CONDUITE I>L TRAVAIL
De ce * 1 1 1 i précède vous devez conclure que si, dans li - conditions particulière ni favorables ou vous êtes placés, vous avez les plus grandes chances de voir l'accouohemenl se terminer spontanément, vous ne pouvez jamais être sûrs que vous n'aurez pas à intervenir, et qu'au cours de la période d'expulsion ne surgira pas lm, indication d'urgence, soil maternelle, soil surtout fœtale, vous forçant à le faire instantanémi m.
Je ne saurais donc Irop m'élever contre cette phrase échappée à Schrbder, --i sensé pourtant d'habitude : « Le médecin est-i) appelé à surveiller un accouchement, si ce n'est pas loin de chez lui, il peut se borner pour tout instrument à emporter son stéthoscope o.
Non, mille fois i; il faut qu'il ait avec lui
son forceps : il faut même que, dans tous les cas, il l'ail prêt à servir, c'est-à-dire soil passé à l'étuve et maintenu dans une boîte métallique bien close, soil je parle pour le praticien bouilli cm flambé el maintenu dans une solution antiseptique.
// ne suffit pas de l'avoir avec soi; il faut l'avoir prêt à servir sans danger.
Donc emportez toujours avec vous votre trousse courante qui renfermera ? stéthoscope, perce-membranes, forceps, insufflateur, ciseaux, pinces à forcipressure, une seringue de Roux, une aiguille à suture, une sonde de gomme, un ballon de Champetier et sa pince; avec cela vous serez tranquilles ; et dès que vous vous installez près de votre cliente, à poste fixe, préparez votre forceps pour ne pas vous en servir.
J'ai Iran'- plus hani la conduite à tenir pendant les deux périodes de dilatation e1 d'expulsion. J'ai parlé de la rupture des membranes, de la surveillance du périnée, des indications à tirer de l'examen <ln liquide, des indications de l'accouohemenl artificiel.
Je n'y reviendrai pas.
La seule chose sur laquelle j'aie à insister c'esl la nécessité d'ausculter fréquemment, el en particulier pendant la période d'expulsion, pour saisir les moindres modifications <\u rythme. Ne vipiis en laissez pas imposer par la coloration verte du liquide. Elle peut tenir à un étal de souffrance passé. Rappelez-vous d'autre part, que le fœtus peul souffrir el rendre son méconiiiiii -ans que votre attention soil éveillée par la coloration du liquide retenu dans l'utérus par
la tête formant bouchon hermétique. Ne vous Gez qu'à l'auscultation, en nous souvenant que les modifications du rythme n'acquièrent leur valeur indicatrice que lorsqu elles sonl constatées, à plusieurs reprises, dans l'intervalle des contractions.
Parlerai-je après cela des soins à donner à la femme pendant le travail? Mais c'est l'antisepsie, et je traiterai cette question dans un chapitre à pari, préface des suites de couches aseptiques qu'elle a pour Imt d'assurer.
Cette réserve el celle d'une intervention faites, je ne puis que dire avec Schrôder : dans les conditions où je vous place de parti pris et qui sont heureusement courantes :
» l'accouchement est un phénomène physiologique qui ne réclame aucun traitement ».
Soutenir les forces de la parturiente en lui faisant prendre du bouillon, du grog à petites doses fréquemment réitérées; vider la vessie avec une sonde molle, lorsqu'elle se laisse distendre par l'urine et parail gêner la progression de la tête : toucher rarement : rompre les mem-
lir. sa la dilatation complète; bien placer la
femme et lui apprendre à pousser; ménagerie périnée ; de m nier, refouler ou couper entre deux pinces, s'il est trop court, le cordon enroulé
autour du c [ui pourrait gêner la sortie du
fœtus ou tirailler le placenta; aider à la sortie des épaules suivant le mécanisme physiologique, voilà i • > 1 1 1 le traitemenl que réclame un accou chemenl normal.
Si an début du travail le rectum vous paraît encombré, un lavement évacuateur est indiqué. Mais si vous n'êtes appelé qu'à l'approche de la dilatation complète abstenez-vous. Mieux vaut avoir affaire pendant l'expulsion à des matii res solides qu'aux fusées mi-liquides que procure un lavemenl tardif.
N'oubliez pas cependant que si votre rôle apparent se borne le plus souvent à soutenir l,i parturiente de la voix et du geste, vous en avez un autre (dus important : celui de surveiller attentivement le travail afin de rei on naître ei d'écarter toul ce cpii pourrait en troubler le cours normal, el s'il survenait un danger quelconque pour la mère ou ! enfant, de l'apercevoir promptemenl el d'appliquer immédiatement le traitement convenable.
C Csi pour cela que nous avons recommandé d'avoir toujours prêt l'instrument dont
INDICATIONS DU FORCEPS
Fig. 217 (Smellie et Camper).
« Elle représente la tête du fœtus tirée en bas par le forceps (droit), et tournée pour imiter la progression naturelle occasionnée par les douleurs du travail, qui pourraient produire le même effet, sans qu'il fût nécessaire de se servir du forceps.
« Par la vue de cette planche, la position du forceps le long des oreilles et de la partie étroite de la
tète est plus particulièrement désignée Cette
/^ planche montre aussi que les manches du forceps doivent toujours être appliqués sur le périnée; et dans cette position ils sont dans une même ligne
directe que la partie supérieure de l'os sacrum
J'ai eu plusieurs fois l'occasion de me servir avec utilité d'un forceps courbe, pour tirer, suivant sa longueur, la tète d'un enfant dont le corps était sorti le premier. Je l'ai fait représenter ici par des lignes ponctuées. On peut employer celui-ci, comme les autres espèces de forceps dans les accouchements laborieux, mais on ne peut pas le manier aussi aisément ».
L. Anus. — MN. Périnée. — O. Téguments communs de l'abdomen. — A, B, C. Vertèbres des lombes, os sacrum, coccyx. — D. Pubis gauche. — E. Vessie. — F. Rectum. — G G G. La matrice. — H. Mont de Vénus.— I. Clitoris et nymphe gauche.
— X. Corps caverneux. — K. Grande lèvre gauche. P, Q. Fesse et cuisse gauches. — R. Le forceps droit.
— S. Le forceps courbe (12 pouces de long).
Fig. 218 (Smellie et Camper).
« Elle représente, dans les mêmes points de vue et coupe des parties, la tète du fœtus dans la même situation, mais descendue, par le secours du forceps, plus bas qu'elle n'était dans la planche précédente. Dans celle-ci, l'orifice externe est plus ouvert, l'occiput est descendu plus bas sous le pubis, et le front est en deçà du coccyx ; ce qui fait que l'anus et le périnée sont étendus en forme d'une large tumeur.
« Lorsque la tête est ainsi avancée, l'opérateur doit l'extraire avec grande attention; autrement les parties pourraient se déchirer. Siles douleurs paraissaient suffisantes, alors on pourrait essayer de la faire sortir doucement, en appuyant avec les doigts contre les parties externes, au-dessous du coccyx. Il faudrait donc retirer le forceps et attendre que la tête dilate l'orifice externe de plus en plus et par degrés, par la force des douleurs et avec l'assistance des doigts : mais si on ne peut compter sur un pareil effet, il faut terminer de suite l'opération avec le forceps ».
Fig. 219 (Smellie et Camper).
« Dans les mêmes vues et coupe du bassin elle est formée par des lignes tracées pour démontrer que, suivant que les parties extérieures s'étendent, et que l'orifice externe se dilate, l'occiput du fœtus descend en tournant demi-circulairement dessous le pubis; la partie inférieure des os est comme l'axe ou le point d'appui sous lequel la partie postérieure de la tète tourne pendant que le front et la face se relèvent un peu en haut et distendent les parties de plus en plus entre le coccyx et l'orifice externe. C'est ainsi que la nature dilate ces parties pendant le travail, et comme l'on doit toujours l'imiter, il faut suivre la méthode qu'elle nous indique toutes les fois qu'il est nécessaire d'extraire une tète avec le forceps ».
S T. Côté gauche de l'orifice de la matrice.
Londres 1754.
SOINS A DOXXEll A LA PARTURIENTE
l'emploi est le plus souvent indiqué : le forceps.
.Ir n'ai pas à revenir ici sur le manuel opératoire du forceps que j'ai, avec Farabeuf, longuement exposé par ailleurs (1J. Que vous ayez à prendre la tête au détroit supérieur (lorsque vous ne pouvez faire autremenl . ou au fond du bassin, soit en transversale, en oblique antérieure ou en directe, il faut d'abord et avant tout pratiquer le toucher manuel à l'aide de la première main guide la gauche pour les droite* ; la droite pour les gauches et les directes .
Et à ce propos une question se pose. Faut-il donner du chloroforme, j'entends sérieusement, à la dose chirurgicale ? A cela nous répondons sans hésitation : oui... si vous le pouvez. Oui pour la femme qui souffre de l'introduction de votre main; oui pour l'enfant, car la prise sera d'autant plus régulière et par conséquent inoffensive que l'accoucheur ne sera pas troublé dans ses explorations et ses manœuvres par les cris, l'agitation et les mouvements de défense de la parturiente. Se rapprocher le plus possible des conditions dans lesquelles on a répété sur le mannequin, tout le secret de la réussite est là pour le praticien qu'une longue habitude n'a pas muni de Yaes triplex circa pectus. Pour la même raison éloignez l'entourage et gardez-vous d'acre pin- comme aide la mère ou le mari. Mieux vaudrait deux chaises à défaut de voisines complaisantes et robustes.
J'ai dit : donnez du chloroforme si vous le pouvez ; c'est-à-dire si vous avez un aide, confrère ou sage-femme, pour l'administrer.
Si peu dangereuse que paraisse chez la parturiente la chloroformisation, il serait imprudent de confier à une personne inexpérimentée le soin d'entretenir l'anesthésie commencée et obtenue par vous. Or il va vous falloir, une fois votre patiente endormie, vous aseptiser; et à partir de ce moment VOUS cessez d'être mobilisable au chloroforme.
I le telle sorte que dans \ ol iv prat ique \ ous en serez réduits comme nous, au moins dans les cas de forceps d'urgence, à opérer sans anesthésie préalable.
Vous vous en tirerez encore assez aisément si vous êtes bien convaincus que la chose vraiment douloureuse, mai* essentielle el d'où dépend le
succès, est l'introduction de la première main exploratrice et guide de la première cuillère.
Une loi* celte main introduite, le plus difficile est fait. N'y allez donc pas par tâtonnement* ; brusquez-en l'introduction. La patiente n'aura pas eu le temps de se reconnaître, que vous serez en place. Annoncez lui alors que le plus douloureux est fait, et prouvez-le lui immédiatement en glissant sur votre main la première branche. Si vous savez vou* y prendre, la patiente ne doit pas s'en apercevoir. Des lors vous ferez d'elle pour la seconde branche ce que vous voudrez. Une fois votre forceps bien en place, peu vous importent la défense et les cris au coin* de L'extraction. Vous tenez le bon bout. Et lorsque dans un instant l'enfant va crier, on vous pardonnera bien vite ce qu'on appelait tout à l'heure votre barbarie.
Pour Unir, et si vous voulez réussir où que vous aviez à pratiquer, méditez les conseils de Dionis. S'il n'est pas au pouvoir de l'accoucheur d'être comme le voulait ce vieux maître : o bien fait desa personne, n'ayant aucun défaut corporel, ni rien de choquant dans son visage, ni trop jeune ni trop vieux, mais dans la vigueur de son âge, d'avoir la main longue el menue et non grosse et courte, défaut essentiel, » il peut au moins, lorsqu'il est appelé, « ne pas se présenter avec un visage allongé et triste, car il paraîtrait annoncer quelque malheur ; ni avec un visage gai et enjoué, ce qui choquerait une femme qui souffre, » mais avec « un air sérieux, écouter tranquillement le récit de l'état où se trouve la parturiente, lui faire espérer un accouchement heureux, ne point l'alarmer quand même il y aurait sujet de craindre ; ne témoigner aucune impatience sur la durée de l'accouchement ; être discret, ne point s'entretenir des perfections ou des défauts qu'il aura remarqué* à une femme en l'accouchant parce que celle à qui il parle c*t en droit de croire qu'il fera ailleurs de* plaisanteries sur elle comme il en fait sur h* autres ; ne pas être impoli comme un chirurgien d'armée ou un chirurgien qui travaille dans le public ou dans le* hôpitaux ; bref être un parfait honnête homme, vertueux, doux, affable et compatissant aux douleurs que les femmes soutirent en accouchant ».
di Farabeuf ot Varnier. — Introduction à l'Étude clinique et » ta pratique des accouchement!.
Pages 314 A 152,