SIMPSON
contenu dans les pustules, sur le bras d'un individu sain — b) par l'introduction, par la voie de la respiration, des effluves morbides échappées du corps des malades sans qu'il y ait inoculation directe. »
« Cependant, ajoute-t-il, nous n'eûmes aucune preuve certaine, d'après les observations que nous fîmes, qu'une femme atteinte de la fièvre puerpérale pût, par les exhalaisons de son corps, infecter de la même maladie d'autres femmes couchées près d'elle dans la même salle. »
2° Ce fait que « quelques accoucheurs croient à la possibilité de l'imprégnation, par les effluves des malades atteintes de fièvre puerpérale, des habits du médecin et pensent que l'absorption de semblables matières par la femme en couches pourrait être un mode de propagation de la fièvre puerpérale.
« Si une constatation de ce genre pouvait être établie en fait, par une analyse attentive des preuves invoquées, ce serait là un point important qui ajouterait à notre connaissance des modes suivant lesquels cette maladie peut se propager. »
Conclusions thérapeutiques : « Il serait d'une extrême importance que ce sujet fût plus soigneusement étudié ; parce que, dans une maladie comme la fièvre puerpérale, ce sont les moyens prophylactiques dont il faut attendre le succès plutôt que des moyens curatifs. II suffit de rappeler qu'environ 3000 femmes en couches meurent tous les ans en Angleterre et dans le pays de Galles, et qu'une forte proportion de ces 3000 décès sont dus à la fièvre puerpérale, pour prouver l'importance de ces études. »
Et dans sa marche à l'étoile qu'il devine derrière la brume déjà moins épaisse, ce second précurseur, quittant les accoucheurs pour s'adresser aux chirurgiens, leur dit:
« Si des étudiants ou des praticiens, les mains chargées de quelque parcelle de matière virulente, peuvent ainsi, en inoculant cette matière à la surface éraillée du vagin, produire la fièvre puerpérale, il n'est pas douteux que, dans des circonstances semblables, des chirurgiens sont susceptibles d inoculer, et inoculent dans les plaies qu'ils font ou qu'ils pansent, une matière analogue produisant une affection du même genre, la fièvre chirurgicale, chez leurs patients. S'il peut y avoir inoculation à la surface érodée
du vagin, il doit en être de même pour une plaie récente. Si elle produit la fièvre dans un groupe de sujets, elle produira la fièvre dans l'autre. Je suis de plus en plus convaincu que leschirurgiens, comme lesaccoucheurs.
sont parfois pour leurs malades de dange reux intermédiaires; par l'inoculation d'une matière morbide, ils produisent chez eux la fièvre chirurgicale, de même que les accoucheurs, par les mêmes procédés, déterminent chez les femmes en couches la fièvre puerpérale.
Sir James Young -Simpson,
Prof" d'accouchements à l'Université d'Edimbourg (1840-1870),
né â Batbgate (Linlithgowshire) le 1" juin 1811,
mort à Edimbourg le 6 mai 1870.
» Je ne doute pas qu'il ne se passe bien des années avant que les chirurgiens ne soient persuadés de ce fait. Mais ma conviction est qu'ils finiront par y croire,
ce qui permettra de prévenir une grande quantité des accidents nombreux qui arrivent maintenant après les opérations, particulièrement dans la pratique chirurgicale des hôpitaux. »
Nous sommes, ne l'oubliez pas, en 1851. Lister est dans l'auditoire; il a 24 ans.
Plus heureux que Semmehveiss, Simpson sera prophète en son pays. C'est en effet de cette même Université d'Edimbourg que jaillira, 18 ans plus tard, le cri de ralliement de Lister devenu le collègue de Simpson (S novembre 1869). Mais n'anticipons pas.
MOYENS PROPRES \ ASSURER L ASEPSIP. lus s l II 1 s ni (on III s
Au cours de laconfust discussion sur la Gèvn puerpérale qui. en 1858, occupa l'Académie de médecine de Paris pendant 18 séances, el à laquelle prirent pari : 'i accoucheurs, Depaul, P. Dubois, Danyau, Cazeaux ; un chirurgien, Velpeau ; 6 médecins, Beau, Piorçy, Hervez de Chégoin, Cruveilhier, Bouillaud, Trousseau, les contagionistes fonl deux solides recrues : Danyau et Trousseau.
Trèsau couranl ci seul au courant, semble-t-il, Je la littérature étrangère sur la question qui nous occupe il . Danyau, après avoir rappelé tous les faits connus de contagion, déclare qu'il esl revenu d'un longvoyage, fait en Angleterre en L829 ei I830,à peu près converti aux idées alors si différentes des nôtres de plusieurs éminents
accoucheurs de ce pays ; sa Conviction s'esl
établie dès les premières années de son entrée à la Maternité el sa profession de foi peut se résume] en ces mois :
« La fièvre puerpérale est une maladie d'origine miasmatique, donl le miasme générateur pénètre dans le sang, l'empoisonne et le rend apte à la production le plus souvent très rapide de localisations inflammatoires très variées, surtout dans les organes dont la vitalité a été exaltée par la grossesse et l'accouchement ».
Après avoir montré combien il est difficile de savoir, en étudiant un foyer d'infection comme une -Maternité — où la maladie s'alimente en quelque sorte par elle-même par la multiplication du nombre des malades — si c'est aux émanations directes du corps des voisines malades où a l'agent toxique mystérieux dont l'atmosphère ambiante esl chargée qu'on devra attribuer l'apparition des cas nouveaux et de plus en plus nombreux. Danyau fait remarquer que « le point délicat, essentiel, le seul sur lequel il importe d'insister . c'est la transmission de la maladie d'un foyer quelconque d'infection à une femme en travail ou accouchée saine par une personne, accoucheur, sage-femme ou garde chargée de lui donner des soins.»
Il cite alors tout au long, outre ces faits que les accoucheurs et les médecins anglais se sont plu à recueillie, dis observations tirées de sa
pratique personnelle et de celle de ses confrères
(1) Tarnier, dans son livre intitulé De l'Asepsie et de l'Antisepsie en obstétrique, Paris, 1894. ;i écrit: a Sous le titre de c . ht i ■ '" sur l'rh/i fn> rpéral et les maladies des femmes en couches 1 1857), j'écrivis ma thèse inaugurale dans laquelle je me
déclarai le partisan de la contagiosité de la fièvre] rpérale,
lue l'ignorais les travaux de K land el de Se lelwelss
dont les recherclu'sii'iivaiiMjt i.nssufiisutunit'iii . . 1 1 1 1 . ■ l'attention du public mt'dical » lu. 16. »
qui lui eu oui fait part. « Peut-être, dit-il, si chacun venait faire ici confidence de ses malheurs, pourrait-on ajouter d'autres séries qui ont
dû profondément troubler la conscience de Ceux
qui oui eu à les subir. »
Et Danyau conclut, après avoir rappelé les objections laites à Semmelweiss dont il est le seul a connaître exactement les idées ii la méthode :
s Je n'en vomirais pas, pour ma part, conclure autre chose, si ce n'est que la cause signalée par Semmelweiss n'est pas à beaucoup près la seule ni même la principale des causes qui pourraient donner lieu à la lièvre puerpérale ; que le préservatif n'est pas infaillible; peut-être aussi que les cadavres employés hors le temps d'épidémie n'étaient pas de ceux qui sont les plus propres à laisser aux mains et aux vêtements des matériaux actifs de transmission ; et surtout que nul, d'après les faits mainte nant connus, ne pourrait, sans se rendre coupable d'une extrême imprudence et même d'un crime, passer de l'examen d'une femme morte de fièvre puerpérale à la chambre d'une femme en travail ou récemment accouchée.
« Et j'ajouterai que ce ne sont pas là les seules précautions auxquelles un accoucheur doit s'astreindre. Je pense qu'il est encore pour lui du devoir absolu, dès qu'une fièvre puerpérale se montre dans sa clientèle, de redoubler de soins sur sa personne, de changer souvent de vêtements, de faire aérer, ou, suivant le procédé de Busch,de soumettre s'il le faut à l'action d'une haute température ceux qu'il vient de quitter, d'employer largement les désinfectants, dans les cas surtout où ses doigts auraient été en Contact avec des sécrél ions morbides, de ne pas
trop multiplier ses visites, et, pour que rien ne manque pourtant à la malade, de placera demeure auprès d'elle un élève instruit qui le supplée dans les soins où il pourra être suppléé : qu'il évite d'aller de chez elle immédiatement chez ses autres accouchées bien portantes, surtout chez celles qui sont dans leurs premiers jours de couches, enfin, qu'il sache s'arrêter à temps et s'éloigner, si, malgré toutes ces précautions, la maladie venait à s'étendre dans sa clientèle. «
Voilà la note pratique du spécialiste.
El maintenant, le coup d'aile de Trousseau.
Après s'être excusé d'avoir troublé quelques
LE LEVAIN SPECIFIQUE