qui disparurent spontanément du 8e au 10e jour.

Dans 20 autres cas (dont 4 avec toucher interne et 16 avec simple toucher externe) où 26 prises furent faites savoir :

4 fois le 2e jour.

2 fois le 6e jour.

7 — 7e — toutes les plaques ensemencées restèrent stériles .

Mais, ajoute Krônig, cela ne prouve pas que chez ces accouchées la sécrétion vaginale était en réalité exempte de germes.

Et de fait en examinant la sécrétion sur lamelles colorées on y pouvait, dans presque tous les cas, reconnaître diverses formes de bactéries.

5 fois seulement, sur des lochies du 1er et du 2° jour, on ne vit rien. et dans un cas cette asepsie se maintint jusqu'au ô1' jour.

Dans tous les autres cas les lochies fourmillaient de bactéries et le plus souvent (18 fois sur 20] de cocci, contrairement à ce qu'on observe chez les femmes grosses où les bâtonnets dominent.

Les cultures anaérobies ont permis de constater qu'il s'agissait pi esqu'exclusivement de bactéries anaérobies obligées que Krônig a pu étudier dans 10 cas.

N'en est-il point parmi elles qui puissent devenir les agents d'une infection anaérobie ?

C'est ce qu'il est impossible d'affirmer actuellement.

Krônig tire de ces faits une double conclusion :

1° Ils lui paraissent démontrer (et à moi aussi) la possibilité de l'ascension spontanée des microbes de la vulve au vagin, du vagin à l'utérus.

2° Ils plaideraient en faveur d'une certaine puissance bactéricide des lochies qu'il a « renoncé à vérifier expérimentalement sur les nouvelles accouchées », mais qu'il a tenté de démontrer par des expériences in vitro.

Après avoir recueilli quotidiennement, dans des tubes de verre, des lochies d'une accouchée à partir du 2e jour, il les inoculait avec du staphylocoque doré et les maintenait 24 heures à l'étuve à 36.

Or si dans les lochies recueillies vers la fin de la première semaine le staphylocoque mourait, il se multipliait fort bien dans les lochies des premiers jours.

Ainsi donc et c'est sa conclusion textuelle : « la sécrétion vaginale perd, pendant les premiers jours des suites de couches, sa force bactéricide pour la recouvrer à la fin de la première semaine du puerpérium. »

Il est bien temps ! C'est pendant les premiers

PRATIQUE ANT1SEPTIQ1 1

Jours que les microbes pathogènes, éventuellement introduits dans le vagi i j préexistant :

anaérobies, gonocoques . peuvent ascensionner \ ers l'utérus.

Pourquoi dès lors se priver de la force bactéricide par excellence de l'injection vaginale antiseptique ?

Il n'y a pour le faire qu'une raison valable.

i Les inconvénients des injections vaginales répétées, dit mon maître Pinard, je ne saurais trop insister à ce sujet, ne résultent pas de l'injection elle-même. Si nous étions comme 1rs chirurgiens,-qui renouvellent leurs pansements tous les huit jours, il nous serait pratiquement facile de faire ces injections nous-mêmes, et nous pourrions être tranquilles sur les suites. Mais renouveler nous-mêmes ces injections deux fois par jour n'est possibleàaucun de nous. Or il peut être dangereux, à un moment donné, de routier la

petite manœuvre à une personne qui n'a pas toujours l'expérience et l'habileté voulues. »

De telle sorte que la question doit se résumer pour vous en ces termes :

Il y a de bonnes raisons de croire à l'utilité des injections vaginales antiseptiques, au moins pendant 1rs premiers jours des suites de couches.

Si vous avez auprès de votre cliente une garde méritant confiance, laites suivre les toilettes antiseptiques, matin et soir, d'une injection vaginale antiseptique (sublimé 1 pour 4000, bi-iodure 1 pour 4000.

Si votre garde ne mérite pas confiance ne laites pas faire d'injections; mais alors qu'elle ne lasse pas non plus de toilettes vulvaires autrement qu'en versant,sur les parties génitales externes, un litre de solution antiseptique !

d. Résumé des soins antiseptiques à donner avant, pendant et après l'accouchement

Pour être prêts à tonte éventualité, le médecin ou la sage-femme devront, à l'époque où ils pratiquent l'examen qui à 7 mois 1 2 chez la primipare, ii 8 mois idiez la multipare) les renseigne sur la présentation de l'enfant, exiger que leurs clientes se procurent et placent en réserve les objets suivants, destinés à assurer l'antisepsie prophylactique lois de l'accouchement:

1° 3 litres delà solution suivante, dont l'expérimentation in vitro et une longue pratique à la clinique Baudelocque ont prouvé la très grande valeur antiseptique en même temps que l'innocuité :

Eau 1000 gr.

Bi-iodure de mercure. 0,50 centie

lodure de potassium. 0,50 centig.

Cette solution à I p. 2000 reste encore très antiseptique lorsqu'on y ajoute, pour lui donner la température convenable, parties égales d'eau bouillie chaude ce qui la ramène al p. 4000). Pure elle servira à l'antisepsie des mains, des instruments, du bassin à décharge; dédoubler elle constituera le liquide à l'aide duquel seront pratiquées les injections vaginales, les toilet-

tes vulvaires, les Injections intra-utérines (1).

2" I u pot hermétiquement clos contenant : Vaseline 50 err.

Acide plié-nique 1 gr.

■ >" I n paquet de 2.">u grammes de coton antiseptique (ouate ou étoupe au sublimé, au bi-iodure de mercure, a l'aride phéniqur .

4° I n bassin forme bidet, en tôle émaillée, destiné à recevoir les liquides de lavage.

5° l n appareil à injections.

(Dit est quelques femmes qui supportent mal lu bi-iodure, comme il en est d'autres qui supportent mal le sublimé.

Ayez donc deux cordes i votre are'. Une pratique de pi dix années m'autorise à vous assurer que cela suffit.

Le sublimé, dont Davaine (1873), Billroth 1874 et surtout Nicolai Jalan de la Croix et Koch 1881), avaient démon li

Lion microbicide. a été introduit dans la pratiq bstétricalc

pai' in m. i (1881. i longrès de Londres) qui l'a mis au pn i ang des antiseptiques i is^:

Tarnier reconnn;unl;iil surtout i,<s suintions ;ileo<ili'|tics ipii

semblent avoir lus de toxicité que les solutions ■ ■ L'acide

tartrique préconisées par L'Académie de Médecine.

La liqueur île Van Swieten sublin n Bran , alcool

100 gr., eau distillée 900 gr. colorée en bleuau carmin d'indigo '■! déquintuplée, c'est-à-dire ramenée au titre de 20 centimes par litre, .i l'n nvénient de coûter cher.

ï'iirini'!' recommandait, pour la préparation des solutions, d'user de petits tubes contenant 0, 20 centigrammes desublimé dissous dans l'alcool;

ou encore de paquets renfermant 0,20 centigrammes de su-

iil on i toi n ii l' iju'on l'ail iii^souiire dans l'eau ru ajoutant a

celle-ci uni' petite quantité d'alcool.

Page 1