INDICATIONS DE L INTERVENTION
du placenta de la cavité du corps dans le segment inférieur.
Attendez encore. Bientôt les contractions utérines, qui tout à l'heure étaient à peine perçues par la patiente, deviennent de plus en plus dou-
loureuses, L'accouchée jusque là très calme recommence à s'agiter, à se plaindre, à crier : l'utérus fait effort pour se débarrasser de son contenu. Il semble à la parturiente que le travail recommence.
Examinez le fond de l'utérus et vous le voyez s'abaisser peu à peu, redescendre vers l'ombilic (fig. 300) ; puis les contractions s'espacent, se calment ; enfin un nouveau phénomène survient : la réapparition du besoin de pousser, de fausses envies de défécation.
Pratique: le toucher .Vous trouvez le placenta sur le plancher pelvien, passé en totalité ou tout au moins bien engagé dans le vagin. Vous pouvez maintenant songer à aider la nature, à intervenir.
Fig. 298.
II pare de 24 ans, à terme, accouchée, après 5 heures de travail et 10 minutes d'expulsion, d'une fille vivante de 3.070 grammes.
Votre main portée à l'hypogastre, immédiatement après la sortie du fœtus, y percevrait l'utérus rétracté enchatonnant le placenta encore adhérent. Le fond de l'utérus correspond à l'ombilic (trait noir). Il n'y a donc pas d'hëmorrhagie interne. L'examen de la vulve montre qu'il n'y a pas d'hémorrhagie externe. Expectation : ni expression, ni traction sur le cordon.
Fig. 299.
30 minutes après. Le globe de sûreté toujours dur a monté ; son fond est maintenant à 3 travers de doigt au-dessus de l'ombilic ; vessie vide. Pas d'hémorrhagie ; léger écoulement sanguin par la vulve. Conclusion : le placenta décollé est passé dans le segment inférieur et pointe dans l'orifice externe. Il faut attendre pour tirer que le placenta ait quitté le segment inférieur.
Fig. 300.
10 minutes plus tard. Après quelques contractions douloureuses le globe de sûreté est redescendu au voisinage de l'ombilic. Voyez son fond délimité et surveillé par la main droite de l'accoucheur tandis que la main gauche, après avoir senti le placenta à l'entrée du vagin expulsé, de l'utérus, exécute la délivrance par traction sur le cordon. La patiente est placée sur un bidet qui va recevoir le placenta et les caillots ou le sang liquide retenus derrière lui.
Nous savons en effet que si la délivrance est, à partir de ce moment, abandonnée à la nature, elle va pouvoir traîner des heures. Or le médecin ne devant, sous aucun prétexte, quitter sa cliente tant que la délivrance n'est pas terminée, on voit immédiatement à quoi entraînerait alors l'expectation.
D'autre part, la femme n'a pas de repos complet tant que « le délivre n'est pas sorti. »
L'utérus, gêné dans son retrait par les caillots accumulés derrière le placenta et par la présence
ÉTUDE CLINIQ1 E ET CONDUITE DE LA 1(1 I.IVKANCE
de celui-ci dans le vagin, «si exposé ;i l'inertie; d'où danger d'hémorrhagie.
Bref, comme le disait si bien Pajot, à ce moment, alors que vous êtes sûr que le placenta el les membranes sont décollées,
« Quel avantage y a-t-il à abandonner les choses à la nature? Aucun. Y a-t-il, au contraire, avantage à intervenir? Oui. à condition
que l'intervention soit intelligente et rationnelle. »
Quelle est I intervention rationnelle ?
1 >eux modes il intervention se partagent actuellement 1rs suffrages îles accoucheurs : la délivrance par traction surtout usitée en France; la délivrance par expression surtout employée m Allemagne.